Qui est Jean Baggioni ?
Jean Baggioni est n� e 9 ao�t 1939 � Tox (Haute-Corse).
- Professeur d'enseignement g�n�ral, conseiller technique et p�dagogique de 1965 � 1970 ; inspecteur de la Jeunesse et des Sports de 1970 � 1986; inspecteur principal et conseiller. aupr�s du Recteur de l'Acad�mie de la Corse de 1986 � 1992.
- Maire de Ville di Pietrabugno de 1965 � mars 2001 (premier adjoint au maire depuis).
- Conseiller g�n�ral du canton de San Martino di Lota (Haute-Corse) de 1973 � 1994.
- Conseiller r�gional de 1982 � 1992.
- Premier vice-pr�sident de l'Assembl�e de Corse de 1986 � 1992, d�l�gu� � l'�ducation, l'Enseignement sup�rieur, la recherche et � la Formation professionnelle.
- Pr�sident du Conseil Ex�cutif de Corse, �lu le 2 avril 1992, r��lu le 26 mars 1998 et le 18 mars 1999.
- D�put� europ�en de 1994 � 1999.
Parcours politique
- En 1958, il fonde le Mouvement des Jeunes gaullistes en Corse ; membre de l'UNR, de l'UDR puis du RPR depuis 1958 puis pr�sident du Comit� d�partemental de la Haute-Corse et d�l�gu� r�gional jusqu'en 1998 avec cependant un passage � l�UDF. Divers droite depuis 2002.
Un �ditorial apolog�tique au point d�en devenir g�nant de Jean-Marc Rafaelli dans Corse-Matin qui manie la brosse � reluire avec une belle �nergie
UN CAS ATYPIQUE DE LA POLITIQUE
Tomb� tr�s jeune dans la marmite de la politique corse (qui mijote moins souvent qu'elle n'est soumise au feu de l'�bullition) et sans potion magique, Jean Baggioni a gravi l'un apr�s l'autre tous les �chelons administratifs et politiques de l'�le.
Maire de Ville-di-Petrabugno, il apprend � conna�tre et � surmonter les probl�mes d'une commune pas tr�s grande mais situ�e aux portes du chef-lieu de la Haute-Corse. Conseiller g�n�ral du canton qui ouvre la voie du Cap, il endosse le costume de l'�ternel adversaire du pr�sident Giacobbi, Fran�ois. C'est d'ailleurs bien plus que de l'estime qui unit ces deux jouteurs-l�. Rappelons que Fran�ois Giacobbi quittera, contraint par le sort des urnes, son ex�cutif d�partemental alors que Jean Baggioni s'installe dans le sien la m�me ann�e, en 1992.
Jean Baggioni, � ce moment-l�, c'est l'enfant de la Haute-Corse qui, le premier, depuis longtemps, s'empare d'un titre de patron r�gional et les nordistes en sont fiers.
Travailleur, homme de dossiers et de discours, profond�ment �pris de son �le natale - m�me ses adversaires les plus chevronn�s lui reconnaissent ces qualit�s - il vaut mieux ne pas le croiser si l'on est en retard et qu'il entreprend de vous convaincre. Avec un don incontest� pour le verbe, il tient toujours captif son auditoire. Sens de l'humour, esprit de repartie, obstination, attachant, sinc�re, irritant.., on pourrait rallonger la liste sans jamais pouvoir y inclure inconsistant.
En lui �pinglant la L�gion d'honneur sur le revers d'une veste qu'il n'a jamais retourn�e, le ministre de l'Int�rieur a port� l'accent sur l'influence consid�rable qu'il a exerc�e sur le d�veloppement, la d�mocratie, les �volutions institutionnelles:
� Il a accompli cette vaste mission avec infiniment d'intelligence, de savoir-faire et de constance, fid�le � ses convictions profondes malgr� toutes les difficult�s qui ont pu jalonner son parcours � dixit Nicolas Sarkozy.
Jean Baggioni, il y a ceux qui l'aiment, ceux qui le respectent, ceux qu'il g�ne mais rares sont ceux qu'il laisse indiff�rents tant il occupe la sc�ne.
Une sc�ne sur laquelle il se d�place sans vraiment la quitter. � Je n'ai pas l'intention de devenir pantouflard � pr�vient-il. En quelque sorte, il se positionne dans la fosse du souffleur. Et il pourra souffler beaucoup parce qu'il... inspire beaucoup.
On serait d'ailleurs �tonn� que ses connaissances profondes de cette Corse pourtant si complexe � saisir, sa notori�t�, sa vision de... visionnaire de l'Europe des �les ne fussent pas prochainement exploit�es.
Jean Baggioni est un cas atypique. Quand il parle de renouvellement, il commence par l'appliquer � lui m�me sans l'imposer aux autres. Voil� au moins �a qu'il pourra revendiquer comme une r�volution dans le microcosme politique local.
Le pr�sident de l'Ex�cutif territorial a toujours eu la r�putation d'un gestionnaire. Il peut appara�tre aujourd'hui comme un strat�ge. Un strat�ge du rassemblement.
Ceux qui ont voulu jeter de l'huile sur le feu en l'opposant aux responsables corses de l�UMP doivent reconsid�rer leur jugement. Derri�re sa d�cision personnelle perce le souci de faire taire les dissensions et de diluer les amertumes. Ses chances de succ�s �lectoral, il ne sp�cule pas dessus � son profit. Il les partage sans en prendre sa part.
Il passe le t�moin avec l'espoir que son camp franchira la ligne d'arriv�e au moins soud�e.
D'aucuns pourraient esp�rer que, suivant son exemple, �l�gant et in�dit, d'autres pourraient d�cider d'en faire autant.
En y ajoutant, pour certains, les pantoufles!
(Jean-Marc Raffaelli)
L�interview de Jean Baggioni dans laquelle il annonce sa d�cision de ne pas se repr�senter intitul�e � Le renouvellement de la classe politique est une exigence � �
� quatre mois des �lections territoriales, d'aucuns attendent votre position...
- La Corse arrive au terme d'une longue p�riode de mutations profondes, de bouleversements et de drames. Il lui faut maintenant retrouver la s�r�nit�, la confiance, l'ardeur au travail, le sens des vraies valeurs. Pour cela elle doit pouvoir compter sur des femmes et des hommes qui la comprennent et la rassurent, en lui tenant un discours clair et en conduisant une action porteuse d'esp�rance. Le renouvellement de la classe politique est aujourd'hui une exigence. Les Corses l'attendent. Nous ne devons pas les d�cevoir.
J Comment ce renouvellement doit-il s'op�rer?
En aucun cas il ne doit s'agir d'un bouleversement. A la t�te de l'Ex�cutif r�gional, j'ai pu appr�cier, ici ou l� et � mes c�t�s, les capacit�s de travail, l'int�grit�, la loyaut� et l'esprit de responsabilit� de nombre de femmes et d'hommes. Je suis heureux d'avoir contribu� � l'�mergence d'une nouvelle g�n�ration de responsables au sein de ma propre famille politique. Ils constituent une force capable de susciter l'esp�rance et de r�pondre � l'attente de renouveau que je per�ois dans l'opinion. Ils forment donc la rel�ve avec ceux qui sont d�j� rompus aux affaires publiques et dont la d�marche pourra s'inscrire dans la continuit�. Et c'est le devoir d'un responsable politique que de pr�parer la rel�ve.
Auriez-vous l'intention de leur passer le flambeau?
- Je n'ai jamais fait de politique par carri�risme mais toujours par passion de la chose publique. Dans l'exercice de mes responsabilit�s et le respect de mes convictions, j'ai tent� de donner le meilleur de moi-m�me, de concr�tiser et d'achever de multiples projets. Cependant la gestion de la chose publique est une �uvre collective qui requiert d�vouement, savoir faire et volont�. Je suis convaincu que d'autres autour de moi peuvent prendre leur part � cet ouvrage et j'ai envie de leur passer le relais.
J Ce qui signifie que vous ne conduirez pas de liste aux �lections territoriales�
- En effet, je ne conduirai pas de liste aux prochaines �lections territoriales. N�anmoins, mon engagement sera total aux c�t�s de celles et ceux auxquels j'aurai transmis le flambeau.
J Votre d�cision est surprenante dans une conjoncture qui semble vous �tre plut�t favorable...
- C'est bien parce que la conjoncture politique ne m'est pas d�favorable que je crois utile de passer le flambeau. Si surprenante soit-elle pour ceux qui n'ont pas compris ou partag� mes analyses ou mes orientations, ma d�cision a �t� m�re -
ment r�fl�chie.
Que ceux qui m'ont toujours soutenu le sachent bien : je ne d�chire pas le contrat de confiance pass� entre nous depuis des dizaines d'ann�es. Je leur en propose un autre pour l'avenir avec les m�mes sentiments de respect et de solidarit� que je leur ai toujours t�moign�s. Il ne s'agit pas pour moi d'un renoncement � la vie politique. J'ai simplement envie de construire quelque chose de nouveau. L'heure est venue de le faire. Le renouveau, pour notre �le, ne doit �tre ni un concept creux, ni une aventure. Quand on est responsable, on doit faire abstraction de soi-m�me et ne se soucier que de l'int�r�t sup�rieur.
J Votre �tat de sant� a-t-il pes� lourd dans la balance?
- Pas du tout. Je me sens tr�s bien et je n'ai pas l'intention de devenir pantouflard. Bien u contraire. J'ai toujours autant d'ardeur pour servir la Corse. Mon initiative ne rel�ve ni de la lassitude ni de l'esprit d'abandon. Je l'affirme, je ne serai ni absent ni passif. On ne peut aimer la Corse et se d�sint�resser de ses probl�mes, de ses inqui�tudes, de ses attentes.
J Vos proches �taient-ils dans la confidence?
- Dans l'exercice de mes responsabilit�s toute d�marche �go�ste n'aurait pas �t� acceptable. Depuis plus d'un an je n'ai cess� de me concerter avec d'autres, de consulter mes amis et nos leaders nationaux. On ne doit pas tricher avec les siens. On peut admettre que la strat�gie vous autorise � jouer avec le temps mais pas avec la v�rit�. Depuis des mois, toutes mes d�clarations publiques laissaient
entrevoir cette d�marche. Mais aujourd'hui, l'heure de l'annonce est venue.
J L'heure aussi pour vous de tourner la page�
- Si tourner la page c'est poser son fardeau et se croiser les bras, je peux vous assurer que telle n'est pas mon intention. Pendant 12 ans, � t�te de l'Ex�cutif territorial, je n'ai cess�, avec mes coll�gues et collaborateurs, d'�uvrer pour forger les outils du d�veloppement et entreprendre la modernisation de nos infrastructures. J'ai pu �crire quelques lignes de notre histoire contemporaine. Il me plairait d�sormais d'inspirer de nouveaux chapitres � ceux auxquels nous confierons la plume. Il reste beaucoup � faire pour construire une Corse moderne et rayonnante. Les moyens existent. Tout est question de paix et de volont�.
J Qu'attendez-vous de la rel�ve que vous soutenez?
- Les Corses aspirent � �tre repr�sent�s par des �lus aux qualit�s intellectuelles et morales indiscutables et dignes de passer avec eux un v�ritable contrat sur l'honneur celui de les servir dans la transparence et la rigueur. Je p�se mes mots. Il ne faut plus se laisser ballotter, tirailler entre les exigences des uns et les int�r�ts des autres. Il faut redonner des rep�res � la population. D'importantes r�formes institutionnelles ont �t� faites. Elles nous donnent des moyens consid�rables. Sachons nous en servir. Demain, dans le concert des r�gions d'Europe, nous devrions obtenir - comme nous l'avons r�clam� avec insistance - la reconnaissance du fait insulaire, cl� de vo�te des politiques d�rogatoires et sp�cifiques. S'�loigner des d�sordres, des dysfonctionnements ou de l'aventure, retrouver confiance en elle-m�me, voil� ce que la Corse attend. Ses responsables politiques doivent l'y aider.
J Votre choix personnel, tr�s important, va d�cevoir ceux et celles qui vous ont suivis depuis si longtemps...
- Je leur dis toute ma gratitude et mon attachement. Je leur demande de comprendre ma d�marche et de m'accompagner encore dans cette �uvre commune au service de la Corse. J'aurai l'occasion de les revoir, de sentir la chaleur de leur affection, de leur engagement, de leur soutien. Je crois qu'ensemble nous vivrons, dans le rassemblement le plus large, un combat pour l'esp�rance, pour une Corse apais�e, pour un avenir prometteur. Mais l'heure ' n'est ni � l'�motion ni au bilan. L�heure est � l'action. Je poursuis mon travail avec le souci de pr�parer la Corse � vivre une nouvelle �tape de progr�s.
J Apr�s 40 ans d'une vie publique bien remplie, un regret � exprimer?
- On n'atteint jamais pour la Corse la pleine satisfaction de ses ambitions. J'en �prouve du regret, tout autant que j'aurais aim� voir notre �le retrouver une paix durable.
J Qu'allez-vous faire? Envisagez-vous des responsabilit�s nationales?
- Je reste tout simplement disponible pour mener s'il le faut d'autres combats, au service de la Corse, de la Nation ou m�me de l'Europe. Si l'on a besoin de moi, je r�pondrai pr�sent.
- � qui pensez-vous pour saisir le t�moin que vous tendez dans la perspective des �lections de 2004?
- Je vous l'ai d�j� dit, j'ai partag� avec d'autres mon analyse et mon ambition pour la Corse. Camille de Rocca-Serra m'appara�t le mieux � m�me de conduire notre liste. J'appr�cie sa loyaut� et son �l�gance intellectuelle. C'est un homme exp�riment�, au charisme affirm�. Un homme de fid�lit� et de devoir qui a capacit� � rassembler et dont chacun sait qu'il a toute ma confiance et mon affection. Pour conduire la campagne et animer l'�quipe, il constituera un duo avec Ange Santini. Comme bien d'autres, j'ai pu appr�cier l'engagement, la loyaut�, la solidarit�, l'int�grit� et les qualit�s d'homme de terrain du maire de Calvi.
D'autres femmes et d'autres hommes, associ�s depuis longtemps � notre d�marche et repr�sentatifs des diverses composantes g�ographiques, �conomiques, sociales et culturelles de l'�le seront � leurs c�t�s. Il est trop t�t pour citer leurs noms et, d'ailleurs, il ne m'appartient pas de le faire.
J - Vous ne d�signez pas non plus de femmes � l'�re nouvelle de la parit�...
- Vous ne tarderez pas � les conna�tre et vous verrez qu'elles r�pondent aux attentes de la population que je viens d'�voquer. Dans les prochains jours, avec les leaders cit�s et avec d'autres, nous traiterons du contenu d'un programme de mandature et de la composition de la liste.
(J-M. R.)
Notre commentaire : Jean Baggioni ne se repr�sente pas pour une simple et bonne raison : il n�avait aucune chance de passer la barre des 5% sur sa propre liste. Et il aurait d� accepter de n��tre que troisi�me voire cinqui�me sur une liste de l�UMP. De plus il n�avait aucune chance d��tre r��lu pr�sident de l�ex�cutif.
Contrairement au portrait grandiloquent que fait de lui Jean-Marc Raffaelli, Jean Baggioni est tout sauf un personnage dr�le et il a une forte propension � s��couter parler. D�un orgueil qui frise parfois la pathologie, il d�teste profond�ment Jos� Rossi et Paul Natali, les deux responsables de l�UMP en Corse. Il se d�fausse donc en d�signant � ses amis ceux qui vont contester � Paul Natali et � Jos� Rossi leurs premi�res places. Il ne restera plus � Jean Baggioni qu�� esp�rer une place aux Europ�ennes.
Son mandat laisse un sentiment mitig�. Il a �t� un gestionnaire acceptable mais en aucun cas un visionnaire. Rien n�a boug� pendant qu�il dirigeait l�ex�cutif. Il a tout au plus su appliquer les rustines l� o� les voies d�eau devenaient trop cons�quentes. Ca n�est pas si mal mais �a ne vaut pas l�ennui profond qu�on a souvent ressenti lorsque, malheureux vis-�-vis, il fallait subir ses monologues sans fin. Mais il est vrai qu�� ce petit jeu il n�est pas le seul. La Corse politque est une polyphonie faite de chants uniques qui ne se rencontrent jamais. En bon fran�ais, on appelle cela une cacophonie et Jean Baggioni en �tait le chef d�orchestre.
Son d�part laisse ouverte une bataille qui promet de r�server des surprises : celle pour remporter le poste envi� de pr�sident de l�ex�cutif. Jos� Rossi a bien l�intention de gagner avec tous ses � amis � qui vont tenter de le poignarder. Paul Natali n�a gu�re de chance. Paul Giacobbi est le mieux plac� sit�t s�il a les voix nationalistes ce qui n�est pas �vident apr�s sa lettre aux plastiqueurs. Tout est donc ouvert.
TOUT LE DOSSIER CORSE
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