Rejet de la demande de mise en libert� de Nathalie M�nigon
Nov 25, 2003
La juridiction r�gionale de lib�ration conditionnelle de Douai (Nord) a rejet� lundi la demande de mise en libert� de l'ancienne membre d'Action Directe Nathalie M�nigon.

Nathalie M�nigon, �g�e de 45 ans et partiellement h�mipl�gique apr�s deux accidents vasculaires c�r�braux, avait �t� condamn�e en mai 1994 par la cour d'assises sp�ciale de Paris � la prison � perp�tuit� pour l'assassinat en 1989 du PDG de Renault Georges Besse et complicit� d'assassinat de l'ing�nieur g�n�ral Ren� Audran, tu� en 1985. Son avocat avait demand� sa lib�ration et qu'elle puisse b�n�ficier de la loi Kouchner du 4 mars 2002 sur la possibilit� de suspension de peine pour raison de sant�.

La d�tenue avait elle-m�me r�clam� sa lib�ration, dans une conversation t�l�phonique avec un de ses amis diffus�e par France 3, au m�me titre que Maurice Papon, en septembre 2002, alors qu'il avait �t� condamn� � 10 ans de r�clusion en avril 1998 pour complicit� de crimes contre l'humanit�. "Ce mec (Maurice Papon), faut pas d�conner, il a �t� prot�g� toute sa vie depuis la Seconde Guerre mondiale (...) Il a eu une vie, une vie sociale, une vie amoureuse, bon il a v�cu ce mec. Lui, il b�n�ficie d'une suspension de peine alors qu'il a fait un peu plus de deux ans de prison, m�me pas", avait-elle d�clar�.

Lors de sa derni�re audience, le 20 octobre � la maison d'arr�t de Bapaume (Pas-de-Calais), le minist�re public s'�tait oppos� � sa lib�ration, les experts ayant conclu que son �tat de sant� �tait "compatible avec son maintien en d�tention". Une compatibilit� que conteste Me Chalanset, qui rappelle que sa cliente "absorbe onze m�dicaments diff�rents par jour" et souffre de "troubles de l'�quilibre, de la motricit� et de pertes de m�moire".

Le 1er juillet dernier, elle s'�tait m�me bless�e au bras en tentant d'escalader un grillage de la cour de promenade pour "protester contre le manque de soins, notamment en kin�sith�rapie", selon son avocat.

Me Chalanset, son avocat a indiqu� qu'il ferait appel. L'avocat s'�tait d�clar� pessimiste quant � la d�cision de la juridiction r�gionale, d�j� report�e � de multiples reprises, et avait affirm� que sa cliente, condamn�e � la r�clusion criminelle � perp�tuit�, "n'attendait rien de la justice".

Cet acharnement contre une femme diminu�e et malade ne fait pas honneur � la France surtout si on compare ce traitement avec la faveur accord�e � l�homme qui d�cida la d�portation de centaines de femmes, d�hommes et d�enfants au seul pr�texte qu�ils �taient Juifs.

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