� Ce sont l�, dit-il, les conditions qui doivent �galement �tre r�unies pour relever les autres grands d�fis, depuis la reconstruction de l'Afghanistan jusqu'� l'�tablissement de la paix en Isra�l et en Palestine. �
M. Armitage a d�clar� que ce "syst�me mondial de partenariats" devrait s'appliquer au maintien de l'actuelle coalition contre le terrorisme, � l'opposition aux ambitions nucl�aires de la Cor�e du Nord et de l'Iran et aux interventions visant "� faire face � des d�fis d'une ampleur aussi vaste que celui du VIH/sida, pour lesquels il ne saurait y avoir de solution militaire, ou m�me � tirer parti de possibilit�s exceptionnelles qui se pr�sentent dans les domaines de l'expansion du commerce et de l'investissement, du partage de la propri�t� intellectuelle, de la productivit� agricole et des technologies de l'information".
Pour les �tats-Unis, il s'agit d'appartenir � des organisations multilat�rales comme "une OTAN (Organisation du Trait� de l'Atlantique Nord) revitalis�e et en expansion, une OMC (Organisation mondiale du commerce) au service des int�r�ts de tous ses membres et des entreprises telles que l'Initiative du partenariat du Moyen-Orient", a-t-il d�clar� � la "Eisenhower National Security Conference" � Washington, le 26 septembre. Il s'agit �galement, a-t-il not�, "d'entretenir un r�seau de relations avec nos alli�s de longue date en Europe et avec nos amis les plus r�cents de par le monde pour y inclure la Russie et la R�publique populaire de Chine, qui sont intervenus de plus en plus en tant que partenaires en faveur de diverses causes communes allant du commerce et de l'investissement � la guerre contre le terrorisme".
M. Armitage a d�clar� � son auditoire que l'exp�rience irakienne mettait en �vidence "une autre v�rit� permanente, � savoir que la puissance d'une nation et toutes les pressions que cette puissance peut exercer ne sont jamais provenues et ne proviendront jamais exclusivement de la force militaire".
Pendant que les forces de la coalition �uvrent de concert en Irak, a-t-il dit, "nous devons, nous aussi, d�fendre un autre terrain", car la victoire en Irak "ne viendra pas seulement lorsque nos soldats pourront affirmer leur pr�sence sans crainte d'attaques ou d'embuscades ; elle viendra lorsque la lumi�re se rallumera dans tout le pays, lorsque de l'eau propre coulera dans tous les robinets. Elle viendra lorsque les gens pourront vaquer � leurs occupations dans les rues de Kirkouk, de Bagdad et de Karbala. Elle viendra lorsque l'Irak sera gouvern� par des Irakiens, choisis librement et �quitablement par leurs concitoyennes et concitoyens."
Pour une grande partie du monde, l�attitude am�ricaine ne peut se juger qu�� l�aide d�un terme tout droit sorti de la phras�ologie marxiste : l�imp�rialisme.
Or le v�ritable imp�rialisme n�a �videment pas �t� invent� par les Am�ricains par les Empires militaires. Il s�agissait de conqu�rir des espaces toujours plus grands et de permettre au �centre � de vivre sur les biens produits par la � p�riph�rie �. Ce faisant le centre cr�ait les conditions de sa propre perte car, en unifiant la p�riph�rie, il la transformait en un nouveau centre potentiel et donc en un concurrent. Cela a �t� vrai pour l�empire babylonien, perse, mac�donien, romain, espagnol puis fran�ais.
Et c�est justement le syst�me britannique qui a montr� le plus de souplesse et qui, d�une certaine fa�on, perdure aujourd�hui avec le Commonwealth. Mais l�imp�rialisme, d�crit par L�nine, restait un imp�rialisme �conomique. Les �tats-Unis d�aujourd�hui ont donn� naissance � une force � la fois militaire, �conomique, id�ologique et religieuse. Pour le militaire, c�est une �vidence. Concernant l��conomique c�est un truisme que d�affirmer que le v�ritable lib�ralisme est n� aux �tats-Unis. Ce syst�me consiste � r�duire � n�ant toute intervention d�un centre, en l�occurrence l��tat, et laisser se d�velopper le syst�me � sa guise. C�est donc croire � un ordre dans le d�sordre et � un ordre transcendant. L� nous rejoignons l�id�ologique.
Quant au religieux, il est pr�sent dans l�entourage de Bush, incarn� en des conseillers persuad�s que les �tats-Unis ont un r�le messianique � jouer dans le monde. � la fois terriblement mat�rialisme et terriblement id�aliste, ces hommes qui ont acquis une puissance immense, croient que le Christ reviendra s�incarner en Isra�l d�o� la n�cessit� de pr�server ce pays envers et contre tout.
Ils croient par ailleurs que la grande bataille d�Armaguedon pr�lude � l�Apocalypse d�crite par Saint-Jean est engag�e et que la M�sopotamie en est l��picentre. Per�ue d�une telle fa�on, la bataille pour l�Irak n�est donc plus seulement une affaire de gros sous mais bien de messianisme.
La conception am�ricaine du monde ressemble assez � celle que poss�daient les soldats de l�an II devenu napol�onien et apportant les lumi�res de la r�volution au bout de leurs ba�onnettes. Pour les conseillers de Bush, les Barbares sont aux portes de l�Empire et la guerre qui s�est engag�e qu�on d�signe par facilit� � guerre contre le terrorisme � est le d�but de la grande guerre contre les forces du mal. Il s�agit donc de convaincre les nations d�une mani�re ou d�une autre de s�allier � cette croisade. Et il est �vident qu�avec une telle vision du futur humain, la pr�sence ou non d�armes de destruction massive en Irak n�est qu�une fa�ade destin�e � justifier l�offensive � du bien contre le mal �.
Or la conception de l��volution per�ue par les Am�ricains n�est pas celle d�une pyramide mais celle d�un r�seau b�ti autour d�un centre qui se trouve � Washington.
On trouvera ci-apr�s le texte de Richard Armitage, Secr�taire d'�tat adjoint Washington, expos� pr�sent� � la Eisenhower National Security Conference le 26 septembre 2003
� Je vous remercie, M. Nolan, de m'avoir pr�sent� en des termes aussi flatteurs, en fait presque assez extravagants pour un �loge fun�bre, ce qui me mettrait en quelque sorte dans l'obligation de tr�passer ici-m�me sur le champ. Mais vous n'aurez pas cette chance car j'ai bien l'intention de vous pr�senter mes r�flexions. Rassurez-vous, je ferai de mon mieux pour ne pas provoquer de d�c�s dans l'assistance en restant relativement bref dans mes propos.
Je suis honor� d'�tre en ces lieux. J'ai particip� dans le pass� � la s�rie Eisenhower, s�rie qui offre depuis longtemps une tribune � certains des penseurs strat�giques les plus dou�s de notre nation et leur permet de se r�unir pour remettre en question l'orthodoxie du jour sur les relations entre la strat�gie politique et la strat�gie militaire. Dans ce contexte, je ne m'�tonne pas que le chef d'�tat-major de l'arm�e de terre, le g�n�ral Schoomaker, soit l'un des parrains de cette manifestation. Sur le champ de bataille ou au sein des instances de l'administration, Peter Schoomaker n'a jamais trouv� de d�fi qu'il n'ait pas relev� et dont il ne soit venu � bout.
Et � propos de d�fis, j'ai cru comprendre que je me pr�sentais � cette conf�rence en serre-file, apr�s des sommit�s telles que (le ministre de la d�fense) Don Rumsfeld et mon ami Joe Nye (doyen de la John F. Kennedy School of Government de l'universit� Harvard). J'ai donc moi aussi un d�fi � relever ici.
Je crois que parmi ces intervenants, M. Rumsfeld a beaucoup de m�rite. Son attachement infatigable � la t�che de la transformation de nos forces en une arm�e souple, l�g�re, agile et agressive contribue � orienter notre pays sur la voie d'un avenir plus s�r. Certes, en Irak, nous avons vu les forces de la coalition reli�es par des r�seaux d'information, avec la surveillance a�rienne qui guidait les troupes au sol et les unit�s de reconnaissance au sol qui aidaient les forces a�riennes, le tout en temps r�el. Et cela nous a donn� une op�ration militaire qui �tait efficace, capable de r�agir et d'une absolue pr�cision dans sa l�talit�.
On peut consid�rer, en effet, que nous sommes parvenus � une remarquable convergence dans l'histoire de notre nation, certainement dans l'�tablissement de ce rapport entre la strat�gie politique et la strat�gie militaire qui nous permet de faire usage de la force de nos armes de mani�re conforme � nos objectifs en tant que soci�t�. Nous disposons de troupes bien entra�n�es et fortement motiv�es, dot�es d'un mat�riel d'une haute sophistication technologique. Elles peuvent se charger de toute mission que nous jugeons n�cessaire pour la d�fense de nos int�r�ts, tout en minimisant dans des proportions consid�rables les d�g�ts caus�s � l'infrastructure, aux biens civils et aux populations et en maximisant notre aptitude � prot�ger nos forces de combat.
Et cependant, malgr� ces forces militaires les plus puissantes que l'histoire ait jamais connues, nous constatons qu'il y a un certain nombre de variables qui n'ont gu�re �volu�. Ainsi, c'est toujours le soldat sur le champ de bataille, qui s'empare du terrain et qui s'y tient, qui contr�le le terrain, qui d�termine en dernier ressort l'issue du combat. C'est toujours l'in�luctable pression exerc�e par un soldat en territoire ennemi, ba�onnette au canon, qui fait plier l'ennemi et le soumet � notre volont�, et l'Irak nous a montr�s � tous combien cela est important.
L'Irak a �galement mis en �vidence une autre v�rit� permanente, � savoir que la puissance d'une nation et toutes les pressions que cette puissance peut exercer ne sont jamais provenues et ne proviendront jamais exclusivement de la force militaire. Apr�s tout, m�me ce soldat essentiel qui prend un territoire et qui s'y maintient ne peut pas le faire ind�finiment, en particulier lorsqu'il appartient � une force constitu�e enti�rement de volontaires d'une nation d�mocratique.
Et donc, de m�me que le soldat doit d�fendre son terrain, comme le font actuellement en Irak nos forces et celles de 31 autres pays, nous devons, nous aussi, d�fendre un autre terrain. Car la victoire en Irak ne viendra pas seulement lorsque nos soldats pourront affirmer leur pr�sence sans crainte d'attaques ou d'embuscades ; elle viendra lorsque la lumi�re se rallumera dans tout le pays, lorsque de l'eau propre coulera dans tous les robinets. Elle viendra lorsque les gens pourront vaquer � leurs occupations dans les rues de Kirkouk, de Bagdad et de Karbala. Elle viendra lorsque l'Irak sera gouvern� par des Irakiens, choisis librement et �quitablement par leurs concitoyennes et concitoyens.
Grand et noble objectif que celui-l�, dont les �tats-Unis acceptent la responsabilit� et qui ne saurait �tre r�alis� � la h�te. Apr�s tout, la d�mocratie consiste en autre chose que d'organiser un scrutin. Elle consiste � �laborer tout un syst�me, un syst�me de lois, un syst�me de garanties des droits de tous les peuples, et toutes les institutions n�cessaires au bon fonctionnement de la soci�t� civile et de l'�conomie.
Aujourd'hui, en Irak, les �tats-Unis et leurs partenaires ont pr�par� le terrain pour que ce type de d�veloppement puisse avoir lieu. Et nous avons � pr�sent l'obligation, envers nos hommes et femmes en uniforme, de faire usage de tous les instruments dont nous disposons pour aller de l'avant, et pas seulement de notre puissance militaire, mais aussi de notre force politique et �conomique et de l'�nergie et de l'optimisme du caract�re am�ricain.
Nous devrons �galement agir de concert avec les autres pays. Nous n'avons jamais vis� � des gains territoriaux par la conqu�te de l'Irak. Et pour notre cr�dibilit� au niveau mondial, pour disposer des ressources dont nous aurons besoin pour soutenir le pr�sent effort le temps qu'il faudra pour r�ussir, nous devons absolument coop�rer avec les autres pays et le faire en partenaire et non pas en patron.
Saddam Hussein �tait anim� de desseins meurtriers et d'insatiables ambitions extraterritoriales. Il a tu� des centaines de milliers de ses concitoyens dans des guerres livr�es contre ses voisins et contre ses opposants int�rieurs, et dans ses tentatives visant � redessiner la carte de l'Irak, la carte d�mographique de l'Irak. Le contr�le qu'il exer�ait sur les deuxi�mes r�serves p�troli�res du monde l'ont non seulement maintenu au pouvoir, en lui donnant en fait un ch�que en blanc pour se doter d'un arsenal d'armes classiques et non conventionnelles, mais cela lui a �galement permis de d�stabiliser la r�gion et de menacer nos int�r�ts vitaux dans une mesure disproportionn�e par rapport � son pouvoir r�el.
Toute la pression consid�rable exerc�e par la communaut� internationale n'a abouti � aucun changement. Les sanctions, si bien intentionn�es qu'elles aient �t�, n'ont jamais emp�ch� Saddam Hussein de d�penser des milliards comme il l'entendait. Et donc, abstraction faite des d�saccords sur les actions que nous avons �t� contraints d'engager en mars, tous les autres pays de la communaut� internationale savaient qu'en ce qui concernait l'Irak, la situation devrait �tre r�gl�e un jour ou l'autre.
L'Irak est une soci�t� ferm�e depuis plus d'une g�n�ration et il �tait donc difficile de savoir exactement quelles �taient les conditions dans lesquelles la population vivait. Oh, nous savions que la situation �tait mauvaise, mais elle �tait pire que tout ce que nous avions pu imaginer. Je veux parler des gens que Saddam Hussein a tortur�s, assassin�s et jet�s � la fosse commune. Je veux parler de sa n�gligence criminelle de l'infrastructure mat�rielle. Bechtel a proc�d� � une �valuation globale de l'Irak en avril et a constat� que les routes, les ponts, les stations de traitement des eaux us�es, le mat�riel de production du p�trole et les centrales �lectriques avaient �t� laiss�s � l'abandon pendant pr�s de deux d�cennies. Et dans de nombreux cas, cette infrastructure en d�cr�pitude portait les marques de trois guerres successives. Je veux parler enfin des terribles dommages que Saddam Hussein a inflig�s � l'infrastructure psychologique de la soci�t� irakienne.
Et il est donc temps que le monde s'attelle � la t�che d'aider le peuple irakien. Et il est imp�ratif que nous r�ussissions. Ce n'est pas seulement une question de principe qui tiendrait � ce que nous avons en quelque sorte une obligation d'agir � cet effet et pas m�me parce que nous voulons att�nuer les souffrances, si grandes qu'elles soient, du peuple irakien. La triste r�alit� est qu'il y a des gens qui souffrent dans le monde entier et que la premi�re obligation de toute nation � cet �gard est de penser � sa propre population. Il est imp�ratif que nous r�ussissions � assurer la s�curit� de l'Irak maintenant que nous l'avons sauv�, parce qu'il y va de nos propres int�r�ts nationaux, parce qu'il est conforme au caract�re am�ricain de terminer le travail commenc� et de le terminer convenablement, et parce qu'il y va des int�r�ts vitaux de la communaut� internationale de faire en sorte que cette nation situ�e au coeur du Moyen-Orient, le berceau m�me de la civilisation et l'un des piliers de l'�conomie moderne, cesse non seulement d'�tre une menace pour la r�gion et pour le monde, mais �galement qu'elle devienne une source de stabilit� et de succ�s dans les circonstances actuelles.
Les �tats-Unis et une coalition de 46 pays s'emploient � faire en sorte que l'Irak parvienne � ce succ�s et � la stabilit�. Mais je tiens � pr�ciser clairement qu'il ne s'agit pas d'une occupation au sens o� le monde l'entend g�n�ralement, terme qui inspire des appr�hensions compr�hensibles � nos amis et alli�s. La France ne se souvient certainement que trop bien de sa propre exp�rience d�vastatrice et d�gradante de la Deuxi�me Guerre mondiale. Et en fait, c'est bien la marque de l'esprit indomptable de la France que le peuple de Paris ait lib�r� sa ville de l'int�rieur, au moment m�me o� la Deuxi�me Division blind�e des Forces fran�aises libres ouvrant la voie aux troupes am�ricaines p�n�trait dans la ville. Mais le Troisi�me Reich n'avait aucunement l'intention de rendre Paris aux Fran�ais, et certainement pas intact.
Nous assistons aujourd'hui en Irak � une situation inverse. C'est Saddam Hussein qui a d�vast� son propre pays et ce sont les restes de son r�seau de collaborateurs, avec leurs recrues �trang�res, qui poursuivent aujourd'hui ce vil travail. Ces gens n'offrent rien � leur pays, tout comme les talibans et leurs ma�tres d'Al-Qa�da n'avaient rien � offrir au peuple afghan hormis un cycle continuel de mort, de pillage et de destruction. Il n'est tout simplement pas envisageable de rendre les plus de 23 millions d'Irakiens � ce sort, pas plus que cela n'est envisageable en Afghanistan.
Et donc Paris, en fin de compte, a �t� sauv�. Pas seulement par la volont� de ses habitants et des forces arm�es alli�es, mais par l'ing�niosit� et par l'esprit d'entreprise et par ce massif investissement dans l'avenir mentionn� tant de fois au cours de votre conf�rence, le Plan Marshall. Le pr�sident Bush a d'ailleurs �voqu� ce plan dans son discours prononc� aux Nations unies. La vision de George Marshall, accueillie avec scepticisme � l'�poque, a �t� appliqu�e. L'intention de ce plan n'�tait pas strictement humanitaire et il ne visait pas strictement non plus � la s�curit�, bien qu'il ait eu pour but de faire en sorte que nous ne soyons pas entra�n�s dans une autre guerre. Notre propre int�r�t �conomique avait aussi quelque chose � y voir. Et d'ailleurs, aujourd'hui, l'Union europ�enne est le plus grand partenaire �conomique de notre pays, avec quelque 376 milliards de dollars de flux commerciaux annuels et des centaines de milliards de dollars d'investissements.
Il s'agit de m�me en Irak de secours humanitaires, et de s�curit�, et de notre propre int�r�t. Et ici encore, le co�t de notre investissement sera justifi�. Je tiens � ce propos � vous rappeler une dure v�rit� : les 20 milliards de dollars demand�s par le pr�sident Bush pour la reconstruction peuvent sembler beaucoup, mais nous avons d�pens� des sommes encore plus consid�rables pour lutter contre Saddam Hussein et le contenir au cours des 13 derni�res ann�es. � pr�sent, nous devons �tre pr�ts � d�penser nos ressources pour �tablir la paix, pas seulement pour faire la guerre.
Les Irakiens, dans leur vaste majorit�, veulent recouvrer leur pays. Et s'ils sont, chose compr�hensible, pr�occup�s par le calendrier, ils se sont engag�s sur une voie qui leur permettra de r�affirmer leur souverainet�. L'Autorit� provisoire de la coalition et Jerry Bremer ont � mes yeux beaucoup de m�rite dans les progr�s consid�rables accomplis � ce jour et dans la d�finition des mesures qui devront �tre mises en oeuvre pour appuyer l'�laboration d'une d�mocratie v�ritable. Mais en derni�re analyse, seul le peuple irakien pourra se d�faire du terrible patrimoine que lui a l�gu� Saddam Hussein.
La constitution de leur nouveau patrimoine exigera une bonne gouvernance, un rel�vement �conomique et la reconstitution de la soci�t� civile et, � l'�vidence, une am�lioration de la s�curit�. Le Conseil de gouvernement irakien a maintenant �t� reconnu en tant que repr�sentant int�rimaire l�gitime du peuple irakien par la Ligue arabe, l'OPEP, le Conseil de s�curit� des Nations unies et, tout r�cemment, par l'Assembl�e g�n�rale des Nations unies. Il a nomm� 25 nouveaux ministres. Et la mort tragique hier (25 septembre) de Mme Akila al-Hachemi est en fait venue donner � ses coll�gues une raison suppl�mentaire de poursuivre leur t�che, en leur rappelant une fois encore que l'avenir de l'Irak est entre leurs mains. Certes, le d�veloppement politique n'aboutira que s'il se double d'un d�veloppement �conomique. Il a donc �t� entrepris toute une gamme de projets, notamment de r�paration, qui permettront pour la premi�re fois depuis des g�n�rations d'assurer la fiabilit� de l'infrastructure. La r�paration de l'infrastructure psychologique, elle, sera malheureusement plus difficile. L'�conomie a �t� min�e pendant longtemps par les subventions g�n�ralis�es, le vol et un march� noir substantiel. Mais l'Irak a toujours dispos� des ressources naturelles et humaines dont il avait besoin pour nourrir sa population et alimenter l'�conomie et les Irakiens doivent � pr�sent trouver la volont� de le faire. Nos forces arm�es ont d�blay� le chemin et l'Autorit� provisoire de la coalition aide � pr�sent � constituer une soci�t� civile saine qui sera en mesure de soutenir une �conomie de march� et un gouvernement repr�sentatif, avec de meilleures �coles, de meilleures banques locales, de meilleurs h�pitaux, mais aussi des associations de parents d'�l�ves et des conseils municipaux locaux, et des emplois r�mun�r�s gr�ce aux contrats de reconstruction.
Certes, pour que tous ces vaillants efforts r�ussissent, il faut que la s�curit� soit assur�e. Nous continuerons donc � cette fin de recruter et de former des forces irakiennes pour assurer le maintien de l'ordre dans les lieux publics et pour prot�ger les gens et les biens. Et en fait, la demande de fonds suppl�mentaires du pr�sident pr�voit 5 milliards de dollars de plus pour cette seule t�che.
Je crois que les Irakiens, dans leur grande majorit�, ont soif de retrouver une vie normale. Et je crois que c'est l� un d�sir qui finira par se r�aliser. En fait, je soup�onne que l'un des principaux d�fis que nous avons � relever est celui de la patience. Une fois encore, la d�mocratie n'est pas un rem�de instantan�. C'est un syst�me compos� d'�l�ments imbriqu�s, de groupements de citoyens, d'institutions et, en fait, d'entreprises commerciales et industrielles, qui ne peut s'�tablir que progressivement lorsqu'il ne leur a pas �t� permis de se d�velopper librement. Si la coalition quitte le pays pr�matur�ment, tout ce que nous avons accompli jusqu'ici, tous les sacrifices de nos soldats et des millions d'Irakiens qui aspirent � une vie meilleure pourraient �tre rapidement r�duits � n�ant.
Je sais bien que l'on m'avait demand� de vous parler aujourd'hui de la puissance nationale dans son ensemble, sujet quelque peu modeste, dois-je dire. Et il peut sembler que j'aie pris une tangente et que je me sois �cart� de ce sujet magistral en concentrant mon propos � ce point sur l'Irak. En fait, je suis s�r que l'Irak a �t� le th�me dominant de la pr�sente conf�rence et il convient qu'il en soit ainsi. Car il se pourrait fort bien que l'Irak soit un cas type d'une importance critique pour le si�cle nouveau. Je crois, en fait, que nos actions d'aujourd'hui en Irak d�termineront le type de monde que nous souhaitons et la place que l'Am�rique y occupe.
Ce qu'il faudra pour r�ussir en Irak, une direction am�ricaine confiante s'exer�ant dans le cadre d'un vaste effort mondial, en coop�ration avec de nombreuses nations, c'est aussi ce qu'il faudra pour relever les autres grands d�fis de notre temps. Ces d�fis comprennent la reconstruction de l'Afghanistan et le maintien de la grande coalition mondiale contre le terrorisme, la persuasion qui l'emportera contre les ambitions nucl�aires de la Cor�e du Nord et de l'Iran et l'apport de la paix � Isra�l et � la Palestine. Mais il s'agira �galement de faire face de mani�re ad�quate � des d�fis d'une ampleur aussi vaste que celui du VIH/sida, pour lesquels il ne saurait y avoir de solution militaire, ou m�me de tirer parti de possibilit�s exceptionnelles qui se pr�sentent dans les domaines de l'expansion du commerce et de l'investissement, du partage de la propri�t� intellectuelle, de la productivit� agricole et des technologies de l'information. Il faudra pour cela un syst�me mondial de partenariats.
Pour les �tats-Unis, il s'agit d'appartenir � des organisations multilat�rales productives, comme une OTAN revitalis�e et en expansion, une OMC au service des int�r�ts de tous ses membres et des entreprises telles que l'Initiative du partenariat du Moyen-Orient. Mais il s'agit �galement d'entretenir un r�seau de relations avec nos alli�s de longue date en Europe et nos amis les plus r�cents de par le monde pour y inclure la Russie et la R�publique populaire de Chine, qui sont intervenus de plus en plus en tant que partenaires en faveur de diverses causes communes allant du commerce et de l'investissement � la guerre contre le terrorisme. � ce propos, nous nous attendons � ce que le pr�sident Poutine et le pr�sident Bush puissent tirer parti de leurs relations personnelles cordiales pour approfondir les relations qui unissent nos deux pays lors de leur sommet de Camp David ce soir et demain (26 et 27 septembre).
Je crois que nous connaissons tous le sondage du Pew Research Center sur les attitudes mondiales, qui a mis en �vidence un fort courant d'anti-am�ricanisme dans le monde. Mais il ne faut pas oublier que ce m�me sondage a �galement r�v�l� l'existence d'un courant tout aussi fort d'admiration pour les valeurs am�ricaines. Et donc si les gens du monde entier r�agissent instinctivement de mani�re n�gative devant la concentration du pouvoir entre les mains de l'Am�rique, la conjoncture actuelle va bien plus dans le sens des int�r�ts de toutes les nations que les autres options. Il est certain qu'un retour � une concurrence entre superpuissances avec l'�p�e de Damocl�s de l'annihilation n'est dans l'int�r�t de personne, de m�me qu'il n'est dans l'int�r�t de personne d'imposer au monde un mod�le de gouvernance de l'�tat fond� sur la r�pression et sur la privation s�lective. Assur�ment, il y a des mesures � appliquer, notamment une coop�ration plus cordiale dans le cadre d'efforts multilat�raux valables et une diplomatie publique affin�e, que nous pouvons prendre pour att�nuer l'animosit� et r�duire quelque peu l'anxi�t� accumul�e.
Mais la v�rit� essentielle est que les �tats-Unis proposent au monde un mod�le flexible de gouvernement repr�sentatif, qui prosp�re dans un contexte o� les esprits et les march�s sont libres. C'est un mod�le qui repose sur des valeurs que les gens du monde entier d�sirent et qui ne sont assur�es qu'� trop peu d'entre eux. En fait, des millions de gens de par le monde aspirent � ces valeurs en d�pit de leur gouvernement. Il ne faut donc pas s'�tonner que certains gouvernants veuillent d�tourner l'attention au moyen d'un anti-am�ricanisme pratique.
C'est ce d�sir fondamental de vivre libre qui constitue la base de la strat�gie de s�curit� nationale du pr�sident Bush, qui doit l'emporter contre les terroristes, qu'ils soient ind�pendants ou qu'ils tiennent un �tat en otage, et qui doit promouvoir et appuyer le d�veloppement d'institutions d�mocratiques dans tout le Moyen-Orient et dans le monde.
Et donc, il y va de l'int�r�t du monde de voir une Am�rique forte qui r�ussit, tout comme il y va de l'int�r�t du monde de conna�tre le succ�s en Irak. Pas parce que les autres nations sont d'accord avec toutes les d�cisions prises par notre gouvernement, mais parce que l'autre terme de l'alternative serait un �chec inacceptable, une victoire pour la terreur, une victoire pour le chaos et une victoire pour la tyrannie. Il y va de notre int�r�t d'agir avec nos partenaires et avec les Nations unies pour aider l'Irak et, ce faisant, de nous aider nous-m�mes � d�finir notre nation dans un si�cle nouveau en tant que force p�renne favorable � la prosp�rit� dans un monde en paix.
Et donc au bout du compte, ce soldat am�ricain pr�sent sur ce terrain qu'il contr�le doit repr�senter davantage que la puissance d'une magnifique arm�e. Il doit repr�senter la puissance de nos id�aux. C'est la pr��minence de ces id�aux qui a conf�r� � notre nation une telle pr�dominance � ce point de la conjoncture historique. Et c'est cette image de ce jeune Am�ricain r�solu, pr�sent dans le monde, qui, en d�finitive, illustre le mieux l'�tendue de notre puissance nationale. �
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