Le pr�sident ivoirien l�ve les obstacles � sa visite � Paris pr�vue pour le 16 d�cembre
Nov 29, 2003
Dans un discours radiot�l�vis�, Laurent Gbagbo a "solennellement remerci�" la France. Un article du Monde.

Pas � pas , le pr�sident ivoirien pr�pare sa visite � Paris, pr�vue pour la mi-d�cembre. Jeudi soir 27 novembre, Laurent Gbagbo a dress� des couronnes � la France. Dans un discours radiot�l�vis�, il a tenu � "remercier solennellement la France pour tous les efforts qu'elle a faits jusqu'ici et qu'elle continue de faire".

Rappelant la mort des deux soldats fran�ais, tu�s le 25 ao�t par des rebelles ivoiriens dans la zone tampon, Laurent Gbagbo a ajout� : "Nous devons respect � leur m�moire et reconnaissance aux autorit�s fran�aises. (...) Ils sont dans nos c�urs le symbole d'une alliance renouvel�e entre nos deux pays dont le destin est li� par tant d'ann�es d'histoire commune. (...) Leur sacrifice ne doit pas �tre vain. Je compte sur la France pour nous aider � franchir les �tapes du cantonnement, du d�sarmement et de la r�unification du pays".

L'adresse � la Nation intervient apr�s la rencontre, le 21 novembre � Libreville, du pr�sident ivoirien avec le chef de la diplomatie fran�aise, Dominique de Villepin. Leur t�te-�-t�te a mis fin � de longs mois de tension, depuis la conclusion des accords de paix de Marcoussis, fin janvier. Laurent Gbagbo �tait alors venu � Paris pour ent�riner un compromis entre toutes les parties au conflit en C�te d'Ivoire, qui le d�pouillait de l'essentiel de son pouvoir. Il avait ressenti le "diktat fran�ais"comme une humiliation � laver.

Dix mois plus tard, il est sur le point d'y parvenir. "La r�bellion est dans l'impasse, ainsi que la communaut� internationale, face � la crise ivoirienne", a-t-il relev� dans son discours, jeudi soir. Min�e par ses dissensions internes, entre son secr�taire g�n�ral, Guillaume Soro, et son chef militaire, le sergent Ibrahim Coulibaly ("I.B."), qui se disputent l'all�geance des petits "seigneurs de la guerre" tout � leur �uvre de pillage du nord de la C�te d'Ivoire, la r�bellion a perdu beaucoup de son soutien populaire.

Elle n'a plus gu�re de chance d'arriver au pouvoir � Abidjan, d'autant que 3 800 militaires fran�ais et 1 300 soldats de la paix ouest-africains lui interdisent l'acc�s � la moiti� sud du pays, la C�te d'Ivoire "utile" devenue le "Gbagboland".

"La priorit� aujourd'hui, c'est le d�sarmement", a expliqu� le pr�sident ivoirien. "Le d�sarmement signifie la lib�ration des zones occup�es, le red�ploiement de l'administration, la reprise de la vie �conomique, sociale, politique et culturelle sur toute l'�tendue du territoire. Le d�sarmement met fin � la logique de bellig�rance et ouvre la porte � la paix." S'il avait lieu, il consacrerait aussi la victoire du chef de l'Etat, venu � bout de la contestation arm�e qui menace son pouvoir depuis le 11 septembre 2002.

Laurent Gbagbo s'est adress� � la Nation au lendemain de sa rencontre avec Blaise Compaor�, le pr�sident du Burkina Faso voisin, d'o� �tait partie la r�bellion. Le chef de l'Etat burkinab� ne semble plus jouer la carte d'un changement par la force du r�gime � Abidjan, qui devait conforter la situation des 2 millions d'immigr�s burkinab� en C�te d'Ivoire. Il a appel� les rebelles ivoiriens � r�int�grer le "gouvernement de r�conciliation nationale ", qu'ils ont quitt� il y a deux mois.

De fait, les rebelles n'ont d�sormais le choix qu'entre le retour dans le jeu politique, o� l'opposant Alassane Ouattara � originaire du nord � occupe d�j� le terrain, et un banditisme s�ditieux qui les expose au risque d'une "pacification" sanctifi�e par la communaut� internationale.

Sur la voie qui doit le mener � Paris, pour une visite qui symboliserait son r�tablissement au pouvoir, deux obstacles restent � lever � Laurent Gbagbo : les r�formes l�gislatives inscrites dans l'accord de paix de Marcoussis et le proc�s de l'assassin pr�sum� du journaliste Jean H�l�ne, tu� le 21 octobre � Abidjan. Jeudi, le gouvernement ivoirien a examin� le code de la nationalit�, les conditions d'�ligibilit� � la pr�sidence et la loi sur le foncier rural, qu'il est cens� modifier.

Quant au proc�s du sergent Th�odore S�ry, le policier inculp� pour le meurtre du correspondant de Radio France internationale (RFI), il doit s'ouvrir "avant le 15 d�cembre", selon une source judiciaire � Abidjan. Soit la veille de la visite programm�e de Laurent Gbagbo � Paris.

(source Stephen Smith, Le Monde)

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