Le sport est bon pour la sant�, mais pas � trop hautes doses. Les athl�tes de haut niveau, surtout ceux qui pratiquent un sport d'endurance, malm�nent leurs poumons. Ils les soumettent � une ventilation beaucoup plus intense que la moyenne des gens et souvent dans des conditions difficiles, comme une atmosph�re froide ou pollu�e. Cons�quence : il risque, plus que le reste de la population, de d�velopper un asthme.
En suivant pendant trois ans des athl�tes de l'�quipe nationale suisse de triathlon, le chercheur Bruno Kn�pfli, de l'H�pital p�diatrique d'altitude de Davos, a conclu que la vitesse de d�veloppement de l'asthme chez les athl�tes d'endurance est 144 fois plus �lev�e que dans la population en g�n�ral. Un chiffre inqui�tant.
Durant ces trois ann�es, une trentaine d'athl�tes ont �t� soumis � diff�rents tests. On les a fait courir � des temp�ratures d'environ 0 degr� Celsius, en �valuant leur fonction respiratoire avant et apr�s l'effort. On a aussi mesur� l'effet d'un bronchodilatateur, un m�dicament contre l'asthme qui a la propri�t� de dilater les bronches.
Les tests visaient � d�terminer si les poumons des athl�tes montraient des signes d'hyperr�activit� bronchique, une dysfonction respiratoire menant � l'asthme. Sept athl�tes qui ne montraient aucun sympt�me d'asthme au d�but de l'�tude ont particuli�rement �t� suivis de pr�s. Constat d�solant : leur fonction respiratoire s'est d�grad�e de fa�on r�guli�re au cours des trois ann�es. En extrapolant ces donn�es, l'�quipe de Bruno Kn�pfli a calcul� que les athl�tes souffriraient d'asthme au bout de 4,63 ans en moyenne.
Les r�sultats de cette �tude ont �t� pr�sent�s lors du 13e Congr�s annuel de la Soci�t� europ�enne de pneumologie, la semaine derni�re � Vienne. Certains pneumologues se demandent si on devrait prescrire des bronchodilatateurs de fa�on pr�ventive aux athl�tes de haut niveau.
(Catherine Dub�, CyberSciences)
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