Les Corses soutiennent les continentaux victimes d'attentats
Nov 11, 2003
�J'y suis, j'y reste !� Dans une lettre ouverte publi�e derni�rement dans Corse Matin, Antoine Duborget pr�venait ceux qui se sont attaqu�s � sa r�sidence touristique de luxe de Moriani-Plage, sur la plaine orientale, qu'il reconstruirait �le plus rapidement possible�. Pas question pour lui de c�der sa place, encore moins de faire ses bagages. Victime dans la nuit du 18 au 19 octobre de plasticages qui ont enti�rement ras� deux villas de son lotissement, �Le Clos des vendanges�, ce commer�ant issu d'une vieille famille corse n'est pas le seul, ces derni�res semaines, � avoir publiquement r�agi � la violence des poseurs de bombes.*

Face � la recrudescence des attentats contre des r�sidences secondaires appartenant � des continentaux et des �trangers, la population de l'�le ne semble plus se satisfaire des communiqu�s officiels de condamnation, r�dig�s � la h�te par ses repr�sentants politiques chaque fois qu'une maison saute au nom de la �d�fense du littoral� ou de la lutte �contre la sp�culation immobili�re�. Elle commence � se mobiliser pour marquer son indignation et d�noncer �les agissements aussi l�ches qu'assassins� des mouvements clandestins.

Malgr� la tr�ve d�cr�t�e en septembre par le FLNC-Union des combattants � la principale organisation arm�e de l'�le s'est engag�e � �suspendre, de fa�on durable� ses �actions visant des r�sidences principales ou secondaires� �, les attentats contre des particuliers se succ�dent � un rythme insoutenable.*
�R�agissez afin qu'il ne soit pas trop tard et que nous puissions vivre et travailler en paix�, demandait dans sa lettre � la population Antoine Duborget, rappelant qu'il avait de �ses propres mains� et � la sueur de son front �os� prendre des risques financiers, os� faire conna�tre la Corse � des �trangers, os� cr�er des emplois et os� faire travailler des entreprises et des fournisseurs locaux�.

Son cri a �t� entendu et il sera certainement relay�, samedi prochain � Poggio d'Oletta, o� la communaut� villageoise appelle � un grand rassemblement. Situ�e en Haute-Corse entre Bastia et Saint-Florent, cette petite commune rurale de l'int�rieur est la premi�re � organiser une manifestation collective pour soutenir une famille continentale victime d'un plasticage.*

�Traumatis�e� par l'attentat commis sur son sol dans la soir�e du 29 octobre contre l'habitation de la famille Bertelli qui, il y a six ans, avait fait le pari du retour, ses membres entendent d�montrer, sous le regard des m�dias, que la Corse est et sera toujours une terre d'ouverture, �dans le respect des traditions que sont l'hospitalit�, l'accueil et la fraternit�. �Nous nous interrogeons sur la signification de cet attentat, confie son maire, Louis Meria, d'autant que la famille Bertelli, qui a des origines corses, ne pratique ni la sp�culation immobili�re, ni n'est reli�e � la mafia�.

D�truite par plusieurs charges explosives de forte puissance coupl�es � des bouteilles de gaz, � peine quelques heures avant la dixi�me visite sur l'�le de Nicolas Sarkozy, la maison des Bertelli avait, comme nombre de cibles vis�es, �t� b�tie par des artisans locaux, ses propri�taires participant ainsi � la revitalisation de l'int�rieur. �Un th�me cher � certains...�, souligne avec ironie Louis Meria, qui sera dor�navant �vigilant envers toute forme d'agression� contre sa communaut�.

L'expression d'un ras-le-bol face � une violence devenue quasi end�mique ? Le maire de Poggio d'Oletta veut le croire, au m�me titre que le ministre de l'Int�rieur qui a promis, lors de son d�placement, de mettre un terme �� la peur� et �aux pressions� qui emp�chent la majorit� des Corses de s'exprimer. �Depuis trop longtemps, la violence, le double langage, la peur, le mensonge occupent la sc�ne. Or, c'est une parole collective qu'il nous faut faire �merger�, explique Alain Charles, l'un des relais du Collectif pour l'avenir d�mocratique de la Corse. Cr�� le 9 septembre par des �citoyens de base� qui supportent �de plus en plus difficilement les agissements destructeurs�, ce dernier a adress� un texte qui a vocation de p�tition � tous les maires de l'�le pour qu'ils se posent �enfin� comme les �acteurs de l'avenir�. �Peut-on condamner la violence et s'allier avec ses partisans ?�, interroge ce m�decin bastiais. Malgr� les menaces explosives des ind�pendantistes, les langues commencent � se d�lier.

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