La situation des entreprises am�ricaines appartenant � des minorit�s en Afrique
Nov 27, 2003
La discrimination positive, ch�re � Nicolas Sarkozy est une institution aux �tats-Unis. Voici donc la promotion des entreprises am�ricaines appartenant � des � minorit�s � entendons des patrons issus de ces minorit�s comme les � Afro-Am�ricains �. Une d�monstration de l�efficacit� du lobbying � l�am�ricaine.

Selon Mme Holly Vineyard, directrice du Bureau des affaires africaines au minist�re du commerce des �tats-Unis, les petites entreprises am�ricaines, et notamment celles qui appartiennent � des minorit�s am�ricaines, peuvent jouer un r�le important en investissant dans le domaine �nerg�tique de l'Afrique subsaharienne. Cependant, elles devront bien �tudier leur march� potentiel avant de se lancer.

� cet �gard, le minist�re du commerce peut apporter son aide, notamment en v�rifiant la l�gitimit� d'�ventuels partenaires africains. Mais par-dessus tout, elle conseille : "Puisez dans les ressources de l'ambassade des �tats-Unis de votre pays cible."

Mme Vineyard a tenu ces propos lors du Forum sur le p�trole et le gaz en Afrique qu'a organis� le Corporate Council on Africa (CCA) � Houston (Texas) du 19 au 21 novembre, � l'occasion d'une table ronde consacr�e aux d�bouch�s qu'offre l'Afrique aux petites entreprises. Participaient � cette discussion divers repr�sentants d'associations nationales d'entreprises dirig�es par des minorit�s dans le secteur �nerg�tique et le pr�sident-directeur g�n�ral d'une compagnie p�troli�re afro-am�ricaine implant�e au Nigeria. La discussion portait sur la difficult� de faire sa place sur un march� international de l'�nergie domin� par les m�galithes que sont ExxonMobil, ChevronTexaco et Conoco Phillips.

Pr�cision utile : les petites entreprises am�ricaines dirig�es par des minorit�s ont des revenus annuels inf�rieurs � 40 millions de dollars.

Robert Hill est le pr�sident de l'American Association of Blacks in Energy (AABE), une association sans but lucratif qui d�fend les int�r�ts des Afro-Am�ricains et autres minorit�s au niveau de la politique �nerg�tique des �tats-Unis, des r�glementations et autres dossiers techniques et �cologiques. Cette association, a pr�cis� M. Hill, a cr�� un institut sur la politique �nerg�tique afin d'aider les pays africains � d�velopper leur secteur de l'�nergie. L'AABE a �galement fond� un institut de formation, largement financ� par un don du minist�re de l'�nergie, afin d'aider � �tablir les capacit�s des pays africains dans le domaine �nerg�tique et de cr�er des emplois pour les travailleurs am�ricains appartenant � des minorit�s.

"En ce si�cle nouveau, l'Afrique est partie int�grante des projets de d�veloppement des �tats-Unis dans les domaines du p�trole et du gaz", a d�clar� M. Hill. "Nos besoins dans ce domaine vont augmenter de 25 % d'ici � 2015, et nous entrevoyons des d�bouch�s pour les petites entreprises dirig�es par des minorit�s, � condition qu'elles s'unissent et sachent profiter de l'aide du gouvernement f�d�ral."

"Nous agissons comme interm�diaire entre les petites entreprises am�ricaines et les exploitants africains", a expliqu� M. Hill. Il a d�j� re�u plusieurs demandes de recherche de partenaires pour investir dans la construction d'un ol�oduc en mer profonde, l'exploration des eaux territoriales de Sao Tom�, l'achat d'une raffinerie de p�trole et la construction d'une centrale �lectrique � �nergie solaire en Gambie.

"Ce ne sont l� que quelques exemples de petites entreprises qui voient grand. Tous ces projets co�tent des centaines de millions de dollars, et nous avons acc�s � divers dons, pr�ts et autres appuis afin de r�aliser ces affaires."

Un autre participant � la discussion, M. Jerry Curry, pr�sident-directeur g�n�ral de Victoria International et du National Council of Minorities in Energy (NCME), a soulign� que si les petites entreprises dirig�es par des minorit�s avaient obtenu un certain succ�s dans le secteur national de l'�nergie, elles n'avaient pas encore r�ussi � percer au niveau international. "Le NCME vise � faciliter ce processus, parce qu'une politique nationale avis�e garantissant l'acc�s � ces sources d'�nergie doit pr�voir une plus grande participation des minorit�s ainsi que des entreprises et des organisations commerciales africaines."

En tant que dirigeant d'Osyka Corporation, une soci�t� appartenant enti�rement � des Afro-Am�ricains, Michael Harness est tr�s impliqu� dans ce processus. Sa soci�t� a r�ussi � produire du p�trole et du gaz au Texas, en Louisiane et dans le Mississippi, essentiellement en exploitant des champs p�trolif�res dits marginaux que les grandes multinationales n�gligent souvent.

"Depuis cinq ans, nous �tudions des partenariats d'exploitation avec le Nigeria, le S�n�gal, le Gabon et la Tunisie. La tendance � la privatisation dans ces pays a cr�� des d�bouch�s uniques pour de petites entreprises am�ricaines sur les march�s africains, parce qu'il leur est plus facile que les grandes soci�t�s de profiter imm�diatement des faibles co�ts d'exploitation et des rendements �lev�s des investissements."

M. Harness a ensuite �voqu� les difficult�s que rencontrait son entreprise en Afrique, notamment au niveau de la transparence et de l'�tablissement de partenariats fiables. "Malgr� tout, il est plus facile qu'on le pense de s'impliquer dans des projets en Afrique, m�me pour une petite entreprise comme la n�tre."

"Le r�el obstacle se situe au niveau de l'obtention de capitaux suffisants. Lorsque vous avez affaire au march� international, ce qui est le cas en Afrique, il est plus difficile de trouver des banques am�ricaines. Au Nigeria, par exemple, la seule banque d'investissement est la Citibank. Les possibilit�s d'investissement au Nigeria impliquent donc pour les petites entreprises des difficult�s uniques."

"Au fur et � mesure que les pays africains ouvrent leurs march�s aux petites entreprises, nous allons devoir trouver les moyens de g�rer nos ressources plus efficacement. En outre, le gouvernement des �tats-Unis doit commencer � coop�rer avec les banques am�ricaines afin de rendre plus viable et plus attirante l'entr�e des petites entreprises sur les march�s africains."

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s