Les expertises m�dico-l�gales d�finitives remises r�cemment � la juge d'instruction parisienne Sophie Cl�ment concluent que le d�c�s, jusqu'ici inexpliqu�, du magistrat Bernard Borel en octobre 1995 � Djibouti est "li� � une cause ext�rieure".
"La th�se du suicide s'effondre d�finitivement", s'est f�licit� Me Olivier Morice, l'avocat de la famille Borel, lors d'une conf�rence de presse mardi en pr�sence de la veuve du magistrat Elisabeth Borel, et de ses deux enfants, Alexandre, 16 ans, et Fran�ois-Xavier, 13 ans. "Je veux que l'on trouve ses assassins", a insist� pour sa part Mme Borel.
En poste � Djibouti pour le minist�re de la Justice fran�ais, Bernard Borel est mort le 18 octobre 1995 de fa�on myst�rieuse. Les premiers juges d'instruction saisis de l'affaire ont conclu au suicide du magistrat. Elisabeth Borel se bat depuis huit ans pour faire reconna�tre que son mari a �t� assassin�.
La juge Cl�ment va demander dans les prochains jours la lev�e du secret d�fense dont sont frapp�s douze documents du dossier, instruit � l'�poque par l'arm�e fran�aise, selon Me Morice. "Cela prouve bien que nous sommes en pr�sence d'une affaire d'�tat", a soulign� l'avocat.
Retour sur une affaire d��tat qui a toutes les chances d��tre �touff�e
En 2000, cinq apr�s la mort du petit juge, l�affaire Borel rebondit. La r�publique de Djibouti proteste alors officiellement :
JOURNAL OFFICIEL DE LA R�PUBLIQUE DE DJIBOUTI
R�solution N�12/AN/00/4�me L portant soutien du Parlement au Pr�sident de la R�publique.
L'Assembl�e Nationale,
- r�unie en quinzaine parlementaire du 27 janvier au 03 f�vrier 2000.
A - Apr�s avoir pris connaissance de la campagne de presse fallacieuse men�e par les m�dias fran�ais en vue de mettre en cause le Pr�sident de la R�publique de Djibouti, dans une affaire de suicide.
B - Relevant le caract�re ouvertement "insidieux" et le manque notoire de fondement s�rieux de ces accusations qui accommodent de mani�re inavou�e des tentatives de basses man�uvres tendant � une d�stabilisation de l'appareil d'�tat.
C - Certaine que les agissements perfides de la presse fran�aise et les accusations foment�es � l'endroit du Chef de l'�tat inf�rent une propagande vou�e � nuire � l'int�r�t Supr�me de la Nation et � l'image de marque de son Pr�sident.
D - Fort au fait que les attaques indignes dirig�es par la presse fran�aise contre S.E. ISMA�L OMAR GUELLEH, Pr�sident d�mocratiquement �lu par le Peuple, ont r�volt� l'ensemble des composantes nationales et fait na�tre des r�actions populaires massives de soutien en faveur du Chef de l'�tat.
E - Approuvant et adh�rant enti�rement � ces expressions populaires particuli�rement relay�es sur l'ensemble du Territoire national et dont la port�e exceptionnelle s'inscrira en lettres d'or dans l'histoire de la Nation djiboutienne.
F - Condamnant avec la plus grande fermet� les attaques dirig�es contre le Chef de l'�tat.
G - Saluant et se complimentant de la stature d'homme d'�tat et de Paix internationalement reconnue au Pr�sident ISMA�L OMAR GUELLEH.
H - Constatant que le Minist�re des Affaires �trang�res fran�ais dans une d�claration faite le 21 janvier dernier devant les m�dias fran�ais a demand�, par la voix de son porte-parole, que " toute la lumi�re soit faite sur les conditions de la mort du Juge Borrel ".
I - Sachant que la justice djiboutienne avait mis � la disposition de la justice fran�aise tous les �l�ments en sa possession pour faire la lumi�re sur cette affaire.
J - D�plorant l'attitude et l'absence de prise de position claire des autorit�s fran�aises sur la campagne de d�nigrement dirig�e par la presse fran�aise � l'endroit de la R�publique de Djibouti et de son Pr�sident.
K - Appr�ciant la consistance et la clart� des �l�ments de pr�cisions consign�s dans la d�claration officielle que le Gouvernement djiboutien a formul�e sur cette affaire.
L - S'�levant contre les manipulations m�diatiques orchestr�es par un Lobby fran�ais hostile en vue de d�stabiliser la R�publique de Djibouti.
M - Entendu que l'une des missions habituellement imparties aux �lus du Peuple est d'apporter sa contribution � la vivacit� de l'�tat et � la p�rennit� de l'�tat.
N - Indiquant que l'Assembl�e nationale a solennellement saisi dans une lettre ouverte l'Ambassadeur de France accr�dit� � Djibouti aux fins de l'instruire de son indignation face aux comportements scandaleux dont fait montre la presse fran�aise.
O - Non satisfaite de la r�ponse apport�e par l'Ambassade de France � la lettre qui lui a �t� adress�e par l'ensemble des �lus du Peuple.
P - Rejetant tout esprit d'hostilit� entre les deux peuples et affirmant que le Peuple djiboutien ne se laissera jamais abuser de sa fiert� et de son droit inali�nable � la souverainet� nationale.
Q - Faisant noter qu'en son article 2, la charte fondamentale des Nation-Unies appelle au d�veloppement entre les Nations, de relations amicales fond�es sur le respect du principe de l'�galit� des droits des peuples et de leur droit � disposer d'eux-m�mes.
R - Mettant en valeur que la coop�ration et les relations entre �tats doivent imp�rativement se fonder sur l'estime r�ciproque et le respect mutuel, en vue d'une r�union idoine de conditions de paix et de progr�s des peuples.
S - Consid�rant que la d�mocratie et le d�veloppement c'est avant tout le respect des Lois et des institutions �tablies.
T - Soulignant que l'�thique et la d�ontologie professionnelle du m�tier noble d'informer commandent scrupuleusement � ses serviteurs le s�rieux et la rigueur de l'investigation et le concret de l'acte.
U - Bl�mant le manquement par la presse fran�aise aux r�gles d�ontologiques et � l'�thique professionnelle du m�tier d'informer.
V - Arguant que tout gouvernement se r�clamant d'un �tat de droit a l'obligation et le devoir moral de faire respecter et appliquer les Lois et les dispositions r�glementaires en vigueur sur son Territoire national, de veiller � la protection des libert�s individuelles, collectives et de d�fendre les droits absolus d'autrui.
1 - Dit que les accusations fa�onn�es par la presse fran�aise � l'endroit du Pr�sident de la R�publique rel�vent de cas de forfaiture et qu'elles transgressent le principe du droit � l'information qu'elles d�tournent de sa vocation originelle.
2 - D�plore que les autorit�s concern�es aient fait preuve de mutisme et exclu toute prise de position militant en faveur du Droit � la bonne information.
3 - Affirme que ces agissements des m�dias fran�ais sont de nature � nuire � la bonne entente entre les Nations.
4 - D�nonce toute n�gation apport�e � l'exercice de la libert� de presse.
5 - R�affirme son soutien ind�fectible et sans faille au Pr�sident de la R�publique, Son Excellence ISMA�L OMAR GUELLEH, et proclame son attachement r�solu en faveur de la libert� et de la souverainet� nationale.
6 - Rejette et Condamne fermement les all�gations mensong�res de la presse fran�aise.
La Pr�sente R�solution sera ins�r�e et publi�e au Journal Officiel de la R�publique de Djibouti.
Fait � Djibouti, le 03 f�vrier 2000
Par le Secr�taire de l'Assembl�e Par le Pr�sident de l'Assembl�e
Nationale Nationale
ABDI IBRAHIM MOHAMED SAID IBRAHIM BADOUL
L�opposition djiboutienne lutte depuis d�j� cinq ans pour que cette mort ne soit pas � enterr�e � � DJIBOUTI : L'affaire Borrel n'est pas finie � titre LA LETTRE DE L'OC�AN INDIEN n�894 - 04/03/2000, relatant ce combat
Les deux juges fran�ais en charge de l'instruction judiciaire sur la mort myst�rieuse du juge Bernard Borrel en octobre 1995 � Djibouti, o� il �tait conseiller aupr�s du minist�re de la justice, vont entendre plusieurs personnes cit�es � ce sujet dans le r�cent t�moignage d'un Djiboutien exil� en Belgique, Mohamed Saleh Alhoumekani.
(...)
Cela devrait concerner le chef de la s�curit� pr�sidentielle, Hassan Sa�d, et le chef d'�tat-major de la gendarmerie, le colonel Madi Ahmed Cheikh (*) , qui ont tous deux port� plainte � Djibouti contre Alhoumekani et demand� � �tre entendus par les juges fran�ais. Ils pourraient entendre �galement Alain Romani, fils de l'ex-intendant de la pr�sidence djiboutienne sous Hassan Gouled Aptidon, ou encore un Libanais, Adouani, emprisonn� depuis 1987 pour un attentat commis � Djibouti.
Par ailleurs, Moumin Bhadon Farah, qui �tait ministre de la Justice en 1995 et dont Bernard Borrel �tait le conseiller, a demand� cette semaine, via son avocat fran�ais Roger-Vincent Calatayud, � �tre �galement entendu sur cette affaire.
Les juges Le Loire et Moracchini devaient �tre accompagn�s � Djibouti par le procureur de la R�publique de Paris, Jean-Pierre Dintilhac, ou un de ses adjoints, ce qui donnait � penser que le chef de l'�tat djiboutien pourrait aussi s'entretenir avec les juges fran�ais.
Le 1er f�vrier 2000 paraissait un article de l�opposition djiboutienne
Rien ne va plus pour l'homme de l'ombre devenu frauduleusement le pr�sident de Djibouti, Omar Guelleh. Non seulement ce fauteur de guerre civile ne cesse d'�tre �pingl� pour la fa�on dont il maltraite l'opposition d�mocratique, la presse, les avocats, les prisonniers. Mais un t�moignage accablant vient l'accuser d'avoir ordonn� l'assassinat d'un juge fran�ais.
Le magistrat Bernard Borrel, coop�rant judiciaire � Djibouti, a �t� �trangement "suicid�" le 19 octobre 1995. Il �tait de ces coop�rants qui croient � ce qu'ils font, aider en l'occurrence au renforcement d'un �tat de droit. Mais Djibouti n'en est pas un. Le "porte-avions" fran�ais se double d'un petit Panama.
La raison d'�tat-major y tient lieu de justice. Pour faire croire au "suicide" du juge trop consciencieux, elle a op�r� tous les faux et manipulations n�cessaires. Au point, un temps, de faire douter l'�pouse, �lisabeth Borrel, elle-m�me magistrat. Mais celle-ci est pass�e � la contre-offensive. Avec l'appui de la d�put�e Yvette Roudy, elle a fini par obtenir la r�ouverture du dossier de la disparition de son mari, aux bons soins de deux juges d'instruction, Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini.
Ils s'appr�taient � refermer sur un non-lieu ce dossier sensible, "convaincus" par la th�se du "suicide". Roger Le Loire avait d�j� �t� charg� d'instruire l'attentat antifran�ais contre le Caf� de Paris, � Djibouti, qui tua un enfant et blessa quinze personnes en 1990. Il avait renonc� � remonter jusqu'au commanditaire, Omar Guelleh - alors chef de cabinet du pr�sident Hassan Gouled, mais d�j� l'homme fort du r�gime, sp�cialiste des coups tordus.
Quant � la juge Moracchini, elle est suroccup�e : elle poursuit assid�ment son coll�gue Albert L�vy, allant jusqu'� requ�rir � son encontre une expertise psychiatrique : cet "hallucin�", en effet, croit voir de l'extr�me-droite et de la corruption sur la C�te d'Azur !
Perturbant ce paisible exercice de la justice, Alexandrine Bouilhet a recueilli dans Le Figaro (11/01) le t�moignage fort cr�dible de l'ex-adjoint � la s�curit� d'Hassan Gouled, r�fugi� en Belgique. Le 19 octobre 1995, jour de la d�couverte du corps de Bernard Borrel, " cinq hommes sont arriv�s en 4x4 � la pr�sidence pour voir Omar Guelleh " : le commandant de la gendarmerie, le chef des services secrets, deux inconnus, et le terroriste Awalleh Guelleh Assoweh, l'un des auteurs de l'attentat du Caf� de Paris.
Arr�t�, pr�tendument �vad�, Assoweh appara�t comme l'homme de main d'Omar Guelleh. Il rend compte � ce dernier : " La mission est accomplie. Le juge fouineur a �t� tu� sans aucune trace ". Le futur pr�sident v�rifie alors dans le d�tail cet effacement des traces.
Selon des opposants au r�gime, l'un des deux inconnus du 4x4 serait Mahdi Ahmed Abdillah, un autre auteur de l'attentat de 1990. Condamn� � la prison � vie par la justice fran�aise, il a �t� aussit�t promu dans l'entourage de Guelleh.
M�me si celui-ci a �t� �lu avec la b�n�diction de Jacques Chirac, Paris ne peut plus d�cemment soutenir celui qui fait assassiner ses ressortissants. Djibouti a tout � gagner � cette clarification.
D'ores et d�j�, les conclusions trop optimistes de la commission mixte franco-djiboutienne du 14 d�cembre apparaissent inapplicables.
Le 7 septembre 2000 Le Monde publie l�article suivant
Affaire Borrel : remise en cause de l'impartialit� de la juge Moracchini
LES AVOCATS de la veuve du juge Bernard Borrel, retrouv� mort en 1995 � Djibouti dans des circonstances myst�rieuses, ont vivement mis en cause, mercredi 6 septembre, aupr�s du garde des sceaux, la juge Marie-Paule Moracchini, dessaisie du dossier au printemps. Celle-ci est accus�e par Mes Olivier Morice et Laurent de Caunes d'avoir � un comportement parfaitement contraire aux principes d'impartialit� et de loyaut� � et semble avoir omis de coter et de transmettre une pi�ce de proc�dure � son successeur.
Les deux avocats, qui n'avaient pas �t� autoris�s � se rendre � Djibouti en mars pour un second transport sur les lieux, ont demand� le 1er ao�t � consulter la cassette vid�o tourn�e sur place. Le juge Jean-Baptiste Parlos, charg� de l'instruction depuis le dessaisissement de Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire le 21 juin, leur a indiqu� que la cassette ne figurait pas au dossier et n'�tait pas � r�f�renc�e dans la proc�dure comme �tant une pi�ce � conviction �. Le juge a aussit�t appel� sa coll�gue, qui lui a remis la cassette dans la journ�e. � Les juges Moracchini et Le Loire avaient gard� par devers eux cette cassette, proteste Me Olivier Morice, qu'ils avaient omis de placer sous scell�s, plus d'un mois apr�s leur dessaisissement. �
Pire, dans l'enveloppe le juge Parlos a d�couvert un mot manuscrit et assez familier de Djama Souleiman, le procureur de la R�publique de Djibouti . � Salut Marie-Paule, je t'envoie comme convenu la cassette vid�o du transport au Goubet, peut-on lire dans ce texte . J'esp�re que l'image sera satisfaisante. J'ai regard� l'�mission �Sans aucun doute� sur TF 1. J'ai pu constater � nouveau combien Mme Borrel et ses avocats sont d�cid�s � continuer leur entreprise de manipulation. Je t'appellerai bient�t. Passe le bonjour � Roger [Le Loire] s'il est rentr�, de m�me qu'� J.-C. Dauvel [procureur adjoint � Paris]. � tr�s bient�t, je t'embrasse, Djama. �
Les avocats de Mme Borrel sont �videmment furieux. � Cette pi�ce d�montre l'�tendue de la connivence qui existe entre le procureur de Djibouti et les magistrats fran�ais, assure Me Morice, et on ne peut qu'�tre scandalis�s. � Ils ont r�clam� � Elisabeth Guigou une enqu�te de l'inspection g�n�rale des services judiciaires. La ministre de la justice n'avait pas re�u leur courrier, jeudi 7 septembre. Mme Moracchini fait d�j� l'objet de poursuites disciplinaires devant le Conseil sup�rieur de la magistrature (CSM), notamment pour la disparition de pi�ces dans l'instruction du dossier de la Scientologie ( Le Monde du 3 juillet).
(Article r�dig� par Franck Johann�s et publi� dans Le Monde dat� 7/09/0
Nouvelles br�ves de l�ann�e 2003
04/03 : Affaire BORREL : les deux juges et le procureur fran�ais � Djibouti pour 10 jours. Selon une d�p�che de l'AFP, ils devraient �tre rejoints bient�t par les avocats de Mme Borrel.
Selon l'AFP, les avocats de Mme Borrel n'auraient pas �t� inform�s
au pr�alable du voyage des juges...
"Deux juges d'instruction et un magistrat du parquet de Paris sont partis vendredi matin � Djibouti dans le cadre de l'enqu�te sur la mort d'un magistrat fran�ais, Bernard Borrel, dans ce pays en 1995, a-t-on indiqu� de source judiciaire.
Les juges d'instruction parisiens Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini ainsi que le procureur de la R�publique adjoint, Jean-Claude Dauvel, doivent rester environ dix jours � Djibouti, a-t-on pr�cis� de m�me source.
Ils devraient interroger sur place diff�rentes personnes concernant les conditions exactes de la mort de Bernard Borrel, conseiller du ministre de la Justice djiboutien, dont le corps calcin� a �t� retrouv� le 19 octobre 1995 � proximit� de la ville de Djibouti.
(...)
Mes Olivier Morice et Laurent de Caunes ont pr�cis� � l'AFP qu'ils envisageaient de se rendre � Djibouti "en milieu de semaine prochaine" et qu'ils avaient pour ce faire d�pos� une demande de visa...."
mars 2003 Questionnement de l�opposition djiboutienne
Le juge LE LOIRE � la recherche d'une nouvelle voie ... de garage ??
AFFAIRE BORREL : ALERTE SUR LA V�RITABLE MISSION DES DEUX JUGES ET DU PROCUREUR FRANCAIS A DJIBOUTI.
TOUS LES MEMBRES DE LA FAMILLE D'Alhoumekani SONT CONVOQUES DEMAIN DIMANCHE 5 MARS A LA BRIGADE DE RECHERCHES DE DJIBOUTI.
Normalement la mission des juges, dans le cadre d'une commission rogatoire, doit consister � v�rifier un certain nombre d'�l�ments pour contribuer � la recherche de la v�rit� : interrogations de t�moins, d�placements sur les lieux, reconstitutions, etc.
Ce soir samedi 4 mars, nous apprenons, avec la plus grande stup�faction, que leur premier acte, sur le sol djiboutien, a �t� de faire convoquer � la Brigade de Recherches (pour demain dimanche � partir de 8 h 30 tous les membres de la famille d'Alhoumekani du plus jeune au plus vieux pour des interrogatoires. ( Alhoumekani est ce t�moin r�fugi� � Bruxelles qui a r�v�l� une conversation qu'il aurait entendu dans les jardins de la Pr�sidence � Djibouti et qui compromettrait M. Guelleh dans l'assassinat pr�sum� du juge BORREL)
D�s lors, on peut l�gitimement se poser toutes les questions sur la v�ritable mission des juges. �luder ou �lucider ?
En effet, aucun des membres de la famille d'Alhoumekani n'est impliqu� dans la mort du juge BORREL, ni de pr�s, ni de loin. Donc, si les juges ont d�cid� de les interroger "tous", ce ne peut pas �tre en qualit� de t�moins dans le cadre de la recherche de la v�rit� sur la mort suspecte du juge BORREL. Il ne peut s'agir que de les faire parler de leur parent r�fugi� � Bruxelles.
D'ici � chercher tous les �l�ments susceptibles de montrer que ce t�moin est un affabulateur, un instable, etc... Il n'y a qu'un pas qu'ils pourraient franchir rapidement ... Et nous ne parlons pas des pressions possibles qui pourraient �tre exerc�es... dans ce contexte, pour obtenir des t�moignages allant dans le sens souhait� par la France. Ce risque ne peut-�tre exclu... Les conditions de l'interrogatoire d'Alhoumekani par les deux m�mes juges � Bruxelles avaient �t� contest�es ...
Imaginons, par exemple, que le juge LE LOIRE n'ait aucune envie de se "d�juger" ; c�est-�-dire d'�tre amen� � reconna�tre qu'il avait eu tort dans ses premi�res conclusions. Que ferait-il dans ce cas-l� ?
Cette "action d'�clat" des juges permettra de toutes les fa�ons � la France de rassurer Monsieur Guelleh puisqu'elle est destin�e � renforcer les arguments qu'il a utilis�s pour sa propre justification ....
D�cid�ment, le m�canisme d'�touffement fran�ais est bien marche et il b�n�ficie de moyens consid�rables.
Rassurez-vous M. Guelleh, la v�rit� ne devrait pas �clater .... dans l'imm�diat !
02/03/2000 : Affaire Borrel: deux juges d'instruction et un procureur-adjoint se rendent � Djibouti
PARIS (AP) -- Les deux juges d'instruction parisiens qui enqu�tent sur le d�c�s d'un magistrat fran�ais � Djibouti doivent se rendre vendredi dans ce pays pour y interroger plusieurs personnes, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.
Les juges d'instruction Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, accompagn�s par le procureur-adjoint de la R�publique de Paris, Jean-Claude Dauvel, resteront une dizaine de jours � Djibouti. Ils doivent v�rifier les d�clarations faites en janvier par un ancien officier de la garde pr�sidentielle de Djibouti, aujourd'hui r�fugi� en Belgique, qui affirme que Bernard Borrel, d�tach� comme conseiller au minist�re djiboutien de la Justice, a �t� assassin�, indique-t-on de m�mes sources.
Le corps de Bernard Borrel a �t� retrouv� carbonis� le 19 octobre 1995. L'enqu�te confi�e � la brigade criminelle a conclu � la th�se du suicide alors que la veuve du magistrat est persuad�e que son mari a �t� victime d'un assassinat.
Mohammed Saleh Alhoumekani, entendu le 31 janvier par les deux magistrats instructeurs, a accus� l'actuel pr�sident djiboutien Isma�l Omar Guelleh, ainsi qu'un terroriste libanais et un restaurateur corse, d'�tre les commanditaires de l'assassinat du magistrat fran�ais.
Selon les avocats de Mme Borrel, Me Olivier Morice et Laurent de Caunes, le juge d'instruction Marie-Paule Moracchini, aurait invit� ce t�moin � revenir sur ses d�clarations lors de son audition. Les deux avocats ont tent�, sans succ�s, de faire dessaisir les juges d'instruction.
Le Syndicat de la magistrature (SM), partie civile dans ce dossier, n'a toujours pas d�pos� devant la Cour de cassation la requ�te en suspicion l�gitime qu'il voulait formuler d�but f�vrier contre les deux magistrats. Le SM pourrait saisir la chambre d'accusation afin qu'elle instruise le dossier, explique-t-on au syndicat.
Le 9 mars 2000, l�opposition djiboutienne annonce le retour des juges qui s��taient rendus sur place
Nous apprenons que les juges LE LOIRE et MORACCHINI ainsi que le procureur adjoint devraient rentrer � Paris lundi 13 mars, par le vol AIR FRANCE, apr�s leur s�jour de dix jours � Djibouti o� ils s�journaient au Messe des officiers.
Ils devraient rapporter tous les proc�s-verbaux de leurs auditions dans le cadre de la commission rogatoire et nous pouvons pr�dire que les avocats de Mme BORREL vont en demander la copie aussit�t.
Vont-ils aussi lancer un mandat contre M. Guelleh qui a refus� de r�pondre � leur convocation arguant du principe de souverainet� ? Bien �videmment cela nous surprendrait, mais il semble qu'ils seraient fond�s � le faire.
10/03 : � L'Ambassade de France n'a toujours pas r�pondu � notre question � d�clare l�opposition.
L'Ambassade de France � Djibouti n'a toujours pas r�pondu � nos questions concernant les propos qui avaient �t� attribu�s � S.E. l'Ambassadeur de France par Ali ABDI et qui avaient �t� repris dans LA NATION du 31 janvier.
Ces propos, s'ils �taient confirm�s, mettaient en cause directement un d�put� fran�ais, pr�sident de l'Amicale parlementaire franco-djiboutienne: Me Arnaud MONTEBOURG, plus les autres (?).
Il nous semble utile de conna�tre la position officielle de l'Ambassade et les mesures qui ont �t� prises � la suite de la parution : d�menti ou confirmation ?
Il est vrai que les diplomates prennent du temps pour pr�parer leurs r�ponses et il ne nous appartient pas de les presser. Nous nous contenterons d'attendre et de suivre cette question r�guli�rement, jusqu'� conna�tre la r�ponse officielle.
Un journal de l�opposition djboutienne �crit le 1er avril 2000 � �Les juges, la justice et Djibouti �
Comme au Congo-Brazzaville, l'accord de paix sign� en f�vrier entre les parties en conflit � Djibouti est compromis par la persistance d'une logique dictatoriale - en l'occurrence celle d'Isma�l Omar Guelleh (IOG).
Ainsi, le 6 mars, le fils du leader de l'opposition Moussa Idriss a �t� condamn� � 3 ans de prison, sur un dossier vide.
Parall�lement, la juge �lisabeth Borrel, veuve d'un magistrat coop�rant assassin� � Djibouti, est en butte � deux de ses confr�res, Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini, qui veulent faire croire � un suicide. Fait rare, elle a obtenu le soutien public des trois syndicats de magistrats.
En face, les juges en charge du dossier ont le soutien d'une consid�rable raison d'�tat. Un officier djiboutien r�fugi� � Bruxelles, Alhoumekani, a t�moign� de ce que l'assassinat aurait �t� commandit� par IOG. Il serait difficile pour Paris de continuer d'entretenir des relations avec l'assassin d'un magistrat fran�ais. Mais comment songer � une rupture quand Djibouti demeure la principale base militaire fran�aise en Afrique ?
Le couple de juges instructeurs para�t assez ouvert � ce "cahier des charges". En d�placement � Djibouti, il a consacr� l'essentiel de ses investigations... � la famille d'Alhoumekani - pas sp�cialement rassur�e ni libre de ses propos. Comme si c'�tait de ce c�t� qu'il fallait trouver la faille, plut�t que dans les invraisemblances b�antes de la version officielle (le "suicide"). Une th�se que r�fute d�sormais l'ensemble de la corporation.
Accompagn� d'une �quipe de t�l�vision, le juge Le Loire a jou� au cow-boy � Djibouti pour l'�mission Capital de M6, tandis que les avocats de la famille Borrel sont interdits d'entrer dans ce pays. Le 13 mars, ils ont �crit � la ministre de la Justice �lisabeth Guigou pour lui demander une nouvelle fois d'ordonner une enqu�te de l'Inspection g�n�rale des Services judiciaires sur ces curieuses fa�ons d'instruire (cf. La Libert�, 11/03).
Le 20 avril d�p�che de l�AFP
Un rapport m�dico-l�gal confirme le suicide du juge Borrel en 1995
Pr�s de cinq ans apr�s la mort de Bernard Borrel, magistrat fran�ais en poste � Djibouti dont le corps calcin� avait �t� retrouv� le 19 octobre 1995, un rapport m�dico-l�gal est venu confirmer la th�se du suicide, contest�e par la veuve du magistrat. Selon ce rapport, r�alis� par deux experts aupr�s de la Cour de cassation, dont Mme Dominique Lecomte, directrice de l'Institut m�dico-l�gal, le magistrat fran�ais, qui �tait alors conseiller du ministre de la Justice djiboutien, s'est donn� la mort en s'aspergeant d'essence puis en s'immolant par le feu. La veuve du juge, Mme Elisabeth Borrel, estime que son mari aurait �t� tu� en raison de sa connaissance de dossiers compromettant l'�tat djiboutien. Mme Lecomte s'�tait rendue d�but mars � Djibouti en compagnie des deux juges d'instruction charg�s de l'enqu�te, Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, et d'un membre du parquet. Ces derniers ont proc�d� sur place � de nombreuses auditions ainsi qu'� une reconstitution des conditions de la mort de M. Borrel. L'expertise m�dico-l�gale �limine formellement l'hypoth�se selon laquelle le corps du magistrat aurait pu �tre transport� par une tierce personne sur les lieux o� il a �t� retrouv�.
19/12/01 L'Affaire Borrel � Archives d�un journal de l�opposition djiboutienne - Un lecteur nous transmet un article datant du 1er Mars 2000 qui r�sume bien l'affaire ..
Cette affaire n'a toujours pas �t� conclue par la justice fran�aise. Les premiers juges ont �t� dessaisis du dossier et nous attendions avec impatience que le juge Parlos intervienne. Nous n'avons aucune information sur son travail, mais nous savons qu'il ne s'est toujours pas rendu � Djibouti et qu'il n'a toujours pas entendu le t�moin principal M Aloumekani.
1er mars 2000
Depuis deux d�cennies, un concentr� de Fran�afrique, plut�t piment�, a fondu sur Djibouti. Il m�le les rivalit�s claniques locales, les excroissances des "services", d'�tranges "coop�rants", la Corsafrique casinoti�re, une panoplie de trafics (argent sale, drogue, faux-dollars), le prox�n�tisme et la p�dophilie.
Un coop�rant judiciaire, le magistrat fran�ais Bernard Borrel, a sans doute approch� de trop pr�s ce cloaque. Il a �t� �trangement "suicid�" le 19 octobre 1995. Il �tait de ces coop�rants qui croient � ce qu'ils font, aider en l'occurrence au renforcement d'un �tat de droit. Mais Djibouti n'en est pas un. Le "porte-avions" fran�ais se double d'un petit Panama.
La raison d'�tat-major y tient lieu de justice. Pour faire croire au "suicide" du juge trop consciencieux, elle a op�r� tous les faux et manipulations n�cessaires. Au point, un temps, de faire douter l'�pouse, �lisabeth Borrel, elle-m�me magistrat. Puis celle-ci est pass�e � la contre-offensive. Avec l'appui opini�tre de la d�put�e Yvette Roudy, elle a fini par obtenir la r�ouverture du dossier de la disparition de son mari. Aux bons soins de deux juges d'instruction, Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini.
D�but 2000, ils s'appr�taient � refermer sur un non-lieu ce dossier sensible, "convaincus" par la th�se du "suicide". Roger Le Loire conna�t bien Djibouti. Il a longuement instruit un attentat antifran�ais commis en 1990 dans ce port africain, contre le "Caf� de Paris" (un enfant tu�, quinze bless�s). Le juge avait renonc� � remonter jusqu'au probable commanditaire : Isma�l Omar Guelleh, alors chef de cabinet du pr�sident Hassan Gouled, et d�j� l'homme fort du r�gime.
Ce sp�cialiste des coups tordus est devenu chef de l'�tat en 1999, avec la b�n�diction de Jacques Chirac. En d�placement � Djibouti pour l'affaire Borrel, le juge Le Loire n'a rencontr�, �crit-il, aucun t�moin susceptible d'�clairer sa lanterne. Mais il a accept� l'invitation d'Omar Guelleh � un repas dans son palais. Fin 1998, le m�me Guelleh s'�tait empress� d'int�grer dans son �quipe Mahdi Ahmed Abdillahi, qui venait d'�tre condamn� � la prison � vie par la justice fran�aise pour l'attentat du Caf� de Paris...
Quant � la juge Moracchini, elle est suroccup�e : elle poursuit inlassablement son coll�gue Albert L�vy. Elle est all�e jusqu'� requ�rir une expertise psychiatrique contre cet "hallucin�" qui a cru devoir s'opposer aux manigances proven�ales de l'extr�me-droite et de la mafia ! Elle suspecte L�vy d'avoir transmis une information � un journaliste - un crime abominable. Le Syndicat de la magistrature s'est publiquement �tonn� du z�le de cette juge " qui porte moins d'attention � d'autres affaires ". Qui, par exemple, a �gar� un tome et demi de l'instruction sur la Scientologie. Et qui, en l'occurrence, allait laisser sa coll�gue �lisabeth Borrel � ses questions lancinantes.
Une journaliste est venue perturber ce paisible exercice de la justice. Alexandrine Bouilhet a recueilli dans Le Figaro (11/01) le t�moignage fort cr�dible de l'ancien adjoint � la s�curit� du pr�sident Gouled, Mohamed Saleh Alhoumekani, r�fugi� en Belgique. Le jour de la d�couverte du corps de Bernard Borrel, " cinq hommes, affirme-t-il, sont arriv�s en 4x4 � la pr�sidence pour voir Omar Guelleh " : le commandant de la gendarmerie, le chef des services secrets, deux �trangers, et le terroriste Awalleh Guelleh Assoweh, l'un des auteurs de l'attentat du Caf� de Paris. Th�oriquement emprisonn�.
Permissionnaire ou �vad�, Assoweh appara�t comme l'homme de main d'Omar Guelleh. Il rend compte � ce dernier : " La mission est accomplie. Le juge fouineur a �t� tu� sans aucune trace ". Le futur Pr�sident s'assure alors dans le d�tail de cet effacement des traces. Selon Alhoumekani, l'un des deux �trangers du 4x4 serait un homme d'affaires corse, et l'autre un terroriste libanais.
Le t�moignage de l'officier djiboutien est corrobor� par celui d'un juge du m�me pays, exil� lui aussi. En poste sur place au moment des faits, il a entendu le procureur g�n�ral s'exclamer : " �a ne peut pas �tre un suicide ", et envisager l'ouverture d'une enqu�te avant d'en �tre dissuad� par sa hi�rarchie.
Ce revirement serait intervenu apr�s une d�marche du chef de la mission fran�aise de coop�ration, Jean-Jacques Mouline, aupr�s du ministre djiboutien de la Justice. Selon plusieurs t�moins, le chef de mission se serait exclam� : " C'est un suicide ! J'ai re�u des instructions de Paris en ce sens ! ".
Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire sont all�s interroger l'officier djiboutien r�fugi� en Belgique. Ils ont lourdement insist� pour le faire revenir sur ses d�clarations � la presse, soulignant " qu'il se mettait dans une situation de r�el danger compte tenu de la pr�sence � Djibouti des mafias libanaise et corse ". La pression fut si manifeste que les avocats d'�lisabeth Borrel ont demand� le dessaisissement des deux juges (cf. Le Nouvel Afrique-Asie, 07/97 ; Le Figaro, 31/01 et 03/02 ; Lib�ration, 04/02).
En cette affaire exemplaire, la justice croise les ergots de la Fran�afrique. Elle aimerait se faire toute petite. Mais peut-�tre est-ce pour elle l'occasion de grandir, au b�n�fice de la France et de l'Afrique ?
Le 28/09/02 Dans un communiqu� commun, l'opposition djiboutienne unie, le GED et l'ARDHD se posent des questions de fond sur l'assistance et le soutien que la France pourrait accorder � Guelleh lors de sa visite officielle � Paris.
Paris et Bruxelles, le 28 septembre 2002
COMMUNIQUE DE PRESSE
Qui est Monsieur Isma�l Omar Guelleh, que la France s'appr�te � recevoir officiellement, en qualit� de Pr�sident de la R�publique de Djibouti ?
La France s'appr�te � accueillir Monsieur Isma�l Omar Guelleh. Il devrait �tre re�u par Monsieur Jacques Chirac, Pr�sident de la R�publique fran�aise, par le Premier Ministre et par les Pr�sidents du S�nat et de l'Assembl�e nationale.
� cette occasion, l'opposition djiboutienne unie, le Gouvernement en Exil de Djibouti, qui si�ge � Bruxelles, avec le soutien de l'Association pour le Respect des Droits de l'Homme � Djibouti (ARDHD), rappellent que Monsieur Isma�l Omar Guelleh n'est pas un personnage tr�s recommandable.
Des interrogations de fond se posent � l'occasion de cette visite sur les v�ritables motivations et objectifs de la France ?
Le r�gime djiboutien actuel : la n�gation des Droits de l'Homme, de la Justice et la suppression de toutes les libert�s fondamentales.
Citons deux exemples repr�sentatifs des monstruosit�s qui sont commises, chaque jour, par ce r�gime sans humanit� :
- Le 18 d�cembre 1991, Monsieur Isma�l Omar Guelleh a ordonn� une action militaire dans le quartier d'Arriba � Dji-bouti : plus de 59 femmes, vieillards et enfants ont �t� rassembl�s au centre du quartier et tu�s de sang-froid en quelques minutes. Seule l'intervention des Forces fran�aises a permis d'�viter un bilan encore plus catastrophique.
- Juin 2000, la communaut� internationale horrifi�e d�couvre, gr�ce aux informations v�rifi�es fournies par une ONG, que 29 enfants en majorit� mineurs sont incarc�r�s dans la sinistre prison de Gabode avec les adultes et qu'ils sont soumis � des s�vices et � des viols. La mobilisation internationale, y compris celle de la Pr�sidente du Parlement europ�en aboutit � leur soi-disant lib�ration, car personne ne sait ce qu'ils sont devenus aujourd'hui, ni m�me s'ils sont encore vivants.
Des soup�ons graves p�sent sur le Chef de l'�tat djiboutien dans deux affaires p�nales, que la Justice fran�aise instruit :
- la mort suspecte du juge Borrel, dont le cadavre a �t� d�couvert � moiti� calcin� dans un endroit d�sert,
- l'attentat du Caf� de Paris, o� le jeune fils d'une famille de militaires a perdu la vie,
- � sans compter les nombreux meurtres ou les disparitions �tranges de personnalit�s politiques et d'opposants, dont celles d'un ancien g�n�ral, prisonnier, � qui le Pr�sident a refus� les soins m�dicaux n�cessaires (dialyse r�nale), en violation des recommandations du corps m�dical et de l'avis du Procureur de la R�publique.
Aujourd'hui, la situation est alarmante � Djibouti.
- les d�tournements massifs et av�r�s des fonds publics et des aides internationales, dont celles de la France, ont conduit le pays � une v�ritable situation de ruine �conomique. Les fonctionnaires subissent des retards de salaire qui peuvent atteindre neuf mois, le ch�mage a d�pass� des seuils ahurissants.
- Il n'y a pratiquement plus d'activit� �conomique dans la R�publique et les �lites quittent le pays en masse pour demander un asile souvent justifi�, en Europe, aux USA et au Canada.
- les droits de l'homme sont bafou�s en permanence : arrestations ill�gales, tortures, emprisonnements sans jugement, viols, ex�cutions sommaires, sont le lot quotidien des Djiboutiens qui ne peuvent plus s'exprimer, sans risquer l'intervention imm�diate et r�pressive de la police politique.
Le pays est au bord du chaos. La situation devient explosive et on peut craindre � tout moment une r�volte populaire, dont les cons�quences sont impr�visibles, mais dont le bilan en vies humaines pourrait �tre catastrophique.
Des questions de fond se posent :
Djibouti abrite actuellement de nombreuses forces militaires : fran�aises (rest�es sur place apr�s l'ind�pendance), allemandes, am�ricaines, n�erlandaises, des d�tachements italiens et espagnols et probablement un poste d'�coutes isra�lien.
Il semble �vident que Djibouti pourrait avoir un r�le � jouer en tant que base arri�re, si des op�rations militaires devaient �tre effectu�es contre l'Iraq ou d'autres pays qui pourraient abriter des r�seaux terroristes li�s aux organisations de Ben Laden.
- Est-ce une raison suffisante pour accueillir officiellement un dictateur indigne, dont les actes criminels pourraient lui valoir un renvoi devant la Cour p�nale internationale ?
- La France doit-elle continuer � soutenir diplomatiquement et financi�rement ce r�gime qui asservit sa population et qui trahit tous ses engagements ?
L'opposition djiboutienne unie, le Gouvernement en Exil de Djibouti et l'Association pour le Respect des Droits de l'Homme � Djibouti (ARDHD) lancent un appel solennel � la Communaut� internationale et au Gouvernement fran�ais pour qu'ils cessent d'accorder aides et soutien � un r�gime dictatorial indigne, coupable de crimes contre l'humanit�.
Le Peuple fran�ais ne peut plus fermer les yeux devant le malheur d'un Peuple ami : le Peuple djiboutien, avec lequel il a entretenu depuis plus d'un si�cle, des relations d'amiti� fortes, de compr�hension mutuelle et de d�veloppement.
La France a les moyens de jouer un r�le majeur � Djibouti et elle doit assumer ses responsabilit�s pour �viter une guerre civile et un embrasement g�n�ralis� dans la r�gion.
Elle a la l�gitimit� pour mettre en �uvre tout ce qui sera possible et n�cessaire pour restaurer la D�mocratie, la Justice et les Libert�s fondamentales des Djiboutiens, mais elle n'est pas l�gitime pour faire l'inverse.
Rappelons enfin que le R�gime dictatorial de M Guelleh a d�j� fait l'objet de deux condamnations par le Parlement europ�en, d'abord le 18 d�cembre 1997 puis le 6 mai 1999 :
Le 7 octobre 2002 sur nouvelles.org un papier d�Alain Letterier � . Relations internationales et bilat�rales � � propos de Djibouti et de la France.
Fatigu�s.
Le pr�sident de la R�publique de Djibouti, Isma�l Omar Guelleh a effectu� une visite officielle en France du 30 septembre au 3 octobre 2002. Au cours de sa visite il aura rencontr� son homologue fran�ais, M. Jacques Chirac, le Premier ministre, les ministres des Affaires �trang�res, du Tourisme et de la Sant�, les pr�sidents du S�nat et de l'Assembl�e nationale, des investisseurs, etc. Le dispositif � lourd � en somme. Oui mais�
Paris, 7 octobre 2002. � En fait, la visite du pr�sident djiboutien ne s'est pas d�roul�e comme c'�tait pr�visible.
Bien s�r, Isma�l Omar Guelleh fut honor� des divers signes de conformit� protocolaire : honneurs de la Garde, poign�e de mains sur le perron de l'�lys�e, �pinglement r�ciproque des marques respectives de grandeur, rencontres d'�diles et de repr�sentants du milieu d'affaires hexagonal�
Oui mais. Les � signes � �a ne co�te pas grand-chose. L�g�re mobilisation de communicants maison, plus recours aux infrastructures permanentes d�di�es.
Personne ne fut dupe. La preuve par le communiqu� � light � de l'ADI (Agence djiboutienne d'information), d'habitude plus diserte, concernant la r�ception � l'�lys�e. La preuve aussi par l'information officielle fran�aise. Le jour de la r�ception � l'�lys�e, le site Internet de la Pr�sidence de la R�publique titrait sur le � Sommet europ�en de l'�levage � (� Clermont-Ferrand). Et, les jours suivants, la visite du principal oblig� de la France en Afrique ne mobilisa m�me plus un r�dacteur du Quai d'Orsay. Une simple photo (la poign�e de mains pr�sidentielle), titr�e sobrement � L'actualit� en images �, orna le site internet du minist�re fran�ais des Affaires �trang�res. Petite l�gende et rien de plus� Exit les organes officiels. Et rien de substantiel dans la presse grand public, ni � la t�l�vision ni sur les radios.
Le r�sultat ne sera donc pas celui escompt�.
La demande du pr�sident djiboutien �tait pr�somptueuse : ren�gocier le volet �conomique et financier des accords bilat�raux avec la France. Comme si c'�tait le moment ! Ou peut-�tre aurait-il fallu un peu plus de lisibilit� politique et quelques gages en mati�re �conomique ?
Selon plusieurs observateurs, M. Guelleh � n'a rien obtenu de concret, et surtout pas de subventions suppl�mentaires. Au mieux, il y aurait accord de principe pour une ren�gociation des accords de finance, � la condition de ne pas modifier les aspects �conomiques � (1). Cet aspect des choses �tait lisible d�s le premier jour de la visite, dans les propos de la porte-parole de M. Chirac (2). En substance : � On s'aime d�j� beaucoup mais on va quand m�me essayer d'optimiser la vie commune. De gr�ce, plus de questions d'argent entre nous !, d�j� que les frais du foyer sont trop on�reux�
Et il y eut aussi la conf�rence de presse du 4 octobre. Vingt minutes tout au plus. Br�ve et agit�e.
Lors de sa rencontre avec la presse �trang�re � Paris, le Pr�sident Guelleh a perdu son sang-froid. Refusant de r�pondre � une question sur le viol de femmes afar, s'�nervant � propos du multipartisme et sur la mort du juge Borrel, il �courta la s�ance. La transparence est un combat. D�mocratique.
Comme le remarque RFI (3), � Le pr�sident a habilement �vacu� toutes les questions se rapportant � la situation politique dans son pays. Il n�a pas non plus voulu r�pondre � sa citation � t�moigner devant un juge fran�ais (4), dans l�affaire du magistrat fran�ais Bernard Borrel, retrouv� mort � Djibouti le 19 octobre 1995. � Affaire pour laquelle � sa veuve parle d�assassinat politique avec la complicit� de l�actuel pr�sident Guelleh. �
Pour ne pas arranger les choses, une manifestation d'opposants politiques et de repr�sentants d'associations des droits de l'homme se tenait place de la Madeleine, le 3 octobre, � deux pas de l'h�tel Marigny o� r�sidait le pr�sident Guelleh. D�monstration festive, joyeuse, politique. Les manifestants nombreux ont tenu le pav� pr�s de trois heures, r�clamant la � d�mocratie � Djibouti � et proclamant qu'il n'est � pas de paix sans justice � (5).
En l'absence d'une vraie couverture m�diatique, et croyant calmer un peu les choses, il fut tent� un entretien avec le site Internet Afrik.com (6). Notre coll�gue ne s'y est pas montr�(e) tr�s inspir�(e), mais bon, �a partait d'un bon sentiment.
Concernant l'implication de Djibouti dans la r�solution des conflits en Somalie : � Nous avons organis� une rencontre entre les diff�rents bellig�rants � Djibouti. � (7)
� propos de l'Accord-cadre sign� avec le Frud-arm� de M. Dini : � [Sans rire] Nous avons rempli nos contrats avec nos fr�res du Frud. Les engagements pris ont �t� honor�s. La preuve, c'est qu'ils font toujours partie du gouvernement. � (8)
Sur les nombreux viols des femmes afar � Djibouti : � Nous avons un minist�re de la Femme, c'est vous dire si les droits de la Femme nous tiennent � c�ur. �
D�cid�ment, c'�tait pas la grande forme. Sans nul doute, sa seconde visite officielle en France aura fatigu� le pr�sident Guelleh. Et d'autres avec lui. Il ne devrait pas en faire trop.
Mais, pour amusantes qu'elles soient, ces politicailleries ne croisent pas l'int�r�t des populations djiboutiennes. Pendant que l'ex-puissance coloniale joue au poker menteur avec l'une de ses cr�atures, les Djiboutiens attendent la fin de l'oppression et esp�rent le d�veloppement de leur pays et des r�gions. Pour l'heure, ils craignent surtout les cons�quences de la grave crise alimentaire qui menace une nouvelle fois la corne de l'Afrique.
Il est vraiment grand temps que la France r�oriente sa coop�ration africaine. Dans le sens de l'int�r�t des peuples. Son �chec � est patent � (9) ; il faut que cesse la mascarade. � AL
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(1) � Guelleh perd son sang-froid �, 4 octobre, ARDHD (Association pour le respect des droits de l'homme � Djibouti),
(2) Cf. d�p�che AFP du 1er octobre, citant Mme Colonna : � Paris fait valoir que Djibouti est, par habitant, le premier b�n�ficiaire de l'aide publique au d�veloppement fran�aise, avec 23 millions d'euros par an, et que celle-ci repr�sente le tiers de l'aide publique totale re�ue par Djibouti.
� M. Chirac a �galement encourag� Djibouti dans ses efforts pour conclure un accord avec le Fonds mon�taire international. �
(3) � Une visite pour rassurer Paris �, Didier Samson, Radio France internationale, 3 octobre
En d�cembre 2002 sur CANAL + - Retour sur l'�trange mort du magistrat toulousain
Djibouti : l'impossible suicide du juge Borrel
� J'irai jusqu'au bout, mais dans cette affaire, je ne fais plus confiance � personne. � Ainsi s'exprimait le 29 juin dernier dans les colonnes de � La D�p�che du Midi �, Elisabeth Borrel. Qui, depuis 7 ans, se bat pour conna�tre la v�rit� sur la mort de son mari.
Une affaire �trange, complexe, touffue, o� l'on sent, � l'�vidence l'ombre de la Raison d'�tat planer. Au d�triment de l'apaisement d'une famille.
Canal + a choisi de relater cette affaire, � travers un reportage de Bernard Nicolas.
L'affaire commence � Djibouti, un de ces petits coins du monde o� l'on croise tous les comploteurs de la plan�te.
Le 19 octobre 1995, au pied d'une falaise, on d�couvre le corps � moiti� calcin� de Bernard Borrel. L'homme est �g� de 40 ans. Il est magistrat, originaire de Toulouse, ancien substitut du procureur de la R�publique de Montauban.
� Djibouti, il est en mission, d�tach� par son minist�re.
Une enqu�te rapide conclue � un suicide. � Par immolation �, pr�cise le rapport. � partir de l�, le dossier n'est plus qu'une accumulation de bizarreries et de chausse-trapes.
AUTOPSIES DU CORPS ET DES RADIOS
C'est d'abord un conseiller juridique qui d�boule chez la veuve, � la recherche de documents � de la plus haute importance �. Ce sont des sommes d'argent retir�es � la banque par Bernard Borrel avant son d�c�s. C'est une autopsie du corps et des radios qui doivent �tre r�alis�es, et dont on n'aura jamais ni preuve ni traces. Une seconde autopsie pratiqu�e en France assure qu'aucune trace de suie n'a �t� relev�e dans les poumons, et que donc la victime est morte avant d'�tre br�l�e...
Le dossier, lui, va naviguer de juges en juges. Un dossier o� Elisabeth d�couvre avec effarement qu'on pr�tait � son mari des pratiques p�dophiles, ou plusieurs ma�tresses. � Mensonge d'�tat � accuse-t-elle. Elle qui a fini par d�couvrir que son �poux enqu�tait sur un attentat perp�tr� � Djibouti en 1990. Peut-�tre sur un trafic de dollars, peut-�tre sur l'argent de la coop�ration.
Plus les �l�ments d'enqu�te s'accumulent, plus la mort du juge Borrel ressemble � une ex�cution. Un contrat sur un homme qui en savait trop. Qui avait eu acc�s aux secrets sulfureux r�serv�s habituellement aux officines occultes des �tats.
� force de t�nacit�, Elisabeth Borrel a obtenu qu'une seconde exhumation soit r�alis�e en juin dernier, du cimeti�re de Frouzins (Haute-Garonne) o� repose d�sormais son mari. D'autres examens, d'autres investigations vont �tre r�alis�es.
� Je ne sais pas ce que l'on peut trouver sept ans apr�s, expliquait alors Elisabeth Borrel. Dans toute enqu�te criminelle, c'est tout de suite que l'on cherche... �
Une m�re de famille qui porte au quotidien la douleur de ne pas savoir: � C'est horrible de ne pas pouvoir r�pondre quand les enfants demandent s'il a souffert quand il est mort. �
D. D.
Le 04/12/02 Me Morice, dans une interview sur RFI, annonce qu'il a port� plainte contre Hassan Sa�d et les anciens magistrats pour "subornation de t�moins"
Dans l'entretien qu'il a accord� � RFI, Me Morice annonce qu'il aurait port� plainte devant le Tribunal de Grande instance de Paris, contre Hassan Sa�d et les juges Leloire et Moracchini, pour tentative de subornation de t�moins, sur la base de faits r�els et de t�moignages, y compris de policiers belges.
Par ailleurs Me Morice a annonc� que les expertises m�dico-l�gales concluaient � un assassinat du Juge Borrel qui aurait �t� frapp� � la t�te et au bras, dans un mouvement de protection. On peut conclure que ce n'est qu'une fois mort ou inconscient qu'il aurait �t� carbonis�.
La mise en cause de Guelleh et de ses proches semble maintenant in�vitable et nous attendons les d�cisions qui seront prises par la Justice fran�aise.
La France aura-t-elle la capacit� de reconna�tre les erreurs pass�es et de s'engager dans la voie de la v�rit� ? Nous devrions le savoir tr�s vite !
Madame Alliot-Marie continuera-t-elle � apporter un soutien financier � Guelleh et � son r�gime, sachant qu'il pourrait �tre consid�r� comme ayant une responsabilit� dans la mort d'un juge fran�ais ?
Nous devrions le savoir dans les prochains jours.
� suivre
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Le 04/12/02
1 - RFI. Djibouti : Affaire Borrel - le tournant.
2 - Le Monde : de nouveaux �l�ments jettent le trouble sur la mort du juge Borrel
Me Olivier Morice a �t� invit� � parler ce mercredi matin sur RFI.
Apr�s sept ans d�enqu�te, la justice fran�aise effectue un virage � 180 degr�s sur le dossier Borrel. Ce juge fran�ais, retrouv� mort en 1995 au pied d�une falaise de Djibouti, n�est pas un �suicid� pour le cinqui�me magistrat instructeur. Plusieurs t�moins ont d�j� �tay� la th�se de l�assassinat, d�fendue par la veuve du magistrat. Dernier en date: Ali Iftin, l�ancien patron de la garde pr�sidentielle. Nous l�avons rencontr� � Bruxelles.
Six mois d�exil et d�j� sa terre natale lui manque. Sous sa veste en cuir, Ali Abdillahi Iftin abrite l�amertume d�un homme �c�ur� par les d�rives d�un r�gime o� r�gne l�arbitraire. Ce commandant de gendarmerie �tait le responsable de la garde pr�sidentielle d�Isma�l Omar Guelleh. Pendant des ann�es, il a servi avec loyaut� son pr�sident. Au printemps dernier, sentant que la pression devenait trop forte, il a fui son pays par les montagnes, comme d�autres avant lui. Direction: Addis-Abeba, puis Bruxelles, car Paris lui refuse le visa de r�fugi� politique qu�il demande. La Seine, il l�a finalement aper�u la semaine derni�re, en se rendant dans le cabinet d�instruction du juge Sophie Cl�ment au Palais de justice de Paris.
Par devoir, et �surtout pour Madame Borrel et ses enfants�, il a racont� sa part de v�rit� sur cette affaire devenue une affaire d��tat. Et de commencer par son faux t�moignage. Fin 1999, lorsque les autorit�s djiboutiennes apprennent que l�ancien lieutenant de la garde pr�sidentielle, Mohamed Saleh Alhoumekani, va dire publiquement ce qu�il sait de l�affaire, le patron des services de renseignements pr�parent une contre-offensive. �L�objectif, explique Ali Iftin, est alors de d�cr�dibiliser le t�moignage d�Alhoumekani. Hassan Sa�d, le patron des services de renseignements, me pr�sente un texte que je dois recopier, puis signer�. Menaces � l�appui: �Si je ne le fais pas, moi ou ma famille auront � en subir les cons�quences�. Dans cette lettre, Alhoumekani est pr�sent� comme un mauvais sujet, instrument d�une vaste �machination� men�e par certains milieux fran�ais (l�avocat Arnaud Montebourg est cit�) et djiboutiens, dont le but est de d�stabiliser le r�gime en place. �J�ai h�sit�, dit Iftin, et puis j�ai sign�. En droit, cela s�appelle de la subornation de t�moin. Mais ce n�est pas tout: Ali Iftin r�v�le aussi que quelques semaines avant la mort du magistrat, il saisit la fin d�une conversation entre Hassan Sa�d et Isma�l Omar Guelleh, l�actuel chef de l��tat et � l��poque chef de cabinet du pr�sident Hassan Gouled Aptidon. Il est question d�un �juge fran�ais qui se m�le d�affaires qui ne le regardent pas. Il ferait mieux de s�occuper de ses probl�mes�, mais attention, pr�cise Iftin, �personne n��voque alors une �limination physique�. Revenons maintenant aux faits.
19 octobre 1995: Bernard Borrel, magistrat d�tach� au titre de la Coop�ration, est retrouv� en position f�tale, entre deux pierres en bas d�une falaise. Sans vie, le haut du corps br�l� � l�essence, les jambes et les pieds intacts. Version officielle: suicide. Officielle, puisqu�elle s��tale, comme l�ont r�v�l� nos confr�res de Canal+, dans un t�l�gramme diplomatique envoy� � Paris par le chef de mission de la Coop�ration. Ancien officier de gendarmerie, Jean-Jacques Moulines �crit: �Bernard Borrel a mis fin � ses jours�. L�enqu�te n�a pas encore commenc�. Dans les jours suivants, on pr�sente cet homme de 39 ans, p�re de deux enfants, comme quelqu�un de �d�prim�. Preuve de la th�se officielle: le briquet retrouv� entre les rochers, puisqu�il a d� faire plusieurs m�tres dans son agonie. �lisabeth Borrel rentre en France et enterre son mari. Aucune autopsie n�est r�alis�e.
Plus tard, les radiographies des poumons, r�alis�es � l�h�pital militaire fran�ais de Djibouti, disparaissent du dossier m�dical. En 1996, une expertise priv�e, r�alis�e par le Professeur Lazarini, l�giste renomm�, d�cortique l�impossibilit� de la mort par carbonisation, en raison de l�absence de suie dans les bronches et de produits de combustion dans les poumons.
Conclusion: le corps ne peut donc avoir �t� br�l� du �vivant du sujet�. Instruit � Toulouse, le dossier est �d�pays� � Paris, repris par les juges Marie-Paule Moracchini et Roger le Loire, eux-m�mes dessaisis au profit du juge Jean-Baptiste Parlos.
Le juge fouineur est mort
Face aux incoh�rences du dossier, le juge Parlos diligente une batterie d�expertises. Il fait appel � trois scientifiques, l�gistes et anthropologue, pour examiner � nouveau le corps de Bernard Borrel. En juin dernier, il est exhum� pour la seconde fois au cimeti�re de Frouzins, pr�s de Toulouse. Apr�s six mois de travail, les expertises ont �t� communiqu�es au juge et � la partie civile. L�avocat d�Elisabeth Borrel s�est d�cid� � les rendre publiques. �Toutes ces expertises concordent dans le sens de l�intervention de tiers, explique Olivier Morice, que la piste du suicide n�est pas possible, n�est pas plausible et que par cons�quent, il faut retenir, de plus en plus, la th�se de l�assassinat�.
Concr�tement, les experts ont relev� une fracture du cubitus du bras, �fracture de d�fense� dit le rapport, ainsi qu�une fracture de la bo�te cr�nienne. Et le rapport d��laborer un sc�nario: Bernard Borrel aurait �t� agress�, il se prot�ge avec le bras et re�oit un coup sur la t�te. Puis, alors qu�il est inconscient ou d�j� mort, ses agresseurs lui br�lent le haut du corps.
Ce dernier d�tail avait d�j� �t� mis en lumi�re par l�analyse du Pr Lazarini. Si elle reste hypoth�tique, cette version permet de remettre en perspective les propos d�Alhoumekani.
En effet, dans les heures qui suivent la d�couverte du corps de Bernard Borrel par une patrouille de la pr�v�t� - la gendarmerie de l�arm�e fran�aise - le lieutenant assiste m�dus� � un �trange conciliabule, dans les jardins de la pr�sidence. Il y a l� Isma�l Omar Guelleh, le chef de cabinet, Hassan Said, le chef des services et le patron de la gendarmerie, le colonel Mahdi, ainsi que deux �trangers. Mais aussi deux individus soup�onn�s d'avoir ex�cut� des attentats anti-fran�ais: Adouani, un Tunisien et Awalleh Guelleh, un homme qui, normalement, devrait �tre derri�re les barreaux de la prison de Gabode.
Ce dernier dit: ��a y est, le juge fouineur est mort�.
Question d�IOG: �le travail a �t� fait correctement ?�
R�ponse de l�un des deux �trangers: �pas de trace, mais il faut demander au colonel de r�cup�rer la main courante� (le registre tenu par des militaires � un point de contr�le o� est pass� Bernard Borrel). Le colonel Mahdi: �c�est fait�. � Djibouti, cette version a toujours �t� qualifi�e de mensong�re, Alhoumekani n��tant qu�un affabulateur. Une d�fense qui pourrait bient�t changer.
Extrait du Monde
De nouveaux �l�ments jettent le trouble sur la mort du juge Borrel, � Djibouti, en 1995. Son �pouse vient de porter plainte pour "subornation de t�moin" apr�s le revirement d'un officier djiboutien. Deux expertises m�dicales contrediraient la th�se du suicide.
Sept ans que le corps de Bernard Borrel, magistrat fran�ais en coop�ration � Djibouti, a �t� d�couvert, au pied d'une falaise, en aplomb de la mer Rouge, asperg� d'essence et � moiti� br�l�. Sept ans, et d�j� cinq juges d'instruction, deux exhumations, une demi-douzaine d'expertises m�dicales. Sans se d�courager, Elisabeth Borrel, l'" �pouse du Juge assassin�" le 18 octobre 1995, comme dit le carton d'invitation avec majuscules, devait pr�senter devant la presse, mercredi 4 d�cembre, de nouveaux �l�ments qui, pour ses avocats, Mes Olivier Morice et Laurent de Caunes, confirment que son mari, conseiller technique du ministre de la justice, ne s'est pas suicid�, comme l'avait d'abord conclu la justice. Selon elle, il a �t� �limin� parce qu'il d�rangeait le pouvoir djiboutien en s'int�ressant � un attentat commis en 1990 au Caf� de Paris, � Djibouti.
L'"affaire Borrel" conna�t de fait quelques rebondissements. D'abord, un t�moin djiboutien, le capitaine Ali Iftin, chef de la garde pr�sidentielle du pr�sident de Djibouti en 1995, aujourd'hui r�fugi� � Bruxelles, revient sur ses d�clarations de novembre 1999. Recueilli dans le magazine "90 minutes" diffus� lundi sur Canal+ (Le Monde dat� 1er-2 d�cembre), son nouveau t�moignage a permis � Mme Borrel de porter plainte, le 19 novembre, avec constitution de partie civile pour "subornation de t�moin", et conduit la juge d'instruction parisienne, Sophie Cl�ment, � organiser, le 29 novembre, une confrontation entre M. Iftin et un autre t�moin djiboutien, Mohamed Saleh Alhoumekani.
Cet ancien membre de la garde pr�sidentielle, lui aussi r�fugi� en Belgique, �tait sorti de l'ombre il y a deux ans. Il disait avoir assist�, le 19 octobre 1995, dans les jardins du palais pr�sidentiel, � une discussion entre cinq personnes, dont Isma�l Omar Guelleh, l'actuel pr�sident djiboutien, alors directeur de cabinet du chef de l'�tat, �voquant le meurtre du " juge fouineur" (Le Monde du 14 janvier 2000). Les enqu�teurs avaient recueilli de nombreux t�moignages prouvant qu'une telle discussion n'avait pu avoir lieu.
"FAUX T�MOIGNAGE"
M. Iftin, lui, se souvient d�sormais qu'un jour de septembre 1995, il " entre en coup de vent" dans le bureau de M. Guelleh, alors en conversation avec Hassan Sa�d, chef des services secrets djiboutiens. Il les entend, " en langue somalie", " dire qu'un juge europ�en les d�rangeait", a-t-il expliqu� le 29 novembre. Il assure que son " faux t�moignage" - une attestation pr��tablie qui discr�ditait le t�moignage de M. Alhoumekani - lui avait "�t� dict� � la demande d'Hassan Sa�d pour d�fendre les autorit�s djiboutiennes". "Je peux me permettre de parler librement maintenant que je suis en Europe", explique M. Iftin pour justifier son revirement. Il a cr��, � Bruxelles, le Gouvernement en exil de Djibouti (GED).
Mme Borrel devait aussi rendre public, mercredi, le r�sultat de deux expertises m�dicales et deux expertises toxicologiques ordonn�es par le juge Jean-Baptiste Parlos - aujourd'hui � la Cour de cassation - apr�s que la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris eut dessaisi, le 21 juin 2000, les juges Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, puis fait droit, en janvier 2001, aux demandes de contre-expertise de la partie civile. Rendue le 13 novembre par Patrice Mangin, Daniel Malicier et Eric Baccino, directeurs des instituts m�dico-l�gaux de Lausanne, Lyon et Montpellier, la premi�re expertise m�dicale conclut que "l'hypoth�se d'une autoagression � l'origine du d�c�s est difficilement plausible" et que, "d�s lors, l'hypoth�se de l'intervention d'un ou de plusieurs tiers peut �tre envisag�e".
Le rapport anthropologique de G�rald Quatrehomme, expert aupr�s de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, conclut aussi, le 18 novembre, que "l'hypoth�se d'une chute" est "peu vraisemblable en termes de probabilit�s". Il rel�ve deux l�sions survenues au moment du d�c�s : un "coup direct" sur le cr�ne, une fracture sur le cubitus qui serait une "l�sion de d�fense" et non la cons�quence d'une chute. Fin 1997, un sp�cialiste sollicit� par Mme Borrel avait �cart� le suicide par immolation, car il n'avait d�cel� aucune trace de suie dans les bronches du d�funt.
Ariane Chemin
Le mercredi 4 d�cembre 2002, une d�p�che de l�Associated Press
Affaire Borrel: de nouvelles expertises infirment la th�se du suicide
"Aujourd'hui j'ai l'impression de resurgir d'une nuit de sept ans": Elisabeth Borrel n'a pas cach� son soulagement mercredi en pr�sentant de nouvelles expertises m�dico-l�gales qui tendent � infirmer la th�se du suicide de son mari, le magistrat Bernard Borrel, d�c�d� en 1995 � Djibouti dans des circonstances myst�rieuses.
"L'hypoth�se de l'auto-agression est difficilement cr�dible compte tenu des s�rieuses r�serves que nous avons formul�es. D�s lors, l'hypoth�se de l'intervention d'un ou plusieurs tiers, quelles que puissent en avoir �t� les modalit�s, ne peut �tre exclue", ont not� les professeurs Patrice Mancin, Daniel Malicier et Eric Baccino dans leur pr�-rapport transmis il y a quelques jours � la juge d'instruction Sophie Cl�ment en charge de l'enqu�te.
Par ailleurs, l'autopsie r�alis�e sur le corps du magistrat, exhum� en juin dernier, a r�v�l� une l�sion cr�nienne et une fracture de l'avant-bras gauche intervenues avant la mort de Bernard Borrel. L'expert G�rald Quatrehomme en a conclu que "le choc direct par instrument contondant ou tranchant-condondant est beaucoup plus plausible qu'un choc d� � une chute contre un �l�ment contondant en relief".
"C'est un assassinat qu'on a voulu d�guiser en suicide", a affirm� Me Laurent de Caunes, l'avocat toulousain de Mme Borrel fustigeant l'attitude des autorit�s fran�aises et djiboutiennes qu'il a qualifi� "d'ennemies" dans cette affaire.
La brigade criminelle ainsi que les juges d'instruction Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini, dessaisis du dossier en juin 2000, avaient privil�gi� la th�se du suicide par immolation du magistrat dont le corps carbonis� a �t� retrouv� le 19 octobre 1995 au lieu-dit "Le Goubet" face � l'�le au Diable.
Les magistrats instructeurs qui s'�taient rendus deux fois � Djibouti se fondaient notamment sur l'expertise des Drs Dominique Lecomte et Guy Nicolas qui �liminait en avril 2000 l'hypoth�se selon laquelle Bernard Borrel aurait pu �tre pr�cipit� par ses assassins de la falaise qui surplombe "Le Goubet".
Elisabeth Borrel et ses avocats ont toujours soutenu que Bernard Borrel avait �t� assassin� en raison de ses fonctions de conseiller aupr�s du ministre djiboutien de la Justice.
Ils ont �t� r�confort�s dans leurs convictions par le t�moignage d'un ancien garde pr�sidentiel djiboutien aujourd'hui r�fugi� en Belgique qui accuse l'actuel pr�sident de la R�publique de Djibouti, Isma�l Omar Guelleh, ainsi qu'un terroriste libanais et un restaurateur corse, d'�tre les commanditaires de l'assassinat du magistrat fran�ais.
Mohamed Saleh Alhoumekani a notamment rapport� les termes d'une conversation entre le pr�sident Guelleh et d'autres hommes qu'il aurait �cout�e le lendemain de la mort de M. Borrel au palais pr�sidentiel de Djibouti. "Le juge fouineur a �t� �limin�", aurait rapport� l'un des hommes au chef d'�tat.
Bernard Borrel travaillait notamment sur l'attentat contre le caf� de Paris, un �tablissement djiboutien fr�quent� par les expatri�s fran�ais, qui a fait un mort et 11 bless�s en septembre 1990, en pleine guerre du Golfe. Les services de renseignement fran�ais ont d�sign� le pr�sident Guelleh comme l'un des commanditaires possibles de cet attentat.
Les avocats de Mme Borrel ont demand� � la juge Cl�ment, qui a pris en septembre la succession du juge Jean-Baptiste Parlos, d'entendre Isma�l Omar Guelleh. Ce dernier a refus� en invoquant l'immunit� de chef d'�tat. AP
Nouveaux �l�ments sur la mort du juge Borrel selon Reuters
PARIS (Reuters) - La justice a recueilli de nouveaux �l�ments dans l'enqu�te sur la mort � Djibouti en 1995 du juge fran�ais Roger Borrel qui, selon sa veuve, a �t� victime d'un assassinat commandit� par le pouvoir local, a-t-on appris de source judiciaire.
Des experts m�dicaux ont d�cel� des traces de fractures sur le cr�ne et une �paule du magistrat apr�s un examen du corps exhum� en juin dans un cimeti�re de Haute-Garonne, sur ordre du juge d'instruction Jean-Baptiste Parlos.
Pour Me Olivier Morice, avocat de la veuve du magistrat, Elisabeth Borrel, c'est la preuve que Roger Borrel a �t� victime d'un crime. Me Morice devait donner une conf�rence de presse � Paris mercredi apr�s-midi.
Les experts judiciaires ne mentionnent cependant pas cette th�se criminelle dans leurs rapports provisoires et la justice est dans l'attente de leurs conclusions d�finitives.
Jusqu'ici, la th�se d'un suicide par autocombustion a �t� retenue. Le juge, dont le corps a �t� retrouv� calcin� le 19 octobre 1995 au nord de la ville de Djibouti, se serait immol� par le feu avant de tomber dans un ravin.
L'affaire est � l'origine d'un contentieux diplomatique entre la France et Djibouti, base militaire clef des troupes fran�aises en Afrique.
La famille Borrel a en effet d�sign� l'actuel pr�sident de Djibouti, Isma�l Omar Guelleh, comme le commanditaire du crime.
Selon cette th�se, qui ne repose cependant que sur un t�moignage tardif, Roger Borrel, qui travaillait comme coop�rant au minist�re de la Justice � Djibouti, aurait fait des d�couvertes g�nantes pour le pouvoir.
Entendu en janvier 2000 dans la proc�dure, Mohammed Saleh Alhoumekani, ex-officier de l'arm�e djiboutienne r�fugi� � Bruxelles, a dit avoir assist� � une sc�ne o� le pr�sident djiboutien �voquait avec d'autres personnes l'assassinat du magistrat.
Les cinq juges d'instruction fran�ais qui se sont succ�d� sur l'affaire depuis 1995 n'ont pas recueilli d'autres �l�ments � l'appui de cette th�se, malgr� deux d�placements � Djibouti, le dernier en mars dernier. Les policiers de la brigade criminelle de Paris ont privil�gi� la th�se du suicide
Description le 3 f�vrier 2002 dans un journal de l�opposition djiboutienne d�un Fran�ais fortement suspect� de repr�senter la DGSE � Djibouti et d�avoir jou� un r�le dans l�affaire Borel
Qui est Jean-Jacques Mouline ?
� l��poque de la disparition du juge Borrel, il �tait en poste � Djibouti comme Chef de la Mission de coop�ration. Un poste important qui lui donnait acc�s � toute l'information et une relation directe avec les Ministres fran�ais. Certains t�moins ont pr�tendu qu'il pourrait d�tenir les clefs de l'affaire Borrel, mais il semblerait qu'il ait toujours refus� de s'exprimer sur le sujet, m�me lors des confrontations dans le bureau des juges successifs qui ont instruit l'affaire.
Est-ce bien lui qui aurait affirm� dans les heures qui ont suivi la d�couverte du corps de Bernard Borrel : "C'est un suicide, j'ai re�u des instructions de Paris".
Nous n'�tions pas pr�sent lors des faits, mais si cette phrase �tait confirm�e, elle donnerait beaucoup � r�fl�chir, d'autant plus qu'il aurait pu avoir dit devant un petit cercle, quelques instants auparavant tout le contraire : "ce ne peut �tre qu'un assassinat !"
N� le 19 Octobre 1950 � Toulon (Var)
Fonction(s):
Sous-pr�fet de 1�re classe.
Sous-pr�fet charg� de mission aupr�s du pr�fet de la r�gion Centre, pr�fet du Loiret (Jean-Pierre Lacroix).
Formation: Licenci� en droit
D�coration(s): Chevalier de l'ordre national du M�rite
�tapes de carri�re:
1977, 1 D�cembre officier d'infanterie puis de gendarmerie
1988, 26 Octobre / 1989, 7 Octobre commandant militaire de l'H�tel Matignon
1988, 26 Octobre sous-pr�fet de 2�me classe
1988, 26 Octobre / 1989, 4 Septembre directeur du cabinet du pr�fet de la Dr�me (Daniel Constantin puis Fran�ois L�pine)
1989, 4 Septembre / 1990, 23 Janvier directeur du cabinet du pr�fet des Yvelines (Jean-Pierre Delpont)
1990, 23 Janvier int�gr� sous-pr�fet
1991, 11 Juin / 1992, 7 Septembre sous-pr�fet hors cadre, chef de la subdivision administrative des �les Loyaut� de la Nouvelle-Cal�donie au minist�re des D�partements et Territoires d'outre-mer
1992, 7 Septembre / 1993, 31 Mars sous-pr�fet de Commercy (Meuse)
1993, 1 Janvier (depuis) sous-pr�fet de 1�re classe
1993, 1 Avril / 1994, 16 Juin chef de cabinet du ministre de la Coop�ration (Michel Roussin)
1994, Juin / 1996, Mars chef de la mission de coop�ration et d'action culturelle � Djibouti
1996, 6 Mars / 1997, Septembre chef de la mission de coop�ration et d'action culturelle � l'Ile Maurice
1997, Septembre / 2000, 17 Octobre sous-pr�fet de La Fl�che (Sarthe)
2000, 17 Octobre (depuis) sous-pr�fet charg� de mission aupr�s du pr�fet de la r�gion Centre, pr�fet du Loiret (Patrice Magnier puis Jean-Pierre Lacroix)
Bureau:
Sous-pr�fet charg� de mission, Pr�fecture 181, rue de Bourgogne - 45042 ORL�ANS CEDEX
Sept ans apr�s en 2002
La mort toujours myst�rieuse du juge Borrel
Meurtre ou suicide? En 1995, le magistrat fran�ais d�tach� � Djibouti avait �t� retrouv� carbonis� sur les flancs d�une falaise. Depuis, sa veuve est convaincue que son mari a �t� tu� parce qu�il en savait trop. Rebondissement: un nouveau juge a d�cid� de faire exhumer le corps
S�il �tait possible de remonter le temps, Elisabeth Borrel n�h�siterait pas un instant. Cela fait pr�s de sept ans que cette femme bris�e fouille le pass�, revisite les ultimes moments qui ont pr�c�d� le baiser donn� par son mari avant qu�il ne la quitte pour toujours. Pourquoi n�a-t-elle pas pressenti qu�il �tait en danger? Ces questions sans r�ponses hantent l��pouse de Bernard Borrel, un magistrat fran�ais dont le corps a �t� retrouv�, br�l�, fin 1995, sur les flancs abrupts d�une falaise dominant la mer d�Oman, � Djibouti.
�tait-ce un suicide, comme l�a tout de suite annonc� l�ambassade de France? Un assassinat, comme le croit fermement son �pouse, magistrat elle aussi? Ou encore un meurtre camoufl�, commis au nom de la raison d��tat? Apr�s sept ann�es d�investigations dans une atmosph�re lourde de rumeurs, de ragots, de pressions politiques, de bourdes polici�res et judiciaires, et le dessaisissement de deux magistrats, une nouvelle exhumation du corps de Bernard Borrel vient d��tre ordonn�e par le juge Jean-Baptiste Parlos, charg� de l�enqu�te depuis juillet 2000.
Tout commence au petit matin du jeudi 19 octobre 1995, � Djibouti, lorsqu�une patrouille de la pr�v�t� (police de l�arm�e) fran�aise d�couvre un 4x4 Suzuki bleu abandonn� pr�s d�un belv�d�re qui surplombe le golfe de Goubbet al-Kharab, face � l��le de Guinni Koma, dite l��le du Diable. Sur le si�ge arri�re du v�hicule, un pantalon et une chemise sont soigneusement pli�s. En contrebas du parking, les gendarmes trouvent un short, un jerrican d�essence vide et une sandale. Puis, au pied d�un ravin haut de quatre m�tres, ils rep�rent un briquet, une montre et une autre sandale calcin�e. Enfin, � une quinzaine de m�tres de l�, au bas d�un �boulis, un corps nu et � demi carbonis�. L�identit� de la victime est vite �tablie. Il s�agit du juge Bernard Borrel, 40 ans. Magistrat mandat� par la France en tant que conseiller du ministre de la Justice de Djibouti, Moumin Bahdon Farah, dans le cadre de la coop�ration judiciaire entre les deux pays.
La nuit pr�c�dente, Elisabeth Borrel n�a pas ferm� l��il. Aid�e par des amis coop�rants, elle a cherch� son mari dans les h�pitaux et les commissariats de cette ancienne colonie fran�aise, br�lante et d�sertique, pays des Afars et des Issas. Bernard Borrel avait quitt� la maison la veille, vers 17 heures, apr�s avoir ramen� leur fils a�n� du cat�chisme. Il devait ensuite repasser � son bureau. Et se rendre � une r�union du Rotary. Personne ne l�y a vu. Folle d�inqui�tude, Elisabeth se d�cide � fouiller ses effets personnels et d�couvre une enveloppe � son nom. A l�int�rieur: deux feuillets r�dig�s par son �poux. L�un dresse une liste de sa collection de m�dailles militaires et indique � Elisabeth qu�elle peut les vendre si elle le souhaite. L�autre �voque une somme de 50000 francs (7622 euros), retir�e la veille en monnaie djiboutienne de leur compte joint. Le juge signale que cette somme qui se trouve dans son cartable n�a pas �t� d�pens�e et qu�il faut la rapporter � la banque. Elisabeth n�a pas le temps de se demander � qui ou � quoi �tait destin� cet argent. On sonne � la porte. Il est 9 heures du matin. Le consul de France vient lui annoncer que son mari �s�est immol� dans la nuit.
Dans l�apr�s-midi, Jean-Claude Sapkas, conseiller juridique fran�ais de celui qui �tait alors pr�sident de la R�publique de Djibouti, Hassan Gouled Aptidon, se pr�sente chez Mme Borrel. Il lui demande de rechercher un document de la plus haute importance, que son mari devait d�tenir. Document qu�elle ne retrouve pas mais qui, selon le visiteur, pourrait attirer de gros ennuis au chef de la pr�v�t� s�il tombait entre de mauvaises mains. Elisabeth apprendra plus tard qu�il s�agissait d�une liste de personnalit�s politiques et polici�res locales impliqu�es dans des affaires de corruption. Mais, pour l�heure, terriblement choqu�e, elle ne se pose pas de questions. Trois jours plus tard, accompagn�e par ses deux fils de 5 et 8 ans, elle se laisse pousser dans l�avion pour Paris. Apr�s avoir promis, � la demande de M. Sapkas, de ne jamais parler du document disparu ni de l�argent d�couvert dans son appartement. Elle abandonne sur place le corps de Bernard qui, lui dit-on, doit �tre autopsi� avant qu�on ne le lui rende.
Dans les semaines suivant son retour en France, Elisabeth Borrel ne met pas en doute la version du suicide. L�id�e qu�on ait pu attenter � la vie d�un haut magistrat fran�ais dans cette base arri�re de l�Hexagone o� tant d�int�r�ts sont li�s � ceux de la France ne lui vient pas un instant � l�esprit. Son mari �tait un homme solide et peu enclin � la m�lancolie. Mais elle se souvient d�une conversation avec lui, deux jours avant sa mort, qui l�avait rendue perplexe. �Bernard parlait peu de ce qu�il avait � c�ur, dit Elisabeth Borrel. C�est pourquoi j�ai �t� tr�s �tonn�e quand il m�a confi� qu�il �tait angoiss�, qu�il souhaiterait m�en dire plus mais qu�il ne le pouvait pas. Il se reprochait de d�penser futilement son argent dans l�achat de m�dailles et de ne pas s�occuper suffisamment de sa filleule de 13 ans, �lev�e seule par sa m�re, premier amour de Bernard. Pour finir, il m�a dit qu�il n��tait plus digne de moi. J�ai mis cette dr�le de confidence sur le compte de la fatigue.�
Le 3 novembre 1995, la d�pouille du juge Borrel est rapatri�e � Toulouse et ensevelie le lendemain dans le cimeti�re du village de Frouzins. Fin novembre, malgr� plusieurs requ�tes, Elisabeth n�a toujours pas re�u le rapport de l�autopsie faite � Djibouti. �Je me suis r�veill�e, explique-t-elle. J�ai commenc� � penser qu�on me cachait quelque chose.� La jeune femme, elle aussi magistrat, d�cide de demander une autre autopsie du corps de son mari. Une information est ouverte au parquet de Toulouse pour �recherche des causes de la mort�. Deux mois passent avant que l�op�ration ne soit r�alis�e le 15 f�vrier 1996. Puis� une ann�e enti�re avant que ses r�sultats ne soient livr�s.
Ils vont pourtant se r�v�ler d�une extr�me importance.
En effet, au contraire du m�decin qui a examin� � et non autopsi� � le corps de Bernard Borrel � Djibouti et dont le rapport a fini par arriver en mai 1996, les l�gistes de Toulouse ne concluent pas � l�asphyxie par le feu, donc � la mort par carbonisation. Aucune trace de suif n�a �t� d�cel�e dans les bronches. Un autre expert �tablit que le peu d�ampleur du rayonnement thermique constat� sur le sol o� �tait allong� le corps ne correspond pas � la combustion tr�s forte du haut du cadavre. Et que certains des objets �parpill�s sur plusieurs m�tres ne se trouvent pas dans la trajectoire emprunt�e, selon l�enqu�te de la pr�v�t�, par le corps.
Pour Elisabeth Borrel, c�est la confirmation d�une conviction qui ne la quittera plus: son mari a �t� tu� et son corps br�l� afin de maquiller le meurtre en suicide. Pour quelle raison? Elle n�en a aucune id�e mais elle cherche. Et trouve. Dans les dossiers personnels de Bernard, Elisabeth d�couvre une liste d�entreprises europ�ennes fabriquant des produits chimiques, qui, renseignements pris, seraient utilis�s dans la fausse monnaie. Or un gigantesque trafic de faux dollars, impliquant des notables locaux et des Fran�ais �migr�s � Djibouti, avait �t� mis au jour durant l��t� 1995. En s�int�ressant � ce dossier tr�s sensible son mari se serait-il mis en danger? Un autre document l�intrigue. Il a �t� adress� de Paris � Bernard par le juge Roger Le Loire. C�est une commission rogatoire concernant une demande d�auditions dans le cadre de l�enqu�te sur l�attentat contre le Caf� de Paris � Djibouti.
Le 27 septembre 1990, en pleine guerre du Golfe, une bombe explose devant ce lieu de rendez-vous de la colonie fran�aise qui rassemble 3000 militaires et 200 coop�rants. Bilan: un mort et 11 bless�s. L�enqu�te est diligent�e de Paris par le juge Le Loire. Quatre suspects sont arr�t�s mais non extrad�s. Ils sont condamn�s � Paris par contumace, en 1998, � la r�clusion � perp�tuit�.
Mais � Djibouti une rumeur circule: cet attentat antifran�ais aurait �t� commandit� par Isma�l Omar Guelleh, le dauphin du pr�sident Aptidon, qui sera �lu chef de l��tat en avril 1999. �Guelleh voulait mettre � genoux la tribu minoritaire somalie des Gadaboursis, explique Jean-Loup Schaal, pr�sident de l�Association pour le Respect des Droits de l�Homme � Djibouti. Gr�ce � cet attentat, il a pu organiser une descente de police dans un quartier o� s��taient r�fugi�s des opposants Gadaboursis. Pr�s de 60 personnes ont �t� ex�cut�es.� Bernard Borrel servait de lien entre le juge Le Loire et le magistrat djiboutien charg� du dossier du Caf� de Paris.
A la demande de Mme Borrel, le juge parisien consent � t�moigner: �Votre �poux [�] m�a apport� une aide pr�cieuse ayant permis le bon d�roulement des investigations � Djibouti. Je ne peux malheureusement pas vous fournir les d�tails �tant personnellement tenu au secret professionnel [�].�
Forte de cette attestation, des r�sultats des expertises, du silence qu�on lui a demand� d�observer � propos de la somme d�argent d�tenue par Bernard Borrel, Elisabeth d�cide de porter plainte pour �assassinat�. En novembre 1997, le dossier est d�pays� de Toulouse � Paris et confi� aux juges Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini. Commence alors une v�ritable guerre d�usure entre les deux magistrats et Mme Borrel et ses avocats. �D�s le d�but, ces juges n�ont instruit que dans le sens du suicide et ont syst�matiquement repouss� toutes les demandes d�actes que nous faisions�, dit Me Olivier Morice, avocat de Mme Borrel.
Faux, se d�fend aujourd�hui Roger Le Loire. �Nous sommes partis de l�id�e d�un crime. Cependant, au fur et � mesure de l�examen des pistes, y compris celle d�une relation avec l�attentat du Caf� de Paris, le suicide nous est apparu de plus en plus �vident.�
Les magistrats se rendent une premi�re fois � Djibouti en mars 1999. Une enqu�te sur la personnalit� du juge Borrel est lanc�e. On cherche dans sa vie priv�e. On le soup�onne d�avoir eu une ma�tresse � Paris. On veut savoir si sa filleule, Tania, n�est pas en r�alit� sa fille. On va m�me jusqu�� montrer sa photo � des enfants des rues victimes d�un groupe de p�dophiles fran�ais. Mais, selon Mme Borrel, �aucune enqu�te s�rieuse n�est faite sur la r�alit� des activit�s professionnelles de Bernard. Revenant sur ce qu�il m�avait �crit, le juge Le Loire me fait alors savoir que mon mari ne tenait qu�un r�le subalterne au minist�re de la Justice djiboutienne et n�avait pas connaissance du fond des dossiers trait�s�.
D�but 2000, alors que l�instruction para�t s�enliser, un t�moin, r�fugi� politique djiboutien en Belgique, sort soudain du bois. Il se nomme Mohamed Saleh Alhoumekani. Officier dans la garde pr�sidentielle au moment des faits, il affirme que le juge Borrel a �t� assassin� et que le pr�sident Isma�l Omar Guelleh, surnomm� �IOG� � Djibouti, est le commanditaire du meurtre. Le 19 octobre 1995 � 13h45, Alhoumekani aurait assist� dans les jardins de la pr�sidence � une curieuse conversation entre IOG, alors patron de la police secr�te, et cinq hommes venant d�arriver dans deux 4x4. �La mission est accomplie, aurait dit l�un deux. Le juge fouineur a �t� tu�.� IOG aurait alors demand� si le travail avait �t� �bien fait�. R�ponse du colonel Sheik Hamed Madhi, directeur de la gendarmerie djiboutienne: �La main courante est en notre possession. Vous pouvez �tre tranquille.�
Pour se rendre en direction de l��le du Diable, il fallait � l��poque traverser plusieurs check points. �Je connaissais le responsable du n�52, un adjudant-chef issa pr�nomm� Awalleh, nous explique Mohamed Saleh Alhoumekani. Je suis all� le voir. Il m�a dit qu�� la tomb�e de la nuit il avait vu arriver le 4x4 du juge Borrel, accompagn� d�un Europ�en. Derri�re eux, suivait un autre v�hicule conduit par l�un des terroristes du Caf� de Paris cens� dormir en prison, avec � ses c�t�s un Blanc. Au retour, il n�a vu qu�une des deux voitures revenir: celle du terroriste o� �taient assis les deux Blancs. Il m�a ensuite confirm� que la main courante avait bien �t� saisie par le colonel Madhi.� Entendu en Belgique par la juge Moracchini, Mohamed Alhoumekani se plaint dans la presse d�avoir fait l�objet de pressions de la part du magistrat, en vue d�obtenir sa r�tractation. Il confirme. �La juge m�a dit: "Est-ce que vous savez que votre pr�sident [NDLR: IOG] est tr�s f�ch� contre vous? Les gens qui l�entourent sont dangereux. Vous pouvez revenir sur vos d�clarations avant qu�il ne soit trop tard!"� Mme Borrel y voit la preuve qu�on cherche � faire taire les t�moins.
En mars 2000, les juges Moracchini et Le Loire se rendent une nouvelle fois � Djibouti. Elisabeth Borrel et ses avocats n�ont pas eu le droit de les suivre. �On a surtout voulu �viter les t�moins g�nants�, dit Me Morice. Sur les lieux du d�c�s, les juges proc�dent, selon leur rapport, � plusieurs simulations du parcours effectu� par la victime, �� l�aide d�un mannequin d�un poids de 20 kilos�. Bernard Borrel mesurait 1,85 m�tre et pesait 80 kilos. Il n�emp�che! �Au vu de cette mascarade, dit Me Laurent de Caunes, avocat des enfants Borrel, M. Borrel s�est suicid� car, compte tenu de l��troitesse du passage qu�il a selon eux emprunt�, il n�aurait pu �tre transport� mort ou encore vivant par des tiers. Pourtant, les gendarmes ont bien r�ussi � remonter son corps!�
Autre coup de th��tre en juin 2000. Apr�s plusieurs interventions des avocats de Mme Borrel aupr�s du garde des Sceaux qui d�non�aient tant les pressions exerc�es sur le t�moin Alhoumekani qu�une instruction privil�giant la th�se du suicide, les juges Moracchini et Le Loire sont dessaisis par un arr�t de la chambre d�accusation. Arr�t �non motiv�, nous pr�cise Marie-Paule Moracchini. Pour les avocats d�Elisabeth Borrel et de ses enfants, c�est une victoire.
C�est le juge Jean-Baptiste Parlos qui h�rite de cet encombrant dossier. Il recommence l�instruction � z�ro. En f�vrier dernier, il va � Djibouti, avec Elisabeth Borrel, ses avocats et un repr�sentant du Syndicat de la Magistrature, partie civile avec deux autres organisations professionnelles. �Nous avons pu constater sur les lieux que le suicide d�crit dans le rapport des deux magistrats �tait techniquement invraisemblable, poursuit Me de Caunes. Comment cet homme a-t-il pu descendre sur des rochers tranchants, pieds nus, dans le noir, sans se blesser, puis s�immoler et courir 15 m�tres sur des cailloux sans m�me s��gratigner la plante des pieds?� Une nouvelle exhumation du corps est ordonn�e et pr�vue pour juillet prochain. Elle pourrait permettre notamment de d�terminer si le squelette ne porte pas de traces de fractures.
Les radiographies effectu�es tant � Djibouti que par les l�gistes toulousains ont � encore une bavure selon Mme Borrel � �t� perdues� �Le juge Parlos veut fermer un maximum de portes afin que la justice ne puisse plus �tre suspect�e de partialit�, confie une source judiciaire. Le probl�me de cette affaire est qu�elle s�est d�roul�e en Afrique, o� les t�moins, s�ils se sentent en danger, ne disent pas forc�ment la v�rit�. Et qui plus est, � Djibouti, o� la France est omnipr�sente, avec des moyens militaires et financiers consid�rables.�
Me Roger-Vincent Calatayud est pr�sident de l�Association fran�aise des Amis des D�mocrates de Djibouti. Ancien b�tonnier de Tarbes, il d�fend plusieurs opposants au r�gime djiboutien dont Moumin Bahdon Farah, ancien ministre de la Justice et ex-patron de Bernard Borrel � Djibouti. �Tout le monde l�-bas, diplomates fran�ais compris, parle de l�implication du pr�sident Guelleh dans l�attentat du Caf� de Paris et dans la mort du juge Borrel, affirme Me Calatayud, mais personne n�ose t�moigner. C�est trop dangereux. Une chose est s�re: Borrel travaillait avec son ministre sur le dossier sulfureux des faux dollars et toutes les affaires s�rieuses du pays passaient entre ses mains.�
Int�gre et d�termin�, Bernard Borrel, ancien procureur de Lisieux, major de l�Ecole nationale de la Magistrature, n��tait pas homme � accepter la moindre compromission. A-t-il �t�, ainsi que le pense son �pouse, confront� � des dossiers qu�il ne pouvait instruire sans mettre sa vie en p�ril? L�instruction ne l�aurait pas jusqu�� maintenant d�montr�. �Et si tout simplement le juge Borrel s��tait suicid� pour des raisons qui n�appartenaient qu�� lui, dit Me Francis Szpiner, ancien avocat de l��tat de Djibouti? Et si tout simplement Mme Borrel ne supportait pas cette v�rit�?
Il y a eu manifestement des maladresses commises dans l�enqu�te. Comme cela s�est pass� dans le contexte tr�s particulier de Djibouti, la th�se d�un complot foment� avec la complicit� des �tats fran�ais et djiboutien fait son chemin. Un petit groupe d�opposants politiques alimente la rumeur d�un assassinat et intensifie ainsi le myst�re de ce d�c�s. Les syndicats de magistrats s�en m�lent et tout le monde tombe dans le pi�ge.�
� Toulouse, Elisabeth Borrel continue de croire dur comme fer au meurtre de son mari et esp�re qu�elle pourra bient�t d�montrer � ses enfants que leur p�re ne les a pas abandonn�s. La voix de cette femme, digne et pos�e, gronde de col�re � l��vocation de tous les �pisodes judiciaires qu�elle a d� affronter et de l�incompr�hension dont elle a tant souffert. Y compris, parfois, aupr�s de ses fils. Un jour, le cadet lui a lanc�: �Et pourquoi ce ne serait pas toi qui a tu� papa?�
SYLVIE V�RAN
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