Diverses strat�gies sont n�cessaires pour mettre fin au terrorisme, selon M. Rumsfeld
Oct 29, 2003

Cet article du ministre de la d�fense am�ricain est paru dans le "Washington Post" le 26 octobre 2003. Il donne l��tat d�esprit de l�administration am�ricaine confront� � un possible enlisement en Irak.

� La semaine derni�re a marqu� le vingti�me anniversaire de l'attentat contre des baraquements de marines am�ricains � Beyrouth, qui a caus� la mort de plus de deux cent quarante Am�ricains. Peu de temps apr�s cet attentat, le pr�sident Reagan et son secr�taire d'�tat, M. George Shultz, m'ont demand� de me mettre en disponibilit� pour occuper les fonctions d'envoy� pr�sidentiel au Moyen-Orient. Ce qui s'est pass� au Liban nous a appris des le�ons sur la nature du terrorisme qui sont pertinentes de nos jours, alors que nous poursuivons la guerre mondiale contre le terrorisme.

Le pr�sident Bush a indiqu� clairement que la seule fa�on de gagner la guerre que nous menons actuellement est de porter cette lutte chez l'ennemi et de faire reculer la menace que les terroristes font peser sur notre civilisation "non pas dans les limites de son influence, mais au c�ur m�me de son pouvoir". Il a raison. Pour le comprendre, il suffit de consid�rer ce qui s'est pass� � Beyrouth il y a vingt ans.

L'attentat eut lieu lorsqu'un camion charg� d'explosifs entra dans les baraquements des marines am�ricains, pr�s de l'a�roport de Beyrouth. La r�action logique fut de placer des barri�res en b�ton autour des b�timents pour emp�cher un autre camion d'exploser. Toutefois, les terroristes trouv�rent rapidement le moyen de contourner ces d�fenses : ils se mirent � lancer des grenades propuls�es par fus�e sur des objectifs situ�s dans de tels baraquements. La tendance fut donc de se prot�ger encore plus. On commen�a de voir le long de la Corniche, l'avenue tr�s anim�e qui longe le bord de mer � Beyrouth, des immeubles recouverts d'un filet m�tallique qui faisait rebondir les grenades propuls�es par fus�e sans qu'elles causent de grands dommages. Que firent alors les terroristes ? Ils s'adapt�rent � la situation. Ils se mirent � surveiller les all�es et venues du personnel de l'ambassade et � s'attaquer � des personnes sur le trajet de travail. Face � de nouveaux moyens de d�fense, les terroristes trouv�rent de nouveaux moyens d'attaque.

Dans les six mois qui suivirent le premier attentat, les �tats-Unis retir�rent la plupart de leurs soldats du Liban. De ce qui s'est pass�, les terroristes ont tir� des enseignements importants, � savoir que le terrorisme est relativement peu co�teux et facile � nier et qu'il peut donner des r�sultats importants moyennant un risque faible et souvent sans p�nalit�. Le terrorisme peut constituer un grand facteur �galisateur, un multiplicateur de force. En outre, il fonctionne bien en ce sens qu'il peut terroriser et que m�me un seul attentat peut influencer l'opinion et le moral du public ainsi que modifier le comportement d'un pays.

Le terroriste jouit d'un avantage consid�rable. Il peut commettre un attentat � tout moment, en tout lieu, � l'aide de pratiquement n'importe quelle technique. Il n'est pas possible de d�fendre un objectif �ventuel tout le temps, en tout lieu, contre toute forme d'attaque. De ce fait, la mani�re de vaincre les terroristes est de porter la guerre chez eux, de les pourchasser l� o� ils vivent, trament leurs projets et se cachent et d'indiquer clairement aux �tats qui leur apportent une aide et qui les abritent que leurs actes auront des cons�quences.

C'est ce que le pr�sident Bush fait dans le cadre de la guerre mondiale contre le terrorisme. Lorsque notre pays a �t� attaqu� le 11 septembre 2001, le pr�sident a imm�diatement d�clar� que ce qui s'�tait pass� �tait un acte de guerre et qu'il fallait le traiter en tant que tel, que la faiblesse pouvait inviter l'agression et que le fait de rester simplement dans une position de d�fense et d'absorber les coups n'�tait pas une mani�re efficace de s'y opposer. Il a dit : dor�navant "toute personne impliqu�e dans l'ex�cution ou dans la pr�paration d'attentats terroristes contre les Am�ricains devient un ennemi de notre pays (...) Toute personne, toute organisation ou tout �tat qui soutient, prot�ge ou abrite des terroristes est complice de l'assassinat d'innocents et est tout aussi coupable de crimes terroristes. Tout r�gime d�voy� qui a des liens avec des groupes terroristes et qui cherche � obtenir des armes de destruction massive ou qui en poss�de constitue un grave danger pour le monde civilis� - et sera confront�." Dans les deux ann�es qui ont suivi, des milliers de terroristes ont �t� arr�t�s, et deux r�gimes terroristes ont appris que le pr�sident �tait s�rieux quand il disait quelque chose.

La politique que le pr�sident suit est encore plus importante alors que nous entrons dans une p�riode nouvelle et dangereuse en mati�re de s�curit�. Lorsque les baraquements des marines ont �t� attaqu�s il y a vingt ans, la menace terroriste �tait en grande partie classique. Les terroristes disposaient d'armes qui pouvaient tuer des dizaines de personnes, et, dans le cas de l'attentat de Beyrouth, des centaines de personnes. Le 11 septembre, les terroristes sont devenus encore plus audacieux ; ils ont apport� la guerre dans notre pays et se sont servis de techniques qui leur ont permis de tuer non pas des centaines, mais des milliers de personnes, et pourtant l'agent explosif qu'ils ont utilis� le 11septembre n'�tait que du carburant pour avion. Le danger auquel nous devons faire face au XXIe si�cle est la menace provenant de terroristes arm�s non pas de carburant pour avion, mais d'armes plus puissantes. Si le monde ne s'attaque pas aux liaisons qui se cr�ent entre les r�seaux de terroristes, les �tats terroristes et les armes de destruction massive, les terroristes pourront un jour tuer pas seulement deux cent quarante personnes comme � Beyrouth ou plus de trois mille personnes comme le 11 septembre, mais des dizaines de milliers ou plus.

C'est pourquoi notre pays et notre coalition qui regroupe quatre-vingt-dix pays sont en guerre. C'est pourquoi nous avons des forces qui risquent actuellement leur vie en luttant contre des adversaires terroristes en Afghanistan, en Irak et ailleurs dans le monde. C'est aussi pourquoi il est essentiel que notre pays reconnaisse que la guerre contre le terrorisme sera longue, difficile et dangereuse et que, alors que nous faisons face aux menaces terroristes actuelles, il nous faut aussi trouver les moyens d'emp�cher qu'une nouvelle g�n�ration de terroristes n'apparaisse. Pour chaque terroriste que les forces de la coalition capturent, tuent, dissuadent ou d�couragent, on compte d'autres personnes qui suivent une formation de terroriste. Pour gagner la guerre contre le terrorisme, nous devons aussi gagner la guerre des id�es, la bataille pour gagner � notre cause ceux qui sont recrut�s par les r�seaux de terroristes � travers le monde.

C'est pourquoi le pr�sident se sert de tous les �l�ments de notre puissance nationale : arm�e, finances, diplomatie, police, renseignement et diplomatie publique. En effet, pour vivre en tant que peuple libre au XXIe si�cle, nous ne pouvons pas vivre derri�re des barri�res de b�ton et des grillages. Nous ne pouvons pas vivre dans la crainte et demeurer un peuple libre. Il convient d'arr�ter les terroristes avant qu'ils puissent terroriser, et mieux encore nous devons les emp�cher de devenir des terroristes. C'est l� la le�on que nous avons apprise il y a vingt ans � Beyrouth. �

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