Il faut "s�parer le bon grain de l'ivraie", r�sume un policier.
Lors de son d�placement dans l'�le jeudi, le ministre a r�p�t� � l'envi la distinction qu'il faisait entre "nationalistes mafieux" et "sinc�res": "Ceux qui condamnent la violence et vivent de leur travail sont les bienvenus pour discuter. La Corse a besoin d'eux. Ceux qui mettent les cagoules ne sont pas invit�s".
"On est dans une p�riode o� les ind�pendantistes qui acceptent la clandestinit� risquent de s'isoler", assure le pr�sident de l'assembl�e territoriale, l'UMP Jos� Rossi.
Dans l'entourage du ministre de l'Int�rieur, on croit d�celer dans la faible participation � un rassemblement mercredi soir contre la "politique r�pressive" de Paris les signes d'une d�fiance croissante parmi les nationalistes � l'encontre de Charles Pieri.
Officiellement "simple militant", l'influence de l'ancien responsable de la Cuncolta Indipendentista serait v�cue comme pesante par beaucoup, fait-on valoir.
Pour l'heure, alors que les dix mouvements publics sont engag�s dans des discussions d'union, il reste aux nationalistes oppos�s � la violence � trouver une assise militante suffisamment solide pour imposer leurs vues face � Indipendenza. Principale composante de la coalition de Corsica Nazione, la repr�sentation politique du FLNC-Union des Combattants reste le plus gros parti nationaliste.
De plus, "pr�senter certains nationalistes comme les interlocuteurs que souhaite Nicolas Sarkozy n'est pas de nature � les rendre cr�dibles au sein de la famille nationaliste", met en garde un �lu corse UMP.
Depuis sa renaissance dans les ann�es 1970, la clandestinit� a toujours occup� une place pr��minente dans le nationalisme corse. "Faire croire qu'il suffit de d�cr�ter du jour au lendemain l'arr�t de la violence politique et de la clandestinit� pour en finir, c'est soit �tre na�f, soit malhonn�te", affirme dans un entretien paru vendredi dans La Corse-Votre Hebdo, Pierre Poggioli, un des chefs historiques du FLNC, qui a renonc� � la violence.
Un connaisseur du dossier corse estime que l'enqu�te men�e par les policiers financiers parisiens, si elle n'aboutissait pas � des r�sultats judiciaires concrets, pourrait avoir pour effet "de ressouder la famille nationaliste". C�est pourquoi Nicolas Sarkozy et la justice ont un devoir de r�sultats mais de r�sultats dans la transparence. Car s�il s�av�rait qu�on condamnait Charles Pieri ou tout autre pour � raison d��tat �, les cons�quences seraient en Corse dramatique. Cette communaut� poss�de en effet un sens tr�s aigu d�une certaine justice.
En 1998, la justice avait d�j� us� de l'angle financier pour s'en prendre aux proches de Charles Pieri, dans une enqu�te sur l'entreprise de transport de fonds Bastia Securita, pour des r�sultats p�naux finalement modestes. En appel, trois pr�venus, dont le fils de Charles Pieri, ont �t� relax�s, une d�cision annul�e par la Cour de Cassation. Ils doivent �tre rejug�s � Lyon.
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