Le ministre de l'�conomie et des Finances Francis Mer a propos� mercredi une r�vision "� froid" du Pacte de stabilit� en 2005 apr�s l'accord entre ministre des Finances de la zone euro sur les d�ficits fran�ais et allemand.
"On ne peut pas donner le sentiment au moment o� il y a une crise que l'on casse le thermom�tre parce qu'on n'est pas content de ce qu'on lit dessus", a estim� Francis Mer sur Europe 1. Clairvoyant, ce ministre qui a particip� � l�une des plus grandes pantalonnades europ�ennes qui soit.
Car qu�est-ce que la France et l�Allemagne viennent de faire sinon de casser le thermom�tre en ridiculisant la Commission europ�enne. "Nous devons laisser retomber la temp�rature et, � froid, mettons en 2005, repenser, au vu des exp�riences des cinq, six ou sept ann�es de fonctionnement du Pacte comment nous devons, ensemble, de mani�re d�mocratique, l'am�liorer" a pr�cis� Francis Mer.
Il a r�p�t� que la France s'�tait "engag�e" � respecter un d�ficit public en dessous de 3% du PIB: "nous le ferons".
Reconnaissant qu'"il y a eu une crise" au sein de l'Union europ�enne, le ministre de l'�conomie a jug� que l'Europe l'a "surmont�e". "Nous avons, sur une proposition de la Commission, d�montr� qu'une majorit� qualifi�e du Conseil pouvait arriver � la m�me solution d'une autre mani�re".
"Si nous avions eu cette position face au Portugal il y a un an et demi, il aurait suivi un autre chemin pour �viter la r�cession qu'il affronte maintenant", a avanc� Francis Mer. Si les pays membres ayant contest� l'accord "avaient dans le futur des probl�mes, ils peuvent �tre assur�s, de notre part et de la part de l'Allemagne, d'une compr�hension analogue".
Interrog� sur les difficult�s que cette crise pourrait engendrer lors de l'adoption de la Constitution europ�enne, Fran�ois Mer a reconnu que "ceci va compliquer la t�che sous l'angle du comportement espagnol qui est un peu en d�licatesse avec le projet de Constitution".
De son c�t�, le commissaire europ�en charg� des Affaires �conomiques et mon�taires Pedro Solbes a assur� mercredi qu'il ne d�missionnerait pas de ses fonctions apr�s l'accord entre les ministres des Finances de la zone euro sur les d�ficits fran�ais et allemand.
"Je n'ai pas �t� d�savou�. J'ai pr�sent� une proposition et les consignes n'ont pas suivi, c'est tout", a constat� Pedro Solbes sur Radio classique. "Je ne fais pas machine arri�re". Une mani�re de voir les choses qui ne correspond pas � la r�alit�. On raconte � Bruxelles � ce propos l�histoire d�un commissaire qui, une nuit, voit sa maison envahie par deux voyous dont l�un est fran�ais et l�autre allemand. Ils pr�viennent le commissaire qu�ils vont violer sa femme et ils tracent un cercle � la craie sur le sol. Ils intiment l�ordre au commissaire d�entrer dans le cercle et jurent qu�ils le tueront si jamais il sort du cercle.
Puis les deux hommes violent la pauvre femme la nuit enti�re et s�en vont au matin tandis que le commissaire n�a pas quitt� le cercle. Une fois qu�il est certain que les deux violeurs sont partis, il s�avance vers sa femme tout sourire. Celle-ci lui fait remarquer qu�il n�a gu�re �t� h�ro�que. � Ne parle pas de ce que tu ne connais pas � le coupe incisif le commissaire.
� Qu�est ce que tu veux dire ?� demande son �pouse. � Mais j�ai �t� beaucoup plus fort qu�eux. Je n�ai absolument pas ob�i � leurs ordres � jette le commissaire d�un air tr�s satisfait. Son �pouse se redresse et le regarde avec stup�faction : � Ils m�ont viol�e toute la nuit et tu n�as rien fait. �
L�autre �clate de rire. � Il m�avait interdit de sortir du cercle et j�ai mis trois fois le pied droit en dehors. � Une petite histoire adress�e � Pedro Solbes.
S'il voit "les choses avec un peu plus de distance", le commissaire europ�en charg� des Affaires �conomiques a jug� que ses critiques "continuent � �tre valables". "Il faut travailler pour respecter les r�gles et l'esprit du pacte, continuer � travailler comme on l'a toujours fait".
Il confirme que la Commission va �tudier la possibilit� de saisir la Cour de justice de Luxembourg, Pedro Solbes a estim� que "ce n'est pas le probl�me de fond".
"Notre probl�me en Europe, c'est un probl�me de croissance (...) Il faut avoir des convictions profondes. Ma premi�re conviction est que l'on doit respecter la r�gle", a-t-il martel�. "Si nous faisons des r�gles, il faut les appliquer, c'est aussi simple que cela".
De plus, "une croissance soutenable exige des finances publiques saines. C'est l'�l�ment cl�", a soulign� Pedro Solbes. L'exp�rience montre que "les pays qui ont le plus de d�ficit ne sont pas ceux qui ont le plus de croissance", a-t-il conclu.
En attendant, l�Europe a donn� une bien pi�tre image d�elle-m�me. Les pays les plus puissants ont tout simplement viol� les r�gles qu�ils avaient impos�es comme les tables de la loi.
Nul doute qu�une telle attitude va jouer dans le rapport de forces avec les �tats-Unis, pays qui b�tit sa relance sur un super-endettement et entend bien le faire payer au reste du monde. Si l�Europe se laissait entra�ner dans cette chute folle, le spectre de l�inflation pourrait bien redevenir une r�alit� avec au bout une crise autrement plus grave que celles provoqu�es par l�explosion des bulles sp�culatives.
Une telle perspective est d�autant plus alarmante que les dragons d�Asie sont en train de se constituer en puissances �conomiques et financi�res, bas�es elles sur une v�ritable croissance. La crise structurelle du seul pays occidentalis�, le Japon, place la Chine et la Cor�e du sud en position de force.
C�est pourquoi il est fondamental que l�Europe tienne la route. Mais cela a un co�t terrible : la rentabilit� et donc la possibilit� d�un m�contentement populaire croissant. Il est vrai que les promesses de Jacques Chirac sont en train de plomber le budget fran�ais. Il semble maintenant certain que la baisse des imp�ts sur le revenu soit largement rattrap�e par la hausse de la fiscalit� locale. C�est dire que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin a du souci � se faire sans pour autant que les partis de l�opposition apportent la moindre solution cr�dible.
Mais en p�riode de crise on vote contre ceux qui gouvernent plut�t que pour ceux qui proposent.
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