L'instabilit� des pays producteurs de p�trole menace les march�s de l'�nergie
Nov 3, 2003
Selon M. David Goldwyn, pr�sident de Goldwyn International Strategies LLC, l'instabilit� politique constitue une "grave menace" pour les prix mondiaux de l'�nergie.

Du fait de l'instabilit� politique provoqu�e par l�instabilit� des prix mondiaux de l'�nergie., les initiatives diplomatiques et commerciales et les interventions novatrices des institutions financi�res internationales doivent se conjuguer d'urgence de fa�on � stabiliser les march�s � long terme.

Lors d'une d�position qu'il a faite le 21 octobre devant une sous-commission s�natoriale, M. Goldwyn, pr�sident de Goldwyn International Strategies LLC, voix officieuse am�ricaine, a ajout� : "Les prix sont volatils parce que trop de producteurs sont instables."

"Regardez trente ans en arri�re (...) et demandez-vous ce qui a caus� la flamb�e des prix. Ce n'�tait pas les embargos. C'�tait les troubles, les guerres, les gr�ves ! Vous savez - la r�volution iranienne, la guerre entre l'Iran et l'Irak, les deux guerres du golfe Persique, les gr�ves au Venezuela et, r�cemment, au Nigeria."

M. Goldwyn a averti les s�nateurs, qui avaient organis� cette s�ance afin d'�valuer la politique �nerg�tique internationale des �tats-Unis, que la politique actuelle du gouvernement, ax�e sur la s�curit� de l'�nergie, ne tenait pas enti�rement compte des menaces d'aujourd'hui.

"Notre ancien syst�me reposait sur la dissuasion. Nous avons accumul� d'�normes r�serves pour d�jouer d'�ventuels embargos. Cela a bien march�, mais c'est inefficace face aux menaces d'aujourd'hui. La force militaire est pareillement impuissante, �tant donn� que les sources d'instabilit� des producteurs sont essentiellement internes. Cependant, ces probl�mes peuvent rapidement devenir les n�tres si ces pays cessent de produire."

"En clair, les risques sont les suivants (...) Soit les pays producteurs resteront en de�� de leur potentiel de production, ce qui fait que dans dix ans ils ne seront pas en mesure de couvrir nos besoins, soit nous souffrirons de bouleversements de l'approvisionnement, soit encore les deux. Chaque sc�nario augmente la volatilit� du prix de l'�nergie, nuit � l'�conomie des �tats-Unis et nous laisse encore plus d�pendants � l'�gard du p�trole du Moyen-Orient."

M. Goldwyn s'est d'abord concentr� sur l'Am�rique latine, qu'il a d�crite comme �tant "plus importante que l'Afrique � l'heure actuelle sur le plan des quantit�s de p�trole qu'elle fournit aux �tats-Unis". "Mais en dehors de la Trinit�-et-Tobago, il y a peu de lueurs d'espoir en Am�rique latine aujourd'hui."

Le Venezuela et le Mexique sont les principaux fournisseurs de la r�gion. "Mais ils connaissent, comme l'ensemble de la r�gion, de graves probl�mes.

"Le Mexique s'interroge toujours sur le bien-fond� des investissements �trangers, particuli�rement dans le secteur de l'�nergie. Il n'a pas assez d'�nergie pour faire concurrence aux industries des autres pays en d�veloppement. Et quand le Mexique a des probl�mes �conomiques, nous en avons aussi."

"Le Venezuela se remet tout juste d'une gr�ve paralysante et est en train de proc�der � une vaste r�organisation de sa compagnie p�troli�re nationale. Le gouvernement fait du mieux qu'il peut, je crois, pour trouver les capitaux et les dirigeants dont a besoin PDVSA (Petroleos de Venezuela, S.A.), mais il n'est pas certain qu'il r�ussisse."

Selon M. Goldwyn, les autres pays de la r�gion ont �galement des probl�mes. La Colombie est en proie � la gu�rilla et au terrorisme et en Bolivie, le pr�sident r�formateur a d�missionn� � cause d'une controverse relative � un gazoduc qui aurait permis d'alimenter les �tats-Unis en gaz naturel liqu�fi� (GNL).

Passant � l'Afrique, M. Goldwyn a d�clar� que ce continent pourrait assurer jusqu'� 25 % des importations des �tats-Unis au cours de la prochaine d�cennie, mais a fait la mise en garde suivante : "Toute politique de s�curit� �nerg�tique reposant sur l'Afrique n�cessitera que les �tats-Unis et autres parties int�ress�es facilitent le d�veloppement politique de ces pays, faute de quoi ils n'auront pas le niveau ad�quat dans dix ans."

Il y a �galement un "vol organis�" de quantit�s importantes de p�trole, a-t-il affirm�.

L'industrie p�troli�re de l'Angola, a-t-il expliqu�, a b�n�fici� de son isolement, mais elle n'a pas r�ussi � se prot�ger des effets n�gatifs de la corruption, de la famine, du sous-d�veloppement et de la r�pression des mouvements de l'opposition politique.

Quant aux nouveaux producteurs du continent, M. Goldwyn a d�clar� que la production � long terme du Tchad, de la Guin�e �quatoriale et de Sao Tom�-et-Principe demeurait incertaine.

"Ils recevront bient�t la manne p�troli�re, et cela ne tardera pas � les rendre indiff�rents � toute influence, m�me positive. Nous avons la possibilit�, maintenant, d'aborder les questions de transparence dans le d�veloppement. Si nous le faisons, je pense que nous avons une chance d'engendrer des progr�s. Dans le cas contraire, ces pays seront la proie de coups d'�tat, de troubles ou de sanctions, selon le comportement qu'ils adopteront."

�num�rant les priorit�s, M. Goldwyn a d�clar� : "Il est beaucoup plus important pour ces trois pays de respecter leurs peuples que de nous fournir du p�trole. Mais si nous ne faisons rien maintenant, ils risquent de ne faire ni l'un ni l'autre. Ces trois pays ont chacun leurs probl�mes propres, mais la mauvaise gestion des affaires publiques est � la source de nombre d'entre eux."

Il a notamment d�plor� le fait que tous les pays producteurs de p�trole n'aient pas r�ussi � r�duire la pauvret� et � investir dans le d�veloppement, et qu'ils aient laiss� le secteur non p�trolier s'atrophier.

Les compagnies p�troli�res nationales, a-t-il dit aux s�nateurs, ont atteint un tel gigantisme qu'elles sont devenues insensibles � la r�forme.

Afin de contrecarrer ces ph�nom�nes n�gatifs, M. Goldwyn a sugg�r� que les �tats-Unis exercent des pressions diplomatiques pour pousser ces pays � la transparence dans leurs op�rations.

"Toutefois, nous ne pouvons pas agir seuls. Cet effort doit �tre multilat�ral", a-t-il affirm�, citant notamment le G7 (le Groupe des sept pays les plus industrialis�s, � savoir les �tats-Unis, l'Allemagne, le Japon, la France, le Royaume-Uni, le Canada et l'Italie).

Comme solution, il a propos� une initiative "dette contre transparence", par le truchement de laquelle la communaut� internationale pourrait offrir un all�gement de la dette � des pays tels que l'Angola et le Nigeria en �change d'engagements v�rifiables envers la transparence des finances publiques et un plan de d�veloppement.

Il faut �galement, selon lui, se pr�occuper des besoins infrastructurels du d�veloppement. "La Banque mondiale s'�carte de plus en plus des investissements infrastructurels. Mais je pense que ce devrait �tre la carotte" qui r�compense la mise en �uvre des r�formes.

"Vous voulez un ol�oduc, une centrale �lectrique, des t�l�communications ? Bien. Nous allons vous aider � obtenir le financement aupr�s des banques, mais vous devez vous engager envers la transparence et un plan de d�veloppement."

Le financement conditionnel des exportations est une autre solution. "Nous avons plut�t bien r�ussi � amener les pays concern�s � comprendre qu'ils devaient respecter certaines normes de protection de l'environnement afin d'obtenir des appuis financiers. Nous pouvons appliquer les m�mes principes � la transparence."

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s