Un avocat de Corleone se bat pour que sa ville, associ�e � la Mafia, change de nom.
Qu'�voque donc de prime abord le nom de Corleone?
Mafia, dites-vous?
C'est tout le probl�me, vous r�torquera Antonio di Lorenzo, un avocat de cette petite ville perch�e sur des collines, au sud de Palerme.
Il a lanc� mardi une collecte de signatures pour d�baptiser sa ville, associ�e dans le monde entier au Parrain des livres et films � succ�s des ann�es 1970.
"Des gens viennent ici de tous les pays, m�me du Danemark, pour se marier et pouvoir dire qu'ils se sont mari�s dans un fief de la mafia", explique-t-il � Reuters.
"C'est un accident de l'histoire que nous devons r�parer. En tant que citoyen honn�te, je ne peux le tol�rer. Changeons de nom puisque c'est tout le probl�me!"
La douteuse c�l�brit� de la bourgade doit beaucoup aux performances des acteurs am�ricains Robert de Niro et Marlon Brando, qui incarnent le parrain Don Vito Corleone dans la saga cin�matographique � succ�s de Francis Ford Coppola.
Mais, il faut dire aussi que ce dernier n'a sans doute pas choisi au hasard le nom de cette localit� comme patronyme du clan des Siciliens dont il retrace l'�pop�e sanglante.
PATERNOSTRO CONTRE COSA NOSTRA
Corleone a vu na�tre en effet quelques-unes des v�ritables parrains dont la cruaut� n'a rien � envier � leurs copies cin�matographiques.
Parmi eux Toto Riina, qui a r�gn� sur Cosa Nostra jusqu'� son arrestation en 1993, et son successeur pr�sum�, Bernardo Provenzano, insaisissable depuis 40 ans.
Di Lorenzo souhaite que Corleone retrouve son ancien nom de Cuor di Leone (C�ur de lion), sous lequel la ville �tait connue pendant des si�cles. Une commission d'historiens pourrait trancher en sens, sugg�re-t-il.
"Pure folie, pures b�tises!" fulmine le maire de Corleone, Nicolo Nicolosi.
"Corleone et sa population doivent au contraire profiter de leur notori�t� pour entreprendre des choses positives, comme lutter contre la mafia ou assurer le bien-�tre �conomique et culturel de chacun.
"Notre notori�t� peut contribuer � notre renaissance", explique-t-il � Reuters.
Dino Paternostro, r�dacteur en chef du journal local Citta Nuove, qui milite contre l'emprise de la Pieuvre, estime que ce n'est pas aux habitants honn�tes de Corleone d'avoir honte du nom de leur ville, mais aux mafieux.
Pour lui, la campagne de Di Lorenzo est si peu pertinente qu'elle va se terminer en "flop". "Je pense que les seules signatures qu'il va recueillir seront la sienne et celle de son �pouse!"
(source Philip Pullella ,Reuters)
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