De l�uranium, des assassinats, des services secrets. Le jeudi 13 novembre, un journal fran�ais Le Progr�s faisait des r�v�lations, ignor�es par la grande presse, en rapport avec l'assassinat de Mzee Laurent-D�sir� Kabila dont on ne parle pratiquement plus de fa�on active.
Le Progr�s, repris par L�Avenir, a r�v�l� que deux barres d'uranium enrichi 138 auraient �t� rachet�es en mars 2000 par un �missaire d'Al-Qa�da aupr�s des opposants congolais au r�gime en place � Kinshasa � l'�poque.
Il s�agissait de financer un putsch contre le pr�sident d'alors, Mzee Laurent-D�sir� Kabila. C'est ce qu'a assur� � la police allemande un ancien opposant au r�gime de Kinshasa dont l'identit� n'a pas �t� r�v�l�e.
Il s'agit des d�clarations faites par cet opposant dans le cadre d'une commission rogatoire d�livr�e ar un juge d'instruction de Grenoble � l'Est de la France, apr�s l'assassinat de deux Congolais en d�cembre 2000 dans la m�me r�gion, pr�cise le journal. Ce militaire proche des deux Congolais tu�s dans une voiture a trouv� refuge en Allemagne et a �t� entendu par la police � Hambourg. Il parle d'une r�union qui aurait eu lieu le 3 mars 2000 � Hambourg entre des Congolais non autrement identifi�s et un �gyptien.
Le Progr�s donne le pr�nom de l'int�ress� (Ibrahim Abdul) et cite le t�moin en ces termes : � J'ai compris qu'il s'agissait d'Al-Qa�da (...) Cet �missaire aurait ainsi acquis deux barres d'uranium enrichi 138 pour le compte de la n�buleuse terroriste �.
Une source proche de l'affaire a confirm� qu'un tel t�moignage figurait bien dans une commission rogatoire jointe au dossier d'instruction en avril de l'ann�e en cours. Quant aux deux Congolais assassin�s, ils �taient eux-m�mes des opposants au r�gime de Kinshasa. Il s'agit de Phil�mon Naluhwindza appel� � Mwami � et d'Aim� Atenbina. Ce dernier �tait le fils d'un ancien ambassadeur congolais (mieux za�rois) aupr�s du Vatican et membre de la Division sp�ciale pr�sidentielle (Dsp), l'unit� d'�lite du vivant de feu le mar�chal Mobutu Sese Seko. Les deux personnes avaient �t� retrouv�es carbonis�es � Chasse-sur-Rh�ne, une banlieue de Lyon.
Par la suite, le m�me t�moin a �t� entendu � la fois par le Fbi, la Cia et les services secrets fran�ais. Mais, il nous revient qu'il n'a pu fournir aucune explication sur l'origine exacte des deux barres d'uranium enrichi qui avaient l'objet de la transaction, poursuit le journal fran�ais.
Selon Me Fr�d�ric Lalliard, l'avocat de la famille d'une des deux victimes qui s'est confi� � l'Afp : � C'est la premi�re fois que la piste d'Al-Qa�da appara�t dans l'enqu�te sur ce double assassinat �. � Toutefois, aucune piste n'est �cart�e �, a-t-il d�clar�.
En ce qui concerne ce double assassinat, la Cour d'appel de Grenoble avait mis en examen, fin mai 2001, trois hommes ont pour assassinats avant de les remettre en libert� � sous contr�le judiciaire � un an plus tard puisqu'ils continuaient � clamer leur innocence. La source inform�e du dossier a l�ch� : � On sait que les deux victimes �taient l� pour r�unir des fonds pour renverser Kabila et tous les moyens �taient bons �.
Toutefois, concernant l'usage possible de l'uranium enrichi, le journal Le Progr�s cite Christophe Carle, un expert qui est directeur-adjoint de l'Institut des Nations unies pour la recherche sur le d�sarmement (Unidir). Selon lui, on ne peut obtenir une bombe atomique qu'avec � de l'uranium fortement enrichi � 90% �.
Il s'agit donc d'un � processus tr�s compliqu� �. Une fa�on comme une autre de banaliser la port�e r�elle de ce minerai tr�s recherch�. Par contre, cet expert explique que l'usage de l'uranium faiblement enrichi (dans des engins explosifs conventionnels), pourrait permettre de diss�miner des produits toxiques, avec � un impact psychologique �norme � sur l'adversaire. Au stade actuel, la question que l'on peut se poser est de savoir si ces anciens opposants qui auraient eu des contacts jug�s dangereux avec ce r�seau terroriste, sont actuellement au pouvoir.
Car, leurs desseins cach�s risqueront d'annihiler ou de compromettre l'action du Pr�sident Joseph Kabila qui est r�solument engag� dans la lutte contre le terrorisme. Comme toute la lumi�re doit �tre faite sur cette affaire. Et l'on comprend ais�ment pourquoi les diff�rents services secrets sont derri�re le dossier.
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