Selon de hauts responsables des �tats-Unis, le projet de cr�ation d'un syst�me qui reliera des milliers de satellites, d'a�ronefs et de stations terrestres dans le monde entier en vue d'obtenir des pr�visions plus pr�cises relatives aux changements climatiques, aux rendements agricoles, � l'apparition de maladies et � la survenance de catastrophes naturelles suit son cours.
Le vice-ministre du commerce charg� des oc�ans et de l'atmosph�re, M. Conrad Lautenbacher, a d�clar� � la presse, le 17 novembre, qu'un groupe de travail international - le Groupe des observations de la Terre (GEO) - tiendrait sa seconde r�union les 28 et 29 novembre � Baveno (Italie), en vue de poursuivre les travaux portant sur un plan d�cennal de mise en place d'un syst�me d'observation de la Terre. La premi�re r�union de ce groupe a eu lieu � l'issue du premier Sommet de l'observation de la Terre qui s'est tenu le 31 juillet 2003 � Washington.
Le groupe de travail, a indiqu� M. Lautenbacher, a pr�par� un calendrier ambitieux : l'�bauche du plan d�cennal doit �tre soumise lors d'une r�union minist�rielle en avril prochain, � Tokyo (Japon) et le projet de plan doit �tre soumis dans son int�gralit� lors d'une autre r�union minist�rielle � la fin de 2004.
Les ministres et les d�l�gu�s d'une trentaine de pays qui ont assist� au premier Sommet d'observation de la Terre en juillet dernier ont adopt� une d�claration dans laquelle ils pr�conisent l'�laboration d'un syst�me global et coordonn� d'observation de la Terre. Il est pr�vu que ce syst�me relie et accroisse les moyens existants d'observation dans le monde entier - notamment les dispositifs terrestres, a�riens et spatiaux - � diverses fins (climat, m�t�o, catastrophes naturelles et ressources vivri�res).
Les ministres qui avaient assist� au sommet du G8 en 2003 � Evian (France) avaient pr�conis� le renforcement de la coop�ration internationale en ce qui concerne l'observation de notre plan�te. De m�me, les participants au Sommet mondial sur le d�veloppement durable qui s'est tenu � Johannesburg en 2002 s'�taient prononc�s en faveur d'une plus grande coordination entre les dispositifs d'observation de la Terre.
Le syst�me d'observation de la Terre, a expliqu� M. Lautenbacher, devrait �tre con�u de mani�re � faciliter l'application de d�cisions relatives � diverses questions internationales d'ordre social, m�dical, sanitaire et �cologique, entre autres.
"La coordination entre les satellites d'observation de la Terre permettra d'obtenir de nombreuses informations, a-t-il dit. Les observations par satellite sont de plus en plus courantes, et nous devrions r�ussir, dans les d�cennies � venir, � obtenir des clich�s qui ne se limitent plus seulement aux conditions m�t�orologiques de la Terre."
La d�finition des moyens de coordination et d'int�gration des donn�es et des informations recueillies par des satellites avec celles provenant des stations terrestres et des stations flottantes dans les oc�ans constituera une t�che difficile pour la communaut� internationale, et c'est l� un des probl�mes que le groupe international examinera lors de sa r�union � Baveno.
Les dispositifs actuels d'observation montrent d�j� leur utilit� quant � l'estimation des rendements agricoles, la surveillance de la qualit� de l'eau et de l'air, l'am�lioration de la s�curit� a�rienne et la pr�vision de ph�nom�nes climatiques tels qu'El Nino. Malgr� ces avantages, les lacunes dans la connaissance de notre plan�te et de ses syst�mes complexes emp�chent de s'attaquer � divers probl�mes, tels que la s�cheresse, l'apparition de maladies, les difficult�s en mati�re de production agricole et de transport. Il est aussi n�cessaire de disposer de nouveaux moyens d'observation pour mettre fin aux incertitudes scientifiques en ce qui concerne les pr�cipitations, l'humidit� du sol et la salinit� des oc�ans.
"Par exemple, a dit M. Lautenbacher, si l'on consid�re les dispositifs en place dans le monde � l'heure actuelle, il est possible de trouver des lacunes importantes pour ce qui est de l'observation des oc�ans." Les chercheurs obtiennent � l'aide des satellites des informations assez bonnes sur la surface des oc�ans, mais il n'en est pas de m�me pour les grands fonds ou m�me les niveaux interm�diaires. Les oc�ans font l'objet d'une faible observation et sont mal compris alors qu'ils constituent 70 % de la superficie de notre plan�te et qu'ils ont une influence sur le climat de tous les pays du monde.
"Nous commen�ons � peine � observer les oc�ans pour obtenir les donn�es dont on a besoin pour la surveillance globale des climats et des conditions m�t�orologiques, a-t-il indiqu�. Gr�ce � une surveillance globale, on devrait pouvoir examiner les effets des oc�ans sur la sant� de l'homme, sur les zones c�ti�res et sur les ressources halieutiques non seulement le long des c�tes, mais en plein oc�an en suivant les d�placements des esp�ces migratrices."
Pour sa part, un haut responsable de l'Agence am�ricaine pour la protection de l'environnement (EPA), M. Paul Gilman, a soulign� la n�cessit� d'obtenir de meilleures donn�es, en indiquant qu'une �tude r�cente r�alis�e par son organisme montrait que la moiti� des indicateurs utilis�s pour �valuer la qualit� de l'eau, de l'air et des sols �taient insuffisants.
"Le r�sultat le plus frappant, a-t-il dit, est que nous avons d� conclure dans notre rapport, quelque 31 ans apr�s la promulgation de la loi sur la qualit� de l'eau, que les grands indicateurs de la qualit� de l'eau ne nous permettaient pas de dresser un tableau de la qualit� de l'eau au niveau national. C'est donc dans ce contexte que l'EPA participe � l'�laboration d'un syst�me d'observation de la Terre."
Un tel syst�me, a-t-il fait remarquer, pourrait se r�v�ler utile lors d'�v�nements tout � fait impr�vus, comme les incendies qui ont ravag� de grandes �tendues en Californie au mois d'octobre.
"Notre agence, a-t-il pr�cis�, s'est inqui�t�e des cons�quences de ces incendies, notamment en ce qui concerne la pollution de l'air, mais nous n'�tions pas vraiment en mesure de calculer l'ampleur de la pollution. J'envisage le jour o� les moyens de t�l�d�tection et d'imagerie n�cessaires � l'observation d'une telle situation seront grandement perfectionn�s."
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