Des charges explosives d�couverts devant une annexe en construction du palais de justice d'Ajaccio
Nov 19, 2003
Trois paquets contenant chacun une charge explosive de 50 kilos ont �t� d�couverts mardi matin devant une annexe en construction du palais de justice d'Ajaccio tandis qu�une charge explosait � une heure trente-cinq du matin sur le site.

En prenant leur service � 7h30, les ouvriers ont d�couvert devant l'entr�e les colis reli�s � un dispositif de mise � feu. Le chantier a �t� imm�diatement �vacu� et un cordon de surveillance polici�re a �t� d�ploy� dans un p�rim�tre de 80 m�tres autour du b�timent. Les d�mineurs de la police ont neutralis� l'engin mardi matin.

"On a commenc� � travailler � 7h30 mais l'un d'entre nous a trouv� des fils, alors on a pr�venu la police", a expliqu� l'un des ouvriers de ce chantier, qui doit �tre achev� dans trois mois. "Ce sont les ouvriers qui ont d�clench� l'alerte, � 08h00", a confirm� le procureur de la R�publique d'Ajaccio, Patrick Math�.

"Cette tentative d'attentat aurait pu tuer comme toutes les autres, mais, cette fois, les charges �taient tr�s importantes et en plein coeur d'une zone habit�e", a soulign� un des enqu�teurs.

Trois charges explosives, un m�lange de nitrate-fioul de "tr�s forte puissance", de 20 � 50 kg selon plusieurs enqu�teurs, ont �t� d�pos�es dans la nuit au rez-de-chauss�e et � l'unique �tage de l'ancienne clinique Saint-Jean, en cours de reconstruction pour abriter le tribunal d'instance, pr�s du centre-ville.

Les charges �taient reli�es � trois d�tonateurs, constituant "un dispositif tr�s sophistiqu�",. Deux des d�tonateurs ont �t� d�clench�s dans la nuit, sans parvenir � mettre le feu au m�lange de nitrate-fioul, pour une raison encore inexpliqu�e. Le troisi�me n'a pas fonctionn�.


L'une des charges �tait dissimul�e dans un vide sanitaire, au rez-de-chauss�e d'un local difficile d'acc�s. Une autre �tait plac�e au premier �tage du b�timent,.

Il semble y avoir eu un dysfonctionnement dans le syst�me de mise � feu. N�anmoins une charge a explos� � 1h35 du matin.

L'annexe est situ�e dans le quartier populaire du Finosello, au sud d'Ajaccio, � proximit� d'un coll�ge et d'un lyc�e professionnel. Les policiers n'ont pas donn� de pr�cision sur la quantit� et la nature des explosifs utilis�s, ni les raisons pour lesquelles la charge n'a pas saut�.

Le pr�fet de police Philipe de Lagune et le procureur de la R�publique ont annonc� vers 11h00 que la "phase de d�minage �tait termin�e", laissant place � l'enqu�te, confi�e imm�diatement � la police judiciaire. Comme � l'accoutum�e, les magistrats antiterroristes du parquet de Paris devraient s'en saisir prochainement.

"Il y avait assez d'explosif pour faire sauter tout l'immeuble", a d�clar� �un haut responsable de la police, soulignant que des habitants du quartier auraient pu �tre bless�s ou tu�s, de m�me que les ouvriers. "Pour l'instant nous n'avons pas relev� de signature visible" sur les lieux de l'attentat manqu�, a-t-il ajout�.

Ce b�timent a d�j� �t� fortement endommag� par un attentat le 12 juillet dernier, une charge de moyenne puissance avait alors provoqu� des d�g�ts qualifi�s de "moyens" par les enqu�teurs. L'ach�vement du chantier qui devrait � terme accueillir le futur tribunal d'instance, est pr�vu dans trois ou quatre mois, a-t-on pr�cis� de source judiciaire.

Malgr� la tr�ve des actions violentes d�cr�t�e la semaine derni�re par le FLNC "Union des combattants", une autre organisation, le FLNC "du 22 octobre", demeure active et c�est cette organisation qui est fortement soup�onn�e cette fois-ci encore.

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