Les nationalistes esp�rent bouleverser l'�chiquier politique corse
Nov 15, 2003
Les nationalistes, publics et clandestins, esp�rent bouleverser l'�chiquier politique corse en r�alisant une union �lectorale pour les territoriales de mars 2004, qui para�t � port�e de main avec la tr�ve du FLNC-Union des combattants et leur permettrait d'obtenir une influence d�terminante � l'assembl�e de Corse.

En annon�ant une tr�ve "sans conditions de temps ni de lieu" lors d'une conf�rence de presse clandestine en plein maquis, le FLNC-UC, principale organisation arm�e insulaire, a soulign� que "ce sera en trente ann�es de luttes et de sacrifices la premi�re fois qu'un tel geste est consenti, hors de toute n�gociation avec l'Etat fran�ais".

Plus que jamais, la r�alit� d'une union �lectorale pour les territoriales, qui butait sur la question de la violence clandestine, est proche. "Nous sommes tout pr�s d'un accord", s'est enthousiasm� Jean-Christophe Angelini, secr�taire g�n�ral du Parti de la nation corse (PNC, mod�r� et oppos� � la violence), d'ordinaire pos� et m�fiant. "L'initiative (du FLNC-UC, ndlr) va permettre de parachever l'union entre nationalistes", a rench�ri Jean-Guy Talamoni, porte-parole de la coalition ind�pendantiste Corsica Nazione, vitrine politique, avec Indipendenza, du mouvement clandestin.

Edmond Simeoni, fondateur du collectif A Chjama Naziunale, qui avait aussi exig� une "tr�ve longue et totale" des actions violentes en pr�alable � l'union �lectorale des nationalistes:

"C'est une d�cision majeure, courageuse, qui honore ceux qui l'ont prise et qui facilite l'indispensable union que tout le mouvement national appelait de ses voeux dans l'objectif d'acc�der aux responsabilit�s.

"La d�claration du FLNC-Union des combattants se situe dans le sillage du processus de r�conciliation de Migliacciaru de 1999. Nous remarquons surtout que malgr� l'intransigeance de l'Etat, malgr� la poursuite de la r�pression, le refus de reconna�tre notre peuple et le refus du statut politique � nos prisonniers, les militants clandestins ont franchi un pas d�cisif. Mais nous savons aussi qu'un avenir de lutte responsable et d�termin� nous attend.

"N'oublions pas non plus qu'une autre organisation clandestine, le FLNC, reste active et que tout � fait par ailleurs, il peut y avoir aussi des provocations de gens qui sont oppos�s � la paix. Mais nous y opposerons le sang froid et la vigilance".

Unis, les nationalistes assurent qu'ils peuvent emporter plus de 30% des suffrages. Aux derni�res territoriales, en mars 1999, cinq listes nationalistes avaient totalis� 23,46% des suffrages au 1er tour, mais une seule avait franchi le seuil �liminatoire des 5%, permettant au seul groupe Corsica Nazione d'obtenir huit �lus � l'assembl�e de Corse.

M�me avec 30%, avec un scrutin de liste, on ne peut diriger seul l'Assembl�e de Corse. Mais l'�clatement probable de la droite et la gauche traditionnelles en quatre voire cinq listes de part et d'autre en mars prochain, risque d'offrir sur un plateau � une liste nationaliste unie le titre glorieux de "premi�re force politique de l'�le".

"Nicolas Sarkozy a bataill� pour que le mode de scrutin ne soit pas align� sur les r�gionales, avec un seuil de 10% pour se maintenir au 2e tour mais, surtout, une tr�s forte prime majoritaire � la liste arriv�e en t�te, qui aurait pu livrer les manettes de l'assembl�e aux nationalistes", glisse un �lu de droite de l'assembl�e de Corse, sous couvert de l'anonymat.

Avec un seuil rest� � 5%, selon lui, on "peut encore esp�rer" que les mod�r�s, plus autonomistes qu'ind�pendantistes, choisissent finalement de former une liste concurrente des purs et durs de Corsica Nazione, en misant sur une �ventuelle fusion au 2e tour.

Dans tous les cas de figure, plusieurs �lus de droite comme de gauche, assurent, encore anonymement, qu'ils barreront l'acc�s aux commandes aux nationalistes, soit en formant des alliances au second tour, soit, au "troisi�me tour", par la constitution dans la nouvelle assembl�e de majorit�s de circonstance, sorte de "pacte r�publicain" ou m�me de "cordon sanitaire", selon les termes employ�s.

"Il y aura s�rement des alliances de second tour au sein de la famille de droite, ou de gauche et, si cela ne suffit pas, elles pourront toujours ouvrir au-del� de leurs rangs", commente Jos� Rossi, pr�sident UMP de l'assembl�e de Corse.

�mile Zuccarelli, d�put�-maire (PRG) de Bastia a d�clar� assez stupidement "Je ne souhaite pas commenter un non-�v�nement, dans la mesure o� malheureusement, des annonces de tr�ves non suivies d'effet, il y en a eu plusieurs ces derni�res ann�es".

Jean Baggioni, pr�sident du Conseil ex�cutif de Corse (DVD) plus positif : � Tout ce qui concourt � l'apaisement du climat social, tout ce qui peut garantir la s�r�nit� va dans le sens de la paix. Je veux croire que cette annonce signifie clairement qu'il y a un abandon de la violence. Pour les g�n�rations � venir, pour l'ouverture de la Corse sur le monde, pour son d�veloppement, il faut que l'horizon soit d�gag� de tout nuage. Il ne faut pas construire un lendemain dans la strat�gie de l'�ch�ance � court terme mais b�tir un avenir dans une strat�gie de concorde et de paix".

Les �lus traditionnels dont les formations sont balkanis�es craignent maintenant la mont�e en puissance du ph�nom�ne nationaliste en terme �lectoral.

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