L'Observatoire de l'UE pour les ph�nom�nes racistes et antis�mites (EUMC) s'est abstenu de publier un rapport concluant � la fr�quente complicit� de groupes musulmans et pro-palestiniens dans des incidents antis�mites en Europe, affirme le Financial Times (FT). "La concentration sur des auteurs (d'incidents antis�mites) musulmans et pro-Palestiniens (dans ce rapport) a �t� jug�e provocatrice" par l'EUMC, indique le FT samedi, dans sa version Internet, ajoutant que la d�cision prise de ne pas le publier a �t� "politique".
Selon ce journal, ce rapport, dont le FT affirme avoir obtenu une copie, en vient � la conclusion qu'il "y a une tendance vers un antis�mitisme musulman et il y a une mobilisation contre Isra�l qui n'est pas toujours d�pourvue de pr�jug�s".
"Affirmer que les auteurs des incidents sont Fran�ais, Belges ou N�erlandais ne rend pas toute la v�rit�", indique le quotidien britannique en se r�f�rant aux conclusions du rapport.
L'EUMC, bas� � Vienne, "a d�cid� en f�vrier de ne pas publier ce rapport de 112 pages qu'il avait command� au pr�alable au Centre de Recherche sur l'Antis�mitisme de l'Universit� de Berlin, � la suite de divergences sur les conclusions du rapport avec les auteurs de ce dernier" �crit le journal.
Le FT cite Beate Winkler, directrice du EUMC, qui indique que le rapport "a �t� rejet� car la p�riode sous revue -- mai et juin 2002 -- a �t� post�rieurement jug�e comme non repr�sentative et parce qu'il y a eu un probl�me de d�finition du concept de l'antis�mitisme" qui �tait, selon elle, "trop compliqu�e dans le rapport".
L'EUMC �tant ferm� le week-end, l'AFP n'a pas pu obtenir une prise de position de cet organe samedi.
Certains membres de la direction du EUMC ont �galement object� que l'analyse contenue dans le rapport imputait "des motifs antis�mites � des groupes de gauche et luttant contre la mondialisation", a pr�cis� le FT.
Mme Winkler avait mis en garde en septembre, dans une interview � la presse autrichienne, contre l'augmentation des ph�nom�nes racistes et l'antis�mitisme dans presque tous les pays de l'Union europ�enne. Interrog�e sur les raisons de ce ph�nom�ne, la directrice de l'EUMC avait estim� que "le racisme est la d�valorisation des autres" et que "tous les groupes fondamentalistes sont caract�ris�s par le fait qu'ils conf�rent � leurs membres le sentiment d'avoir plus de valeur que d'autres". "� cela s'ajoute la perception de l'ostracisme envers les autres", avait-t-elle indiqu�. Mme Winkler n'a pas abord� le probl�me de l'orientation politique des auteurs des incidents antis�mites.
La direction de l'EUMC, organe de l'UE fond� en 1998, comprend 18 membres, soit un membre par pays de l'UE auxquels s'ajoutent un membre respectif pour la Commission europ�enne, le Parlement europ�en et le Conseil de l'Europe.
Or un des deux auteurs du rapport , cit� par le quotidien isra�lien Haaretz et le site proche-orient.info, accuse l'Union europ�enne d'avoir voulu restreindre la d�finition de l'acte antis�mite.
Deux d'entre eux, membres �minents du Centre de Recherche sur l'Antis�mitisme � l'universit� technique de Berlin - les professeurs Wolfgang Bentz et Werner Bergman - ont qualifi� les arguments avanc�s par l'UE pour enterrer ce rapport (tendancieux, mal d�fini, d�ficient) de ridicules : � De notre point de vue, il y a m�me de la diffamation �, a d�clar� le professeur Bergman au � Haaretz � . Nous avons 20 ans d'exp�rience et sommes consid�r�s comme le Centre d'�tude leader dans le domaine de l'antis�mitisme �.
Bergman avance une explication sur la d�cision de l'UE d'enterrer le rapport : � Je pense qu'ils craignaient une guerre civile entre diff�rentes communaut�s �.
Le � Haaretz � explique que les r�dacteurs du rapport ont compris qu'ils d�tenaient un v�ritable baril de poudre lorsqu'ils sont parvenus � la conclusion, suite � des enqu�tes pouss�es, que derri�re la plupart des actes antis�mites recens�s en Europe en 2002 se trouvaient des �l�ments islamistes radicaux et pro-palestiniens qui agissaient en coordination avec des cellules de la gauche radicale, anticapitaliste et anti-globalisation : � Les Europ�ens ont eu du mal � accepter ces conclusions et ils nous ont demand�s � plusieurs reprises de les nuancer et de r��quilibrer les arguments �, affirme Bergman.
Ce dernier accuse �galement l'UE d'avoir voulu restreindre la d�finition de l'acte antis�mite. Bergman affirme �galement avoir suspect� les Europ�ens de vouloir mettre le rapport � l'�cart parce qu'ils pensaient que certains des chercheurs �taient pro-Juifs ou pro-Isra�liens�
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