Dans son num�ro du 18 novembre, l'hebdomadaire tunisien francophone Tunis Hebdo publie un �ditorial de Tahar Selmi, dont nous reproduisons ci-dessous un extrait qui se passe de tous commentaires�
� Les �Protocols� des Sages de Sion, publi�s par Serguei A. Nylus au d�but du si�cle dernier (1905), conservent leur �fra�cheur� et leur actualit� intactes. Aucune ride. Aucune corrosion. Aucune trace d�oxyde.
Le congr�s du mouvement sioniste mondial, qui vient de tenir ses assises dans la capitale occup�e de la Palestine, Al-Qods, au cours de la semaine �coul�e, l�a largement prouv� : �la bombe d�mographique� arabe, th�me central de ces �Protocols�, r�current depuis un si�cle, a constitu� l�ossature fondamentale de ce conclave qualifi� par certains participants de �br�lant� et de �d�cisif�. R�uni � la h�te, ce rassemblement sonne comme une furieuse contre-attaque, celle de torpiller dans l��uf l�initiative de paix proclam�e, il y a pr�s d�un mois, � Gen�ve. Deux hommes de bonne volont�, l�Isra�lien Yossi Bellin et le Palestinien Yasser Abd-Rabbou, se sont d�pens�s sans compter pour vaincre les pr�jug�s, surmonter les obstacles psychologiques, d�manteler les barricades au niveau des esprits et conclure un consensus apte � r�soudre un conflit sanglant, qui n�a pas trop dur�.
Il s�agit du �Pacte de Gen�ve�, abusivement qualifi� de �consternant et n�faste� par Ehud Barak, la �colombe noire� de l�Etat h�breu et autres faucons du m�me acabit. L�accord de Gen�ve est pour le moment virtuel, mais il re�oit chaque jour le soutien de plus en plus important d�intellectuels, d�hommes politiques, de repr�sentants de la soci�t� civile � travers le monde. Et, last but not least, celui � sans r�serve � du Secr�taire g�n�ral des Nations unies. L�id�ologie sioniste, comme la d�crivent �Les Protocols�, ne s�accommode pas du �m�lange des genres�. La pr�servation de �la race� implique la �Hafrada�, s�paration physique d�avec les Arabes pour pr�server la �puret� de l�esp�ce. Elle est, de ce fait, et quoi qu�on dise, raciste. Le mouvement fond� par Herzel au Congr�s de B�le, en 1897, l�a prouv�, � toutes les �tapes de son �volution et � toutes les p�rip�ties du conflit isra�lo-arabe. La Conf�rence de Durban, en Afrique du Sud, il y a deux ans, a reconnu cette r�alit�, m�me si elle a �t� emp�ch�e par les �tats-Unis et les pays occidentaux de la proclamer solennellement. Rien, du reste, ne corrobore mieux cette v�rit� que le �Mur de s�paration� dont la construction se poursuit � une cadence rapide dans toutes les directions. Officiellement, cet ouvrage colossal est destin� � emp�cher l�infiltration de Fidayines palestiniens en territoire isra�lien.
En fait, en �rigeant cette forteresse de 650 km, l�Etat h�breu vise un objectif essentiel : pr�server la �puret� ethnique� du peuple juif en ��tranglant� les territoires �autonomes� et les r�duire � l��tat de banthoustans. La �Clot�re� sera d�autant plus infranchissable qu�elle sera �lectrifi�e et menue de toute une panoplie d�appareils ultra-sophistiqu�s : capteurs sensoriels d�tectant � distance la proximit� de toute pr�sence humaine, tours d�observation �quip�es de radars, surveillance a�rienne � partir de ballons et d�avions sans pilote etc.
En attendant l�av�nement d�une population � cent pour cent juive, certains strat�ges n�h�sitent pas � pr�coniser la castration pure et simple des �Arabes isra�liens�, c�est-�-dire les Palestiniens de 48, dont le nombre � largement gonfl�, pour les besoins de la cause � atteindrait sous peu 22% de la population totale de l�Etat h�breu. D�autres proposent la mise en place d�un vaste programme d�adoption d�enfants palestiniens pour les transf�rer dans les pays arabes voisins. Sous d�autres cieux, de telles offenses auraient soulev� une temp�te d�indignation. Le plus grave est que certains chefs d�Etat, qui se targuent de d�fendre le droit et la justice � travers le monde, se retranchent dans leur mutisme opaque, quand ils n�encouragent pas ces agissements contraires � toutes les valeurs et � tous les principes.
Le 4 juin dernier, � Ankara, le sieur George Bush n�a pas sourcill� en d�clarant : �Isra�l est un Etat juif�, apportant par l� m�me un soutien sans ambages, au refus d�Ariel Sharon de reconna�tre le droit au retour des r�fugi�s palestiniens. Quatre chefs d�Etat arabes (�gyptien, soudanais, jordanien et bahre�ni) avaient assist� � la sc�ne sans broncher
sign� Tahar SELMI �
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