Le pr�sident lituanien est accus� de liens avec la mafia
Nov 3, 2003
� six mois de son entr�e dans l'Union europ�enne, la Lituanie �tait secou�e vendredi 31 octobre par une temp�te politique apr�s un rapport explosif des services de s�curit� accusant le pr�sident Rolandas Paksas et un de ses conseillers de liens avec des groupes criminels internationaux.

Convoqu� vendredi apr�s-midi par le pr�sident, le Conseil de d�fense d'�tat a ordonn� une enqu�te sur ce rapport, apr�s deux heures de r�union. "Tout ce qui y figure doit �tre l'objet d'une minutieuse enqu�te et v�rifi�", a d�clar� le pr�sident du Parlement, Arturas Paulauskas. Les accusations du rapport sont "tr�s graves", a-t-il ajout�.

Le pr�sident a r�affirm� son innocence, apr�s la r�union."Je rejette cat�goriquement toute insinuation et affirme en toute responsabilit� je n'ai aucun engagement susceptible de nuire aux int�r�ts de l'�tat", a-t-il dit. Auparavant, le premier ministre, Algirdas Brazauskas, a cherch� l'apaisement. "Il n'y a aucun danger pour l'�tat et il n'y a pas lieu de paniquer", avait-il dit. Le rapport "ne comporte rien" sur le pr�sident Paksas et "rien qui puisse le compromettre", avait-il ajout�.

Signe de grave crise, le pr�sident a re�u le chef d'�tat-major de l'arm�e, Jonas Kronkaitis. "Ce n'est pas du ressort de l'arm�e et il n'y a ici pas de r�le pour l'arm�e, et donc les militaires ne seront pas impliqu�s", a assur� le g�n�ral Kronkaitis. Le Parlement se pr�pare � une r�union � huis clos lundi, alors que l'opposition est mont�e au cr�neau �voquant une destitution du pr�sident.

Le rapport affirme que Remigijus Acas, conseiller pr�sidentiel pour la s�curit�, est li� � Anzor Aksentyev Kikalishvili, PDG de la compagnie (russe) 21e Si�cle, lui-m�me li� au crime international, selon la presse. Il contiendrait le d�tail de conversations de M. Acas et d'un homme d'affaires local, Jurijus Borisovas - principal soutien financier de la campagne �lectorale de M. Paksas - et de Borisovas et Kikalishvili. Y figureraient �galement des appels pour que M. Paksas tienne ses "promesses" et des menaces contre Mecys Laurinkus, le chef des services de s�curit� que le pr�sident a demand� au Parlement de remplacer.

Deux fois premier ministre, deux fois maire de Vilnius, Rolandas Paksas, 46 ans, a remport� en janvier par surprise la pr�sidentielle face au favori, le pr�sident sorTANt Valdas Adamkus.

Vendredi soir, M. Paksas avait affirm� � la t�l�vision �tre la cible d'un complot. "Ces actes ont �t� commis � la veille de mes visites au Parlement europ�en [Strasbourg], Bruxelles, Berlin et Washington. Cela d�montre qu'ils ont �t� bien planifi�s en vue de salir le nom du pr�sident et qu'ils ne tiennent pas compte des cons�quences sur l'�tat et ses citoyens." Il a toutefois annonc� qu'il suspendait son conseiller, qui a �galement d�menti toutes les accusations.

L'opposition a commenc� � appeler � la destitution de M. Paksas, ce qui requiert quatre-cinqui�mes des voix des 141 parlementaires. "Si ces informations sont exactes, nous devrions envisager la destitution", a d�clar� � l'AFP un d�put� de l'opposition qui a requis l'anonymat.

"C'est le Watergate lituanien et l'histoire des �tats-Unis montre que seule une publication maximale [de ces �v�nements] peut aider � d�sinfecter l'autorit� supr�me de Lituanie", a d�clar� Andrius Kubilius, ancien premier ministre et chef du Parti conservateur (opposition), en demandant �galement la t�te de M. Paksas.

La Lituanie, ind�pendante depuis 1991, doit �galement entrer dans l'OTAN en 2004.

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