La France a toujours repr�sent� la base arri�re de l�ETA. Sur la base d�une documentation laiss�e par Susper, un dirigeant de l�ETA, la DNAT a d�busqu� sur le territoire fran�ais la direction d�ETA.
C'est en d�cembre dernier que l�importance de la France est apparue aux enqu�teurs, lors de l'interpellation d'Ibon Fernandez Iradi, alias Susper, victime d'une sortie de route alors qu'il tentait d'�chapper � une surveillance polici�re. Nous avions accord� � cet �v�nement plusieurs articles sur notre site.
Or, comme c�est souvent le cas dans les histoires de terrorisme, c�est une affaire de c�ur qui aurait permis aux policiers fran�ais de remonter la fili�re et d�arriver jusqu�au c�ur d�ETA.
Les policiers trouvent aux c�t�s de Susper une jeune femme de 22 ans, Beltzane Obanos-Sainz de Murieta qui est sa ma�tresse. Elle aurait la charge du recrutement des commandos de l'organisation et la recherche de � planques �.
Or cette toute jeune femme porte sur elle un calepin qui contient beaucoup d�informations et notamment des adresses � Arcachon, Pau, Lourdes et Tarbes. Ils s�aper�oivent qu�il s�agit des fameuses planques d�ETA.
Sept membres d�ETA sont arr�t�s dans ces appartements : trois � Arcachon, deux � Pau, un � Lourdes et un � Tarbes. Mais surtout la DNAT met la main sur des documents. � Tarbes, ce sont plus de 90 noms qui sont ainsi mis � jour. Le codage utilis� est � cass� � par les policiers espagnols.
Telle est au moins la version officielle car au Pays Basque on parle beaucoup de responsables retourn�s et qui ont parl�.
Toujours est-il que les documents eux-aussi parlent. Susper a tout simplement dress� la liste exhaustive de ses recrues potentielles. Il a m�me ajout� en marge des remarques sur leurs personnalit�s, leurs habitudes et leurs faiblesses. Il donne des pr�cisions sur leur participation ou non � la Kale Borroka (gu�rilla urbaine dirig�e par les organisations de jeunesse d�ETA) et leur appartenance �ventuelle au mouvement de jeunesse nationaliste SEGI.
Cette documentation, dont la copie a �t� envoy�e en Espagne, a permis au juge espagnol Baltasar Garzon d'ordonner une centaine d'interpellations aboutissant � une soixantaine d'incarc�rations. Cinq jeunes nationalistes �tant �galement interpell�s en France.
V�ritable mine, cette documentation d�taille l'organisation du recrutement avec les diff�rents sous-groupes charg�s de trouver les candidats et de les proposer � l'organisation. Puis des rendez-vous �taient fix�s toujours en France pour la rencontre entre les futurs etarras et leurs chefs. Un � entretien d�embauche � �tait alors pratiqu�.
�L'erreur de Susper, souligne un sp�cialiste fran�ais du terrorisme basque, cit� par le Figaro nous a permis de d�montrer une nouvelle fois que les d�cisions strat�giques de l'organisation se prennent bien en France. Et ce aussi bien pour le recrutement que dans les autres domaines. Les patrons des �appareils� � structures op�rationnelles � militaire, politique et financier, logistique ou encore la r�serve des commandos sont bien ici, � l'exception peut-�tre d'une poign�e de responsables de l'appareil international implant�s en Belgique ou ailleurs en Europe du Nord�.
Une semaine apr�s son interpellation, Susper s'�tait �vad� par un soupirail du commissariat de Bayonne. Il avait tir�, le 28 novembre 2001, sur un gendarme laiss� entre la vie et la mort sur une route du Sud-Ouest.
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