Bloody Sunday: l'IRA n'aurait pas provoqu� les Britanniques
Nov 5, 2003
L'ancien chef de l'IRA Martin McGuinness a assur� mardi que tous les "volontaires" de la milice avaient ob�i aux ordres de ne pas attaquer l'arm�e britannique le jour de la tuerie de "Bloody Sunday", il y a 31 ans � Londonderry (Irlande du Nord).

T�moignant sur les lieux du drame devant le juge Mark Saville, charg� d'�tablir la v�rit� sur les �v�nements controvers�s, M. McGuinness, num�ro deux du parti Sinn F�in (aile politique de l'IRA), a �galement ni� avoir tir� le premier coup de feu, le 30 janvier 1972 � Londonderry (nord-ouest).Selon McGuinness, l'Arm�e r�publicaine irlandaise (IRA) n'avait "ni pistolet, ni bombe � clous, ni arme quelconque" dans le quartier catholique du Bogside, lorsque les parachutistes britanniques ont ouvert le feu sur une manifestation pour la d�fense des droits civiques des catholiques.

Cette tuerie, qui avait fait 14 morts dans les rangs des manifestants, �tait entr�e dans l'histoire sous le nom de "Bloody Sunday" (litt�ralement "dimanche sanglant")."J'ai parl� avec le commandement et tous les volontaires de service actif ce jour-l�, et j'ai relay� la d�cision prise par l'officier commandant (de l'IRA)", a d�clar� M. McGuinness, commandant en second de l'IRA � Londonderry � cette �poque."Sans exception, tous ceux � qui j'ai parl� ont admis que notre approche pour la marche �tait la plus sens�e", a-t-il ajout�.

Selon la version officielle des faits donn�e par l'arm�e, les soldats n'ont fait que r�pondre au feu des manifestants et des militants de l'IRA, principale organisation clandestine de l'�le. En revanche, la quasi-totalit� des t�moins civils de la tuerie affirme qu'aucun manifestant n'�tait arm�.

Aucune arme n'a �t� retrouv�e sur les lieux. Mardi matin, Martin Mc Guinness a par ailleurs refus� de d�voiler le nom de son sup�rieur hi�rarchique au sein de l'IRA � Londonderry en 1972, et de dire o� se trouvaient les caches d'armes du groupe clandestin, consid�rant que ce serait un acte de "tra�trise" de sa part.

Le mois dernier, l'ancien militant de l'IRA Paddy Ward avait affirm� devant le m�me tribunal d'enqu�te que Martin McGuinness avait donn� des d�tonateurs � des jeunes militants du mouvement pour 16 bombes � clous qui devaient �tre lanc�es le 30 janvier 1972 sur la place de la mairie, aujourd'hui si�ge de l'enqu�te."Je ne connais pas Paul Ward, je ne l'ai jamais rencontr�", a affirm� McGuinness, qualifiant cet homme de "fantaisiste" et de "menteur".

Le vice-pr�sident de Sinn F�in doit �tre entendu par le tribunal jusqu'� mercredi soir. Depuis quatre ans, le tribunal d'enqu�te pr�sid� par le juge Saville a interrog� pr�s d'un millier de t�moins pour tenter d'�tablir la v�rit� sur ce drame, l'un des plus controvers�s en 30 ans de conflit. Le juge Saville et les magistrats canadien et australien qui l'assistent doivent rendre leur rapport en 2004.

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