Ce que cherchaient les enqu�teurs�
Nov 29, 2003
Le club de football du SC Bastia, perquisitionn� dans le cadre de l'enqu�te financi�re visant implicitement le nationaliste Charles Pieri, est "le club de tous les Corses, des nationalistes au RPR, en passant par les communistes", a d�clar� jeudi son secr�taire g�n�ral Jean-Martin Verdi.

"Ce club est fier de repr�senter tous les Corses et Pieri est un homme de ce pays", a soulign� le dirigeant bastiais aux journalistes dans l'enceinte du stade de Furiani, dans la banlieue de Bastia, en regrettant le "d�ferlement des forces polici�res et m�diatiques" dont il est l'objet.

"On attaque des individus sur de simples rumeurs", a-t-il ajout�.

"Nous n'avons rien � cacher, le juge (Philippe) Courroye peut prendre ce qu'il veut", a poursuivi M. Verdi.

"Ce club appartient � des hommes de Corse, des nationalistes au RPR en passant par les communistes. Notre plus grand plaisir serait que la Corse devienne ce que ce club est devenu", a-t-il encore d�clar�.

Selon lui, "pr�s de 100% des dirigeants sont des b�n�voles et le club fait vivre directement 300 familles". "Nous prenons un coup s�v�re au niveau de l'image par rapport � nos sponsors", a conclu le dirigeant, assurant que "le club va �tudier, avec son conseiller, les recours juridiques possibles".

Pr�c�d�s d'une heure par les journalistes et cam�ras de t�l�vision, une dizaine d'enqu�teurs, emmen�s par le juge d'instruction parisien Philippe Courroye et le patron du RAID Christian Lambert, ont d�barqu� d'une fourgonnette en milieu de matin�e au si�ge du SC Bastia, au stade de Furiani. Un peu plus t�t, vers 9h15, quatre enqu�teurs �taient arriv�s au si�ge du club lyonnais.

La perquisition men�e par des enqu�teurs de la brigade financi�re au si�ge du club de football de l'Olympique lyonnais a pris fin jeudi aux alentours de 17H00.

L'OL a expliqu� dans un communiqu� diffus� en d�but d'apr�s-midi que la perquisition en cours portait sur "les transferts des footballeurs Fr�d�ric N�e et Micka�l Essien", recrut�s cet �t� respectivement par Bastia et par l'OL.

Les policiers agissaient sur commission rogatoire d'un juge d'instruction parisien.

Les quatre hommes de la brigade financi�re de Paris �taient arriv�s au si�ge de l'OL vers 9H15.

Les perquisitions men�es hier concernent particuli�rement le transfert de deux joueurs : Micka�l Essien et Fr�d�ric N�e. Le premier a �t� vendu entre 7 et 8 millions d'euros par le SCB � l'OL en juillet dernier. Le second a �t� � rendu � par l'OL � Bastia d�o� il �tait venu en ao�t 2001 pour une somme estim�e � 1,6 million d'euros. Micka�l Essien avait �t� transf�r� en juillet du SC Bastia � l'OL pour un montant �valu� entre 7 et 8 millions d'euros, selon le club rhodanien.

Ces perquisitions seraient notamment, "mais pas seulement", li�es au transfert en juillet 2003 du joueur bastiais Micka�l Essien � l'OL, pour 7 � 8 MEUR.

La direction de l'OL a pr�cis� que la perquisition portait �galement sur le transfert � Bastia de l'avant-centre Fr�d�ric N�e, retourn� en Haute-Corse en provenance de Lyon dans le cadre de la n�gociation sur Essien.

Le domicile de Jean-Pierre Bern�s, agent de joueurs qui fut directeur g�n�ral de l'Olympique de Marseille durant l'�re Tapie (1986-94), a �galement �t� perquisitionn� � Cassis (Bouches-du-Rh�ne), selon une source polici�re. Cette perquisition serait li�e au transfert d'Essien, selon la m�me source.

Bern�s travaille r�guli�rement pour le compte du SC Bastia et a favoris� le transfert de plusieurs joueurs du club de Haute-Corse, l'un des clubs phares de l'�lite fran�aise dans les ann�es 1970.

Une information judiciaire contre X, visant implicitement Charles Pieri, a �t� confi�e en septembre au juge Courroye pour des faits d'"abus de biens sociaux", "escroquerie � la TVA" et "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

Depuis la mi-octobre, une quinzaine de cibles ont �t� perquisitionn�es, essentiellement des soci�t�s soup�onn�es d'entretenir des liens avec Pieri, l'un des chefs historiques de la Cuncolta naziunalista, devenue le premier parti nationaliste public Indipendenza.

Redevenu officiellement "simple militant", "le vieux", comme il est d�sign� respectueusement dans les milieux nationalistes, est consid�r� par la police comme le v�ritable patron du FLNC-Union des Combattants, le principal mouvement clandestin, qui a r�cemment d�cr�t� une tr�ve inconditionnelle de ses attentats.

Charles Pieri, qui n'est l'objet d'aucune proc�dure judiciaire le visant directement, est pour l'instant rest� muet. Son nom a �t� abondamment cit� comme une cible prioritaire dans la guerre engag�e par le ministre de l'Int�rieur Nicolas Sarkozy contre ceux qu'il consid�re comme des "nationalistes mafieux".

Le SC Bastia, qui affiche volontiers ses racines corses, est devenu un embl�me pour de nombreux militants nationalistes. Charles Pieri, comme d'autres responsables nationalistes, assiste r�guli�rement aux matches et ont libre acc�s aux vestiaires sans pour autant exercer de fonction au sein du club.

Or les enqu�teurs sont persuad�s du contraire. Plusieurs journaux ont d�j� d�crit la passion de Pieri pour les footballeurs et sa pr�sence r�guli�re aux matchs. On le voit souvent dans les vestiaires du SCB, qu'il accompagne lors de d�placements � l'ext�rieur (Monaco, Toulouse, Auxerre...)

Mais plusieurs soci�t�s d�j� perquisitionn�es entretiennent des liens commerciaux avec le SCB.

Selon une source proche du dossier, les investigations sont destin�es � �tudier le � montant et les modalit�s � des transferts et la � r�partition des commissions � : � Nous voulons savoir s'il n'y a pas eu �vaporation d'argent vers Pieri et sa garde rapproch�e �, souligne un enqu�teur.

Selon le Parisien, le transfert de Micka�l Essien retiendrait particuli�rement l'attention : dans un premier temps, le joueur ghan�en devait rejoindre le PSG. Jeune footballeur de 20 ans, il est consid�r� comme un �l�ment tr�s prometteur du football europ�en. Finalement, Essien, sollicit� �galement par Liverpool, l'Olympique de Marseille et le Real de Madrid, avait choisi Lyon : � Au d�part, les n�gociations avaient lieu avec le pr�sident du SCB, se souvient un dirigeant du PSG cit� par le Parisien.

Pour son agent, Fabien Piveteau,� Micka�l Essien voulait � tout prix aller � Lyon. C'est son r�ve depuis qu'il est arriv� en France. � Piveteau a donc n�goci� le salaire et la dur�e du contrat avec l'OL.

C�est � ce moment que Jean-Pierre Bern�s serait intervenu mandat� par le SCB pour n�gocier avec Lyon. Or Bern�s conna�t beaucoup de monde � Bastia et notamment des hommes fich�s au grand banditisme et soup�onn�s d��tre � la Brise de Mer. Et cela nous ram�ne � Marseille et � Tapie. Mais c�est une autre histoire.

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