Le choix de Paul Giacobbi, invit� de � La Corse votre hebdo �
Nov 8, 2003
Son mouvement � La Corse en marche� remet au go�t du jour la fameuse troisi�me voie initi�e voil� une d�cennie par des mouvances progressistes sous la houlette de Pierre Joxe.

Certains diront que Paul Giacobbi se repositionne apr�s le verdict du r�f�rendum. D'autres affirmeront qu'il �trenne une tactique purement �lectoraliste dans la perspective des prochaines territoriales. Balayant d'un simple revers de manche ce qu'il qualifie de vaines arguties le d�put� renvoie d�tracteurs et ex�g�tes de circonstance � la constance de son positionnement qu'il affiche depuis des ann�es. Les bombes? Il n'a cess� de les fl�trir. L'ouverture? Il la pr�ne sans rel�che. La simplification de la carte administrative? Il l'appela de ses v�ux. L'�tat de droit? Il en fut l'un des premiers partisans. Corsiste? Assur�ment, tout en mettant en corollaire sa philosophie de gauche.

Ces rappels d�volus � rafra�chir des m�moires �trangement d�faillantes, ne sont pas pour Paul Giacobbi un moyen de se disculper � moindre frais, mais la persistance dans une� vision insulaire � qui a ses yeux est plus que jamais n�cessaire et aujourd'hui possible pour cr�er une � alternative cr�dible))
Credo

� Corte, r�cemment encore il martela que l'�le, � la crois�e des chemins, ne trouverait pas l'�pilogue heureux si elle demeure engonc�e dans la passivit�, se satisfait des incantations r�currentes qualifie la situation d'insurmontable fatalit�. Lui affiche la couleur : couper la mauvaise herbe qui pousse � foison sur le terreau de l'immobilisme et de la violence. Changer de cap. Se hisser sans crainte ni atermoiement au niveau de la probl�matique. Voil� son credo. Une asc�se qui implique sans conteste une prise de conscience au sein de la population et finalement l'av�nement d'une authentique citoyennet�.

Dessinant � grands traits un constat sans am�nit�s mais qui se mesure ais�ment � l'aune de la r�alit�, il souligne la balkanisation du Landerneau politique, les dissensions souvent artificiellement entretenues, ici des ukases, l� le sophisme pour conserver un mandat �lectif. Des m�thodes qui scellent les antagonismes, favorisent les surench�res, dessinent en filigrane sur l'�chiquier politique insulaire des sectorisations multiples, s'apparentant aux corporatismes �cul�s, interdisant � une vision d'ensemble �, pourtant vitale pour initier un projet coh�rent.

Espoir

Spirale irr�versible? Nullement r�torque Paul Giacobbi. La solution passe par le rassemblement sur des � bases claires et solides � qui allient les projets et les hommes. Voil� qui indique mieux que de longs discours son souci d'ouverture qui transcende le strict positionnement id�ologique au b�n�fice d'une r�elle vision de l'avenir insulaire. Une prospective qui doit imp�rativement bannir querelles d'Allemand, arguties et accents populistes si elle veut emprunter les chemins de l'espoir.

D�s lors, sans verser dans la philippique, mais avec le sentiment d'embrasser une noble cause, l'homme de Venaco en appelle au sursaut collectif qui tournerait le dos au � couple infernal � form� par la violence et le conservatisme. En clair il pr�ne une troisi�me voie, celle qui r�unirait des bonnes volont�s r�futant tout � la fois le statu quo scl�rosant et la dynamite destructrice. Utopie? Nullement, Il dit percevoir une attente au sein de la population exc�d�e par les discours ployant sous le conservatisme et les d�flagrations nocturnes.

D�mocratie

Sa dialectique volontariste sugg�re en r�miniscence diffuse l'�re de Pierre Joxe, qui avec courage et pragmatisme tenta de concilier traditions et modernit�. Identit� et tol�rance. Progr�s et paix. Faut-il rappeler ici que son projet qui cr�a des lignes de fractures � droite et � gauche, fut � l'�poque battu en br�che par les conservateurs exacerb�s et les jusqu'auboutistes patent�s, devenus l'espace d'un d�bat alli�s de circonstance. Est-il opportun de redire ici, qu'� l'�poque le FLNC, alors uni, avait p�remptoirement dit non � la r�forme qu'il qualifiait de trop timide, alors que les r�publicains drap�s dans les plis tricolores vouaient aux g�monies cette atteinte � l'unit� nationale.
L'histoire repasserait-elle les plats?

Oui et non. Paul Giacobbi, soucieux d'aller � l'essentiel, et appliquant l'intangible r�gle de la d�mocratie mart�le � l'image de Nicolas Sarkozy que le d�bat institutionnel est clos. Refusant d'analyser les circonstances ponctuelles partielles ou partiales, il prend date du verdict des urnes et invite la population � � mettre la Corse en marche. � Est-ce � dire qu'elle camp sur un Aventin de l'immobilisme de l'attentisme et de la stagnation? La r�ponse fuse sans l'esquisse de l'ombre d'une h�sitation : Malheureusement oui.

�vidences

Sans verser dans l'approche sociologique, voire psychologique il rappelle une �vidence d'une formule lapidaire, mais singuli�rement explicite : Il y a du pain sur la planche. Et de citer les trois milliards d'euros du Plan exceptionnel d'investissement en panne faute de strat�gie globale. Les d�rives violentes qui clouent au pilori l'essor durable et engendrent la peur. Tandis que des �diles s'en tiennent � l'�cume des choses, agripp�s � leurs fauteuils et aux b�n�fices qu'ils en retirent.

Sans forfanterie ni p�ch� d'orgueil il rappelle simplement que cette" mani�re de fonctionner � n'est nullement dans ses habitudes. Tandis qu'en �cho l'un de ses proches indique et explicite que � Paul � n'a jamais fait le dos rond devant les circonstances ou les �v�nements, mais qu'� l'inverse il a toujours exprim� ses convictions et privil�gi� les int�r�ts sup�rieurs de la Corse aux barom�tres �lectoraux.

Est-ce dans ce droit fil qu'il aspire � f�d�rer� au-del� de la famille traditionnelle? � Sans doute.

Originalit�

Aussi rien n'interdit de penser que sa liste fera aussi place � des individualit�s qui pensent que l'heure est venue de faire fi des � �tiquettes � partisanes, de la logique d'appareils du manich�isme au profit d'une d�marche originale, novatrice et rationnelle sur le socle de la comp�tence. Une approche qui commence � faire des adeptes, � l'image de Jean-Claude Guazzelli pr�conisant depuis de longs mois l'urgence de � reb�tir la maison Corse. � Un chantier d'envergure impliquant � l'�vidence de diff�rence l'essentiel de l'accessoire pour se fondre dans le creuset du rassemblement. Voil� convergence qui aurait l'insigne m�rite de mat�rialiser dans les faits une certaine id�e d'un futur collectif, que l'un et l'autre partagent � maints �gards.

En toute hypoth�se Paul Giacobbi fait le pari de l'intelligence et de la responsabilisation. Il propose une offre soci�tale reposant sur les piliers de l'ambition et de r�alisme. Aux insulaires de d�cider entre deux options:
�soit continuer dans les conditions actuelles, soit commencer � transformer par leurs votes la vie politique. �
Jean POLETTI � La Corse votre hebdo �

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