Yvan Colonna serait rest� en contact avec sa famille via des vid�ocassettes
Nov 21, 2003
L'analyse des cassettes vid�o retrouv�es lors de l'arrestation d'Yvan Colonna dans une bergerie de Corse-du-Sud a permis aux enqu�teurs de d�terminer que le "berger de Carg�se" �tait rest� en contact par ce biais avec sa famille r�v�le C. Dubois journaliste au Parisien.

Dix vid�ocassettes, qui s'�talent entre f�vrier 2001 et le d�but de l'ann�e 2003, montrent notamment le fils d'Yvan Colonna alors que celui-ci souffle les douze bougies de son anniversaire, comme l'�crit Le Parisien qui r�v�le le contenu de ces cassettes. Sur une autre vid�o, la compagne d'Yvan Colonna lui adresse un message personnel, avant que la cam�ra ne fasse un gros plan sur le slogan "Gloria � te Yvan" (Gloire � toi Yvan).

Pr�sent�es par la t�l�vision comme des cassettes � montrant Yvan Colonna en compagnie de ses amis, les bandes vid�os sont beaucoup plus innocentes mais pose une nouvelle fois une question lancinante : � Qu�est-ce qu�un fugitif cens� passer son temps dans le maquis faisait avec un nombre incalculable d�objets qui tous d�signent les personnes qui l�ont aid� ? � � croire que l�homme le plus recherch� de France ne craignait pas les cons�quences d�une interpellation.

D'autres s�quences sont consacr�es � des sc�nes de la vie locale: la c�r�monie pascale de Carg�se en 2001, des hommes attabl�s � une terrasse, des enfants jouant au football.

Les enqu�teurs, qui ont d�cortiqu� ces images, ont semble-t-il d�termin� que l'une des s�quences avait �t� tourn�e par le fr�re de l'ex-fugitif, St�phane Colonna. Cependant, si le code p�nal r�prime durement le fait d'aider une personne soup�onn�e de crime � se soustraire � la justice, les parents, fr�res et s�urs du fugitif ne peuvent �tre poursuivis.

Par ailleurs, le parquet de Paris a ouvert une enqu�te pr�liminaire sur une lettre adress�e par l'avocat d'Yvan Colonna, Me Antoine Sollacaro,. Retrouv�e d�chir�e dans la poubelle de sa cellule de Fleury-Merogis, la lettre comporte une succession de chiffres que le parquet souhaite faire analyser, a-t-on pr�cis�.

De son c�t� Ma�tre Sollacaro qui nie �tre l�auteur des chiffres, a d�clar� qu�il allait porter plainte pour violation du secret de la d�fense.

Yvan Colonna doit �tre entendu vendredi par le juge d'instruction antiterroriste Gilbert Thiel.


De l'anniversaire de son fils... � la vie au village par Christian Dubois


Elles ont �t� visionn�es, d�cortiqu�es et analys�es dans le moindre d�tail. Les dix vid�ocassettes saisies lors de l'arrestation d'Yvan Colonna dans la bergerie d'Olmeto (Corse-du-Sud) ont �t� confi�es au laboratoire d'analyse de traitement d'Ecully (Rh�ne), qui a rendu un �pais rapport contenant captures photos et commentaires des experts. L'une des principales pr�occupations des magistrats instructeurs, qui ont sollicit� cette �tude, �tait notamment de savoir quand ont �t� tourn�es ces s�quences, qui ont accompagn� l'� homme le plus recherch� de France � pendant toute sa cavale. R�sultat : elles s'�talent de f�vrier 2001 � d�but 2003. Une longue p�riode pendant laquelle Yvan Colonna n'a quasiment pas rat� un instant de la vie quotidienne de ses proches ou de son village. Un moyen pour le militant nationaliste, confront� � la solitude des fugitifs, de garder le contact � distance avec son cercle familial et l'aider � tenir le coup sur le plan psychologique.

"Gloria a te Yvan"

La premi�re cassette mentionne une date erron�e (26/12/2003). Elle met en sc�ne son fils, Jean-Baptiste, qui brandit le livre � la Question corse �, ouvrage consacr� � une analyse politique du nationalisme. La cam�ra s'attarde ensuite sur des affichettes � Patriottu � et � Independenza �. � 23 h 4, sa compagne s'adresse directement � Yvan Colonna pour lui d�livrer un message personnel. La s�quence se termine par un gros plan sur un cadre o� figure l'un des slogans qui a fleuri sur les routes corses apr�s la fuite de Colonna : � Gloria a te Yvan � (Gloire � toi Yvan). La deuxi�me cassette est plus folklorique : elle est d'abord consacr�e � la c�r�monie pascale � Carg�se en avril 2001. On y reconna�t une figure locale, Mgr Florent Marchiano, l'archimandrite de l'�glise orthodoxe grecque, mais aussi quelques personnalit�s comme Jos� Rossi, pr�sident (UMP) de l'Assembl�e de Corse et Nicolas Alfonsi, s�nateur de la Corse-du-Sud.

Tatouages identifi�s

Le reste fleure bon les sc�nes de la vie locale de Carg�se, le village natal de Colonna : des enfants qui jouent au football devant le Bar des Amis, des hommes qui discutent en terrasse... Soucieux de d�terminer l'identit� du � cameraman �, les experts saisissent alors son image dans le reflet d'une vitrine et arrivent � zoomer sur un tatouage, qu'ils attribuent au fr�re d'Yvan Colonna, St�phane. Sur un plan en int�rieur, la cam�ra s'attarde �galement sur une liasse de billets. Sur une autre cassette, les enqu�teurs vont longuement s'attarder sur un avant-bras qui passe devant la cam�ra lors d'une manipulation : ils y rel�vent un nouveau tatouage, appartenant � un autre apprenti vid�aste. La troisi�me vid�o prend une tournure plus montagnarde. Plan large sur une bergerie non localis�e puis gros plan sur des graffitis � Viva u fronte � appos�es sur un meuble. Des proches �voquent une visite familiale � Eurodisney. Un endroit o� les policiers s'�taient d�guis�s en Mickey et Minnie pour tenter de d�busquer une �ventuelle rencontre entre Colonna et son fils...

Anniversaire

L'apparition furtive du journal � Lib�ration � dat� du 21/2/01 permet � l'expert de conclure � la � compatibilit� � entre la date qui appara�t � l'�cran et la r�alit� film�e, plus d'un an et demi apr�s son � d�part aux ch�vres �. Sur cette m�me bande, les sp�cialistes de l'image identifient un carton d'emballage de cam�scope qui correspond en tout point au mod�le saisi dans le dernier refuge du berger corse. Colonna, tr�s attach� � son fils, est pr�sent par procuration - via une autre cassette - dans la pi�ce o� l'adolescent souffle les douze bougies de son anniversaire. Dans une autre s�quence, le cameraman s'attarde sur un terrain de football, o� les murs sont tapiss�s de slogans nationalistes (� Evviva u populu corsu �, � Corsica, nazione viva �...). Yvan Colonna, impliqu� dans la vie sociale et sportive de son village, �tait l'un des principaux animateurs du club de football. Sur le terrain s'�battent des enfants qui tapent la balle, visiblement dans le cadre d'une manifestation li�e au T�l�thon en d�cembre 2002. De quoi lui rappeler quelques bons souvenirs. Au passage, un enfant salue la cam�ra et brandit un poing gauche volontaire.

Voix Off

Dans une autre cassette, un chien paresse sur un journal. Une recherche d'archives permet aux enqu�teurs de faire le lien avec le quotidien � Nice-Matin � du 5 septembre 2002. Certains commentaires, relev�s par les experts, laissent peu de doute sur le fait que ces cassettes sont destin�es � Yvan Colonna. La voix off, qui signale l'arriv�e en voiture du p�re, Jean-Hugues Colonna, interpelle le fugitif directement : � Je ne sais pas si tu vois. Voil�. � L'ancien d�put� socialiste est film� sortant du v�hicule et tend le bras vers le petit champ d'oliviers, plant� dans la propri�t� familiale, qu'Yvan Colonna a contribu� � planter. Ce lot de cassettes s'ach�ve par des conversations entre ses proches qui �voquent notamment le proc�s qui s'est d�roul� en juin 2003 des membres pr�sum�s du commando soup�onn� d'avoir assassin� Claude Erignac. Ils �voquent la strat�gie � adopter : � faire un truc avant le proc�s (...) pour d�crire les hommes qu'ils sont en r�alit�, c'est-�-dire des travailleurs, pour faire un truc beaucoup plus collectif �. Il y est �galement question d'une interview donn�e par l'une des �pouses d'un membre du commando � une cha�ne de t�l�vision. Une s�quence vraisemblablement tourn�e peu de temps avant le proc�s. Peu de temps aussi avant l'arrestation d'Yvan Colonna.


La famille ne peut �tre poursuivie


C'est une disposition peu connue du Code p�nal mais elle peut avoir son importance dans un dossier comme celui de l'arrestation d'Yvan Colonna. M�me si l'enqu�te d�montrait que la famille du nationaliste lui a apport� un soutien actif pendant sa cavale, elle ne risque aucune poursuite. L'article 434-6, qui vise le � recel de malfaiteurs �, stipule que � le fait de fournir � la personne auteur ou complice d'un crime ou d'un acte de terrorisme un logement, un lieu de retraite, des subsides, des moyens d'existence ou tout autre moyen de la soustraire aux recherches ou � l'arrestation est puni de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 F d'amende �. En revanche, le m�me article souligne que les � parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que les fr�res et s�urs et leurs conjoints de l'auteur ou du complice du crime ou de l'acte de terrorisme �, ainsi que le � conjoint de l'auteur ou du complice du crime �, sont � except�s � des dispositions. � ce jour, quatre personnes issues de la � mouvance nationaliste � ont �t� mises en examen dans le cadre du r�seau de soutien d'Yvan Colonna. Aucun membre de la famille de l'assassin pr�sum� du pr�fet Erignac n'a pour le moment �t� entendu. Cependant, le principe de leur audition comme t�moin est envisag� dans le cadre de l'une des deux affaires visant Yvan Colonna, soit le dossier de l'assassinat du pr�fet Erignac et de l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, soit l'instruction sur sa cavale. L'avocat de la famille, Me Antoine Sollacaro, nous a indiqu� ne pas avoir �voqu� ce sujet avec ses clients.


Les dix vid�os qui ont soutenu Colonna pendant sa cavale


Les investigations continuent sur le soutien � Yvan Colonna pendant sa cavale. Il a toujours �t� en contact �troit avec sa famille et ses amis. Dix vid�ocassettes en t�moignent. Colonna doit �tre r�entendu demain par le juge d'instruction.

L'enqu�te sur le r�seau de soutien logistique d'Yvan Colonna, assassin pr�sum� du pr�fet Erignac, interpell� le 4 juillet, n'a pas encore livr� tous ses myst�res. S'ils ont identifi� quelques-unes des personnes soup�onn�es de l'avoir aid� pendant sa cavale de quatre ans, les policiers estiment qu'il leur manque encore beaucoup de pi�ces pour compl�ter le puzzle : � On a fait moins de la moiti� du travail pour comprendre comment il a tenu tout ce temps, souligne un policier. L'enqu�te mobilise encore de nombreux fonctionnaires car il reste des �l�ments � exploiter. � Une chose est s�re : malgr� son statut d'� homme le plus recherch� de France �, Yvan Colonna a r�ussi � maintenir un contact �troit avec son cercle familial et amical. Un courrier sign� de la main de son fils, Jean-Baptiste, dat�e du 3 mai, a ainsi �t� d�couvert dans l'un des sacs du fugitif. Une dizaine de cassettes vid�o, �galement saisies lors de son arrestation, attestent de la solidit� du lien entretenu entre Colonna et ses proches. Enregistr�es � des p�riodes diff�rentes, entre f�vrier 2001 et d�but 2003, elles �taient destin�es � soutenir le moral de fugitif : � Cela d�pend du caract�re de chacun, souligne un vieux routier de la police. Certains hommes en cavale arrivent � couper totalement le contact avec leurs proches. D'autres ne peuvent pas s'en passer. �

Impossibles filatures

Aujourd'hui, les policiers ignorent si ces cassettes ont �t� livr�es une par une ou en un seul � lot �. De fait, ils n'ont pas encore une connaissance claire du � syst�me de transmission � entre ses proches et lui-m�me qui a fonctionn� pendant quatre ans sous le regard des forces de police. Rien d'�tonnant � cela pour un enqu�teur : � Nous sommes dans un �tat de droit. Il faut respecter des r�gles. Nous ne pouvons pas placer des micros chez les gens... De plus, il �tait quasiment impossible d'effectuer des filatures � Carg�se ou dans les environs. � Cependant, en octobre, ils ont �clairci les conditions d'acquisition du cam�scope retrouv� dans les affaires de Colonna.

Le suspect veut une confrontation

Plac� en garde � vue, Marc Fumaroli, dirigeant du SC Bastia, proche de Charles Pieri, a expliqu� avoir achet� en janvier 2001 ce cam�scope en compagnie de St�phane Colonna, fr�re d'Yvan, qui lui avait expliqu� qu'il voulait � filmer ses enfants �. Il avait rendu ce service � son � ami � car il b�n�ficiait de r�ductions sur les achats dans un magasin d'Ajaccio. L'homme a �t� remis en libert�. En parall�le, l'enqu�te se poursuit sur l'assassinat du pr�fet Erignac le 6 f�vrier 1998, dont Yvan Colonna est soup�onn� d'�tre l'auteur principal. Le nationaliste, incarc�r� � la maison d'arr�t de Fleury-M�rogis sous le matricule 320 805, sera entendu demain matin par le juge Gilbert Thiel dans le cadre du dossier de l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella en septembre 1997. Jusqu'� pr�sent, Yvan Colonna s'en tient � une ligne de conduite tr�s ferme de d�n�gation : il n'a particip� ni � l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella ni � l'attentat contre le pr�fet Erignac, et il n'a jamais appartenu au � groupe des anonymes � qui a revendiqu� ces actes. Mis en cause par des membres pr�sum�s du commando, qui se sont r�tract�s lors de l'audience de la cour d'assises en juin dernier, il demande une confrontation avec � ceux qui l'accusent � qui n'a pas encore �t� programm�e. Des investigations devraient, par ailleurs, �tre ordonn�es afin de v�rifier les �l�ments donn�s par Yvan Colonna lors de sa premi�re audition sur les conditions dans lesquelles il a d�cid� de prendre du � recul � en mai 1999. Certaines �pouses des membres du commando, qui avaient �voqu� le nom d'Yvan Colonna dans cette affaire, devraient �tre �galement interrog�es. Enfin, tr�s prochainement, les avocats d'Yvan Colonna, Antoine Sollacaro, Philippe Dehapiot et Pascal Garbarini, devraient, par ailleurs, demander de verser au dossier le proc�s-verbal d'audience du proc�s du � commando Erignac �, au cours duquel les nationalistes ont mis hors de cause Yvan Colonna.

Le mythe de l'hospitalit� corse en question


Fr�d�ric Paoli a pass� trois mois en d�tention provisoire pour avoir h�berg� Colonna. C'est dans sa bergerie que le fugitif a �t� interpell�.

Aujourd�hui, il veut tourner la page, s'occuper de son exploitation, oublier ses trois mois de d�tention provisoire, Fr�d�ric Paoli, propri�taire de la bergerie o� Colonna a �t� interpell� � Olmeto (Corse-du-Sud), d�but juillet. Son placement en d�tention, comme celui d'autres personnes soup�onn�es d'avoir aid� Yvan Colonna, a donn� lieu � l'�poque � de nombreuses manifestations de soutien sur le th�me : � Notre devoir est d'accueillir celui qui frappe � notre porte. � Cependant, le mythe de l'hospitalit� corse ne r�siste pas toujours aux rigueurs de la garde � vue. Entendu le 5 juillet, Fr�d�ric Paoli consent apr�s quelques d�n�gations � reconna�tre qu'il a h�berg� Yvan Colonna � en connaissance de cause �. Lors du premier contact, le propri�taire de la bergerie n'a pas reconnu l'homme dont la photo a �t� placard�e dans tous les commissariats de France.

� Je ne regrette rien �

A-t-il h�sit�, une fois les pr�sentations faites, devant l'illustre visiteur ? � J'ai eu peur de refuser �, a-t-il r�pondu. Avant de pr�ciser aussit�t : � A aucun moment, ni Yvan Colonna ni la personne de ma connaissance (NDLR : qui accompagne Yvan Colonna) ne m'ont menac� directement. L'homme que je connaissais m'a simplement dit qu'il serait bon que je le fasse. � Aujourd'hui, Fr�d�ric Paoli assure ne plus se souvenir de cette demande d'h�bergement un rien � forc�e �. � On a toujours le choix, insiste-t-il. Quand quelqu'un tape � la porte, on ne lui demande pas d'o� il vient. Je ne regrette rien. � La solidarit� s'arr�te - quoi qu'il en soit - aux portes des juges d'instruction. L'homme qui est soup�onn� d'avoir sollicit� Fr�d�ric Paoli, Andr� Colonna d'Istria, directeur du camping de Portighio (Corse-du-Sud), d�tenu depuis le 11 juillet, s'est r�fugi� dans le plus profond mutisme. Il conteste avoir jou� le r�le d'interm�diaire. Plusieurs demandes de remise en libert� lui ont �t� refus�es. � Il n'a rien � voir avec tout �a, il n'y a plus d'int�r�t � le garder en prison �, confirme son avocat, M e Barbolosi. Marc Simeoni, fils d'Edmond Simeoni, figure du nationalisme corse et second soutien pr�sum� du fugitif, conteste aussi les faits qui lui sont reproch�s. Il est soup�onn� d'avoir effectu� des achats (tapis de sol, appareil de musculation...) sur Internet pour le compte de Colonna. L'empreinte de Colonna a �t� retrouv�e sur une bo�te de pansement dans son appartement. Son avocat et fr�re Gilles Simeoni est formel : la solidarit� avec les d�tenus (lettres, t�moignages...) ne faiblit pas et devrait m�me, selon lui, � s'exprimer dans les jours qui viennent �.

Une �trange lettre trouv�e dans sa cellule


Incident banal ou affaire s�rieuse ? Le parquet de Paris a d�cid�, il y a quelques jours, d'ouvrir une enqu�te pr�liminaire apr�s la saisie d'un courrier dans la cellule d'Yvan Colonna, incarc�r� � la maison d'arr�t de Fleury-M�rogis (Essonne). Cette missive, envoy�e par son avocat, M e Sollacaro, bas� � Ajaccio (Corse-du-Sud), dat�e du 15 octobre, a �t� r�cup�r�e par les surveillants dans la poubelle du prisonnier. D�chir�e en petits morceaux, elle comporte un texte r�dig� en corse du conseil de Colonna avec, au dos, des � indications chiffr�es � qui intriguent les enqu�teurs. � Il peut y avoir dans ce courrier des choses qui int�ressent la justice, explique-t-on succinctement de source proche du dossier. C'est pourquoi une enqu�te a �t� ouverte. � Aucune indication suppl�mentaire n'a �t� donn�e sur la nature ou la signification de cette succession de chiffres d�sormais analys�e par la police. M e Sollacaro, qui assure ne pas �tre l'auteur de ces annotations, s'insurge : � C'est un courrier d'avocat, qui ne peut pas �tre saisi, explique-t-il. Je vais d�poser plainte pour violation du secret professionnel. � Selon M e Sollacaro, cette missive �tait r�dig�e en corse en r�ponse � une lettre d'Yvan Colonna �galement �crite en corse. Le contenu n'a rien que de tr�s banal : Antoine Sollacaro s'y f�licite de la d�cision des juges de laisser Yvan Colonna voir son fils, lui donne quelques indications sur sa strat�gie de d�fense et confirme lui avoir pris un abonnement � � Corse-Matin �. Selon une source judiciaire, ce courrier avait �t� saisi � conform�ment aux r�gles du Code de proc�dure p�nale �.
C.D.
Le Parisien , jeudi 20 novembre 2003

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