ONU : le Conseil de s�curit� a adopt� � l'unanimit� une r�solution sur l'Irak
Oct 20, 2003

R�cit d�une victoire diplomatique am�ricaine sur la � vieille Europe �.

Le Conseil de s�curit� de l'Organisation des Nations unies a adopt� � l'unanimit�, le 16 octobre, une r�solution qui traduit le soutien de la communaut� internationale � un vaste cadre politique, �conomique et s�curitaire pour l'Irak.

"C'est un bon jour pour l'Irak. C'est aussi un bon jour pour le Conseil de s�curit� ainsi que pour l'avenir de l'Irak", a d�clar� le repr�sentant permanent des �tats-Unis aupr�s de l'ONU, M. John Negroponte, � l'issue du vote.

"Nous pensons, a-t-il dit, que c'est une mesure importante en ce qui concerne l'unit� du Conseil de s�curit�, et une mesure tout particuli�rement importante pour ce qui est de l'avenir de l'Irak. Il s'ensuit maintenant que l'avenir politique de l'Irak est bien entre ses mains."

M. Negroponte a indiqu� qu'une r�union de donateurs allait se tenir � Madrid le 24 octobre et que les �tats-Unis esp�raient que l'adoption � l'unanimit� de la r�solution encouragerait les autres pays � apporter une aide � l'Irak.

De son c�t�, le secr�taire d'�tat, M. Colin Powell, a d�clar� � Washington : "La r�solution r�alise les objectifs que le pr�sident avait en vue lorsque nous avons commenc� � la r�diger (...) � savoir faire en sorte que la communaut� internationale se mette d'accord sur un plan destin� � r�tablir la souverainet� de l'�tat irakien avec circonspection, ce qui doit comprendre la cr�ation d'un gouvernement fond� sur une constitution et l'�lection de dirigeants �galement en vertu de cette constitution."

Le vote du Conseil de s�curit� a eu lieu apr�s six semaines de n�gociations intenses dans les capitales des �tats membres de cet organe de l'ONU ainsi qu'au si�ge de cette institution. Les n�gociations ont surtout port� sur le calendrier pour le transfert de la souverainet� de l'Autorit� provisoire de la coalition � l'�tat irakien ainsi que sur le r�le de l'ONU � cet �gard.

Pr�par�e par les �tats-Unis, la r�solution a �galement �t� parrain�e par le Cameroun, l'Espagne et le Royaume-Uni.

Par cette r�solution, le Conseil de s�curit� de l'ONU donne au Conseil de gouvernement irakien deux mois, jusqu'au 15 d�cembre 2003, pour lui communiquer un calendrier aux fins de la r�daction d'une nouvelle constitution et de l'organisation d'�lections d�mocratiques.

Il autorise "une force multinationale, sous commandement unifi�, � prendre toutes les mesures n�cessaires pour contribuer au maintien de la s�curit� et de la stabilit� en Irak". Cette force devra lui soumettre un rapport au moins tous les six mois.

Le Conseil de s�curit� prie instamment tous les pays � d�tacher des contingents aupr�s de cette force multinationale et les incite, ainsi que les institutions financi�res internationales, � fournir les ressources n�cessaires, notamment des pr�ts et d'autres formes d'aide financi�re, aux fins de la remise en �tat de l'infrastructure de l'Irak.

Il invite l'Autorit� provisoire de la coalition "� remettre d�s que possible les responsabilit�s et les pouvoirs gouvernementaux au peuple irakien" et "la prie, en coop�ration selon que de besoin" avec le Conseil de gouvernement irakien et le secr�taire g�n�ral de l'ONU, de lui rendre compte des progr�s r�alis�s.

Il "condamne sans h�sitation" les attentats terroristes qui ont eu lieu r�cemment en Irak et demande aux �tats membres "d'emp�cher que des terroristes empruntent leur territoire pour p�n�trer en Irak, que des armes leur soient livr�es et qu'ils b�n�ficient d'un appui financier".

L'Allemagne, la France, la Russie et la Syrie avaient tout d'abord indiqu� qu'elles s'abstiendraient lors du vote de la r�solution, mais les modifications apport�es au projet de r�solution peu de temps avant le vote qui devait avoir lieu le 15 octobre leur ont permis de voter en sa faveur.

L'Allemagne, la France et la Russie ont diffus� � l'issue du vote un communiqu� dans lequel elles d�clarent que le texte de la r�solution a �t� am�lior� au cours des n�gociations, ce qui leur a permis de l'approuver en tant qu'une des mesures allant dans la bonne direction qui m�ne au r�tablissement de l'Irak avec la participation de l'ONU.

Les trois pays soulignent dans leur communiqu� qu'ils auraient souhait� que la r�solution d�finisse mieux le r�le de l'ONU dans le domaine politique et qu'elle fixe des d�lais plus courts pour le transfert du pouvoir au peuple irakien.

Pour sa part, le secr�taire g�n�ral de l'ONU, M. Kofi Annan, a d�clar� qu'il ferait tout son possible pour ex�cuter la mission confi�e � l'ONU tout en tenant compte des difficult�s sur le terrain et de son obligation de veiller � la s�curit� du personnel de cette institution.

Depuis l'attentat � la bombe contre le bureau de l'ONU � Bagdad qui a tu� le 19 ao�t le repr�sentant sp�cial du secr�taire g�n�ral, Sergio Viera de Mello, ainsi que vingt et une autres personnes dont plusieurs membres du personnel de l'ONU, l'effectif de cette institution en Irak a �t� ramen� � trente-six personnes au lieu de quelque six cents auparavant. Tout au long des n�gociations, M. Annan a soulign� les difficult�s que l'ONU aurait pour ex�cuter sa nouvelle mission en Irak.

Lors de sa d�claration devant le Conseil de s�curit�, le repr�sentant permanent des �tats-Unis, M. Negroponte, a indiqu� que Washington avait d'abord soumis son projet de r�solution � la suite des trois attentats contre l'ambassade de Jordanie, le bureau de l'ONU et la mosqu�e Iman Ali. Ces attentats, a-t-il dit, constituent une attaque contre le nouvel Irak, tout comme l'assassinat d'un des membres du Conseil de gouvernement irakien, Akila al-Hashemi.

De son c�t�, le repr�sentant permanent du Royaume-Uni, M. Emyr Jones Parry, a d�clar� que les trois principaux objectifs de son pays en ce qui concerne la nouvelle r�solution �taient de confirmer et d'acc�l�rer le transfert du pouvoir au peuple irakien, de faire savoir clairement que la communaut� internationale �tait r�solue � faciliter la reconstruction politique et �conomique d'un Irak libre dans les meilleurs d�lais, ainsi que de renforcer le r�le essentiel de l'ONU en coop�ration avec l'Autorit� provisoire de la coalition et le peuple irakien.

"La mise en �uvre de la r�solution sera couronn�e de succ�s si nous tous au sein du Conseil de s�curit� et de la communaut� internationale nous mobilisons maintenant pour donner suite au signal que nous venons de transmettre", a-t-il dit.

Le texte original de la r�solution

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