L'attentat de Riyad replace l'Arabie saoudite au centre des inqui�tudes am�ricaines
Nov 11, 2003
L�attentat de Ryad a de nouveau plac� l'Arabie saoudite au centre des inqui�tudes am�ricaines en mati�re de terrorisme. Washington avait pr�venu que des menaces d'attentats �taient pass�es de la phase de conception � celle de l'ex�cution.

Un membre de la commission du renseignement du S�nat, le s�nateur r�publicain Pat Roberts sur la cha�ne de t�l�vision Fox News a indiqu�, dimanche, que son instance avait �t� inform�e il y a une semaine environ qu'un tel attentat pourrait �tre imminent. "Et c'est ce qui est arriv�", a d�clar� .

Cet attentat survient alors que les �tats-Unis se f�licitent d'avoir renforc� leur coop�ration antiterroriste avec le royaume depuis les attentats du 11 septembre 2001, et plus particuli�rement depuis le triple attentat contre des ensembles r�sidentiels habit�s par des expatri�s, qui avait fait 35 morts le 12 mai � Riyad. Le s�nateur Roberts a soulign� que la coop�ration antiterroriste avec Riyad �tait "bien meilleure" qu'autrefois.

Le prince Bandar Ben Sultan, ambassadeur saoudien � Washington, a de son c�t� rappel� la d�termination du royaume dans sa lutte contre le terrorisme "Le peuple saoudien est uni et convaincu dans sa d�termination � d�truire ce diable" et � s'en d�barrasser, a-t-il affirm� dans un communiqu�. "L'Arabie saoudite est en guerre contre ces terroristes, nous les cherchons dans leurs endroits cach�s, nous tuons et capturons leurs chefs et nous d�truisons leurs moyens d'action et de soutien. Le r�sultat de cela est que leurs actions deviennent de plus en plus d�sesp�r�es et haineuses", a-t-il ajout�.

Car jusqu�alors la m�fiance �tait de mise : 15 des 19 auteurs du 11 septembre �taient d'origine saoudienne tout comme Oussama Ben Laden. Mais de nombreuses enqu�tes avaient d�montr� que les autorit�s saoudiennes avaient adopt� une attitude tr�s ambigu� (c�est le moins qu�on puisse dire envers Al-Qaida).

Le s�nateur d�mocrate Joseph Biden a souhait�, dimanche, sur la cha�ne CNN, que cet attentat soit "un signal de r�veil pour le r�gime saoudien et stoppe le soutien indirect � Al-Qaida". "Il ne fait aucun doute que les Saoudiens sont nos amis, a ajout� son homologue r�publicain Chuck Hagel, mais ils vont devoir en faire davantage pour traiter le probl�me" du terrorisme.

Washington a tout fait pour ne pas perdre cet alli� politique et �conomique dans la r�gion. R�ponse du berger � la berg�re le pr�sident am�ricain George W. Bush a assur� le prince h�ritier saoudien, Abdallah Ben Abdel Aziz, que les �tats-Unis "�taient au c�t� de l'Arabie saoudite dans la guerre contre le terrorisme".

Pourtant une rumeur court le monde des renseignements occidentaux : L'attentat-suicide qui a fait au moins 17 morts, dont cinq enfants, et 122 bless�s dans une r�sidence de la banlieue ouest de la capitale, n�a pas touch� le r�gime saoudien au c�ur. Il a vis� un ensemble r�sidentiel habit� principalement par des expatri�s arabes, mais aussi par des Saoudiens et des Occidentaux. Treize morts ont �t� identifi�s : sept Libanais, quatre �gyptiens, un Saoudien et un Soudanais. Selon les autorit�s, des ressortissants de 19 pays figuraient parmi les bless�s, avec en t�te le Liban (53 personnes), l'�gypte (17) et la Jordanie (8). Quatre Am�ricains et six Canadiens ont �t� bless�s.

De mauvaises langues pr�tendent que cet attentat arrive juste � point pour calmer une partie de l�opinion am�ricaine qui commen�ait � trouver que le soutien � l�Arabie saoudite n��tait pas suivi de beaucoup de r�sultats anti-terroristes. En quelques jours, l�Arabie saoudite annonce deux � succ�s � contre le terrorisme et arrive cet attentat qui d�montre que le royaume p�trolier est vraiment du c�t� am�ricain.

On se perd en conjecture sur la mani�re dont un v�hicule bourr� d�explosifs a pu se garer dans un quartier r�sidentiel sans �tre contr�l�. Plus curieux encore : quelques centaines de m�tres plus loin et il explosait devant un palais princier. Le kamikaze a pr�f�r� ne toucher que des �trangers. Pour l�instant, le crime profite surtout � l�Arabie Saoudite dont, quoiqu�en dise la presse, le r�gime n�est absolument pas menac� � l�int�rieur des fronti�res.

Or, comme au Pakistan, une grande partie des services secrets est gangren�e par Al-Qaida. De l� � penser que�

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