Le PNC dit oui � une "r�volution culturelle" chez les nationalistes
Nov 18, 2003
R�unis en assembl�e g�n�rale � Ajaccio, environ 250 des quelque 400 militants du Partitu di a Nazione Corsa (PNC) ont vot�, � main lev�e, pour l'union. M�me si plusieurs ont assur� au micro se "m�fier" des ind�pendantistes et en particulier des mouvements clandestins, seuls 17 ont vot� contre et quatre se sont abstenus. Est-ce un hasard si ce sont les plus aguerris qui ont affirm� craindre un jeu de dupes ? Qu�importe : la strat�gie du PNC ne comporte pas d�autre alternative. Il faut faire l�union � tout prix et se contenter des promesses.

"Reste maintenant � entamer une deuxi�me phase de n�gociations avec les autres mouvements pour d�finir le projet politique � mettre en oeuvre apr�s les �lections et la constitution de la liste des candidats", a d�clar� le secr�taire g�n�ral du PNC, Jean-Christophe Angelini.

Samedi, ce sont les militants de Corsica nazione et d� Indipendenza (les m�mes), qui avaient donn� leur feu vert � l'union, qui devrait �tre ent�rin�e par les dix mouvements publics nationalistes mercredi � Corte.

Lundi, le quatri�me pilier du mouvement nationaliste, les mod�r�s du collectif A Chjama Naziunale d'Edmond Simeoni, compos� de "v�t�rans" retir�s de la clandestinit� et de "sages" tr�s �cout�s, a �galement donn� son accord en faveur de l'union. La Chjama est dirig�e par Edmond Simeoni, leader historique de l�autonomisme mais surtout par une bonne partie des anciens dirigeants du FLNC Canal historique qui dirigeaient l�organisation avant d�en �tre �vinc�s par Fran�ois Santoni.

Ce sont donc eux qui ont amorc� la guerre entre nationalistes en 1993 avec l�assassinat de Sozzi. Ce sont aussi eux que l�ont trouvait derri�re le drame de Furiani. Rien de r�jouissant et rien de bien terrible pour l�avenir. Mais le PNC, pris en sandwich entre ces deux tranches de pain, continue de pr�ner l�union.

Celle-ci a �t� rendue possible par la tr�ve inconditionnelle d�cr�t�e il y a trois jours par le principal mouvement clandestin, le FLNC-Union des Combattants (FLNC-UC), bras arm� de Corsica nazione et Indipendenza.

Le PNC avait r�clam�, comme pr�alable � l'union, une "tr�ve longue et totale" de la violence et un "engagement pour un processus de sortie de clandestinit�" � l'issue des �lections de mars. Et, comme les choses sont bien faites, apr�s bien des conciliabules entre Charles Pieri, le vrai patron de l�ombre, Edmond Simeoni et Jean-Christophe Angelini, le FLNC Union des Combattants a r�pondu comme le berger � la berg�re.

"Il est trop t�t pour dire si ce que nous vivons aujourd'hui est historique mais c'est s�rement une v�ritable r�volution culturelle dans l'histoire des trente ann�es de lutte des nationalistes", a d�clar� Jean-Christophe Angelini, qui ne craint pas l�outrance. Jusqu�� maintenant toutes les tr�ves ont pris fin d�s lors que les clandestins avaient obtenu ce qu�ils convoitaient. Quinze tr�ves� quinze �checs.

"La d�claration du FLNC-UC rompt radicalement avec les pr�c�dentes: ils disent eux-m�mes qu'on ne peut plus se contenter de � tr�ves de circonstance � et prononcent de nombreuses fois le mot � paix �", a ajout� Angelini apr�s cet exercice de texte un peu trop appuy� pour �tre convaincant.

Au lendemain de la tr�ve, il avait d�j� consid�r� comme "historique" l'"ouverture" des clandestins vers "ceux qui n'ont pas les m�mes id�es", les autonomistes du PNC en particulier.

Unis, les 10 mouvements esp�rent emporter 30% des suffrages en mars, un chiffre qui n�a rien de fantaisiste et qui placerait les natioanlistes en position dominante car ils constitueraient alors la premi�re force politique de l'�le. Mais ils n'obtiendraient pas suffisamment de si�ges pour la majorit� absolue � l'Assembl�e de Corse et devraient alors entamer le troisi�me tour c�est-�-dire le jeu des alliances entre �lus.

Le PNC a appel� dimanche les "autres mouvements clandestins" � les rejoindre.

Le second mouvement arm�, le FLNC dit "du 22 octobre", n'a pas d�cr�t� de tr�ve et qualifi� les n�gociations entre nationalistes de "tractations politiciennes".

Samedi soir, un complexe touristique � Sart�ne, dont la construction �tait � l'arr�t sur d�cision de justice, a �t� partiellement d�truit par sept � huit charges explosives. On soup�onne le FLNC 3 m�me si la piste crapuleuse est d�sign�e par les nationalistes.

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Le r�cit de Corse-matin



� Une r�volution culturelle �

C'est par ce mot que Jean-Christophe Angelini, secr�taire g�n�ral du Partitu di a Nazione Corsa (PNC), a qualifi� ce qui s'est produit hier lors de la Cunsulta du mouvement.

Sur les quelque 300 militants du PNC r�unis hier � l'institut consulaire d'Ajaccio une immense majorit� a vot� le principe de la poursuite des discussions entre les diff�rents mouvements nationalistes dans le but de constituer une liste unique aux prochaines �lections territoriales de mars 2004.

On n'a en effet comptabilis� que 17 votes contre et 4 abstentions sur l'ensemble de la salle, m�me si plusieurs intervenants ont affirm� clairement qu'ils se m�fiaient des d�clarations d'intention des ind�pendantistes et plus particuli�rement des clandestins.

� Nous avions formul� des demandes en direction des organisations publiques et clandestines, soulignait Jean-Christophe Angelini � l'issue de la r�union.

La r�ponse est tr�s largement positive. Le FLNC-Union des Combattants rompt avec la terminologie du pass� puisqu'il bannit aujourd'hui ce qu'il nomme lui-m�me les tr�ves de circonstances et a prononc� plusieurs fois le mot de paix... �
L'appel � tous les clandestins

Le PNC est cependant conscient que le FLNC-Union des Combattants ne repr�sente pas la totalit� des clandestins dans l'�le et Jean-Christophe Angelini a lanc� hier un appel : � Nous souhaitons que les autres groupes clandestins fassent le m�me effort. (NDLR de tr�ve des actions clandestines et arm�es) �

Un appel qui vient conforter celui lanc� samedi par les repr�sentants de Corsica Nazione et d'lndipendenza en direction du FLNC du 22 octobre qui s'est, jusqu'� ce jour, montr� plut�t sceptique concernant cette union en vue
des �lections. Il n'en reste pas moins que la Cunsulta d'hier est manifestement un premier pas. On attend donc la position d'a Chjama Naziunale qui se r�unit aujourd'hui � Corte. Il est certain que le point de vue de ce mouvement qui regroupe un grand nombre d'anciens militants souvent pr�sent�s comme des � sages � p�sera �galement dans la balance de l'union.

Mais la phase v�ritablement d�terminante dans la d�marche entam�e depuis plusieurs mois aura lieu mercredi, �galement � Corte, puisque doivent s'y retrouver les 10 mouvements, partie prenante des discussions.

Si ces deux prochaines �tapes sont franchies, il restera � mettre en place les modalit�s pratiques c'est-�-dire la construction d'un projet commun et la constitution d'une liste d'ici au premier tour des �lections territoriales de mars 2004�

Du c�t� du PNC, on s'inqui�te �galement de l'attitude de l'Etat dans les semaines et les mois qui viennent : � Une d�marche de paix est engag�e. Si l'Etat persiste dans son attitude r�pressive elle sera plus difficile, souligne Jean-Christophe Angelini. L'Etat doit aussi faire sa part du chemin... �
Il est certain que l'on redoute encore, au sein des mouvements nationalistes, le cycle infernal � provocation r�pression... � qui a si souvent mis � mal les d�marches d'union au cours des derni�res ann�es�(Isabelle LUCCIONI)

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