�conomie du Moyen-Orient : l�horreur �conomique
Oct 15, 2003

Le dernier rapport de la Banque mondiale sur les �conomies des pays de la r�gion MENA est dramatique : leur croissance annuelle est inf�rieure � celle de l'Afrique subsaharienne

" Pour une Meilleure Gouvernance au Moyen-Orient et en Afrique du nord " : le rapport exceptionnel que vient de publier la Banque mondiale sur le th�me de la gouvernance dans la r�gion MENA ( Moyen-Orient et Afrique du Nord ) provoque des remous dans le monde arabe. R�alis� par une �quipe qui comprend aussi des chercheurs et des universitaires arabes, il signale en effet que les lacunes dans l'art et les techniques de gouverner sont telles qu'elles expliquent les retards des soci�t�s, des peuples et des �conomies arabes.


La gouvernance ou l'art de gouverner

Exercice de l'autorit� au nom de la population, la gouvernance devient une " bonne gouvernance " lorsque l'exercice de cette autorit� permet de respecter l'int�grit� des droits et des besoins de tous au sein d'un �tat.
Les relations de bonne gouvernance peuvent �tre analys�es � travers un prisme reposant sur deux valeurs universelles particuli�rement pertinentes pour la r�gion MENA : l'inclusivit� et la responsabilisation.
La gouvernance doit donc �tre bas�e sur des rapports d'�galit� et de respect, et aussi cr�er des m�canismes qui permettent de d�finir et prot�ger les droits �l�mentaires des hommes.

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la qualit� de la gouvernance est une des plus faibles au monde

Utilisant des param�tres identiques � ceux d'�tudes sur la gouvernance r�alis�es sur d'autres continents, le rapport conclut que la r�gion MENA affiche un retard �vident en mati�re de gouvernance compar� � toutes les autres r�gions du monde, y compris au continent africain � ce qui explique les retards dans le d�veloppement �conomique, social et humain du Moyen-Orient et de l'Afrique du nord.

Les lacunes dans les droits accord�s au citoyen

Les droits �l�mentaires, indications d'une gouvernance de qualit�, sont au Moyen-Orient et en Afrique du Nord peu respect�s : la tol�rance entre individus, le traitement des citoyens par les gouvernants, l'�galit� devant la loi, l'absence de discrimination, l'octroi d'opportunit�s �gales, sur toutes ces valeurs, la r�gion obtient les notes les plus faibles au monde. N�potisme, affinit�s tribales, favoritisme, argent d�terminent qui b�n�ficiera des services publics.
La libert� de la presse reste limit�e. Si les cha�nes de t�l�vision par satellite permettent une circulation de l'information au-del� des fronti�res et une certaine libert� de ton, les journalistes en place au Moyen-Orient sont parfois harcel�s et arr�t�s. Selon les r�dacteurs du rapport, la guerre contre le terrorisme, qui s'est intensifi�e depuis le 11 septembre 2001, est la nouvelle excuse utilis�e par les dirigeants pour resserrer les contr�les.

Un service public m�diocre et souvent " malhonn�te "

Certes il y a des succ�s notables. Ainsi dans le domaine de l'�ducation, � Oman, le taux de scolarisation en primaire est pass� de 3 % dans les ann�es 70 � 72 % en 2000. Dans les services de sant� libanais, si les enfants de moins de 12 ans n'�taient pas vaccin�s contre la dipht�rie, la coqueluche et le t�tanos en 1980, ils �taient, en 1993, 93% � l'�tre. En Tunisie, en 1990, une personne sur dix seulement b�n�ficiait d'une ligne t�l�phonique ; aujourd'hui, on compte une ligne pour cinq personnes.
Progr�s importants mais insuffisants. Le ph�nom�ne est plus grave en milieu rural qui dispose encore moins de services publics et o� l'analphab�tisme est le plus �lev� au monde. Au Maroc, presque deux hommes sur cinq et plus de trois femmes sur cinq sont analphab�tes, ce qui place le pays au m�me plan que des pays plus pauvres comme le Mozambique ou le Pakistan.
De plus, ce service public est peu honn�te et la notion d'�thique peu connue parmi les fonctionnaires qui ne sont pas engag�s dans des notions d'int�r�t public.

Une transparence limit�e et h�sitante des gouvernements

Sur cette question aussi, le foss� entre la r�gion MENA et le reste du monde est profond. Les gouvernements ne rendent pas de comptes � leurs citoyens. Certes il y a des tentatives int�ressantes. Ainsi, l'Iran publie la totalit� de son budget national et transmet ses d�bats parlementaires � la t�l�vision. D'autres pays de la r�gion commencent � faire de m�me. Mais il s'agit encore d'exceptions. En �gypte, le budget n'est ni publi�, ni discut� en dehors du parlement.

La mauvaise gouvernance entrave la vitalit� du monde des affaires

Dans la plupart des pays de la r�gion MENA, cette situation rend difficile la conduite des affaires. Ainsi, en Jordanie, un investisseur potentiel d�sirant immatriculer une nouvelle entreprise doit attendre trois mois et souvent plus. D�lais qui augmentent le co�t et le risque pour l'entreprise et qui, � terme, r�duisent les nouveaux investissements.

Une faiblesse de la gouvernance qui engendre un retard social et �conomique

Le rapport prend � titre d'exemple le drame de la mortalit� infantile. En �gypte, elle atteint 69%, bien plus qu'en Indon�sie (42%) - pays qui pourtant ne dispose que de la moiti� du revenu par habitant de l'�gypte. M�me les �mirats arabes unis, l'un des pays les plus riches de la r�gion, connaissent un taux de 8%, correspondant � celui de la Hongrie et de la Malaisie.

Depuis les ann�es 80, la moyenne annuelle de la croissance �conomique par habitant dans la r�gion MENA est de 0.9 % inf�rieure � l'Afrique Subsaharienne et la productivit� est en chute depuis trois d�cennies. Des simulations r�alis�es par les experts de la Banque montrent que si les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, avaient pu atteindre une qualit� moyenne d'administration du secteur public, leurs taux de croissance auraient �t� plus �lev�s, de pr�s d'1 % !
(source proche-orient.info, Katy Bisraor)

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