"Elle va rentrer chez elle ce soir, mais elle sera effectivement plac�e en r�sidence surveill�e", a d�clar� aux diplomates et � la presse son m�decin personnel, le Dr Tin Myo Win, ajoutant: "Ceci m'a �t� dit par les autorit�s concern�es".
"Apr�s l'h�pital, son domicile est l'endroit le plus pratique pour elle parce que je peux lui rendre visite r�guli�rement", a pr�cis� le m�decin. "Je suis toujours soucieux de sa sant�, mais elle va mieux et est tout � fait bien pour rentrer chez elle. Je ne m'attends pas � des complications", a-t-il sp�cifi�.
Mme Suu Kyi, 58 ans, a subi il y a une semaine une importante op�ration gyn�cologique dans une clinique priv�e de Rangoun, probablement une hyst�rectomie.
Elle avait �t� amen�e � l'Asia Royal Hospital, en provenance d'un lieu non r�v�l� de Rangoun --vraisemblablement des locaux militaires--, o� elle �tait gard� au secret.
La laur�ate du prix Nobel de la paix avait �t� arr�t�e le 30 mai, � la suite d'une violente attaque men�e par des hommes du r�gime contre un convoi dans lequel elle se trouvait avec des membres de son parti, la Ligue nationale pour la d�mocratie (LND), dans le nord du pays.
Le m�decin a aussi lu un communiqu� de Mme Suu Kyi, les premi�res d�clarations publiques de l'opposante en pr�s de quatre mois de silence.
"Je demande sp�cifiquement que personne n'exprime le souhait de me voir � ma sortie de l'h�pital. Toute personne souhaitant me voir quand je serai chez moi, devra faire les d�marches n�cessaires aupr�s des autorit�s", d�clare Mme Suu Kyi, dans un texte visiblement destin� � �viter tout d�bordement.
"Je vous remercie de vous pr�occuper de moi et je suis certaine que vous vous pr�occupez aussi de mes sympathisants", a ajout� Aung San Suu Kyi, en r�f�rence aux autres dirigeants et membres de son parti priv�s de libert� depuis le 30 mai.
Quelque 200 partisans de la dirigeante de l'opposition s'�taient r�unis devant la clinique et ont exprim� leur joie en apprenant qu'on la reconduisait chez elle.
Mais Mme Suu Kyi est encore loin de la libert� "imm�diate et inconditionnelle" r�clam�e par la communaut� internationale et les membres de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN) avant leur sommet de Bali les 7 et 8 octobre.
"C'est un tout petit pas, mais c'est loin d'�tre tout � fait meilleur et il manque la libert� totale, c'est clair", a estim� un diplomate occidental au sujet de cette mesure, qui �tait largement attendue.
Le gouvernement militaire birman a d�cid� que la sortie de l'h�pital de l'opposante �tait l'occasion d'all�ger un peu la pression internationale croissante qui p�se sur lui, sans en faire davantage.
Le chef de file de l'opposition a d�j� v�cu deux longues p�riodes d'assignation � r�sidence, au total de sept ans et demi. Elle avait retrouv� sa libert� de mouvement en mai 2002.
Les alentours de l'avenue de l'Universit�, o� demeure Mme Suu Kyi dans le centre de Rangoun, �taient quadrill�s vendredi par les forces de s�curit� et les acc�s � l'avenue bloqu�s pour tous hormis les riverains.
Depuis pr�s de quatre mois, aucune source ind�pendante n'a pu voir Mme Suu Kyi, except� le Comit� international de la Croix Rouge (CICR), � deux reprises, et Razali Ismail, envoy� sp�cial du secr�taire g�n�ral de l'ONU Kofi Annan.
M. Razali est attendu mardi prochain � Rangoun et M. Annan a souhait� qu'il puisse revoir Mme Suu Kyi, une option rendue possible par son renvoi chez elle.
"Il para�t impensable qu'il ne la voit pas", a estim� un analyste.
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