Suspect� du meurtre de Patricia, l'une des trois jeunes femmes tu�es dans la Somme en 2002, Jean-Paul Leconte relance l'hypoth�se d'un groupe de meurtriers pour ces trois assassinats. Il a �t� pi�g� par des confessions enregistr�es � son insu au parloir de la prison. Une enqu�te du Parisien.
Silencieux jusqu'� pr�sent, niant les preuves scientifiques, Jean-Paul Leconte, 37 ans, le tueur pr�sum� de Patricia Leclercq, 19 ans, retrouv�e le corps meurtri, �cras� par une voiture, � Ville-sur-Ancre (Somme) en juillet 2002, a avou�, sur des �coutes, sa participation au meurtre de cette jeune fille. Il a �t� pi�g� cet �t� au parloir de la prison o� sa grand-m�re lui rendait visite. Il a alors dit qu'il n'�tait pas seul lors de ce meurtre, relan�ant l'hypoth�se du groupe de tueurs parcourant ce d�partement o� les assassinats d'Elodie Kulik, en janvier 2002, et Christelle Dubuisson, 18 ans, en ao�t 2002, n'ont toujours pas �t� r�solus.
Une trace infime retrouv�e sur un sous-v�tement de Patricia avait permis de le confondre
C'est � la mi-septembre que la juge d'instruction Corrine Desmazi�res-Vue a re�u les enregistrements des confidences de Jean-Paul Leconte � sa grand-m�re, Catherine Schuff, celle qui l'a �lev� et chez qui il vivait � M�aulte, depuis sa lib�ration de la prison de Bapaume le 4 mai 2002. Il venait d'effectuer douze ans de d�tention pour viols et escroquerie. Mais c'est le juge Xavier Strasell, d'Amiens, en charge du dossier sur le meurtre de Christelle Dubuisson, qui avait demand� ces �coutes au cas o�... Mais, d�j� entendu � deux reprises par la juge au tribunal de P�ronne, il est encore rest� sans voix, hier matin, comme il en a l'habitude. Son avocat, Jean Bouly, a reconnu que Leconte avait toujours dit � ne pas �tre pr�sent � sur les lieux du crime. Du coup, deux complices sont mis en cause. S'il n'a pas cit� leurs noms, ces deux hommes ont �t� cibl�s par les gendarmes et figurent parmi ses proches. Tout deux habitent la r�gion et ont d�j� �t� convoqu�s par les gendarmes en janvier 2003 et soumis � des tests g�n�tiques lors de leur garde � vue. Ils ont �t� remis en libert�, ces tests se r�v�lant n�gatifs. C'est une trace infime retrouv�e sur un sous-v�tement de Patricia Leclercq qui avait permis de confondre Jean-Paul Leconte, arr�t� le 25 novembre 2002. Persistant � nier, il n'a cess� de demander des contre-expertises depuis un an. Le suspect avait pourtant �t� d�sign� par Pascal Parys, un ancien gendarme de la brigade de recherches de P�ronne, d�s le 10 juillet 2002. Celui-ci avait d�j� arr�t� Leconte en 1989 et avait reconnu la signature du mode op�ratoire du tueur.
Les traces de fuite dans le champ permettent de penser qu'il y avait plusieurs agresseurs
� Jean-Paul Leconte est plut�t un solitaire mais il n'�tait peut-�tre pas seul dans sa cavale �, estime une source proche du dossier. Un autre �l�ment a troubl� les gendarmes d�s le d�but de l'enqu�te sur le meurtre de Patricia. Le soir de sa disparition, le 6 juillet 2002, Patricia a �t� vue par des t�moins � la sortie d'Albert apr�s avoir quitt� son travail au restaurant McDonald's, en train de discuter avec les occupants d'un fourgon blanc. Autre indice, Patricia, qui rentrait sur son v�lo dans sa famille d'accueil, a �t� enlev�e sur la D 52 en bordure d'un champ de bl� � l'entr�e de Buire-sur-l'Ancre. Les traces de fuite dans le champ permettent de penser qu'il y avait plusieurs agresseurs. � deux reprises, Patricia aurait r�ussi � leur �chapper avant de tomber sous les coups. Jean-Paul Leconte est mis hors de cause dans le meurtre d'Elodie Kulik, 24 ans, une directrice de banque, mise � mort le 12 janvier 2002 sur un chemin de terre � Tertry. Il �tait en prison � cette date. Mais l'enregistrement de l'appel pass� par la jeune femme aux pompiers, depuis son t�l�phone portable, au moment du drame, laisse entendre, au-del� de ses cris, les voix d'au moins deux hommes dont un parlant avec un fort accent picard. Ces hommes sont-ils les m�mes que les amis proches de Leconte d�j� entendus par les gendarmes ? Rien n'a permis de les incriminer jusqu'� pr�sent.
(Jean-Marc Ducos, Le Parisien , mardi 11 novembre 2003)
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