R�union sur l'antis�mitisme � l'�lys�e
Nov 18, 2003
Jacques Chirac a r�uni lundi apr�s-midi � l'�lys�e les ministres concern�s par la lutte contre l'antis�mitisme, deux jours apr�s l'incendie criminel qui a ravag� une �cole juive de Gagny (Seine-Saint-Denis).

L�antis�mitisme est donc bien une r�alit� en France contrairement � ce qu�ont pu pr�tendre quelques irresponsables gauchistes ou encore des islamistes anim�s par une v�ritable volont� politique. L�incendie de l��cole de Gagny en a apport� une nouvelle preuve.

Mais on ne compte plus les injures, les agressions que doivent subir en France les citoyens d�origine juive. Un moment ni� ce ph�nom�ne est d�sormais devenu un ph�nom�ne majeur. Il est le plus souvent le fait de jeunes gens qui confondent leur foi (tout � fait honorable), leurs opinions politiques (honorables d�s le moment o� elles ne d�bouchent pas sur le racisme) et une grande confusion avec les �v�nements du Moyen-Orient.

Cette tension n�est plus faite d�incidents. Elle n�est pas non plus un accident. Elle est la r�surgence d�un antis�mitisme qui hante le monde depuis les accrochages de banlieues caus�s par de petits salauds jusqu�aux attentats d�Al Qaida voulus et con�us par de grands salauds. Car les personnes d�origine juive sont les seules � risquer leur vie dans n�importe quel endroit du monde. Pour la simple et bonne raison que l�islamisme radical fait peser un danger tout � fait r�el sur la plan�te enti�re. Le journaliste Pearl a en grande partie pay� de sa vie sa qualit� de Juif. En Isra�l des hommes, des femmes et des enfants meurent pour la simple et bonne raison que le seul fait d��tre Juif les condamne � mort si on en croit les paroles des pr�ches musulmans.

On peut argumenter � l�infini sur le fait que ce radicalisme n�est pas l�islam. Peut-�tre mais aujourd�hui les tenants d�une religion et d�une seule font menace l�humanit� enti�re d�extermination : et ces fous appartiennent � l�islam. Que l�islam fasse le m�nage dans ses rangs et nous r�viserons notre position. Pour l�heure �a n�est pas le cas. Et il convient de ne pas c�der un pouce de terrain devant ces assassins. Et cela le gouvernement fran�ais l�a bien compris.

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et les ministres Nicolas Sarkozy (Int�rieur), Dominique Perben (Justice), Luc Ferry (�ducation) et Xavier Darcos (Enseignement scolaire) participent � cette r�union exceptionnelle autour du chef de l'Etat.

L'objectif de cette r�union est de renforcer les mesures de protection des �coles et des lieux de culte de la communaut� juive. Il s'agit aussi pour Jacques Chirac d'afficher la d�termination de l'Etat � lutter avec la plus grande fermet� contre les actes antis�mites.

Le chef de l'Etat pr�sentera les d�cisions prises lors de la r�union aux repr�sentants de la communaut� juive, qu'il recevra � 18h15. Le Grand rabbin de France Joseph Sitruk, le pr�sident du consistoire central Jean Kahn, le vice-pr�sident du Conseil repr�sentatif des institutions juives de France (CRIF) Joseph Zriehn, le pr�sident de l'Alliance isra�lite universelle Adolphe Steg et le pr�sident du Fonds social juif unifi� David de Rothschild participeront � cette r�union.

Les responsables politiques de tous bords ont condamn� samedi l'incendie criminel qui a ravag� l'�tablissement scolaire Merkaz Hatorah de Gagny.

"La R�publique ne peut tol�rer aucun acte antis�mite et l'�cole plus que tout autre lieu doit demeurer celui de la tol�rance et du respect", avait d�clar� Jacques Chirac, en exprimant sa "tr�s vive �motion".

Depuis le d�but de la deuxi�me Intifada en septembre 2000, les juifs de France s'inqui�tent d'une recrudescence de l'antis�mitisme, notamment dans les banlieues.

Apr�s avoir augment� en 2001 et en 2002, le nombre d'incidents antis�mites recens�s par la police est en diminution. La baisse est de 61% sur les huit premiers mois de 2003 par rapport � l'ann�e pr�c�dente, avec 247 actes enregistr�s contre 647 sur les huit premiers mois de 2002, a affirm� le 7 octobre dernier le ministre de l'Int�rieur Nicolas Sarkozy. Les repr�sentants de la communaut� juive estiment que ces chiffres ne traduisent pas la r�alit� des agressions, souvent verbales, qui visent les Juifs de France.

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