L'Afrique rev�t une importance croissante pour les �tats-Unis
Nov 6, 2003
L�Afrique est un �l�ment essentiel du puzzle mondial imagin� par les �tats-Unis. D�sormais, ce pays ne cache plus ses ambitions.

"Dans un monde en �volution constante, l'Afrique a acquis une nouvelle importance en ce qui concerne les domaines qui int�ressent tout particuli�rement les �tats-Unis, � savoir l'�nergie, le terrorisme et les �changes commerciaux", et alors que la politique africaine des �tats-Unis avait auparavant trait aux domaines militaire, politique ou �conomique dans chaque pays africain, elle porte maintenant sur des questions d'ordre transnational, a d�clar� M. Princeton Lyman, ancien ambassadeur des �tats-Unis au Nigeria et en Afrique du Sud, lors d'un s�minaire organis� r�cemment � Washington.

"L'Afrique, a-t-il dit, nous fournit pr�s de 15 % du p�trole que nous importons. Ce pourcentage devrait atteindre quelque 25 % au cours des 10 prochaines ann�es. Le continent africain deviendra ainsi, apr�s le Moyen-Orient, la deuxi�me source de p�trole et �ventuellement de gaz naturel des �tats-Unis. � l'heure actuelle, d'importants gisements de p�trole sont d�couverts et exploit�s au large des c�tes de l'Afrique de l'Ouest. Il s'ensuit que des soci�t�s p�troli�res am�ricaines vont investir quelque 50 milliards de dollars pour prospecter et exploiter le p�trole africain au cours des 10 prochaines ann�es."

Les gisements en mer devraient encourager un plus grand nombre de pays d'Afrique de l'Ouest � d�velopper leur secteur p�trolier, incitant ainsi les �tats-Unis � "importer plus de p�trole d'une partie du monde qui risque de devenir instable sur le plan politique dans un avenir proche".

M. Lyman a cit� l'exemple de l'Angola et du Nigeria comme des pays dont le grand produit d'exportation, le p�trole, ne contribuait pas � am�liorer l'infrastructure socio-�conomique du pays. En fait, a-t-il dit, "le produit national brut par habitant au Nigeria ne repr�sente qu'un tiers de ce qu'il �tait en 1980, et le degr� de pauvret� dans ce pays est plus �lev� qu'il y a 10 ou 20 ans. Cette situation a une grande incidence dans tout le pays et exacerbe les tensions d'ordre religieux et culturel.

"Il s'agit donc de savoir, alors que nous d�pendons de plus en plus du p�trole africain, ce qu'il nous incombe de faire pour r�duire la pauvret�, la corruption et l'instabilit� dans ces pays. Ces probl�mes sont tout aussi importants pour les soci�t�s p�troli�res dans le cadre de leurs relations avec les pouvoirs publics de ces pays."

� propos du terrorisme, M. Lyman a d�clar� : " Les actes de terrorisme qui ont frapp� ces derni�res ann�es le Kenya et la Tanzanie ont eu une incidence profonde tant sur le tourisme que sur l'ordre public dans cette partie du monde. Les Africains en subissent le contrecoup, et les �tats-Unis ont tout lieu de s'en pr�occuper. Lors de son r�cent voyage en Afrique, le pr�sident Bush a annonc� la cr�ation d'un fonds dot� de 100 millions de dollars pour la lutte contre le terrorisme en Afrique de l'Est. En outre, les �tats-Unis ont actuellement une unit� antiterroriste � Djibouti."

"Nous disposons, a-t-il ajout�, de preuves indiquant que les r�seaux internationaux de terroristes sont impliqu�s dans les guerres civiles auxquelles sont en proie des pays d'Afrique centrale et occidentale et qu'ils s'adonnent au commerce de pierres pr�cieuses et au trafic d'armes en vue de d�stabiliser les pouvoirs en place. Nos int�r�ts en Afrique de l'Ouest (Liberia, C�te d'Ivoire, Sierra Leone) ne sont pas uniquement d'ordre humanitaire, car il nous faut comprendre la nature de cette menace terroriste et agir en cons�quence."

Pour ce qui est des �changes commerciaux et du d�veloppement �conomique, M. Lyman a dit que c'�tait gr�ce � eux que l'on pourrait r�duire la pauvret� et la corruption en Afrique et par voie de cons�quence le terrorisme.

"De nos jours, les pays en d�veloppement, y compris les pays africains, sont tr�s au courant de ce qu'il convient de faire pour obtenir des concessions de la part des pays industriels occidentaux et asiatiques lors des n�gociations commerciales multilat�rales. On a pu le constater au cours des r�unions de Doha et de Cancun au sujet des subventions agricoles et des produits pharmaceutiques. Pour ma part, je pense qu'il est tr�s important que les pays africains et les autres pays en d�veloppement aient une position ferme contre les subventions de mani�re � ce que les pays occidentaux ouvrent leur march� aux produits agricoles de ces pays."

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s