Le minist�re de l'int�rieur affirme avoir arr�t� le chef du FLNC
Nov 20, 2003
L'homme est pourtant un inconnu des milieux nationalistes. Nicolas Sarkozy poursuit sa campagne �lectorale en peaufinant son image de traqueur de terrorisme.

Le ministre de l'Int�rieur, Nicolas Sarkozy, a estim� mercredi � l'Assembl�e nationale, que la police avait "atteint le sommet du FLNC" en interpellant 12 personnes lundi en Corse, dont trois ont �t� transf�r�es � Paris et neuf rel�ch�es.

Le ministre, qui r�pondait � G�rard L�onard (UMP, Meurthe-et-Moselle) lors de la s�ance des questions orales au gouvernement, a assur� qu'avec cette s�rie d'interpellations, "nous pensons avoir atteint le sommet de l'organisation militaire du FLNC".

Cette op�ration de police, men�e par la Division nationale antiterroriste, s'est d�roul�e lundi dans le cadre d'une commission rogatoire d'un juge antiterroriste parisien apr�s une s�rie de 14 attentats.

"Depuis mai 2002, la police a arr�t� 215 personnes en Corse (en mati�re de terrorisme) dont Yvan Colonna que nos pr�d�cesseurs nous avaient laiss� le soin d'interpeller", a indiqu� M. Sarkozy.

Contre le terrorisme basque, "37 personnes" ont �t� interpell�es pendant la m�me p�riode, a ajout� M. Sarkozy en relevant que "le gouvernement espagnol ne manque pas de f�liciter la police et la gendarmerie fran�aises pour leur efficacit�."

Enfin, dans le domaine du terrorisme li� � l'islamisme int�griste, "depuis mai 2002, (les services) ont interpell� 92 personnes", a poursuivi le ministre de l'Int�rieur. � cet �gard, il a soulign� que, selon lui, "toutes les d�mocraties du monde reconnaissent l'efficacit� du renseignement fran�ais".

Ci dessous un article du Monde pr�sentant la nouvelle


� Avec la s�rie d'arrestations effectu�es lundi 17 novembre en Haute-Corse, le minist�re de l'int�rieur en est certain : les policiers se trouvent "au c�ur de la centrale nucl�aire"du FLNC-Union des combattants. En Corse, on est nettement plus sceptique. Interpell� lundi avec onze autres personnes, puis transf�r� � Paris, Dominique C., 23 ans, pourtant � peu pr�s inconnu des milieux nationalistes, aurait reconnu �tre le chef de la branche militaire de l'organisation. Il aurait �galement revendiqu� sa participation � cinq attentats et son r�le de commanditaire dans quatre autres, dont le plus r�cent serait celui ayant vis� la gendarmerie de Borgo, le 10 novembre. Mercredi, deux autres personnes �taient toujours en garde � vue � la division nationale antiterroriste (DNAT) et quatre autres en Corse.

Les interpellations ont �t� men�es par les enqu�teurs de la DNAT sur commission rogatoire du juge antiterroriste parisien Gilbert Thiel. �taient vis�s les auteurs pr�sum�s de quatorze attentats et quatre tentatives, dont certains � caract�re raciste, perp�tr�s il y a environ un an et revendiqu�s par un petit groupe clandestin n� en d�cembre 2002, Resistenza Corsa. Le groupe avait fait savoir cet �t� qu'il rejoignait l'Union des combattants, dont il �tait un "faux nez". " -Le combat- contre le trafic de drogue sera poursuivi, mais la priorit� est l'union contre l'Etat colonial", expliquaient-ils dans un communiqu� (Le Monde du 26 ao�t).

Au domicile de deux des personnes interpell�es, les policiers ont d�couvert plusieurs armes : chez le premier, un pistolet automatique, deux fusils de chasse, une carabine et un fusil de guerre, un sac avec une centaine de cartouches ; chez le second, une carabine et un fusil � pompe. En outre, les enqu�teurs auraient mis la main sur des lettres de menace avec en-t�te du FLNC, pr�tes � �tre envoy�es et adress�es � deux personnes. Elles �taient pr�sent�es comme un "premier avertissement avant �limination physique" et se terminaient par "a droga basta !", "la drogue, �a suffit !". Autre d�couverte, chez un troisi�me homme : un tampon encreur avec une t�te-de-maure. Une vingtaine de portables ont �t� saisis.

TROIS CHARGES EXPLOSIVES

Selon le minist�re de l'int�rieur, le lien est �tabli entre les personnes interpell�es et Corsica gardiennage services (CGS), soci�t� priv�e de surveillance qui est la principale cible des policiers enqu�tant sur les revenus de Charles Pieri, l'une des figures du nationalisme, et de ses proches. Dominique C. serait � la fois employ� par la CGS et par le Sporting club de Bastia. Il se montrait discret depuis le 19 octobre, date � laquelle deux hommes avaient �t� interpell�s apr�s l'attentat contre une pizzeria du port de Toga, � Bastia. � la DNAT, on se refuse � tout commentaire et on s'indigne des fuites qui pourraient compromettre l'enqu�te.

Par ailleurs, la g�ne �tait forte, mardi, au sein d'Indipendenza et du Parti de la nation corse (PNC), apr�s l'attentat qui a vis�, dans la nuit de lundi � mardi, � Ajaccio, une annexe en construction du palais de justice. Le FLNC-Union des combattants avait en effet d�cr�t� une tr�ve "majeure", le 14 novembre, son concurrent, le nouveau FLNC, n� le 22 octobre 2002, ne s'est pas encore prononc�. Trois charges explosives compos�es d'un m�lange de nitrate-fioul d'une puissance de 20 � 50 kg �taient reli�es � trois d�tonateurs dans un dispositif sophistiqu�, qui n'a pas fonctionn�.

Notre commentaire : selon nos informations le minist�re de l�int�rieur aurait d� ne pas crier victoire trop t�t. Il n�existe pas de � grand chef militaire � du FLNC UC mais un collectif qui r�unit plusieurs secteurs ou r�gions. L�homme en question est le fr�re de l�un des deux individus arr�t�s apr�s le plasticage de la pizzeria Rosario � Bastia. Tous deux employ�s par la soci�t� de gardiennage CGS tenus par des proches de Charles Pieri, avaient �t� confondus.

Des expertises vocales auraient permis de d�montrer leur implication dans les attentats de Resistanza corsa. Le fr�re de Fr�d�ric C. serait connu pour sa propension � se vanter. Il est n�anmoins certain qu�il �tait au courant de plusieurs op�rations sur Bastia et qu�il serait un des piliers d�un des cercles proches du dirigeant du FLNC UC sur Bastia.

Selon nos informations il a beaucoup parl� et ses d�clarations pourraient amener d�autres arrestations dans les jours � venir.

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