Le cas d'un enfant bless� dans un village isol� de Corse, �vacu� au bout de trois heures, met en lumi�re un manque criant d'effectifs au SAMU de Haute-Corse, engag� dans un bras de fer avec la direction de l'h�pital de Bastia qui dit ne plus pouvoir financer de remplacements.
"Dimanche, nous avions, au m�me moment, � l'autre bout du d�partement, un accident de la route avec un mort et des bless�s et un accident de moto avec une jambe arrach�e, un seul m�decin disponible et un seul h�lico", a expliqu� aux villageois de Piedicorte-di-Gaggio, le Dr Jean-Louis Bordonado, chef du
"D'apr�s les sympt�mes d�crits au t�l�phone, nous avons estim� que le cas de l'enfant �tait moins grave que les deux autres", a expliqu� mardi le sp�cialiste � l'AFP.
L'enfant, qui souffrait d'un traumatisme cr�nien l�ger apr�s une chute, a �t� �vacu� par h�licopt�re jusqu'� l'h�pital de Bastia o� il a re�u des soins avant de regagner son domicile.
Cette semaine-l�, le Dr Bordonado assure avoir travaill� 104 heures. Au lieu des 48 heures hebdomadaires th�oriquement pr�vues par la loi du 6 d�cembre 2002 sur la r�organisation du travail des m�decins hospitaliers.
Pour lui, le SAMU de Haute-Corse (140.000 habitants) est un "concentr� des probl�mes des urgences dans les h�pitaux fran�ais", avec un contexte aggravant li� au relief de l'�le.
Depuis d�but octobre, les huit m�decins du SAMU s'opposent � leur sup�rieur, la directrice du centre hospitalier de Bastia, Marie-Christine Escrivat, sur les tableaux de service de garde. En fin de semaine derni�re, leur avocat a d�pos� devant le tribunal administratif un recours en annulation des tableaux pour octobre et novembre.
"Nous faisions en moyenne 60 � 72 heures mais nous nous en accommodions", explique le Dr Bordonado. "Mais, depuis d�but octobre, nous sommes � 80 heures, parfois bien plus", s'emporte-t-il.
Les vacances �tant impossibles � prendre en �t�, p�riode de pic, les huit m�decins les prennent d'octobre � d�cembre. Or, la direction a rejet� fin septembre le tableau de service d'octobre pr�sent� par le SAMU, Mme Escrivat arguant qu'elle n'avait plus de budget pour des remplacements et imposant un nouveau tableau annulant de facto les vacances pr�vues.
Des m�decins ont maintenu leurs cong�s, les autres s'arrangeant pour les remplacer pour maintenir une �quipe de quatre par 24 heures.
"J'ai d� refuser ces tableaux parce que j'ai d�pass� de 500.000 � mon budget +remplacements+ et les m�decins du SAMU n'effectuent en r�alit� pas les dix demi-journ�es hebdomadaires qu'ils doivent au service", affirme de son c�t� Mme Escrivat.
Pour elle, le diff�rend provient d'une "mauvaise interpr�tation de la loi". Le texte de 2002 coexiste avec le statut des praticiens hospitaliers qui "n'a pas �t� abrog�" et les oblige � effectuer ces 10 demi-journ�es sans limitation d'heures.
"Si je me trompe dans mes calculs, si j'interpr�te mal la loi, le juge administratif le dira et je reconna�trai mes erreurs", tranche-t-elle.
"Nous avons atteint un plancher en de�� duquel des personnes que l'on pourrait sauver mourront", pr�vient le Dr Bordonado, montrant une p�tition sign�e par plus de 200 habitants de Piedicorte intitul�e "Solidarit� avec le SAMU 2B, nos vies en d�pendent".
Dans son plan "Urgences" pour 2004-2008 pr�sent� le 30 septembre, le ministre de la Sant� Jean-Fran�ois Mattei pr�voit notamment le renforcement des SAMU par une hausse des effectifs.
Or de tels effets d�annonce ont besoin d��tre subventionn�s et il est vrai que dans une �le au relief accident� comme celui de la Corse, la sant� a eu un coup. L�un de nos correspondants qui habite la r�gion de Piedicorte, nous �crit qu�il n�est pas possible de � rentabiliser � les activit�s dans des villages tels que le sien. � Autant nous demander tout de suite de partir. C�est pourquoi nous appuyons de toutes nos forces les revendications du SAMU �.
� � moins de vouloir faire de la Corse un d�sert � l�exception de quatre zones essentielles, il faudra se dire que le maintien de la vie notamment dans les zones de montagne n�est pas qu�une question de rentabilit�. Ou alors il faut arr�ter de parler de la France et de ses jardins. Madame Escrivat en se comportant comme une boutiqui�re risque de tuer ce qui reste d�authentique et de corse dans l�int�rieur de cette �le. Qui en effet prendrait le risque de crever comme autrefois faute d�un syst�me de sant� adapt� ? � conclut notre correspondant.
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