Les syndicats de police attendent le ministre de l'Int�rieur avec impatience, deux jours apr�s l'incendie volontaire, par un groupe de jeunes encagoul�s d'un poste de police, situ� � proximit� du quartier sensible de l'Ousse des Bois. "Nous attendons de sa visite qu'il annonce une augmentation des effectifs dans un d�partement des Pyr�n�es-Atlantiques largement touch� par (l'organisation ind�pendantiste basque espagnole) ETA et que le poste de police de proximit� de ce quartier, sans doute le plus difficile d'Aquitaine, b�n�ficie d'effectifs plus cons�quents et ne soit pas situ� dans un immeuble d'habitation", a expliqu� Marc Verdier, d�l�gu� r�gional du Syndicat national des policiers en tenue (SNPT).
Samedi apr�s-midi, une quinzaine de jeunes encagoul�s et arm�s de battes de base-ball se sont pr�sent�s devant le poste de police et ont d�clench�, avec de l'essence, un incendie qui a ravag� le b�timent. Les trois fonctionnaires qui se trouvaient � l'int�rieur n'ont pas �t� bless�s. Deux appartements situ�s au-dessus du poste de police ont en revanche �t� d�vast�s. Trois personnes qui s'y trouvaient ont pu �tre �vacu�es sans dommage. Un v�hicule de police a �galement �t� d�truit.
"Nous attendons que notre ministre condamne fermement ces �v�nements scandaleux. Nous trouvons positif qu'il s'implique de la sorte pour montrer sa solidarit�", a indiqu� le secr�taire r�gional du Syndicat national des officiers de police (SNOP).
Deux jeunes gens, dont un mineur, ont �t� plac�s en garde � vue apr�s avoir �t� interpell�s dimanche apr�s-midi alors qu'ils �taient en possession de deux bidons d'essence qu'ils venaient d'acheter dans une station-service. Les enqu�teurs ont estim� que leurs explications concernant l'utilisation de ces bidons m�ritaient d'�tre approfondies.
La situation dans les Pyr�n�es Atlantique est loin d��tre sereine. L'attaque du poste de police est intervenue au lendemain de la condamnation � six ans de prison, par les Assises des Pyr�n�es-Atlantiques, d'un ancien portier de la discoth�que l'"Ibizia" de Bizanos, dans la banlieue de Pau. Il avait poignard� mortellement un jeune du quartier de l'Ousse-des-Bois en octobre 2001 lors d'une altercation devant l'�tablissement.
Des proches de la victime, tous jeunes et habitant la cit� o� �t� incendi� le commissariat, estimant la condamnation trop faible, avaient d�j� provoqu� des incidents, d�s l'arr�t rendu. La discoth�que avait �t� incendi�e et des violences urbaines avaient enflamm� l'Ousse des Bois durant deux jours apr�s le drame.
Des incendies avaient aussi endommag�, � l'�poque, un centre commercial, un garage, une biblioth�que et des voitures. Une journaliste de LCI a pour sa part �t� prise � partie dimanche et sa cam�ra a �t� vol�e. France 3 a �galement port� plainte pour le vol de mat�riels dans une voiture de la cha�ne.
Le plus frappant est de remarquer la diff�rence de traitement appliqu� � la fois par les autorit�s et par la presse de cet �v�nement autrement plus grave que celui de Luri et ce dernier. Dans le cas corse, la 14�me section du parquet de Paris avait saisi la justice anti-terroriste au pr�texte de certains graffitis tandis qu�� Pau, la justice de droit commun a fait son enqu�te.
N�anmoins, on constatera, � l�inverse, que les nationalistes corses ont �galement appliqu� un traitement qui conforte celui de la justice anti-terroriste en envoyant des commandos attaquer la gendarmerie de Luri et donnant en ce faisant du poids aux accusations de � terrorisme �.
Qu�auraient-ils dit et �crit si les forces de l�ordre �taient intervenues comme � Pau avec des centaines d�homme et avaient investi le quartier entier pour proc�der � des arrestations ? Nous aurions vraisemblablement entendu de longues diatribes sur la sauvagerie du colonialisme quand la plupart des m�mes individus doivent trouver parfaitement normal les incursions polici�res � Pau.
Derni�re contradiction : celui du ministre Sarkozy qui a r�agi tr�s vite et tr�s justement concernant les incidents de Paul mais a gard� le silence trois jours avant de prendre la parole pour ce qui concernait Luri. Mais peut-�tre a-t-il tout simplement appris de la Corse ?
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