Le 21 novembre 2001, la f�d�ration CGT de l�EDGF publiait un bien �trange communiqu� intitul� : � Apr�s les paillotes, la centrale du Vazzio �
Le contenu �tait le suivant :
� Le 15 novembre dernier, le syndicat CGT de Corse appelait les �lectriciens et gaziers � une initiative de 24 heures afin de protester contre les outrances de la direction locale.
Cette journ�e a �t� marqu�e par des exactions commises par un commando cagoul�. Saccage des installations, d�t�rioration de l'outil de travail, en l'occurrence la centrale thermique du Vazzio. La FNME CGT condamne avec la plus grande fermet� ce vandalisme. Qui a int�r�t � recourir � de tels actes ? � qui profitent ces comportements ?Certainement pas l'organisation syndicale CGT qui, forte de 600 p�titions sign�es, avait organis� cette journ�e pour demander l'abandon des sanctions prises injustement � l'encontre de 4 agents. La F�d�ration CGT apporte tout son soutien au syndicat CGT de Corse et demande � toutes ses organisations de t�moigner leur solidarit� avec ce syndicat qui a toujours repr�sent� un syndicalisme de rassemblement, � visage d�couvert, � l'oppos� du terrorisme en cagoule qu'il a toujours r�cus� et d'adresser des messages de protestation � la Direction du Centre de Corse. La FNME CGT demande aux Directions d'EDF d'engager imm�diatement des n�gociations et que la lumi�re soit faite sur ces actes inadmissibles. �
Le communiqu� CGT employait des termes fort modestes pour d�crire le saccage auquel s��tait livr� le commando en question. Plusieurs dizaines d�hommes cagoul�s arm�s de barres de fer avaient tout d�truit dans les bureaux et d�vers� du fuel lourd sur le sol et sur les murs.
Une telle intervention muscl�e avait d�j� eu lieu dans la centrale de Lucciana. Le communiqu� de la CGT arrivait fort � point bien qu�avec beaucoup de retard. Il se disait au sein de m�me de l�entreprise que le commando �tait form� de militants CGT dont le but �tait de maintenir leur propre monopole lors des �lections. Paradoxalement, la CGT locale avait toujours combattu les nationalistes et la violence politique. Jusque-l�, la CGT avait toujours expliqu� que l�id�e d�un commando compos� de militants CGT �tait une rumeur r�pandue par le petit syndicat nationaliste STC, par le patronat et par des provocateurs.
Plainte est d�pos�e par la direction. Des traces d�ADN sont retrouv�es dans une cagoule abandonn�e. Apr�s quelques jours ce sont dix personnes qui sont arr�t�es et qui, pour la plupart, avouent. Or, toutes sans exception sont encart�es � la CGT.
Imm�diatement le syndicat majoritaire d�savoue ses militants ce qui entra�nera leur passage au STC nationaliste. D�s lors les langues se d�lient. On parle alors d�un cadre EDF, lui aussi adh�rent de la CGT, qui avait autrefois fait sa demande d�int�gration dans le FLNC. La rumeur ne dit pas pourquoi cela n�a pas eu lieu. Toujours est-il que l�homme en question a commenc� � professer des id�es tr�s � bleu blanc rouge � vouant les nationalistes � l�enfer.
Une note blanche rest�e tr�s discr�te apprend ceci sur le personnage devenu plus tard un proche d�un ministre de l�int�rieur. Un jour, un cadre EDF continental commence � se faire harceler au t�l�phone par un courageux anonyme qui le presse sous peine de mort de rejoindre le continent. L�homme en question s�ouvre de son probl�me � la police qui met son t�l�phone sur �coute. L�anonyme le contacte le lendemain. Surprise : les menaces viennent de l�int�rieur de l�entreprise EDF et l�anonyme est notre � bleu blanc rouge � qui ne craint pas d�employer les m�thodes qu�il d�nonce pour r�gler un diff�rend d�ordre professionnel.
C�est bient�t � cet homme que la rumeur pr�te la direction du commando qui agit pour maintenir la pression et disons-le franchement la terreur. Lorsque le pr�fet Bonnet est arr�t� en mai 1999, une manifestation � salue � cet �v�nement dans Ajaccio. Et qui voit-on un tantinet surexcit� au milieu de nationalistes d�cha�n�s notre � bleu blanc rouge � encore plus excit�.
Apr�s l�arrestation des dix cagoul�s encart�s � la CGT son nom commence � circuler avec insistance. L�homme passe alors avec armes et bagages dans un syndicat minoritaire tr�s hostile aux nationalistes. Il se fait alors discret.
Bilan de l�affaire : la CGT a beaucoup perdu en cr�dibilit� dans une entreprise o� le syndicat nationaliste monte. La CGT a bien essay� d�employer elle-aussi les arguments comme la corsisation des emplois. Elle perd pourtant du terrain sauf dans certains de ses bastions sur la c�te orientale et � Bastia o� le parti communiste s�accroche encore � ce bastion comme l�arap�de au rocher. Peut-�tre est ce la raison pour laquelle les b�timents EDF de cette r�gion sont soumis � des plasticages roulants en r�gle.
En Corse la d�mocratie a bien du mal � s�imposer chez les uns comme chez les autres malgr� les apparences.
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