Gr�ce � l'expansion de la force d'�tablissement de la paix des Nations unies maintenant dirig�e par l'ancien ambassadeur des �tats-Unis Bill Swing, la R�publique d�mocratique du Congo (RDC) se rapprocherait de la paix.
C'est ce qu'a affirm�, le 27 octobre, M. Cliff Bernath, responsable de la pr�vention et du r�glement des conflits pour l'organisation non gouvernementale "Refugees International" (RI) lorsqu'il a fait le bilan des activit�s de la Mission des Nations unies en RDC (MONUC), lors d'un d�bat organis� par un comit� du Mus�e am�ricain de l'Holocauste.
"Nous pensons, a affirm� M. Bernath, que le processus de paix dans les domaines militaire et politique suit son cours" en grande partie du fait de l'intervention "muscl�e" des forces militaires de l'ONU pour prot�ger la population, notamment dans la r�gion de l'Ituri, dans l'est du pays. Participaient �galement � ce d�bat M. Learned Dees, haut responsable des affaires africaines � la Fondation nationale pour la d�mocratie (NED) et M. Steven Smith, un africaniste ind�pendant.
Selon les auteurs d'un rapport de "Refugees International" sur la MONUC, "de 1999 � 2003 les souffrances endur�es par la population du Congo oriental furent sans pr�c�dent depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais aujourd'hui, quelque chose de nouveau r�gne dans cette r�gion - l'espoir, du fait, en partie, de l'arriv�e d'une force importante de la MONUC dot�e d'un mandat en vertu du chapitre VII (de la Charte des Nations unies) pour Bunia, et la promesse du prochain d�ploiement de cette force �galement en dehors de cette ville."
Cependant, avant d'en arriver l�, une force fran�aise de s�curit� a d� intervenir au Congo oriental apr�s que l'ONU et l'Union europ�enne eurent d�termin� que les massacres de civils ne pourraient pas �tre stopp�s par la MONUC et qu'une intervention plus muscl�e �tait n�cessaire. Au d�but du mois de septembre, la force europ�enne d'intervention, sous commandement fran�ais, a pass� le relais � une force revitalis�e de la MONUC II.
M. Bernath a attribu� le revirement de la situation militaire et politique en Ituri en grande partie � M. Swing, qui a servi dans cinq pays africains, dont la RDC, au cours de sa longue carri�re diplomatique. Ce dernier a en effet remplac� M. Amos Namanga, accus� d'�tre trop passif, et il aborde la situation de fa�on plus �nergique. "Il jouit � l'�vidence d'une r�putation d'expert dans l'ensemble du Congo. Il est �galement tr�s proche du gouvernement Bush (...) ce qui lui permet d'acc�der facilement aux autorit�s comp�tentes � Washington."
Depuis sa nomination en tant que chef de la MONUC habilit� � utiliser tous les moyens n�cessaires, M. Swing s'est d�men� pour acheminer des troupes � Bunia d'o� elles pourront se d�ployer dans l'ensemble de l'Ituri afin d'assurer la s�curit� durant les op�rations de d�sarmement et d'int�gration de la majorit� des forces bellig�rantes de la r�gion dans une arm�e nationale. D'apr�s la r�solution 1493 du Conseil de s�curit� de l'ONU, la MONUC II devrait finir par compter 10.800 hommes.
"C'est un homme tr�s impressionnant, a d�clar� M. Bernath. Il ne se contente certainement pas d'accepter le statu quo." Par exemple, il fallait quelqu'un qui agisse � contre-courant pour red�ployer la MONUC � Kisangani alors que tout le monde pensait que cela ne servirait � rien. Mais il n'�tait pas n�cessaire de sortir d'une grande �cole militaire pour comprendre que la MONUC pourrait se d�ployer plus facilement et plus rapidement de l�-bas une fois que le Conseil de s�curit� l'aurait renforc�e sur le plan des effectifs et du mandat. "Je dirais donc que Bill Swing est un �l�ment cl� de la solution" qui est en train de se dessiner au Congo oriental.
Sur le plan politique, il est apparu �vident aux participants au d�bat que le gouvernement Bush souhaitait voir une paix digne de ce nom s'instaurer au Congo oriental, et ce rapidement.
M. Learned Dees, qui avant d'entrer � la NED a travaill� en RDC de 1988 � 1991, a confirm� les propos de M. Bernath au sujet des progr�s r�alis�s en Ituri et de l'influence de M. Swing. Franchement, a-t-il d�clar�, avant qu'il ne reprenne les choses en main, la force de l'ONU �tait consid�r�e "comme une plaisanterie (...) par ceux qui avaient des armes et qui �taient pr�ts � s'en servir". Il pense toutefois que ce nouveau comportement �nergique refl�te l'attitude du gouvernement des �tats-Unis � l'�gard de ce conflit.
M. Dees, qui s'�tait rendu en Ituri en septembre, a d�clar� : "J'ai �t� surpris des progr�s r�alis�s sur la voie de la paix en un an du fait, en partie, du changement tr�s profond de la politique que les �tats-Unis suivent dans la r�gion." Il a cit� � titre d'exemple le fait que Washington s'�tait attaqu� aux clivages ethniques qui demeuraient pr�occupants. "Mais du point de vue am�ricain, tout est clair : la guerre doit cesser, et la MONUC est l� pour faire respecter la volont� de la communaut� internationale."
M. Steven Smith s'est �galement r�cemment rendu au Congo oriental o� il s'est attaqu� � des questions de r�glement du conflit avec certaines des parties bellig�rantes. Bien que de consid�rables progr�s aient �t� r�alis�s, a-t-il affirm�, "l'Ituri est toujours en proie � des combats de faible intensit� et � des violations des droits de l'homme".
Certes la majeure partie de la RDC demeure divis�e sous le contr�le des trois principales milices, mais M. Smith a eu l'impression que les Congolais �taient vraiment pr�ts � voir la guerre prendre fin. Afin de soutenir cet �lan vers la paix, il a recommand� la cr�ation de plusieurs centres de r�glement des conflits au Congo oriental.
TOUT LE DOSSIER CORSE
|
|