Nicolas Sarkozy sceptique apr�s l'annonce d'une tr�ve en Corse
Nov 17, 2003
Le ministre de l'Int�rieur Nicolas Sarkozy a d�clar� vouloir �tre s�r que "les faits seront en conformit� avec les mots" apr�s l'annonce dans la nuit de jeudi � vendredi d'une tr�ve des attentats du FLNC union des combattants.

"Je voudrais �tre s�r que les faits seront en conformit� avec les mots (...) Il y a eu 15 tr�ves depuis 1981, elles ont toutes �t� suivies d'attentats" a expliqu� M. Sarkozy en visite � Clamart apr�s l'agression d'un commer�ant. "C'est toujours une bonne chose quand un individu reconna�t que cette violence est une impasse" a-t-il ajout�.

Les clandestins du FLNC-UC ont annonc� dans la nuit de jeudi � vendredi qu'ils "suspendaient" leurs "actions militaires sans condition de temps ni de lieu" afin d'accompagner le processus d'union des nationalistes.


Les pr�c�dentes tr�ves

Les mouvements nationalistes clandestins issus du Front de lib�ration nationale de la Corse (FLNC), cr�� en 1976, ont d�cr�t� � plusieurs reprises, � partir de 1981, des tr�ves, plus ou moins suivies, de leurs actions arm�es.

- avril 1981 peu avant l'�lection pr�sidentielle, le FLNC annonce pour la premi�re fois un arr�t de ses actions militaires. Le FLNV � entend donner sa chance � la gauche �. De nombreux militants et non des moindres se trouvent en prison. D�j� en coulisse des n�gociations ont lieu qui portent sur une �ventuelle amnistie. Il y aura une loi d�amnistie en 1981 et une autre en 1982 acc�l�r� par une reprise des attentats en f�vrier 1982.
Les attentats reprennent sur l'ensemble de l'�le et le continent, le statut particulier de la Corse, mis en place par le gouvernement socialiste, n'ayant pas satisfait pleinement certains responsables du mouvement. En juillet 1982 est adopt� le statut particulier conf�rant � la r�gion de Corse des comp�tences sp�cifiques, qui compl�te la loi de d�centralisation du 2 mars 1982.
Il est suivi, le mois suivant, d'�lections � la nouvelle assembl�e de Corse auxquelles 17 listes se pr�sentent, pour 61 si�ges.
La participation au scrutin est de pr�s de 70 %, et les listes men�es par M. Jean-Paul de Rocca Serra (RPR, UDF et bonapartistes), et par M. Jos� Rossi (UDF - dissidents) remportent respectivement 28 % des voix (19 si�ges), et 10 % des voix (6 si�ges). Les nationalistes (Union du Peuple Corse et Parti Populaire Corse) remportent 13 % des voix (8 si�ges).
Le 19 ao�t 1982, la plus violente � nuit bleue � de l'histoire de la Corse avec 99 attentats, marque l'abandon d�finitif de cette tr�ve. L'�lection, le 20 ao�t, du Pr�sident de l'assembl�e r�gionale, M. Prosper Alfonsi (MRG) a lieu le lendemain : le FLNC s�est rappel� au bon souvenir des �lus.

- mai 1988 : apr�s la r��lection de Fran�ois Mitterrand, le FLNC d�cr�te de nouveau une tr�ve en se r�servant la possibilit� de commettre des actions ponctuelles. Au fil des mois, cette tr�ve est contest�e par une partie des militants de base. Ce sont en fait les pr�mices de la scission de 1990 qui verra la constitution � partir du FLNC des FLNC Canal historique et canal habituel. Mais d�j� en septembre 1989, Pierre Poggioli dirigeant du FLNC, a quitt� l�organisation clandestine toujours � la suite du probl�me des prisonniers. Cette question p�sera si fort sur les d�bats qu�une nouvelle amnistie sera accord�e en 1989 de mani�re � satisfaire le FLNC. Or les d�tenus rel�ch�s vont en grande partie venir renforcer le FLNC Canal historique et les attentats vont repartir.

- janvier 1991 : six semaines apr�s la scission du mouvement nationaliste en deux branches, le FLNC-Canal habituel annonce un � gel total des actions militaires � qui n�implique en rien le FLNC Canal historique qui lui continue les plasticages.

- janvier 1996 : quelques heures avant une visite du ministre de l'Int�rieur Jean-Louis Debr�, dans la nuit du 11 au 12 janvier, le FLNC-Canal historique organise � Tralonca (Haute-Corse), le plus grand rassemblement de son histoire pour annoncer une suspension des op�rations militaires afin � d'ouvrir la voie � un r�glement progressif de la question nationale corse �. Lorsque deux mois plus tard, Alain Jupp� premier ministre, d�cide de rompre avec la voie suivie par son ministre de l�int�rieur, Jean-Louis Debr�, les attentats reprennent de plus belle. Le FLNC Canal habituel s�autodissout.

- juin 1997 : au lendemain des �lections l�gislatives anticip�es remport�es par la gauche, le FLNC-Canal historique annonce une tr�ve des op�rations arm�es, en appelant le nouveau gouvernement de Lionel Jospin � � mettre en place les mesures que la Corse r�clame �. Le 26 janvier 1998, le mouvement nationaliste annonce la rupture de cette tr�ve. La tr�ve est rompue sous la pouss�e d�un certain nombre d��l�ments � l�int�rieur du FLNC qui, sous le couvert de revendications plus radicales tel que l�ind�pendantisme, vise � prendre des responsabilit�s. � la t�te de ceux-ci se trouve Marcel Lorenzoni. La direction du FLNC Canal historique doit alors relancer l�action pour couper court � cette contestation. Ces �l�ments vont alors quitter la Cuncolta et devenir le pilier de ce qui deviendra ensuite le Parti pour l�Ind�pendance. Cette mouvance a notamment la sympathie de ceux qu�on retrouvera dans l�affaire Erignac.

- f�vrier 1998: apr�s l'assassinat du pr�fet de Corse Claude
Erignac, le 6 f�vrier, le FLNC-Canal historique, qui a fermement condamn� ce meurtre, entame une � p�riode d'observation de trois mois �. Le 12 mai, le mouvement clandestin d�cide de reprendre � le fil de son combat �. L� encore il s�agit de � contenir � la � radicalisation � en son sein, radicalisation exacerb�e par la stupidit� d�une r�pression tous azimuts.

- 18 janvier 1999 : le FLNC Canal historique annonce une tr�ve de ses actions militaires � sur le territoire national corse � pendant la pr�paration des �lections territoriales. La tr�ve prend fin, le 14 mars, au soir du second tour marqu� par une progression du score nationaliste. On rapprochera cette attitude de celle qui pr�vaut aujourd�hui. Les nationalistes avaient alors obtenu un score inesp�r� : pr�s de 25% des voix dus en grande partie � un vote protestataire caus� par la r�pression.

- 23 d�cembre 1999 le FLNC-Canal historique et trois autres groupes clandestins, rejoints ensuite par deux autres mouvements, annoncent une tr�ve illimit�e, dix jours apr�s le d�but du processus de Matignon entam� par Lionel Jospin. La tr�ve s�effilochera au fil des mois et de la contestation d�autres groupes comme Armata corsa.

- 13 d�cembre 2002 : le FLNC-Union des Combattants (coalition comprenant le Canal historique) annonce une � suspension effective de ses actions politico-militaires � pour donner une chance au dialogue relanc� par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et son ministre de l'Int�rieur Nicolas Sarkozy.
Quatre jours auparavant, trois autres groupes avaient fait savoir implicitement qu'ils renon�aient aussi � la lutte arm�e. Beaucoup de leurs �l�ments avaient �t� arr�t�s par la DNAT sur renseignements pr�cis.

- 5 janvier 2003: le � FLNC des anonymes � (branche dissidente d�sormais inop�rante apr�s une vague d'arrestations) annonce une tr�ve de ses � actions politico-militaires�) dans un but d'int�r�t g�n�ral � afin de � cr�er un climat serein propice � de futures n�gociations entre l��tat et les �lus �. De fait le FLNC des Anonymes n�est plus qu�un appendice du FLNC Union des Combattants.

En juillet 2003, apr�s l'�chec du � oui � au r�f�rendum et le verdict du proc�s Erignac, le FLNC-Union des Combattants rompt officiellement la tr�ve, le 11. Une partie de ses militants conteste la d�rive affairiste de Charles Pieri et menace de rejoindre le FLNC du 22 octobre dit FLNC3.

- 24 septembre 2003 : le FLNC-Union des combattants d�cr�te une tr�ve de ses attentats sur � les r�sidences principales ou secondaires � ce qui n�emp�che pas le FLNC 3 de continuer ses actions.

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