Le � protocole d'accord � est en bonne voie, et les deux parties planchent d�j� sur un � avant-projet de profession de foi �. L'organisation d'Arlette Laguiller et celle d'Olivier Besancenot se partageront � part �gale les t�tes de liste et appliqueront l'alternance dans la composition des listes. La question des chefs de file, en Ile-de-France notamment, n'a en revanche pas encore �t� abord�e.
Preuve de la volont� de LO de parvenir � un accord, celle-ci accepte deux propositions cl�s de la Ligue : craignant de se voir accuser de � repli sectaire � du fait de l'accord avec LO, les amis d'Alain Krivine souhaitaient que les listes soient � ouvertes � tout regroupement politique local ou militant qui accepterait � le programme commun �tabli par les deux organisations. Les partisans d'Arlette, contre toute attente, ont dit oui. Deuxi�me demande de la LCR : qu'il y ait un appel � voter � gauche au second tour � l� o� le FN sera en situation de disputer la victoire �.
Alors qu'Arlette Laguiller avait refus� de se prononcer sur le second tour de la pr�sidentielle de 2002, estimant qu'il n'y avait aucun risque que Jean-Marie Le Pen l'emporte, LO accepte la requ�te des cousins trotskistes de la Ligue. � Pour la premi�re fois dans l'histoire des n�gociations LO-LCR, c'est nous qui proposons et c'est eux qui acceptent �, souligne Fran�ois Sabado, un des dirigeants de la Ligue. Une vision contest�e par Christian Picquet, autre membre dirigeant de la LCR : � Le compte n'y est pas, cet accord n'est pas �quilibr� : c'est LO qui nous attire sur son terrain. Je militerai pour que ce texte ne soit pas ratifi�. � C'est, en effet, aux militants de la Ligue, r�unis en congr�s � la Toussaint, d'approuver ou non l'accord �lectoral avec LO...
C�est par ailleurs une Martine Aubry en tr�s grande forme qui a accueilli,dans sa ville � Lille, la poign�e de parlementaires verts (trois d�put�s, un s�nateur, neuf d�put�s europ�ens) r�unis pour leur traditionnelle journ�e de travail avant l'ouverture officielle aujourd'hui de la session. � Je ne vois pas beaucoup de vos militants dans les manifs ni sur le terrain du social �, attaque-t-elle, provoquant un murmure de d�sapprobation dans la salle. � Qu'est qu'il y a ? s'�tonne Aubry. Je dis cela parce que je le pense ! � Un peu plus tard, l'ancienne ministre des Affaires sociales r�gle son compte � l'extr�me gauche, influente dans le Pas-de-Calais, et cible Lutte ouvri�re : � Ces gens ne sont pas des r�publicains. LO n'est pas dans la d�mocratie. � Arlette Laguiller appr�ciera.
Il n�emp�che que l�alliance de l�extr�me-gauche pourrait lui permettre de gagner un �lectorat qui franchirait la barre des 10% C�est d�ailleurs le pari qu�entendent gagner les directions des deux organisations d�extr�me-gauche avec des buts diff�rents. Pour Lutte Ouvri�re il s�agirait de devenir le leader du vote protestataire. Pour la LCR, il faudait ainsi s��riger en dirigeant du mouvement alter mondialiste.
Organisations fant�me surgies d�un pass� totalement d�pass� LO et LCR s�inscrivent dans cette nostalgie qui englobe �galement le Front national. Les deux extr�mes se rejoignent dans un vote protestataire qui, � terme, met en danger l�avenir de l�Europe. Encore qu�i y ait fort � parier que cet �lectorat pousse sur les incapacit�s de l�Europe actuelle et ne se dess�che tout comme l��lectorat d�extr�me-droite autrichien d�s lors que le futur europ�en ne redevienne cr�dible.
Voici le courrier �chang� entre les deux organisations. Bonne chance pour le d�cryptage de langue de bois.
Courrier de la direction nationale de LO du 28 juin 2003 et la r�ponse que la LCR a apport� concernant les possibilit�s d'action commune lors des prochaines �ch�ances �lectorales.
Au Bureau Politique de la LCR
Chers Camarades,
Du fait des mouvements sociaux, vous avez d� repousser au week-end de la Toussaint votre congr�s pr�vu en juin 2003 et, selon ce que nous a dit Alain Krivine, cela vous pose un probl�me concernant nos attitudes respectives aux �lections r�gionales et europ�ennes. En effet vous ne deviez primitivement prendre en juin que des d�cisions de principe, vos d�cisions d�finitives �tant repouss�es � une r�union sp�ciale en d�cembre et la nouvelle date de votre Congr�s vous am�ne maintenant � arr�ter vos choix d�finitifs d�but novembre.
Pour ces raisons, Alain Krivine nous a dit qu'il lui paraissait souhaitable d'avoir au moins un �change de vues � la rentr�e. Il est �vident qu'un tel �change est souhaitable mais, comme le d�lai sera court - deux mois entre septembre et votre congr�s de d�but novembre - et que pour notre part, comme vous le savez, nous avons nos propres �ch�ances d�but d�cembre o� nous d�ciderons d�finitivement de notre attitude � ces �lections, nous pensons qu'il n'est pas inutile de pr�parer un tel �change de vues en vous exposant ou vous re-exposant d�s maintenant notre fa�on de voir les choses sur ces futures campagnes �lectorales.
Tout d'abord, nous r�affirmons que nous n'avons aucune objection de principe � nous pr�senter avec vous. Notre attitude l'a amplement prouv� les ann�es pass�es, en particulier pour les Europ�ennes o� nous nous sommes pr�sent�s deux fois en commun et o�, par trois fois, c'est vous qui n'avez pas souhait� vous pr�senter ni avec nous, ni seuls.
Le seul probl�me d'un accord entre nous pour une campagne ou des candidatures communes est uniquement un probl�me politique, c'est-�-dire du centre de gravit� d'une telle campagne.
Il se trouve que vos et nos options politiques sont, bien souvent, diff�rentes. De ces divergences il en est de circonstancielles, voire tactiques qui ne sont pas forc�ment fondamentales et il en est de plus fondamentales. Ces derni�res concernent en particulier le parti r�volutionnaire � construire, c'est-�-dire sa composition, son programme ou son absence de programme d�fini, et la politique qu'il peut mener vis-�-vis des autres partis, associations ou courants se donnant des objectifs politiques avou�s ou non. Nous avons, vous le savez, des conceptions profond�ment diff�rentes sur cette question.
Il en est cependant d'autres, apparemment plus circonstancielles, mais qui pourraient se r�v�ler importantes pour l'avenir. Par exemple, l'�lection pr�sidentielle ou nous nous sommes pr�sent�s s�par�ment a vu, entre les deux tours, appara�tre une cassure grave et profonde entre nous.
Nous nous sommes refus�s � appeler � voter Chirac tandis que vous l'avez fait sans r�serve. Bien s�r, vous avez utilis� une formule qui vous �vitait d'avoir � dire pr�cis�ment que vous appeliez � voter Chirac. Vous avez dit, de fa�on d�tourn�e, qu'il fallait "battre Le Pen dans la rue et dans les urnes". "Votez Chirac "n'�tait pas dit. Mais le militant, le sympathisant, le travailleur qui voulait faire ce que vous demandiez, c'est-�-dire battre Le Pen dans les urnes, que devait-il faire dans l'isoloir, sinon voter Chirac ?
Cette formulation ambigu� pouvait para�tre astucieuse � certains de vos militants mais il n'emp�che que vous faites, aujourd'hui et pour longtemps, partie de la majorit� qui a �lu ou plut�t pl�biscit� Chirac.
Nous pouvons vous dire, qu'� ce moment-l�, nous �tions quasi unanimes � Lutte Ouvri�re, � l'exception peut-�tre de certains camarades de la Fraction, � �tre heureux de ne pas avoir pr�sent� une candidature commune au premier tour pour voir, 48 heures apr�s, nos deux organisations se s�parer sur un point politique crucial car, pour notre part, nous consid�rons votre attitude comme une trahison de vos id�es et des n�tres.
Vous dites que c'�tait pour �tre dans le courant de la "politisation de la jeunesse" contre Le Pen. Mais la mobilisation de cette jeunesse entra�n�e par vous et par d'autres � consid�rer Chirac comme un moindre mal, un sauveur potentiel, n'�tait pas une prise mais une perte de conscience, car on en voit depuis un an les cons�quences.
Vous vous �tes, sous ce pr�texte, plac�s dans le courant de la majorit� chiraquienne. De la part du PCF et du PS cela ne nous �tonne pas. Au gouvernement pendant cinq ans, ils ont agi de telle fa�on qu'ils ont perdu une grande partie de leur �lectorat, faisant ainsi le lit de la droite - ce n'est d'ailleurs pas la premi�re fois - mais en d�moralisant les travailleurs pendant cinq ans et, cerise sur le g�teau, en appelant � voter Chirac, ils livraient les travailleurs � l'offensive anti-ouvri�re actuelle. Et pour votre modeste part vous y avez contribu�. Et si nous avons perdu de nombreuses voix aux l�gislatives qui ont suivi, vous en avez perdu presque autant c'est-�-dire que vous n'avez pas m�me re�u le prix de votre absence de courage politique.
C'est dire qu'il ne suffit pas d'un accord superficiel pour se pr�senter en commun. Vous avez dit et r�p�t� que nous �tions sectaires, mais n'�tait-ce pas l� une fa�on de cacher votre opportunisme et ce que vous appelez sectarisme n�est-ce pas une simple fid�lit� aux id�es ?
Pour en revenir aux �lections et d�finir le cadre dans lequel nous pourrions rechercher un tel accord, nous rappelons que notre objectif premier est justement de profiter des campagnes �lectorales pour d�fendre nos id�es. Ce qui signifie d�fendre le r�le que le monde du travail peut jouer dans la transformation sociale sans faire le jeu de courants petits-bourgeois, c'est-�-dire opportunistes par d�finition, m�me Si leurs luttes ou leurs id�es sont, pour un temps ou pour longtemps, nobles et g�n�reuses et si certaines de leurs actions m�ritent d'�tre soutenues mais sans concession aucune pour leur id�ologie r�formiste.
Nous militons pour construire un Parti qui d�fende les int�r�ts politiques et sociaux du monde du travail, c'est-�-dire un parti qui a pour objectif de d�truire le capitalisme pour construire une soci�t� bas�e sur la propri�t� collective des grands moyens de production. Cela signifie un parti communiste prol�tarien, dont tous les militants acceptent ces objectifs, car l'id�e qu'il puisse y avoir divers anticapitalismes, comme vous l'�crivez, nous est totalement �trang�re. Bien s�r, une campagne �lectorale n'est pas la pr�paration d'une r�volution sociale et en fonction de la situation sociale et politique, elle doit reposer sur un ou des axes limit�s, mais nous consid�rons que nos campagnes ne peuvent que s�inscrire dans nos objectifs plus g�n�raux
Nous ne pensons pas que "l'altermondialisation" soit un "nouvel internationalisme" ni que des manifestations comme Porto Alegre, Seattle, G�nes etc., pour l�gitimes et positives qu'elles puissent �tre, soient l'�bauche d'une lutte anti-imp�rialiste efficace et l'�bauche d'une organisation internationale des travailleurs. Et vous ne nous feriez donc pas dire ou �crire de telles affirmations.
Non seulement nous refusons de nous aligner sur des organisations comme Attac ou les Verts, mais nous tenons � nous d�marquer de leurs objectifs affich�s pour les deux et de leur politique pour les seconds.
Il est profond�ment erron� selon nous de consid�rer le f�minisme, la lutte contre l'homophobie, l'�cologie ou l'altermondialisme comme des luttes plac�es toutes sur le m�me plan et en particulier sur le m�me plan que la lutte anticapitaliste, car cela revient � minorer cette derni�re. Nous rappelons en passant que nous sommes la premi�re organisation politique � avoir choisi une femme comme porte-parole aux �lections et que nous sommes toujours la seule organisation d'extr�me gauche � le faire C'est par nos choix et nos actes que nous menons un combat f�ministe et non par des mots. C'est le remplacement de la soci�t� capitaliste bas�e sur la propri�t� priv�e, l'exploitation, la recherche du profit, les in�galit�s qui pourra d�finitivement r�soudre les autres probl�mes. Faire croire le contraire, ou ne pas le dire explicitement, c'est conduire ceux qui peuvent nous rejoindre sur des voies sans issue. C'est pourquoi nous n'utilisons aucune formulation de cet ordre. Nous nous refusons aussi, autre exemple, � employer des formules ambigu�s que vous utilisez pour d�finir le parti que vous souhaitez, du genre "� gauche de la gauche" ou "100 % � gauche".Si vous avez pour but, dans ces campagnes, d'attirer � vous les courants dont vous reprenez les id�es � votre compte, il ne faut pas compter sur nous. D'abord parce que nous ne d�fendons pas des formulations ambigu�s qui cachent des id�es qui ne sont pas les n�tres. Ensuite, parce que tout le pass� r�cent a montr� que ceux dont vous dites qu'ils sont "orphelins de parti" sont fonci�rement hostiles � toute id�e de parti, surtout avec vous (et encore plus avec nous).
Pour nous, il faut que le monde du travail puisse compter sur au moins un parti qui d�fende les int�r�ts politiques et sociaux, autrement dit, les int�r�ts de classe, des travailleurs. Un parti qui d�nonce les mensonges de la bourgeoisie et de ses hommes politiques, mais aussi qui �claire les travailleurs sur le discours de courants opportunistes dont on ne peut pas affirmer qu'ils ne rejoindront pas le camp de la bourgeoisie. Un parti qui ne mente pas, qui ne truque pas, qui n'utilise pas d'astuces pour justifier politiquement ses alignements, comme au 2�me tour de la pr�sidentielle, sur la gauche gouvernementale, soi-disant pour combattre un danger fasciste alors inexistant.
En r�sum�, le contenu de nos campagnes est la raison majeure de notre pr�sence dans les �lections.
Le nombre de voix, ou avoir des �lus, n�est pour nous, qu'une mesure de l'�cho rencontr� par nos propos. C'est pourquoi nos campagnes doivent refl�ter clairement les id�es que nous d�fendons. De plus, bien �videment, nous n'avons aucune intention, pour obtenir des �lus, de passer, entre les deux tours des r�gionales, des accords avec des membres des partis ayant particip� au gouvernement car nous ne voulons pas cautionner la politique qui a men� les travailleurs dans la situation o� ils sont aujourd'hui. Donc, Si nous faisons ensemble des listes communes aux r�gionales et aux Europ�ennes, cela ne pourra �tre que sur la base d'une politique commune qui d�fende explicitement cette attitude.
Nous ne pourrons accepter, aux r�gionales comme aux Europ�ennes, qu'un texte de profession de foi identique pour toutes les listes, r�dig�e nationalement, commun � nos deux organisations.
De plus, un accord entre nous devrait comprendre, pour les r�gionales comme pour les Europ�ennes une liste commune dans toutes les r�gions et non une r�partition des r�gions avec soutien r�ciproque.
Nous ne ferions �videmment pas obstacle � ce qu'il y ait, sur de telles listes, des personnes repr�sentant d'autres tendances que LO ou la LCR, mais en aucun cas, nous n'accepterions qu'elles soient t�te de liste. Par ailleurs, ces listes devraient appara�tre sous le sigle LO-LCR, puisque l'accord serait entre nous.
Nous vous faisons remarquer que, bien que nos discussions lors des municipales pr�c�dentes sur d'�ventuels accords aient �t� paralys�es par votre d�sir d'explorer 36 000 pistes aupr�s d'associations et de mouvements aussi divers que mal d�finis, vous n'avez jamais r�ussi � trouver quelqu'un d'autre que LO pour conclure un tel accord � l'�chelle nationale. Dans la situation actuelle, des �lections r�gionales n'ont aucun caract�re local, il s'agit de fait d'une �lection nationale et nous n'avons pas � tenir aux travailleurs un langage diff�rent suivant les r�gions. Il en va �videmment de m�me pour les Europ�ennes, malgr� le changement de mode de scrutin. C'est pourquoi nous mettons cela au point d�s le d�part afin que nos entretiens d�marrent sur des bases claires et ne se noient pas au milieu du gu�.
Alain Krivine nous a dit que la majorit� des camarades de la LCR �tait pour des candidatures communes avec nous. Mais nous avons pu noter dans ce qui �tait exprim� dans les textes pr�paratoires que c'�tait comme allant de soi � la condition que nous adoptions votre politique et vos formulations. Cela, nous le refuserons et vous devez savoir que ce n'est pas n�gociable.
Nous vous envoyons donc ce courrier � la seule fin que vous puissiez discuter sur des bases claires de nos �ventuelles possibilit�s d'accords �lectoraux lors de la pr�paration de votre congr�s.
Nous vous rappelons que nous n'avons, ni les uns, ni les autres, rien perdu � nous pr�senter s�par�ment � l'�lection pr�sidentielle. Comme nous vous l'avions dit avant la pr�sidentielle, toute la presse, vous compris, ont constamment utilis� clans leurs raisonnements le total des scores de l'extr�me gauche, c'est-�-dire que nos candidatures, pour s�par�es qu'elles aient �t�, n'ont pas divis� notre impact.
En ce qui vous concerne, vous avez d'ailleurs pu v�rifier, ou plus exactement v�rifier pour la deuxi�me fois apr�s les municipales de 2001, que votre politique sous votre propre drapeau trouvait un �lectorat non n�gligeable. Dans ce sens nous vous avons rendu service et sans nuire ni � vous ni � nous, puisque nous avons fait le m�me score qu'en 1995.
De plus, sur le plan militant vous avez, dites-vous, gagn� de l'influence mais vous avez pu juger dans les derniers mouvements, que, sur le plan du cr�dit ainsi que sur celui de l'influence militante, nous n'avons perdu par rapport � vous depuis un an, ni cr�dit ni forces, bien au contraire.
Enfin, d�s � pr�sent, nous r�p�tons notre opposition totale pour les r�gionales � des accords avec qui que ce soit entre les deux tours, sauf accord formel de nos deux organisations. Le non-respect d'une telle clause, m�me dans une seule r�gion, entra�nerait automatiquement la rupture de notre accord pour les Europ�ennes, accord qui devrait d'ailleurs, pour des raisons de proximit� des deux campagnes, �tre boucl� en m�me temps que celui sur les r�gionales.
En cas de candidatures communes, nous n'envisageons absolument pas de vous imposer nos propres id�es et nos propres formulations, mais nous n'accepterions pas l'inverse. C �est pourquoi nous avons tenu � vous pr�ciser � l'avance le cadre et les limites de ce que nous pourrions envisager et il nous para�t �vident que les r�gionales conditionnent les Europ�ennes car il est impossible de se pr�senter s�par�ment aux r�gionales et ensemble aux Europ�ennes �tant donne la semi-r�gionalisation de ces derni�res et la proximit� dans le temps de ces deux scrutins.
Cela dit, il serait tout � fait possible et utile de trouver un accord pour transformer ces campagnes �lectorales en une lutte sur le terrain des revendications essentielles et vitales du monde du travail. Avant tout sur la question de l'emploi, des licenciements collectifs et du ch�mage avec comme revendications essentielles l'interdiction absolue des licenciements collectifs et la r�quisition des entreprises qui licencieraient tout en faisant du profit, et surtout le contr�le public de la collectivit� sur la comptabilit� des grandes entreprises.
Une telle campagne devrait prolonger la lutte contre les mesures gouvernementales sur les retraites, la r�gionalisation � venir de toute l'�ducation nationale et devrait d�noncer les ambigu�t�s syndicales et celles (pour ne pas dire plus) du PS.
En d�veloppant une campagne sur ces questions dont d�pendent la vie quotidienne et l'avenir des travailleurs sans faire un catalogue de revendications tous azimuts, nous avons largement les moyens d'un tel combat en commun. Surtout apr�s les derni�res gr�ves o� le mot "travailleur" a pris tout son sens pour de nombreuses cat�gories de salari�s qui, comme les enseignants, ont pris conscience qu'ils appartenaient, comme les cheminots, les postiers et bien d'autres, � la m�me classe sociale.
Dans un tel cadre, si nous voulons nous entendre, nous le pouvons, et vous avez maintenant, au moment de pr�parer votre congr�s, tous les �l�ments pour juger sur quelles bases nos discussions pourraient s'engager.
Paris, le 28 juin 2003
R�ponse de la LCR.
Direction Nationale de Lutte Ouvri�re
Chers camarades,
C'est avec grand int�r�t que nous avons lu votre lettre du 28 juin 2003. En effet, apr�s vos refus successifs de pr�senter des listes ou candidats communs aux municipales de 2001, � l'�lection pr�sidentielle de 2002, et aux l�gislatives de 2002, il semble, cette fois-ci, que vous proposez une discussion s�rieuse pour explorer les possibilit�s d'action commune lors des prochaines �ch�ances �lectorales.
C'est un changement de position que nous accueillons positivement.
Comme vous le savez, et comme l'indique le projet de th�ses de notre prochain congr�s, "Nous avons des d�saccords programmatiques et des divergences d'orientation politique mais l'unit� d'action, avec Lutte Ouvri�re constitue une pr�occupation permanente" et une des dimensions de notre politique. C'est dans ce sens que tant dans les �lections que dans les luttes, nous veillons, chaque fois que c'est possible, � �changer les points de vue et � �valuer les possibilit�s d'action commune.
C'est une constante dans notre politique depuis les �lections europ�ennes de 1999, o� nous avons r�ussi une campagne commune et obtenu l'�lection de cinq d�put�s au parlement europ�en .Mais une discussion s�rieuse entre organisations r�volutionnaires exige d'abord le respect mutuel. Or certains termes ou caract�risations de votre lettre sont inacceptables. Sur la question des consignes de vote au deuxi�me tour des �lections pr�sidentielles de 2002, vous dites : "Nous consid�rons votre attitude comme une trahison de vos id�es et des n�tres". Plus loin, vous expliquez "Vous vous �tes, sous ce pr�texte, plac�s dans le courant de la majorit� chiraquienne", Rien que �a !
De deux choses l'une : "ou nous sommes des tra�tres chiraquiens" et Lutte ouvri�re fait preuve d'une incons�quence totale, car comment une tendance communiste prol�tarienne pourrait-elle discuter d'�ventuelles actions communes avec "des chiraquiens" !
Ou nous discutons actions communes, et ce qui rel�ve plus de l'insulte que du jugement politique doit �tre banni de nos relations. Il s'agit de discussions entre organisations r�volutionnaires.
Quant au fond politique, discutons-en !
Il est vrai que nous avons des d�saccords programmatiques et des divergences circonstancielles, comme celle des consignes de vote du deuxi�me tour des �lections pr�sidentielles.
Comme vous le reconnaissez vous-m�mes, nous n'avons pas appel� � "voter Chirac", ni d'ailleurs au vote blanc ou � l'abstention. Nous avons dit qu'il "fallait battre Le Pen dans la rue et dans les urnes"
On pouvait discuter de telle ou telle formulation pour le vote de ce deuxi�me tour des pr�sidentielles, formulation forc�ment pi�g�e par la logique des votes � deux tours de la V�me r�publique, mais il s'agissait d'une question tactique. Car pour nous, l'essentiel, c'�tait, � ce moment, d'�uvrer � la mobilisation unitaire contre Le Pen et le danger fasciste. Les consignes de vote devant s'adapter � cet objectif prioritaire. Et, c'est sur ce point qu'il y a une divergence entre nos deux organisations.
Pour la LCR, et les prochaines �ch�ances �lectorales risquent malheureusement de le d�montrer une nouvelle fois : la crise sociale, politique, institutionnelle et le discr�dit des partis traditionnels, sont tels que le Front National peut, dans certaines conditions, exploiter la situation, pour op�rer des perc�es et jouer un r�le central. Et dans ce type de situation, l'exp�rience historique et la fid�lit� � nos id�es nous conduisent, � mettre au centre de la lutte anti-fasciste, la bataille pour la mobilisation unitaire de l'ensemble des travailleurs, de la jeunesse et de leurs organisations pour la d�fense de leurs droits sociaux et d�mocratiques. Libre � vous �tait d'estimer que le Front National ne constituait pas un danger. Mais beaucoup plus grave est le fait que vous vous �tes oppos� � ce mouvement de masse, en le d�nigrant et en l'assimilant � une op�ration politique de soutien ... � Chirac. En ce qui nous concerne, s'opposer � un mouvement de masse anti-fasciste, constitue une erreur bien plus importante que telle ou telle formulation pour une consigne de vote !
Preuve suppl�mentaire que la consigne de vote �tait une question tactique, c'est qu'elle n'a en aucun cas divis� le mouvement de gr�ve du printemps 2003 entre ceux qui avaient vot� Chirac et ceux qui s'�taient abstenus. Des centaines de milliers de gr�vistes et, parmi eux, pas les moins combatifs, ont, la mort dans l'�me, s�rement vot� pour Chirac.
Deuxi�me question que vous soulevez, celle de l'anti-globalisation. Comment apr�s les manifestations de centaines de milliers de jeunes dans le monde , apr�s l'�mergence de nouveaux mouvements contre la mondialisation capitaliste et la guerre, pouvez-vous encore pratiquer la politique de la chaise vide dans ces mobilisations ? Ne croyez-vous pas qu'il y a un lien entre les gr�ves, les mobilisations sociales, notamment dans personnels de l'�ducation nationale et ce mouvement ? Combien de discussions n'ont-elles pas eu lieu, dans des assembl�es g�n�rales, sur la mondialisation, les rapports entre le lib�ralisme et l'�ducation, sur la question des privatisations, etc. Vous pensez vraiment que ces mobilisations de milliers de jeunes peuvent se r�duire � des manifestations de courants petit-bourgeois ? Troisi�me question, celle du parti. C'est en effet, une question fondamentale. Nous sommes une organisation marxiste r�volutionnaire, mais nous pensons que la fin de tout un cycle historique domin� par le stalinisme et la social-d�mocratie, pose la question d'un nouveau parti. Plus, la situation politique fran�aise, avec le d�veloppement de luttes sociales, le d�clin acc�l�r� du PCF, l'�volution social-lib�rale de la social-d�mocratie, l'�mergence de nouvelles g�n�rations de lutte pose le probl�me avec plus d'acuit�. Les r�sultats exceptionnels de l'extr�me gauche aux derni�res pr�sidentielles comme le r�le des r�volutionnaires dans les luttes leur conf�rent une responsabilit� particuli�re. Il s'agit d'essayer aujourd'hui, sur la base d'un plan d'urgence sociale et d�mocratique, d'un programme transitoire anticapitaliste, de rassembler tous les militants, courants, organisations se situant sur le terrain de la lutte de classes. Bien s�r, nous ne proposons pas un nouveau parti sur la totalit� de notre programme, mais comme nous l'avons affirm� de nombreuses fois, il s'agit de construire un parti d�fendant jusqu'au bout les int�r�ts des travailleurs, rejetant toutes les politiques de collaboration de classes, et se situant dans une perspective de rupture avec le capitalisme. De m�me, lorsque nous utilisons la r�f�rence de "100 % � gauche", nous partons de l'aspiration de secteurs importants de la classe ouvri�re et du peuple de gauche pour qui, historiquement, la gauche, c'est la satisfaction de leurs propres revendications, et nous opposons ce sentiment � la politique des directions de la gauche officielle. Nous sommes convaincus que ce type de formule ne constitue pas une alt�ration de notre programme mais bien ce que nous sommes et o� nous nous situons. C'est le moyen de nouer un dialogue f�cond avec les classes populaires qui ont encore des illusions sur la gauche et qui votent encore dans leur majorit� pour la gauche. Telle est notre conception d'une nouvelle force anticapitaliste. C'est dans ce sens que nous articulons une perspective anticapitaliste et les combats f�ministes, �cologistes ou alter mondialistes. Il s'agit de prendre en compte les sp�cificit�s de ces luttes et en m�me temps de leur donner une orientation anticapitaliste. En effet, si le remplacement du capitalisme par une soci�t� socialiste d�mocratique est la condition fondamentale pour lib�rer l'humanit� de l'exploitation et de toutes les oppressions, l'exp�rience historique montre que ce n'est pas suffisant et qu'il faut d�finir aussi des objectifs et des moyens sp�cifiques contre toutes les oppressions. C'est par exemple le sens que nous donnons � la construction d'un mouvement autonome des femmes. Enfin, plus r�cemment, lors des mobilisations sociales du printemps 2003, nous pourrions aussi discuter des divergences entre nos deux organisations. Vous n'en dites pas un mot dans votre lettre. Elles sont, peut-�tre, � vos yeux secondaires, c'est-�-dire que peu ou prou, la LCR et ses militants se sont globalement, oppos�s au projet Fillon et au gouvernement Chirac - Raffarin. Ne croyez-vous pas que, � l'aune de ce que nous avons fait dans les derni�res luttes, les accusations de "trahison" ou de "chiraquien" sont absurdes et disqualifient le jugement port� dans votre lettre ?
Mais si nous faisons une vraie discussion sur l'intervention des r�volutionnaires dans les derni�res luttes, celle-ci - comme cela s'est fait lors du d�bat LO-LCR de votre f�te - fera appara�tre les convergences et les divergences entre les deux organisations. Les convergences - elles ne sont pas moindres dans ce type de situation - c'est de pousser dans le m�me sens, de d�fendre les m�mes revendications, celles du mouvement, de mobiliser, d'�tendre et d'essayer de g�n�raliser les gr�ves. Mais il y a eu aussi des divergences. Nous avons �t� surpris par votre opposition � l'objectif d'une gr�ve g�n�rale pour exiger le retrait du plan Fillon. Il semble m�me, propos rapport�s par la presse, qu'un de vos dirigeants aurait d�clar� qu'il s'agissait "d'une �nerie de la LCR". Vraiment, alors que des centaines de milliers de manifestants scandaient ce mot d'ordre et que les dirigeants syndicaux s'y opposaient frontalement ? La divergence sur ce point porte peut-�tre sur des questions de termes : entre gr�ve g�n�rale et g�n�ralisation des gr�ves. Mais il y a peut-�tre eu des appr�ciations divergentes sur la dynamique du mouvement et sur la possibilit� pour le mouvement de se poser pratiquement cette question ? Nos camarades enseignants ont aussi d�battu des modalit�s d'organisation de la coordination des �tablissements en lutte. Nous avons insist� d�s le d�but pour construire une direction du mouvement unitaire et d�mocratique. Cela supposait de combiner auto-organisation des gr�vistes et unit� des syndicats pr�sents dans la lutte. Cela impliquait aussi des coordinations qui repr�sentent des d�l�gu�s d'�tablissements �lus par les personnels de l'�ducation nationale r�unis en assembl�es g�n�rales et d�ment mandat�s par elles. Vous n'avez pas cru bon suivre cette voie, et vous avez transform� les coordinations en assembl�es de tous ceux et de toutes celles qui voulaient y participer sans respecter des r�gles �l�mentaires de d�mocratie. Ce qui vous a conduit parfois � des initiatives hasardeuses. Ces divergences renvoient s�rement � des d�saccords sur des questions comme la d�mocratie ou les rapports aux organisations syndicales...
Sachez aussi que, comme vous, "nous n'envisageons absolument pas de vous imposer nos propres id�es et nos propres formulations mais nous n'accepterions pas l'inverse" et que si nous comprenons que votre lettre pr�sente "le cadre et les limites" d'un accord pour LO, la LCR vous indiquera apr�s son CC de rentr�e, ce qui � nos yeux trace "le cadre et les limites" de ce que devrait �tre une base politique, que nous soumettrons � la discussion publique, permettant de mener efficacement les deux campagnes �lectorales de l'ann�e prochaine.
Nous ne pensons pas avoir fait le tour des questions politiques soulev�es dans votre lettre, ni des divergences que nous pointons entre les deux organisations... Mais sachez que nous avons, nous aussi, nombre de d�saccords, qui expliquent d'ailleurs que nous sommes des organisations s�par�es et qu'il est souvent difficile d'agir ensemble...
Mais, nous pensons aussi que ces divergences ne sont pas des obstacles insurmontables pour l'action commune dans les �lections ou dans les luttes. Nous avons des positions politiques qui convergent dans les luttes contre le patronat et le gouvernement, des r�actions communes face � des combats pour les libert�s d�mocratiques, contre la guerre, contre les politiques des classes dominantes � l'�chelle europ�enne autour de revendications comme l'interdiction des licenciements, la d�fense du service public, celle des retraites et de la s�curit� sociale. Enfin, nous sommes deux organisations qui agissent en toute ind�pendance de tous les gouvernements, y compris celui de la gauche plurielle. Cela fait pas mal de questions qui permettent de formuler des prises de positions communes m�me si chacune des organisations le fait avec son orientation et son style. Cela fait aussi pas mal de diff�rences entre, d'une part, nos deux organisations et, d'autre part, les autres organisations de l'ex-gauche plurielle.
Comme vous le voyez, ce sont ces consid�rations qui nous conduisent � explorer les possibilit�s d'action commune et d'un accord �lectoral pour les prochaines �lections r�gionales et europ�ennes dans une situation qui donne des responsabilit�s particuli�res � nos deux organisations.
C'est avec cet �tat d'esprit que nous aborderons la discussion avec votre organisation. Sur l'ensemble des questions politiques et organisationnelles li�es aux campagnes �lectorales des r�gionales et des Europ�ennes, nous aurons une premi�re discussion � notre comit� central de septembre, et c'est notre congr�s de fin Octobre qui d�cidera des dispositions d�finitives pour les deux campagnes �lectorales. Nous vous proposons donc d'engager la discussion, d�s le mois de septembre 2003.
Recevez nos salutations r�volutionnaires.
R�ponse de la LCR
Montreuil, le 16 juillet 2003
Au Bureau Politique de la LCR
Chers Camarades,
Nous accusons r�ception de votre courrier du 16 juillet faisant suite � notre lettre du 28 juin. Nous notons que vous ne nous donnez pas le moindre avis, � d�faut de r�ponse, sur le cadre et les limites que nous vous avons soumis pour un �ventuel accord et qui sont pour nous essentiels � r�gler avant toute autre d�marche.
Nous vous rappelons que notre lettre r�pondait � la proposition d'Alain Krivine de nous rencontrer en septembre et qu'elle avait justement pour objet d'�carter, pr�alablement � toute n�gociation proprement dite, ce qui pourrait constituer un obstacle majeur. Redisons-le, nous sommes pr�ts � nous rencontrer pour discuter des axes politiques et sociaux d'une campagne commune aux r�gionales et aux Europ�ennes, car nous avons des terrains d'entente, mais sous la r�serve que nous soyons au pr�alable d'accord sur les points que nous vous avons expos�s et que nous vous rappelons :
- nous n'accepterons qu'un accord qui se limite exclusivement � nos deux organisations et pas un front �lectoral mal d�fini ;
- notre accord pour les Europ�ennes devra conclu avec celui des r�gionales. Toute rupture de l'accord aux r�gionales entra�nant automatiquement la rupture de l'accord aux Europ�ennes ;
- nous nous pr�senterons, dans toute la France, en commun sous nos deux sigles ; . toutes nos listes devront �tre communes � nos deux: organisations, avec un texte national unique pour les professions de foi de toutes les r�gions, aussi bien aux r�gionales qu'aux Europ�ennes ;
- nous refuserons toute entente, pour le second tour des �lections r�gionales, avec d'autres formations politiques m�me si cela implique de perdre d'�ventuels �lus et chaque organisation sera responsable de l'attitude de ses candidats ;
- nous r�cuserons l'appellation "100% � gauche" pour nos listes ou nos bulletins communs;
- nous ne ferons pas l'apologie des id�es des ma�tres � penser r�formiste de l'alter mondialisation ;
- nous n'appellerons pas � soutenir aux r�gionales qui que ce soit de l'ex-gauche gouvernementale au deuxi�me tour m�me si la gauche est menac�e par la droite ou si la droite est menac�e par le Front National. C'est que, pour la pr�sidentielle, vous aviez affirm� que vous n'appelleriez pas � voter pour la gauche au deuxi�me tour : les circonstances ont fait que vous avez tenu parole mais vous avez appel� � voter Chirac, Au cas o� une liste de gauche serait menac�e par le Front National, l'attitude de notre liste entre les deux tours devra faire l'objet d'un accord formel de nos deux organisations. L� aussi chaque organisation sera responsable de l'attitude de ses candidats.
Rappelons que nous ne nous engagerons pas � nouveau dans une impasse comme nos n�gociations des municipales 2001 o� nous avons eu une discussion de plusieurs mois que vous semblez avoir oubli�e et o� il s'est r�v�l� que vous ne souhaitiez pas un r�el accord avec nous mais un accord � g�om�trie variable selon les villes avec des mouvements; dont vous avez �t� incapables de nous dire � l'avance qui ils �taient. L'accord avec nous �tant surtout, pour vous, un moyen de convaincre ceux que vous vouliez attirer et en faisant durer la n�gociation, vous pouviez pr�tendre que l'accord �tait en cours.
Si vous souhaitiez, une fois de plus, maintenir ind�finiment plusieurs fers au feu. ce serait sans nous.
C'est pourquoi nous souhaitons un engagement pr�cis sur ces probl�mes avant m�me toute n�gociation compte tenu que la date butoir pour un accord complet et d�finitif sera, par n�cessit�, d�but d�cembre, apr�s nos congr�s respectifs. Si nos n�gociations n'�taient pas closes. Chacun reprendrait alors sa libert� d'action.
Dans ce cas, chacune de nos deux organisations obtiendrait moins de voix mais, comme pour la pr�sidentielle, le public comme les commentateurs feront le total de nos voix et cela ne changerait rien � l'impact politique d'un bon r�sultat �ventuel. La diff�rence est que nous aurions beaucoup moins de chances d'obtenir quelques �lus mais, pour nous, ce n'est pas l'essentiel de notre d�marche �lectorale et ce n'est pas cela qui nous ferait conclure un mauvais accord. C'est pourquoi nous pensons qu'il serait bon que vous discutiez rapidement en votre sein de nos propositions car si vous voulez en discuter, nous souhaitons le faire publiquement, par �crit, avant d'envisager de nous rencontrer pour que nos �ventuelles n�gociations ne s'engagent pas dans une impasse.
Vous reportez la suite de cette discussion � deux mois, apr�s votre comit� central de septembre. Soit ! Mais nous vous ferons remarquer que des n�gociations proprement dites, c'est-�-dire des entretiens entre nous, ne pourront commencer qu'une fois d'accord sur le cadre, commun � nos deux organisations, que nous vous proposons. La n�gociation sur les axes politiques ne venant qu'ensuite. Si vous refusiez ce cadre, �l�mentaire entre deux alli�s, il nous sera impossible de nous pr�senter en commun et toute n�gociation politique ult�rieure deviendrait de ce fait inutile.
Par contre, si nous sommes d'accord sur le cadre de cette campagne que nous vous avons propos� le 28 juin, et que nous rappelons au d�but de cette lettre, nous aurons � mener des n�gociations, qui prendront du temps, sur la r�partition des listes et des t�tes de listes, la profession de foi aux r�gionales et celle aux Europ�ennes, mais nous ne nous engagerons pas dans des n�gociations avant d'avoir r�g1� le cadre g�n�ral dans lequel s'inscrira notre accord. Nous esp�rons donc ne pas rencontrer d'obstacles apr�s la r�union de votre Comit� central de septembre, c'est-�-dire avant m�me d'avoir pu n�gocier. Dans ce cas, nous risquons de nous retrouver dans une impasse, comme en 2001 lors de notre n�gociation marathon sur les municipales. Il y aurait, en cas d'accord, suffisamment de choses � n�gocier: l'axe de la campagne, le texte de la profession de foi, la r�partition des t�tes de liste entre nos deux organisations, les affiches, les tracts et meetings, la campagne mat�rielle et ses frais etc.�. Et puis, bien s�r, Les modalit�s d'une campagne commune.
En ce qui concerne la campagne elle-m�me, vous citez nos positions politiques qui convergent telles que les luttes contre le patronat et le gouvernement, pour les libert�s, contre les politiques des classes dominantes, pour l'interdiction des licenciements, la d�fense des services publics, des retraites, de la s�curit� sociale, auxquels nous ajouterons le contr�le sur les comptabilit�s des grandes entreprises et ces axes seraient aussi les n�tres.
Il serait donc dommage que vous refusiez ce que nous vous proposons en voulant nous imposer d'�ventuelles alliances. Nous esp�rons donc que vous accepterez nos propositions d'accord, dans le cadre que nous vous avons soumis.
Cependant, sans que cela change quoi que ce soit � ce qui pr�c�de, nous ne pouvons passer sans commentaires certaines affirmations de votre lettre.
Vous saviez depuis longtemps ce que nous pensons de votre attitude au second tour de la pr�sidentielle et votre attitude � ce moment-l� ne nous emp�che pas d'envisager une campagne commune. Mais ce n'est pas cette �ventualit� qui nous fera revenir sur ce que nous pensons. Vous pouvez juger cela incons�quent mais alors il serait tout aussi incons�quent de votre part, soit d'accepter une campagne commune, soit d'exiger que nous ne pensions plus ce que nous pensons.
Par ailleurs, pourquoi d�former nos propos? O� avez-vous pris que nous vous aurions trait�s de "tra�tres chiraquiens" ou que nous aurions �crit que vous seriez d�finitivement devenus des "chiraquiens"? Cette technique bien connue de discussion aggravant les propos de l'interlocuteur n'est pas la plus propre � nous convaincre de votre bonne foi et ce n'est gu�re une manifestation du "respect mutuel" dont vous parlez. Personne ne peut nier que vous avez, de fait, appel� � voter Chirac et que vous vous �tes ainsi plac�s, � l'�poque, dans la majorit� qui a �lu Chirac. Dire cela est un simple constat politique et ce n'est pas une injure. Si cela vous g�ne autant qu'il semblerait, il ne fallait pas prendre une telle position. Et si nous ne relevons pas toutes les autres d�formations de nos propos de votre lettre, c'est pour ne pas pol�miquer et parce que ce n'est pas l'objet de ce courrier, mais nous nous r�servons le droit d'en discuter dans un autre contexte.
Vous nous faites remarquer que notre lettre ne fait pas allusion � la lutte des enseignants, vous nous reprochez de nous �tre oppos�s � des coordinations avec des d�l�gu�s �lus, alors que nous �tions pour la plus large participation des gr�vistes aux assembl�es g�n�rales dans lesquelles chacun pouvait intervenir et participer aux d�cisions, d�mocratie directe qui �tait la base m�me de leur motivation, de leurs initiatives, de leur volont� de lutte. Votre politique visait au contraire � fabriquer un appareil dirigeant, qui ne fasse pas appel � la volont� collective des gr�vistes et ce n'�tait pas le meilleur exemple du "respect des r�gles �l�mentaires de d�mocratie" dont vous parlez.
Enfin, nous avons lu attentivement tout ce que vous disiez sur votre politique par rapport � la n�tre. Nous savions d�j� tout cela avant de vous �crire. Vous avez vos conceptions, nous avons les n�tres. Nous ne vous demandons pas de changer les v�tres. Nous garderons notre appr�ciation de votre politique mais cela ne nous emp�che pas d'envisager une campagne commune aux �lections r�gionales et europ�ennes. Donc, nous r�p�tons que nous sommes dans l'attente de vous lire.
Salutations fraternelles,
Paris, le 25 juillet 2003
Courrier de la LCR adress� � la direction de LO le 10 septembre 2003.
Chers camarades,
Comme nous vous l'avions annonc�, le CC de la LCR a discut� des propositions � soumettre � son congr�s concernant les �lections r�gionales et europ�ennes de 2004. La premi�re de ces propositions est de confirmer que la LCR sera pr�sente � ces deux �lections.
La mobilisation des salari�s contre les attaques du patronat, exprim�e lors des mouvements sociaux du printemps et de l'�t� 2003, le rejet de la politique de la droite et du gouvernement Chirac-Raffarin, l'exigence du combat contre le Front national, la n�cessit� de s'opposer � la politique social-lib�rale de l'ex-gauche plurielle, nous conduisent � proposer l'unit� de toutes les forces anti-capitalistes pour pr�parer les prochaines �ch�ances tant dans les luttes que dans les �lections.
� l'�chelle nationale, cela concerne nos deux organisations qui ont des responsabilit�s particuli�res dans cette nouvelle situation politique. Nous souhaitons donc engager avec vous des discussions permettant de pr�senter � nos congr�s respectifs de novembre et d�cembre des propositions permettant un accord �lectoral entre nos deux organisations.
Vous nous avez signal� une liste de points sur lesquels vous souhaitez que la clart� soit faite avant de d�battre de la plate-forme proprement dite. Nous allons essayer de r�pondre � vos questions, mais nous tenons � vous r�p�ter que nous ne pouvons accepter avant m�me, l'ouverture d'une discussion, une s�rie de pr�alables ou d'ultimatums. Nous vous avions d�j� dit dans notre r�ponse � votre premi�re lettre que nous ne pouvions accepter une s�rie de caract�risations. Visiblement, vous persistez avec le m�me ton, les m�mes proc�s d'intention dans votre deuxi�me lettre. Sachez qu'avec ce type de lettre, au-del� des divergences politiques vous ne faites rien pour favoriser les relations entre nos deux organisations. Au contraire, vous tendez inutilement ces relations. Plus, nous vous r�p�tons notre �tonnement que des questions de forme (dont nous ne nions pas l'importance) prennent ainsi le pas sur le d�bat politique. Les formulations que vous utilisez, l'esprit de fermeture que vous cultivez, la m�fiance �vidente et a priori sur d'�ventuel alli� local est condamnable. Pour nous l'essentiel r�side dans le contenu politique d'une campagne commune. Il s'agit de v�rifier si les bases d'un accord politique existent pour mener ensemble les prochaines campagnes �lectorales. Car des millions de travailleurs, qui votent LO ou LCR, ne comprendraient pas, dans la situation actuelle, une division de nos deux organisations, surtout dans le cadre des nouvelles lois �lectorales qui p�nalisent, en particulier l'extr�me gauche.
Certes les d�saccords politiques entre nos organisations sont nombreux et connus. Sans revenir sur l'ensemble de ceux-ci (ils sont rapport�s dans notre �change de lettres), l'appr�ciation que nous portons respectivement sur la nature et la dynamique du mouvement altermondialiste est une pomme de discorde majeure, m�me si nous jugeons positive votre participation � la manifestation d�non�ant le sommet de Cancun. Mais cela n'annule pas l'importance des autres points, eux aussi bien connus, sur lesquels nous pouvons nous pr�senter ensemble.
En particulier, les revendications-clef d'un plan d'urgence social et d�mocratique au service des int�r�ts des travailleurs, la d�fense d'une politique anticapitaliste et un positionnement g�n�ral contre la politique du gouvernement Chirac-Raffarin et une d�marcation nette vis-�-vis des partis de l'ex-gauche plurielle.
Nous pensons que nous pouvons d�velopper ensemble des axes d'une campagne �lectorale qui mettrait l'accent sur les points suivants :
- Contre les plans sociaux et les licenciements, la d�fense de l'emploi, des droits des ch�meurs, pour une loi d'interdiction des licenciements collectifs et de mise sous contr�le public ou de r�quisitions des entreprises qui licencient tout en faisant du profit.
- La d�fense de la s�curit� sociale et du secteur sant� contre les plans du gouvernement et du Medef.
- Le rejet des lois Fillon-Raffarin sur les retraites, et la d�fense des revendications avanc�es des luttes sociales du printemps 2003 : 37, 5 annuit�s, 75 %, 60 ans, abrogation des mesures Balladur et Fillon
- Une politique d'augmentation de salaires et de d�fense du pouvoir d'achat.
- La d�fense et l'extension des services publics et l'opposition radicale � toutes formes de privatisation de l'Edf, � la Poste, � la SNCF.
- L'�galit� des droits
- Le refus des plans de d�mant�lement de l'�ducation nationale.
- Le rejet de toutes les attaques en mati�re d'environnement et d'�cologie
- Une autre r�partition des richesses en s'en prenant aux profits capitalistes
- Des propositions visant � mettre au centre le contr�le des travailleurs et de la population sur leurs lieux de travail ou dans les communes pour remettre en cause le pouvoir absolu des banques et des multinationales.
Pour les prochaines �lections europ�ennes, nous pourrons, en nous appuyant sur les acquis communs de la campagne de 1999, combattre l'Europe capitaliste, et en particulier, le projet de constitution europ�enne, et d�fendre, ainsi, la perspective d'une Europe sociale et d�mocratique au service des travailleurs.
Quant aux points soulev�s par votre d�marche, nous tenons donc � vous pr�ciser les points suivants :
a) Nous sommes favorables � un accord national entre nos deux organisations, LO et LCR. Les t�tes de listes seront assur�es par des responsables de nos deux organisations. Nous proposons, dans le cas, o� des groupes ou des militants veuillent rejoindre le cadre fix� par nos deux organisations, que ces derni�res d�cident en commun, comment assurer leur participation sur les listes ou dans la campagne.
b) Nous proposons une profession de foi nationale r�dig�e par les d�l�gations de nos deux organisations. Mais il nous para�t difficile qu'elles ne comportent aucun �l�ment local : serait-ce possible dans la r�gion PACA de ne rien dire sur la pr�sence de Le Pen ou dans la r�gion toulousaine de ne rien �voquer sur le drame d'AZF ? Serait-ce possible, que les �lus sortants que nous avons vous et nous ne livrent aucun bilan de leur action ? Serait-ce compatible avec ce que nous d�fendons ensemble � ce propos ? Si votre souci est d'�viter vingt n�gociations locales de plate-forme, nous en sommes d'accord. Nous proposons que ces am�nagements r�gionaux soient discut�s dans un cadre national.
c) Lors des �lections r�gionales, nous proposons qu'au deuxi�me tour, nos listes ne donnent pas de consigne de vote. Dans les cas o� il y aurait un risque de victoire du FN et maintien d'une liste de gauche nous pensons que nos listes devraient appeler � voter pour la liste de gauche. La position des listes serait fix�e d'un commun accord. Nous �cartons aussi, pour ces prochaines �ch�ances �lectorales, toute fusion de nos listes au 2e tour, avec les listes de la gauche plurielle.
Bien des questions restant � discuter, mais nous esp�rons que cette lettre pr�sentant les d�lib�rations de notre direction nationale aidera � cr�er les meilleures conditions pour une campagne commune entre nos deux organisations.
Nous vous proposons une premi�re r�union entre les d�l�gations de nos deux organisations dans les jours qui viennent.
Recevez nos salutations r�volutionnaires.
Le Bureau Politique de la LCR.
Courrier de LO adress� � la direction de la LCR le 16 septembre 2003.
Au Bureau Politique de la LCR
Chers camarades,
Le Comit� Central de Lutte Ouvri�re, r�uni ce week-end, a examin� le contenu de votre courrier du 10 septembre concernant des n�gociations entre nos deux organisations pour la constitution de listes communes aux �lections r�gionales et europ�ennes de 2004.
Vous trouverez ci-apr�s ce que notre CC soumettra � notre Congr�s de d�cembre 2003.
Bien entendu, cette plate-forme sera accompagn�e des conclusions auxquelles nos d�l�gations charg�es de cette n�gociation auront, nous l'esp�rons, pu aboutir, et c'est sur cet ensemble que notre congr�s se prononcera.
D'ores et d�j�, nous pouvons vous confirmer que nous sommes pr�ts � ce que des d�l�gations LO/LCR se rencontrent pour finaliser un accord sur la base de votre courrier.
Vous faites une liste des points sur lesquels pourrait porter une campagne commune.
En r�sum� :
- l'opposition au gouvernement Chirac-Raffarin
- un plan d'urgence pour sauvegarder les int�r�ts des travailleurs, entre autres la d�fense de l'emploi, l'interdiction des licenciements collectifs
- la d�fense de la protection sociale et des retraites,
tous points que nous agr�ons d'autant plus qu'ils ont �t� le centre de nos diverses campagnes ant�rieures
- et divers autres points que nous pouvons agr�er sous r�serve d'inventaire et de pond�ration entre eux.
- un point qui soul�vera cependant une discussion approfondie est, dans la campagne des Europ�ennes, le probl�me de la Constitution europ�enne car si nous ne d�fendons bien �videmment pas cette derni�re, nous ne d�fendrons pas non plus la constitution bourgeoise de la France, c'est-�-dire que nous ne pourrons pas opposer la Constitution nationale � une Constitution europ�enne. Il nous faudra donc, par exemple, nous expliquer sur une pr�sentation populaire d'une Europe socialiste.
Mais par ailleurs, tous ces points constituent une bien longue �num�ration qui ne laisse aucune place � l'argumentation pour convaincre. Nous sommes pour limiter l'axe de notre campagne � certains de ces points, � discuter entre nous, mais ne pas tous les �num�rer m�me si nous sommes d'accord avec tous.
Pour l'aspect pratique et concret, nous nous d�clarons favorables :
1) � un accord national entre nos deux organisations, les t�tes de listes �tant des responsables de nos deux organisations. Bien que ce point n'ait pas �t� pr�cis� dans notre premi�re lettre, il va sans dire que c'�tait implicite. Nous ajouterons, mais c'est sans doute tout aussi inutile, que cette r�partition serait �gale et �quilibr�e entre LO et la LCR, et que la composition de chaque liste serait paritaire, en respectant l'alternance des sexes (listes dites chabada) et l'alternance des appartenances � LO et � la LCR.
Vous ne parlez pas de l'intitul� de ces listes mais nous vous rappelons que nous souhaitons que cet intitul� soit "liste Lutte Ouvri�re-Ligue Communiste R�volutionnaire".
2) Votre formulation "dans le cas o� des groupes ou des militants voudraient rejoindre le cadre fix� par nos deux organisations" est une formulation que nous pourrions accepter si de tels groupes ou organisations acceptent r�ellement le cadre tel que nous l'aurons fix�, sans vouloir nous imposer de modification notable, le tout �tant d�cid� en commun par nos deux organisations.
3) En ce qui concerne la "profession de foi", nous ne serions pas oppos�s � des am�nagements r�gionaux � la condition, comme vous le proposez, qu'ils soient discut�s au niveau national afin d'�viter vingt n�gociations locales de plate-forme.
Cependant la taille des professions de foi est limit�e et il ne faudra pas que ces probl�mes prennent le pas sur ce que nous avons � dire nationalement, � moins qu'ils s'y int�grent � titre d'exemples locaux
4) Pour le deuxi�me tour des r�gionales, nous sommes parfaitement d'accord sur le fait que nos listes ne donneront pas de consigne de vote, d'autant que c'�tait notre proposition initiale. Et, bien s�r, nous sommes d'accord sur le fait qu'il n'y ait pas, au deuxi�me tour des r�gionales, de fusion de nos listes avec les listes de la gauche plurielle.
S'il y a un risque de victoire du FN contre une liste de gauche, nous pouvons envisager d'appeler � voter pour la liste de gauche, au cas par cas, mais cela devrait faire l'objet d'un accord au niveau national.
Nous nous rencontrerons donc au plus vite.
En ce qui concerne le d�but de votre lettre, nous tenons � vous dire que nous ne tendons pas volontairement et inutilement nos relations, car nous n'avons fait que r�pondre � vos propos.
Vous parlez d'esprit de fermeture de notre part. C'est pour le moins oublier que c'est nous qui avons pris l'initiative de cette d�marche et ce n'est pas la premi�re fois dans notre histoire commune.
La m�fiance que nous manifestons vis-�-vis d'�ventuels alli�s locaux n'est pas une m�fiance a priori mais repose sur une bien longue exp�rience et connaissance du panorama politique.
Vous dites que cette m�fiance est condamnable, or c'est une m�fiance politique. Vous affirmez que l'essentiel est le contenu politique d'une campagne commune - affirmation avec laquelle nous sommes parfaitement d'accord- mais, justement, nous ne souhaitons pas laisser transformer le contenu de notre campagne commune par l'apport de militants d�fendant des id�es qui ne seraient pas les n�tres. Une politique est un tout, pas un assemblage.
Vous dites que nous n'avons rien fait pour favoriser les relations entre nos organisations et nos militants mais, tant dans la campagne des pr�sidentielles que dans la lutte des enseignants, vous n'avez rien fait non plus pour favoriser les relations entre nos deux organisations et nos militants. Bien s�r, les consid�rations d'int�r�t politique commun prendront le pas sur les blessures qui peuvent en subsister, mais permettez-nous de faire, un peu, ce que vous vous permettez de faire largement.
Nous vous faisons remarquer que, durant la campagne pr�sidentielle, � aucun moment nous n'avons formul� la moindre critique contre la LCR ou son candidat. Ce qui n'est pas votre cas.
De m�me durant le mouvement des enseignants, � aucun moment, durant des semaines, nous n'avons critiqu� ou attaqu� la LCR. Nous avons dit notre point de vue sans pol�miquer mais nous n'avons rien dit contre la LCR, surtout aupr�s des journalistes (contrairement � ce que vous affirmez).
Le droit de critique et de d�fendre ses id�es n'est pas � sens unique et pas limit� � votre usage exclusif.
Au sein de la LCR, il existe de nombreuses sensibilit�s diff�rentes et, si nous voulons bien consid�rer que les militants de la LCR sont des militants disciplin�s politiquement et s�rieux, nous ne tenons pas, par des discussions locales, voir remis en cause nos accords nationaux. C'est pourquoi, bien que tout puisse �tre discut� localement entre nos camarades respectifs, nous tenons � ce que tout ce qui pourrait poser probl�me soit r�gl� nationalement, sans renvoyer quoi que ce soit � des d�cisions locales.
Dans l'attente de vous rencontrer, veuillez agr�er, chers camarades, nos salutations r�volutionnaires.
Le Comit� Ex�cutif de Lutte Ouvri�re
Mais alors la France a du souci � se faire.
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