Le pr�sident des �tats-Unis George Bush a donn�, le 28 octobre, � la Maison-Blanche, une conf�rence de presse au d�but de laquelle il a tent� de faire partager son optimisme un rien exag�r�. Un document exceptionnel sign� Rumsfeld que nous publions en dit long sur le moral � z�ro de ses conseillers.
Lors de sa conf�rence de presse, le pr�sident am�ricain a cit� notamment la tourn�e fructueuse qu'il avait faite la semaine derni�re en Asie, notamment dans des pays tels que l'Australie, la Tha�lande, l'Indon�sie et les Philippines, qui "luttent contre le terrorisme dans leur partie du monde" et dont les dirigeants "se rendent compte de l'importance de poursuivre notre t�che en Afghanistan et en Irak".
Le pr�sident s'est �galement r�joui des r�sultats de la conf�rence des donateurs de Madrid qui "a r�uni des d�l�gu�s de plus de 70 pays qui �taient venus pour parler des contributions futures � la reconstruction de l'Irak".
Le pr�sident George Bush a imput� la vague de violences en Irak � la fois aux �l�ments de l'ancien r�gime baassiste renvers� en avril et � des "terroristes �trangers" dont il a press� l'Iran et la Syrie de faire cesser l'infiltration par leurs fronti�res.
"Les baassistes tentent de cr�er le chaos et ont peur car ils se rendent compte qu'un Irak libre les priverait des privil�ges excessifs dont ils jouissaient du temps de Saddam Hussein", a-t-il dit lors de sa premi�re conf�rence de presse depuis pr�s de trois mois.
"Les terroristes �trangers tentent de semer la peur car ils craignent un �tat libre et pacifique au c�ur d'une r�gion du monde o� le terrorisme recrute. Cette libert� est pr�cis�ment ce que les terroristes craignent le plus", a poursuivi le chef de la Maison blanche sans craindre le simplisme de son analyse.
Au lendemain de quatre attentats � la bombe qui ont fait 35 morts et 230 bless�s � Bagdad, Bush a r�affirm� qu'il �tait hors de question pour les �tats-Unis de "reculer devant l'adversit�". "Nous ne partons pas", a-t-il martel�. "Nous observons constamment l'ennemi et nous nous adaptons."
Les auteurs de ces attentats suicide ont "la m�me mentalit�" que les pirates de l'air arabes � l'origine des attentats du 11 septembre aux �tats-Unis, a-t-il dit tentant par la bande de r�introduire sa th�se vitale : l�invasion de l�Irak a �t� provoqu� parce que ce pays aurait aid� � l�action terroriste contre les �tats-Unis. La veille, un g�n�ral am�ricain avait mis en cause des combattants �trangers dans ces attentats.
Bush a d�clar� que les �tats-Unis "travaillent �troitement" avec l'Iran et la Syrie et "attendent qu'ils fassent respecter leurs fronti�res en emp�chant les gens de les franchir si on les prend sur le fait".
Les troupes de la "coalition" renforcent elles-m�me leur surveillance des zones frontali�res, a ajout� le pr�sident, de plus en plus critiqu� aux �tats-Unis pour le co�t humain et financier de l'apr�s-guerre en Irak.
Cent quatorze soldats am�ricains ont �t� tu�s dans des attaques ou attentats depuis la fin officielle de l'invasion, il y a six mois. Parall�lement, Saddam Hussein et ses suppos�es armes de destruction massive sont rest�s introuvables.
La cote de popularit� de Bush est tomb�e, selon le dernier sondage CNN/US Today/Gallup � 53%, contre 80% au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Quarante-deux pour cent d'Am�ricains d�sapprouvent sa politique, mais Bush reste en t�te des intentions de vote pour la pr�sidentielle de 2004 avec 46%, contre 43% pour le candidat d�mocrate potentiel.
On trouvera ci-apr�s un extrait de la d�claration liminaire de M. Bush.
� Apr�s le voyage de 42.000 km de la semaine derni�re, j'esp�re que les journalistes qui m'ont accompagn� ont pu se reposer pendant le week-end. Je tiens � faire une br�ve d�claration et je serai heureux de r�pondre ensuite � vos questions.
Au cours de mon voyage en Asie, j'ai eu des entretiens tr�s fructueux avec quelques-uns des alli�s les plus proches des �tats-Unis dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Des pays tels que l'Australie, la Tha�lande, l'Indon�sie et les Philippines luttent contre le terrorisme dans leur partie du monde. Leurs dirigeants se rendent compte de l'importance de poursuivre notre t�che en Afghanistan et en Irak. La lib�ration de la population de ces pays de r�gimes dictatoriaux a constitu� une mesure essentielle de la guerre contre le terrorisme. Le monde est actuellement plus s�r du fait que Saddam Hussein et les talibans ne sont plus au pouvoir. Nous �uvrons maintenant avec de nombreux pays pour veiller � ce que l'Afghanistan et l'Irak ne soient plus jamais une source de terrorisme et de danger pour le reste du monde.
Notre coalition contre le terrorisme s'est trouv�e renforc�e ces derniers jours par la r�solution 1511 du Conseil de s�curit� de l'ONU. Cette r�solution approuve la formation d'une force multinationale sous le commandement des �tats-Unis et encourage d'autres pays � venir en aide � la population irakienne.
La semaine derni�re, la conf�rence des donateurs de Madrid a r�uni des d�l�gu�s de plus de 70 pays qui �taient venus pour parler des contributions futures � la reconstruction de l'Irak. Les �tats-Unis sont reconnaissants aux nombreux donateurs qui ont annonc� � la conf�rence leur intention d'apporter une aide financi�re � l'Irak. Apr�s des d�cennies de r�pression et de brutalit� en Irak et en Afghanistan, la reconstruction est difficile, et la libert� a encore des ennemis dans ces deux pays. Les terroristes visent la r�ussite m�me et la libert� que nous apportons au peuple irakien. Leurs attaques d�sesp�r�es contre des civils innocents ne nous intimideront pas, ni nous ni les Irakiens et les Afghans courageux qui se joignent � nous pour assurer leur propre d�fense et qui progressent vers la mise en place d'un gouvernement repr�sentatif.
Aid�es par des policiers et des soldats afghans et irakiens, les forces de la coalition frappent l'ennemi avec puissance et avec pr�cision. Notre coalition s'accro�t en nombre et en force. Notre objectif est clair et certain : l'Irak et l'Afghanistan seront des �tats stables et ind�pendants et leur population jouira de la libert�.
Cet objectif essentiel de la guerre contre le terrorisme exige le maintien du r�le primordial des �tats-Unis et le soutien constant du Congr�s. La Chambre des repr�sentants et le S�nat examinent actuellement mon projet de collectif budg�taire pour les op�rations en Irak et en Afghanistan. La plupart des cr�dits budg�taires sont destin�s � garantir la s�curit� et la r�ussite de nos forces arm�es, � payer leurs soldes, � acqu�rir les armes, les munitions, les gilets pare-balles, les v�hicules, le carburant et tout autre mat�riel dont elles ont besoin pour ex�cuter leur mission. Une autre partie des cr�dits budg�taires sont destin�s � la reconstruction, qu'il s'agisse de la formation de policiers et de soldats afghans et irakiens ou de la construction d'�coles et de dispensaires. Ces cr�dits budg�taires sont tout autant essentiels � la r�ussite g�n�rale de notre mission en Irak.
Je f�licite la Chambre des repr�sentants et le S�nat d'avoir approuv� mon projet de collectif budg�taire. Je leur demande instamment de parvenir sous peu � un accord sur le texte de loi d�finitif de sorte que l'on puisse utiliser rapidement ces sommes essentielles dans les domaines o� elles sont n�cessaires. �
Or le solide optimisme affich� par le pr�sident des �tats-Unis est d�menti par un document dat� du 16 octobre et adress� en grand secret par Donald Rumsfeld aux quatre hommes qui supervisent l�action en Irak dont Paul Wolfowitz qui a �chapp� de peu � un attentat � Bagdad.
Lettre de Donald Rumsfeld, ministre de la d�fense am�ricaine
16 octobre 2003
: GEN. Dick Myers
Paul Wolfowitz
GEN. Pas de Peter
Doug Feith
DE : Donald Rumsfeld
OBJET : Guerre globale sur le terrorisme
Les questions que j'ai pos�es aux commandants combattants cette semaine �taient : Est-ce que nous gagnons ou perdons la guerre globale sur la terreur ? Devons nous changer le d�partement de la d�fense �tant donn� le nouvel environnement du 21�me si�cle ? Est-il possible de changer rapidement une aussi grosse administration ? Ne faut-il pas aussi changer rapidement la politique du gouvernement des �tats-Unis ?
Le d�partement de la d�fense a �t� organis�, form� et �quip� pour combattre de grands arm�es terrestres, navales et a�riennes. Il n'est pas possible de changer cette structure assez rapidement pour combattre avec succ�s le terrorisme global. Une alternative pourrait �tre de cr�er une nouvelle structure qui concentrerait plusieurs d�partements et agences sur ce probl�me principal.
En ce qui concerne le terrorisme global, la situation apr�s le 11 septembre semble �tre la suivante :
* Nous avons des r�sultats mitig�s avec Al Qaida, bien que nous ayons obtenus des r�sultats, beaucoup reste � faire.
* Les �tats-Unis ont obtenu de beaux r�sultats en en capturant ou en tuant les 55 responsables Irakiens.
* les progr�s ont �t� plus modestes contre les dirigeants talibans comme Omar, Hekmatyar, etc...
* En ce qui concerne l'Al-Islam d'Ansar, nous venons juste de d�buter.
Nous avons mis sur pied un bon m�lange de r�compenses, d'amnistie, de programme de protection et de confiance dans les USA ?
Est-ce que le d�partement de la d�fense doit penser en termes de nouvelle organisation, entra�nement, mise sur pied de nouvelles �quipes afin de mieux combattre le terrorisme ?
Est-ce que les changements dont nous avons besoin ne vont pas au-del� de ce que nous accomplissons ? Mon sentiment est que nous ne sommes pas encore au point m�me si nous avan�ons dans la bonne direction.
Aujourd'hui, nous manquons de moyens pour savoir si nous sommes gagnants ou perdants dans la guerre globale que nous menons contre le terrorisme. Est-ce que nous capturons, tuons ou d�courageons et dissuadons plus de terroristes chaque jour que les madrassas et les eccl�siastiques radicaux recrutent et d�ploient contre nous ?
Les USA doivent-ils construire un plan plus vaste encore pour stopper la prochaine g�n�ration des terroristes ? Les USA mettent relativement peu d'effort dans un plan � longue �ch�ance alors que nous mettons beaucoup de moyens pour 'arr�ter des terroristes maintenant. Le rapport des co�ts et rendements joue contre nous ! Nous d�pensons des milliards quand les terroristes en d�pensent que des millions.
* Avons-nous besoin d'une nouvelle organisation ?
* Comment arr�tons-nous ceux qui financent les �coles radicales islamistes ?
* Notre situation actuelle est-elle telle que "plus nous travaillons dur, moins nous obtenons" ?
Il est assez clair que la coalition gagnera en Afghanistan et en Irak d'une mani�re ou d'une autre, mais ce sera long et dur.
La C.I.A a-t-elle besoin d'un nouveau d�part ?
Devons-nous cr�er une base priv�e pour attirer des islamistes radicaux vers des actions plus mod�r�es?
Que devrions-nous consid�rer ?
Soyez pr�ts svp pour discuter ceci lors de notre r�union le samedi ou lundi.
Merci.
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