Akmand Kadyrov, qui �tait depuis juin 2000 le chef de l'administration tch�tch�ne pro-russe, a obtenu � l'issue de la pr�sidentielle de dimanche 81,1% des suffrages, selon les r�sultats pr�liminaires annonc�s par le pr�sident de la commission �lectorale, Abdoul-Karim Arsakhanov.
La commission a aussi annonc� une participation au scrutin de 83,46%, et le pr�sident russe Vladimir Poutine a vu dans cette forte mobilisation "le message que les gens esp�rent une am�lioration de leur existence". Mais ce taux de "pl�biscite" parait hautement fantaisiste aux journalistes qui ont visit� en Tch�tch�nie plusieurs bureaux de vote o� l'affluence semblait infime. "Les militaires, les r�fugi�s, les combattants, les brigands" et "les prisonniers", tout le monde a vot�, notait avec sarcasme lundi le quotidien lib�ral Gazeta.
Le nouveau pr�sident pro-russe a pr�cis� qu'il allait maintenant s'atteler � "assurer la s�curit� des citoyens et liquider les terroristes". Une t�che qu'il avait visiblement n�glig�e au cours des trois derni�res ann�es, o� il avait pourtant en main les ressources administratives et polici�res de la Tch�tch�nie. Dans la r�publique rebelle, on redoute particuli�rement les milices arm�es de Kadyrov, accus�es des pires atrocit�s. Et le nouveau pr�sident est consid�r� comme un tra�tre par les s�paratistes qui n'ont pas l'intention de stopper la r�sistance.
Le pouvoir policier de M. Kadyrov et ce scrutin orchestr� par Moscou seront insuffisants � lui assurer la l�gitimit� n�cessaire pour tenter d'apporter la paix � une r�publique qui endure depuis quatre ans une guerre destructrice, marqu�e par des combats, des tortures, des enl�vements et des ex�cutions. "C'est une �lection malhonn�te qui ne donne aucune l�gitimit� � Kadyrov. On peut au mieux esp�rer en Tch�tch�nie une stagnation de la situation, mais celle-ci a toutes les chances de s'aggraver", commente le politologue Vladimir Pribylovski.
De fait, Kadyrov n'a eu � lutter, pour obtenir ce fauteuil, que "contre des adversaires virtuels", a relev� le quotidien lib�ral Kommersant. Les quelque 560.000 �lecteurs inscrits avaient le choix entre sept candidats, mais aucun des adversaires de M. Kadyrov n'�tait en mesure de lui faire de l'ombre. Tous ses concurrents s�rieux avaient �t� �cart�s durant les semaines pr�c�dant le scrutin. Certains s'�taient retir�s d'eux-m�mes, d'autres s'�taient vu proposer un poste de conseiller par le Kremlin, d'autres encore �taient tout simplement ray�s de la liste de candidatures.
L'Organisation pour la S�curit� et la Coop�ration en Europe (OSCE) et le Conseil de l'Europe avaient refus� d'envoyer des observateurs, pour ne pas cautionner le scrutin. De nombreux hommes politiques russes, comme le chef du parti lib�ral SPS Boris Nemtsov, et les organisations de d�fense des droits de l'Homme ont aussi qualifi� l'�lection de "mascarade" ou "mystification".
Le quotidien officiel russe Rossi�ska�a Gazeta n'en a pas moins estim� que "la f�te �tait r�ussie", alors que le journal centriste Izvestia a jug� que ce scrutin a mis un terme "au vide du pouvoir". Moscou entend avec ce nouveau pr�sident pro-russe �carter d�finitivement le leader ind�pendantiste tch�tch�ne Aslan Maskhadov, �lu en 1997 sous l'�gide de l'OSCE et aujourd'hui r�fugi� dans les montagnes. Celui-ci a pr�venu que la lutte durerait tant que "les bourreaux" seraient en Tch�tch�nie.
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