550 familles du Ghana et du Nig�ria quittent ces jours-ci Isra�l. Arriv�s c�libataires et sans permis de travail il y a quelques ann�es, des hommes repartent au pays avec femmes et enfants.Paradoxe terrible : la plupart parlent mieux l'h�breu que leur langue du pays o� ils sont renvoy�s.
Un journaliste de � proche-orient.info � d�crit son malaise : � �trange op�ration "d'expulsion volontaire " sur tapis rouge : l'ambassadeur du Ghana �tait m�me pr�sent lors du d�part du premier avion lou� et financ� en partie par la police isra�lienne. En serrant les mains des enfants et de leurs parents, un policier responsable explique "qu'il esp�re que cette op�ration servira d'exemple et am�nera les masses de travailleurs �trangers ill�gaux � quitter volontairement Isra�l, dans la dignit�, pour ne pas courir le risque d'�tre expuls�s par la force. " D'ici 2003, 60 000 devraient en effet quitter Isra�l.
Quasiment nul au d�but des ann�es 90 (17 000 en 1992), le nombre de travailleurs �trangers a rapidement atteint en 2002 - chiffre �norme � l'�chelle isra�lienne - 260.000 personnes, 172 000 �tant en situation ill�gale.
Le ph�nom�ne est directement li� � la baisse brutale du nombre de Palestiniens travaillant en Isra�l, (la multiplication des attentats en 1990 � 1992 ayant provoqu� des bouclages r�p�t�s des Territoires palestiniens), ce qui a amen� les secteurs de la construction, de l'agriculture et de la restauration � chercher d'autres alternatives, tout aussi bon march� mais plus s�res.
Pourtant cette politique se heurte � des difficult�s nombreuses y compris au sein du gouvernement. Plus ou moins discr�tement, Ariel Sharon a plus d'une fois pass� outre les directives de son ministre des Finances : " Sharon, tout autant Premier ministre que propri�taire d'une des grandes fermes du Negev, a un faible pour le lobby tr�s puissant des agriculteurs ", explique un haut fonctionnaire des Finances qui doit jongler entre les directives de son ministre et les contre-directives de la Pr�sidence du Conseil. Il y a quelques jours, il a annul� � la derni�re minute la d�cision du minist�re des Finances de r�duire le quota des travailleurs tha�landais employ�s dans le secteur de l'agriculture de 28.000 � 17.000, sans donner d'explication.
Cela dit, beaucoup en Isra�l ont des doutes sur la viabilit� de cette politique d'expulsion. La soci�t� isra�lienne qui s'est embourgeois�e ne pourra pas accepter les cons�quences d'une diminution si importante du nombre de travailleurs �trangers.
" 300.000 ch�meurs face � 300.000 travailleurs �trangers ", titre un document interne aux Finances. Comparaison fort all�chante, - si tous les travailleurs �trangers quittaient Isra�l, le ch�mage dispara�trait, - mais tr�s th�orique. L'exp�rience, tant en Isra�l que dans la plupart des pays occidentaux, montre que les nationaux ne prennent qu'une infime partie des postes lib�r�s par les travailleurs �trangers.
Pourtant, pour les �conomistes, relever ce pari est un des d�fis des ann�es � venir. Avec un taux de ch�mage qui avoisine les 11 % et un taux de pauvret� inqui�tant, Isra�l risque une explosion sociale. Selon ces experts, le march� du travail en Isra�l souffre d'anomalies nombreuses pour un pays moderne. Un pourcentage non n�gligeable de la population a ainsi pu ne pas travailler gr�ce � une g�n�reuse distribution des allocations sociales. La diminution des travailleurs �trangers devrait permettre un r��quilibrage. �
Pour les Isra�liens les plus conscients une telle attitude rel�ve de la pratique du bouc-�missaire plus que d�une attitude efficace. En effet, la soci�t� isra�lienne est min�e par une immigration sans morale (plus de la moiti� des Russes venus en Isra�l sont soup�onn�s de n�avoir aucune origine juive) et surtout d�une situation de ghettoisation avanc�e.
La v�ritable question pour les Isra�liens n�est en effet pas la question de l�immigration mais bien celle des attentats et celle de la dur�e des donations am�ricaines.
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