Joseph Menconi, 38 ans, a �t� condamn� � douze ann�es de r�clusion criminelle en tant que complice de l'attaque d'un fourgon de transports de fonds � Saint-Laurent-du-Var, le 17 avril 1997. Son ami, Joseph Albertini, 42 ans, accus� d'association de malfaiteurs, a �t� purement et simplement acquitt�, faute de charges suffisantes. En revanche, Freddy Chapuis, 39 ans, le convoyeur de fonds accus� de complicit�, a �cop� de huit ans de prison ferme.
Au terme d'un proc�s sous haute tension, car s�v�rement encadr� par une police hant�e par le spectre d'une nouvelle �vasion de Joseph Menconi, l'affrontement entre accusation et d�fense, esquiss� la veille � propos du palmar�s pr�sum� du double �vad� de la prison de Borgo, a litt�ralement �clat� hier, � l'heure du r�quisitoire et des plaidoiries.
Jeudi soir, d�j�, Me Gis�le Carrega (Marseille), le conseil de la soci�t� Ardial, constitu�e partie civile, avait ax� ses propos sur la sauvagerie des attaques de fourgons blind�s. L'avocat g�n�ral, Olivia Giron, ne fut pas en reste.
En requ�rant seize ann�es de r�clusion criminelle, assorties d'une peine de s�ret� des deux tiers, contre Joseph Menconi, elle a estim� qu'il fallait aller au-del� du folklore, car il y a des armes et une organisation criminelle f�roce. Pour elle, Menconi est bien ce bandit d'habitude qui occupait au moins une place centrale, si ce n'est de chef
Quant � ce soup�on de pol�mique engag� d�s le premier jour du proc�s � propos d'un lien �ventuel avec les attentats de fin 96, d�but 97 dans le sud de la France, Mme Giron en a fait le lit d'une phrase: � Je ne suis pas l� pour dire que tout cet argent-l� a pu servir � financer des activit�s terroristes! � Qu'� cela ne tienne, la d�fense de Menconi est revenue � la charge.
Mes Lionel Moroni et Antoine Sollacaro se sont �tonn�s de ce � t�lescopage de deux enqu�tes, l'une li�e au terrorisme, l'autre au banditisme �, le jour du braquage, lorsque les policiers perdent le fourgon C 15 que Menconi reconna�t avoir sorti ce jour-l� de son garage. � Mais qu'on me dise l'int�r�t de la police de le faire expr�s � s'�tait auparavant exclam� l'avocat g�n�ral.
La r�ponse, une v�ritable charge lourde contre cette lacune de l'enqu�te, Me Jean-Louis Seatelli la propose sans m�nagements : � Il y a eu une enqu�te interne sur cette interruption de filature. Le lendemain, le premier appel anonyme � la PJ, donnant les noms de personnes aujourd'hui blanchies, est pass� d'une cabine pas tr�s �loign�e du commissariat� �
Et l'avocat bastiais enfonce son clou Deux jours plus tard, le directeur d'Ardial est pris en otage par quatre hommes cagoul�s qui lui demandent, notamment, comment on ouvre les sacs sans maculer les billets. Au juge d'instruction, la police dira que cela n'est pas vrai. Cette attitude, �a met du plomb dans l'aile � la piste corse� En clair, � celle du terrorisme.
� la d�fense de Freddy Chapuis, contre lequel Olivia Giron a requis dix ans de prison, Me Richard Pyn� (Nice) rappelle l'avis du psychologue qui avait �voqu� � la faible autonomie de la personnalit� � de l'accus�: � Il a �t� soumis � un m�lange subtil de man�uvres d'intimidations �, insiste l'avocat qui pose aux jur�s une question toute b�te. � Auriez-vous continu� � dire non aux hommes cagoul�s? �
S'agissant de la n�cessit� de la pr�sence � bord du fourgon de Chapuis, Me Pyn� a son explication : � Il fallait qu'il ne leur claque pas entre les mains au dernier moment, comme lors du braquage avort� du 13 mars. On voulait qu'il soit ripoux jusqu'au bout. Pour son client � un ben�t selon un autre avocat - Me Pyn� avait propos� une peine avec sursis-mise � l'�preuve, compte tenu de ses 17 mois de d�tention provisoire.
Pour Me Dominique Mattei (Marseille), le cas de Joseph Albertini, contre lequel l'avocat g�n�ral a requis dix ans � le tout plut�t que le rien - est bien plus simple. � Acquittez-le ! �, avait-il dit. � Le fait d'avoir �t� au contact de Menconi et de lui avoir pr�t� son portable n'est pas constitutif d'une association de malfaiteurs �.
Et l'avocat marseillais de s'�crier : � Je suis indign� du sort diff�rent fait aux uns et aux autres ! � Quatre des mis en examen initiaux ont en effet b�n�fici� de non-lieux. Ce qui faisait sans doute dire � Me Mattei que cette � affaire est brumeuse comme une absence de v�rit� �.Apr�s tout, au soir du proc�s, manquent toujours � l'appel les quatre hommes cagoul�s de l'attaque et des rencontres Chapuis/Menconi...
(Francis LUMINEAL.J.)
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