Ces infos top secr�tes que la CIA r�serve au pr�sident
Nov 22, 2003
Le PDB est le rapport le plus exclusif de la CIA, r�serv� chaque jour au pr�sident et � une poign�e de ses proches. La Maison-Blanche refuse toujours que le S�nat y ait acc�s. The New York Times est all� y regarder de plus pr�s.

0n l'affuble de toutes sortes d'appellations : le journal le plus �litiste du monde, le produit ultrasecret de la CIA, un document si sensible qu'une trop grande diffusion pourrait mettre des existences en danger. "�a peut tuer, ce truc-l�", d�clare Milton Bearden, le patron des op�rations de la CIA contre les Sovi�tiques en Afghanistan.

Appelez-le comme vous voudrez, ce document porte en fait le nom innocent de Rapport quotidien au pr�sident [President's Daily Brief, ou PDB], et c'est un cahier de dix � douze pages produit chaque nuit par la CIA. Ces derniers temps, � Washington, sa cote est en hausse.

Si la commission charg�e de l'enqu�te sur les attentats terroristes du 11 septembre 2001 a enfin obtenu d'y avoir acc�s, il n'en va pas de m�me pour la commission du S�nat sur le renseignement, qui s'efforce de d�terminer comment l'administration Bush en est arriv�e � ses conclusions sur les armes de destruction massive en Irak. Au d�but du mois encore, n�gociations et menaces d'assignation se succ�daient, mais jusqu'� pr�sent la Maison-Blanche continue de d�cr�ter que le PDB reste exclusivement r�serv� � l'ex�cutif. D'ailleurs, jamais aucun gouvernement n'a accept� de tirer un trait sur ce privil�ge. Mais que rec�le donc exactement le PDB ? Qui a le droit de le consulter? Et pourquoi les enqu�teurs estiment-ils qu'il est essentiel si l'on veut comprendre pourquoi l'�quipe Bush a envahi l'Irak ou savoir ce qui a mal tourn� le 11 septembre 2001 ?Voici quelques r�ponses, glan�es aupr�s de responsables de la s�curit� nationale du gouvernement actuel et des pr�c�dents.

UN LECTORAT LIMIT� � DIX PERSONNES

Ext�rieurement, le rapport se pr�sente sous la forme d'un carnet bleu � spirales portant la mention "President Daily Brief" imprim�e en couverture. � l�int�rieur se trouve ce que la CIA consid�re comme les informations les plus importantes des derni�res vingt-quatre heures. "Qu'il se passe quelque chose de nouveau, d'int�ressant, d'important, et il y a de grandes chances que l'on en parle dans le PDB", explique James Woolsey, directeur de l'Agence du temps de Bill Clinton. "C'est un peu comme faire la une des journaux."

Le document est transmis � Bush dans le Bureau ovale vers 8 heures chaque matin par un agent de la CIA accompagn� de son directeur, George Tenet. D'ordinaire, trois autres personnes sont pr�sentes le vice-pr�sident, Dick Cheney, la conseill�re � la s�curit� nationale, Condoleezza Rice, et le chef de cabinet de la Maison-Blanche, Andrew Card Jr. Chacun des trois a droit � son exemplaire personnel du PDB, tout comme le secr�taire d'Etat, Colin Powell, et le secr�taire � la D�fense, Donald Rumsfeld. � en croire les responsables du gouvernement, le lectorat ne d�passe pas dix personnes. Les membres de la CIA doivent attendre que les lecteurs pr�sents aient termin� leur lecture. Les exemplaires sont ensuite rapport�s au quartier g�n�ral de l'Agence.

De source proche de la Maison-Blanche, on ne dit pas ce que le pr�sident fait de son exemplaire, mais on sait qu'il n'en circule aucun autre parmi les membres de son administration.

Selon les professionnels de la s�curit� nationale, le rapport se distingue des autres rapports du secteur parce qu'il d�crit avec davantage de d�tails les m�thodes utilis�es pour collecter les informations. Woolsey en donne un exemple th�orique. "Le PDB peut expliquer 'Nous disposons d'une source m�dicale dans l'entourage du pr�sident X qui est � peu pr�s certaine que le pr�sident X souffre d'une cirrhose.' Des renseignements de moins haut niveau, eux, diraient 'Il y a des raisons de se soucier de la sant� du pr�sident X."

Toutefois, reconnaissent Woolsey et d'autres anciens sp�cialistes du domaine, le PDB est loin d'�tre infaillible. "Le renseignement n'est pas une science exacte, ajoute Woolsey, mais c'est le mieux qu'ils puissent faire."

La Maison-Blanche a admis l'an dernier qu'un PDB d'ao�t 2001, le mois pr�c�dant les attentats, avait abord� la possibilit� que des avions de ligne soient d�tourn�s par Al Qaida. "La vraie question qu'il faut se poser, c'est de savoir si le rapport �tait explicite au point de justifier une action", commente un ancien responsable qui a lu le rapport. "Voil� pourquoi la commission souhaitait pouvoir le consulter."

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s