Mardi 8 octobre 14H55, Alain Jupp� est invit� � la barre � commenter la d�claration de son ex-collaborateur Yves Cabana selon lequel "tout le monde" au sein du RPR connaissait les emplois fictifs.
L'ex-Premier ministre se racle la gorge: "Je ne partage pas son opinion !". 14H56, la messe est quasiment dite.Fid�le � sa ligne de d�fense, l'ancien secr�taire g�n�ral du RPR (de 1988 � 1995) a maintenu mardi devant le tribunal correctionnel de Nanterre qu'il ignorait l'existence de la prise en charge de permanents du parti par des entreprises priv�es avant 1993, date � laquelle il y a mis fin.
Concernant les permanents charg�s de mission � la Ville de Paris, qui lui sont reproch�s, il a par ailleurs r�p�t� que leur emploi � la mairie �tait � ses yeux "r�el" et leur travail au RPR un travail "militant".
Un �il sur ses fiches, l'autre sur ses juges, Alain Jupp� d�clare: "A mon arriv�e en 1988, je n'avais pas connaissance de cette situation (les emplois fictifs) et personne n'a port� cette information � ma connaissance, ni mon pr�d�cesseur M. Toubon, ni le tr�sorier, M. Galley".
Confront� aux d�clarations faites la semaine derni�re devant le tribunal par son ancien directeur de cabinet Yves Cabana, il le d�savoue � plusieurs reprises, affirmant qu'il ne lui avait "jamais parl� de ces faits", ajoutant m�me : "il aurait d�".
Martelant avoir toujours eu � c�ur de se mettre en conformit� avec la loi, il se rappelle avoir lanc� lui-m�me un audit et recrut� un nouveau directeur administratif et financier en 1993, Eric Woerth.
Et c'est ce dernier qui lui a r�v�l� "qu'� c�t� des 155 salari�s du RPR, il y avait une quinzaine de personnes dont les salaires �taient pris en charge par des entreprises" priv�es. C'est donc seulement � partir de ce moment-l� qu'il a �t� en mesure de r�gulariser la situation.
"S'il y a eu manque de vigilance, j'en prends la responsabilit�", ajoute Alain Jupp� � deux reprises.
Mais le tribunal veut savoir : comment pouvait-il ignorer ce syst�me alors que sa propre secr�taire personnelle, Claude Le Corff, �tait prise en charge par une soci�t� priv�e.
- "Dans les rapports d'une secr�taire avec son patron il y a quand m�me des points personnels", lui lance la pr�sidente Catherine Pierce.
- "C'est peut-�tre une faiblesse, Madame, on me reproche parfois de ne pas attacher suffisamment d'importances aux relations personnelles", lui r�torque Alain Jupp�, d�clenchant les rires de la salle.
Poursuivi pour "prise ill�gale d'int�r�t" pour la prise en charge de permanents du RPR par la Ville de Paris, il n'est toutefois pas judiciairement concern� par ce volet du dossier. Mais la pr�sidente avait tenu � "revenir" sur les d�clarations de ses collaborateurs.
Restent donc les 7 salari�s de la Ville qui lui sont reproch�s.
"Je conteste formellement la d�nomination d'emploi fictif. C'�taient des emplois r�els. Toutes ces personnes travaillaient � la Ville de Paris", affirme � leur propos le pr�sident de l'UMP, de plus en plus � l'aise.
"Le m�tier de collaborateur d'�lu est un emploi de type particulier, un emploi mixte", poursuit-il. D'ailleurs, juge-t-il �tre � la fois au RPR et � la Ville ne rec�le "aucune incompatibilit� l�gislative ou morale", juste un "probl�me de compatibilit� dans la gestion du temps".
Mercredi 8 octobre, RTL. Le recours aux emplois fictifs par les partis politiques au d�but des ann�es 90 est "une r�alit� que tout le monde conna�t", a d�clar� Nicolas Sarkozy � propos du proc�s des emplois pr�sum�s ill�gaux du RPR.
"Tout le monde sait bien que les partis politiques � cette �poque-l�, tous les partis politiques, ont eu des probl�mes � se mettre en accord avec les nouvelles lois de financement", a-t-il affirm� sans rougir et vraisemblablement avec raison.
"C'est une v�rit� que tout le monde conna�t et je trouve qu'Alain Jupp� (ancien secr�taire g�n�ral du RPR) fait face avec une certaine dignit� et beaucoup de courage", a ajout� le ministre de l'Int�rieur, plus faux cul que lui tu meurs.
Nicolas Sarkozy, qui fut secr�taire national du parti gaulliste entre 1988 et 1993, lorsqu'Alain Jupp� le dirigeait, n'a pas voulu dire s'il �tait lui-m�me au courant de telles pratiques.
"Si j'avais des choses � dire, j'aurais �t� convoqu� par la justice", a-t-il dit heureux de d�gager en touche.
Alain Jupp� quant � lui continue de plaider l�ignorance admettant au plus un "manque de vigilance". Comme le dit le dicton : � Mon Dieu garde-moi de mes amis, mes ennemis je m�en charge. �
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