Le leader UMP pourrait ne pas �tre t�te de liste aux territoriales de mars. L�analyse de Christophe FORCARI dans Lib�ration.
Des Berezina en s�rie, mais pas question pour Jos� Rossi de sonner la retraite. Dernier coup du sort pour le pr�sident (UMP) de l'Assembl�e de Corse : sa condamnation � deux ans d'in�ligibilit� pour �d�tournement de fonds publics� (1). Il vient de faire appel afin de pouvoir se pr�senter aux �lections territoriales de mars 2004. �Une condamnation bien excessive. On ne peut pas jeter la pierre � Rossi dans cette affaire�, reconna�t l'un de ses adversaires d�clar�s, Nicolas Alfonsi, s�nateur (radical de gauche) de Corse-du-Sud. Mais les d�boires judiciaires de la figure de proue de la droite insulaire ne s'arr�tent pas l�. Rossi a �t� condamn� � une peine d'amende en deuxi�me instance pour �favoritisme� dans l'attribution du march� public des transports scolaires de Corse-du-Sud alors qu'il pr�sidait le conseil g�n�ral. M�me s'il n'a pas l'intention de �d�serter�, ni de se �mettre hors jeu�, ses rivaux � droite pourraient profiter de cette situation de faiblesse pour sonner la cur�e.
Echecs. L'UMP corse se demande si Rossi est le bon cheval pour prendre la t�te de la liste aux �lections du printemps. �Il doit s'interroger sur ses chances. Est-ce qu'il ne risque pas de conduire son camp � la d�faite ?�, s'interroge le s�nateur (UMP) de Haute-Corse, Paul Natali. Depuis septembre 2000, Rossi, cheville ouvri�re des accords de Matignon conclus sous le gouvernement Jospin, collectionne les revers �lectoraux. �M�me s'il a une �tonnante capacit� � rebondir, cette fois, ce sera plus difficile�, reconna�t un proche.
� la fin de l'�t� 2000, Rossi ratait la municipale partielle d'Ajaccio. Ses �amis� l'accusaient d'avoir contribu� � offrir la cit� imp�riale � la gauche apr�s trente ans de domination des bonapartistes. Il d�missionnait alors de la pr�sidence du groupe D�mocratie lib�rale de l'Assembl�e nationale. En juin 2002, il perdait son si�ge de d�put� face � Simon Renucci, le nouveau maire (divers gauche) d'Ajaccio, payant ainsi son implication dans le processus de Matignon. Dernier �pisode en date, le r�f�rendum du 6 juillet. Quand d'autres, � droite, font semblant, Rossi, lui, m�ne loyalement campagne en faveur du �oui�. La victoire du �non� entame un peu plus son cr�dit. Apr�s l'�chec, Sarkozy cl�t le volet institutionnel, au moins jusqu'aux territoriales. �Jos� Rossi se posait comme le seul interlocuteur valable sur les questions institutionnelles. Sans processus politique, il ne lui reste pas grand-chose�, juge l'un de ses anciens collaborateurs.
Du coup, nombreux sont ceux qui, � droite, se verraient bien prendre sa place. Jean Baggioni, le pr�sident (divers droite) de l'ex�cutif insulaire, devrait conduire sa propre liste sur laquelle pourraient figurer les maires (divers droite) de Calvi et de Corte. J�r�me Polverini (divers droite), champion du �non� � droite, n'exclut �galement pas de partir sous ses propres couleurs. Les t�nors locaux de l'UMP se retranchent derri�re la d�cision � venir des instances parisiennes pour ne pas aborder la question de la t�te de liste. �Mais �a m'�tonnerait que, dans les conditions actuelles, Rossi puisse diriger la liste�, doute Sauveur Gandolfi-Scheit, patron de l'UMP de Haute-Corse.
Seuils. Rossi est n�anmoins d�cid� � y aller. Avec ou sans l'investiture officielle du parti chiraquien. �Il y a d'autres parlementaires UMP pour conduire la liste�, pr�cise Paul Natali. Comme le d�put�-maire (UMP) de Porto-Vecchio, Camille de Rocca-Serra. �De toute fa�on, tout va d�pendre du mode de scrutin�, assure Sauveur Gandolfi-Scheit. La majeure partie de l'UMP, ainsi que le d�put�-maire (PRG) de Bastia, Emile Zuccarelli, r�clament son alignement sur le mod�le national, avec les m�mes seuils, alors que ceux-ci sont aujourd'hui moins �lev�s en Corse (5 % pour le maintien au second tour et 3 % pour la fusion). Paul Natali et Nicolas Alfonsi, s�nateur (PRG) de Corse-du-Sud, devraient d�poser des amendements, jeudi, lors du d�bat du texte introduisant la parit� dans les �lections insulaires. Sarkozy ne veut pas en entendre parler. En priv�, le ministre craint que l'alignement sur le syst�me national, qui a le m�rite de d�gager des majorit�s nettes, profite aux nationalistes. Un d�bat auquel Rossi �vite de prendre part pour ne �pas se faire renvoyer dans la figure l'accusation de magouilles�. Et prendre des coups.
(1) Des fonds destin�s au RMI ont financ� des clubs sportifs.
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