Le directeur de la gendarmerie assure que l'adjudant Roussel n'a pas subi de pressions
Oct 15, 2003

Le directeur g�n�ral de la gendarmerie affirme que l'enqu�teur qui avait obtenu les confessions de "Fanny" et "Patricia" "a choisi librement de prendre sa retraite". Sa conduite du dossier avait �t� critiqu�e. On doute mais on publie. Un article du quotidien Le Monde.

L'adjudant Michel Roussel, 42 ans, a fait valoir, lundi 13 octobre, ses droits � la retraite, apr�s vingt-quatre ans et deux mois d'activit� au sein de la gendarmerie. Celui qui fut le directeur d'enqu�te de la section de recherche de Toulouse dans l'affaire Al�gre avait annonc� � sa hi�rarchie, lundi 6 octobre, qu'il souhaitait quitter la gendarmerie. "Il a choisi librement de prendre sa retraite, a d�clar� au Monde Pierre Mutz, directeur g�n�ral de la gendarmerie nationale. Il n'a pas �t� pouss� en ce sens par sa direction. Il n'a jamais subi de pressions. C'est un bon gendarme, s�rieux, et son travail �tait appr�ci� localement. C'est quelqu'un que nous avons toujours d�fendu."

La position de l'adjudant Roussel avait �t� fragilis�e, ces derni�res semaines, par les multiples revirements des anciennes prostitu�es toulousaines. C'est lui, en effet, qui avait obtenu les confessions de "Fanny" et "Patricia", multipliant leurs auditions depuis le mois de f�vrier. Il avait ensuite �t� mut�, � sa demande, � la brigade de Rabastens, pr�s de Toulouse, tout en conservant la direction de l'enqu�te li�e aux meurtres imput�s � Patrice Al�gre. Il avait �t� entendu, jeudi 9 octobre, par le juge d'instruction Thierry Perriquet, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte le 15 avril pour "viols et prox�n�tisme aggrav�", impliquant des personnalit�s toulousaines. Le magistrat voulait �claircir les conditions dans lesquelles l'enqu�teur avait pu amener "Fanny" et "Patricia" � accuser Dominique Baudis, l'ancien maire de Toulouse, et Marc Bourragu�, ex-substitut du procureur, d'avoir pratiqu� des s�vices sexuels.

"Bat-il en retraite, part-il en retraite ou est-il mis en retraite ?", s'est interrog�, lundi 13 octobre, Me Gilbert Collard, l'avocat de Patrice Al�gre. "Il �tait compl�tement envahi par cette affaire et n'a sans doute pas gard� la distance n�cessaire entre elle et lui", a poursuivi Me Collard. Pour "Patricia", interrog�e sur Sud-Radio, l'adjudant Roussel "a tellement eu de pressions qu'il a l�ch�". En six ans d'enqu�te, depuis l'arrestation de Patrice Al�gre, le gendarme avait su gagner la confiance des prostitu�es, tout en s'�vertuant � comprendre le parcours meurtrier du tueur en s�rie. "Il avait r�ussi � le d�mystifier, c'�tait du bon boulot", a comment� Me Georges Catala, avocat de parties civiles. Il avait conserv� la responsabilit� des enqu�tes sur les meurtres imput�s � Patrice Al�gre.

"SA HI�RARCHIE L'AVAIT LACH�"

Mais c'est une autre �quipe de gendarmes qui �uvrait dans le deuxi�me pan de l'affaire Al�gre - celui impliquant les personnalit�s - et les t�moignages des ex-prostitu�es se sont effondr�s, ces derni�res semaines. Le 14 mars 2003, "Fanny" avait d�sign�, sur proc�s-verbal, les magistrats qu'elle accusait de l'avoir viol�e, � plusieurs reprises, au palais de justice de Toulouse. Puis elle avait assur�, le 29 juillet, que M. Baudis l'avait viol�e au Grand h�tel de l'Op�ra, � Toulouse. Avant de se r�tracter, et d'innocenter l'ancien maire de Toulouse, le 17 septembre. Ce m�me jour, elle s'en prenait � M. Roussel, dans le bureau du juge Perriquet.

Elle avait ainsi r�pondu au magistrat, qui l'interrogeait sur le tatouage suppos� de M. Bourragu� : "On m'a forc�e � dire o� il �tait (...) C'est � la gendarmerie, M. Roussel". Au sujet du surnom de "N�nette", attribu� � M. Baudis, elle avait r�pondu : "C'est � la cellule Homicide 31 que j'ai connu ce surnom (...) C'est Michel Roussel qui m'a donn� ce surnom. Je pr�cise que je croyais que ce dernier �tait un grand ami. Il avait vu mes enfants � la maison mais il m'a laiss� tomber comme une merde quand il a vu que l'affaire se compliquait." C'est aussi Michel Roussel qui avait mis en contact "Fanny" et "Patricia", le 3 avril, � l'aide de son propre t�l�phone portable. Autant d'�l�ments qui avaient incit� le juge Perriquet � entendre, jeudi 9 octobre, l'adjudant de gendarmerie.

M. Roussel �tait en vacances depuis le 27 juillet - un cong� qu'il avait prolong� de deux mois. "Il a pris une d�cision qui l'honore, a comment� le major Jean-Yves Grolleau, ex-responsable du groupe homicides de la section de recherches de Toulouse. Sa hi�rarchie l'avait l�ch�. Vous �tes le meilleur, et d'un coup, vous devenez le pestif�r�. Et quand �a sent mauvais, il n'y a plus personne. Il a bien fait..."
(source Le Monde, G�rard Davet)

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