En f�vrier 2003, le pr�sident Bush a soumis au Congr�s son plan pour un "Compte du mill�naire" (MCA), strat�gie in�dite visant le d�veloppement des march�s qui, selon lui, tiendrait compte des int�r�ts mutuels des pays industriels et des pays en d�veloppement.
L'objectif du MCA est de construire de nouveau march� gr�ce � des investissements sp�cifiques, en accroissant de fa�on significative la croissance �conomique dans les pays qui en b�n�ficieront sans se soucier de ceux qui n�en auront pas l��nergie.
L��chec de Cancun a d�montr� l�immense tricherie des pays riches qui, sous le pr�texte de permettre le d�veloppement harmonieux des pays en voie de d�veloppement les asservit en dopant leur propre �conomie � coups de subvention.
Les Etats-Unis, plus encore que l�Europe, sont pass�s ma�tre dans l�art de pr�ner le lib�ralisme pour les autres mais d�user d�un protectionnisme obsc�ne pour ce qui concerne leurs propres int�r�ts. Voici donc le texte du � Compte du mill�naire �.
� Le d�veloppement reposant sur l'adoption de politiques solides, le pr�sident a annonc� que le MCA serait consacr� � des projets entrepris dans des pays qui gouvernent de fa�on �quitable, investissent dans leur population, et encouragent la libert� �conomique. Le MCA accro�tra l'aide publique au d�veloppement de 50 % sur trois ans, laquelle atteindra 15 milliards de dollars d'ici l'ann�e budg�taire 2006.
En d�pit des progr�s enregistr�s par le d�veloppement, les d�fis demeurent impressionnants : plus de 1,2 milliard de personnes ont moins d'un dollar par jour pour vivre, plus de 800 millions de personnes souffrent de malnutrition, et la population mondiale augmentera de 2 milliards de personnes d'ici 2030. Il est indispensable d'avoir une croissance �conomique pour faire face � ces d�fis, mais l'exp�rience nous a montr� que cette croissance n'est possible que lorsque les conditions propices � la croissance �conomique sont en place, entre autres une bonne gestion des affaires gouvernementales, des politiques coh�rentes, et une productivit� accrue gr�ce � un investissement dans l'�ducation et les soins m�dicaux et dans la formation aux m�thodes de gestion.
Tirant les enseignements des initiatives visant le d�veloppement entreprises depuis plus de cinquante ans, la strat�gie des Etats-Unis comprend cinq �l�ments :
- La croissance : contrairement � d'autres programmes en vigueur ayant de nombreux objectifs, le MCA visera sp�cifiquement la croissance �conomique par le truchement d'investissements prudents dans l'agriculture, le d�veloppement du secteur priv�, la bonne gouvernance, l'enseignement, les soins m�dicaux, et le parrainage des responsables locaux et des hommes d'affaires pour qu'ils se familiarisent aux m�thodes de gestion.
- S�lectivit� : les Etats-Unis fourniront une aide seulement aux pays qui auront montr� qu'ils sont bien d�cid�s � gouverner de fa�on �quitable, � investir dans leur population, et � encourager la libert� �conomique. Pour que des pays b�n�ficient du MCA, la moiti� des indices dans les trois domaines mentionn�s, et l'indice concernant la lutte contre la corruption devront se situer au-dessus de la m�diane. Les crit�res sur lesquels se baseront les Etats-Unis proviennent de sources ind�pendantes, telles que la Banque mondiale, le Fonds mon�taire international, International Investor, Freedom House et la Fondation Heritage. Seuls les pays qui sont qualifi�s pour recevoir des pr�ts de l'Association internationale pour le d�veloppement, ayant un revenu par habitant inf�rieur � 1.435 dollars, pourront b�n�ficier du MCA pour l'ann�e budg�taire 2004. En 2006, tous les pays ayant un revenu par habitant inf�rieur � 2.975 dollars pourront en b�n�ficier. Les Etats-Unis comptent r�server une partie de leur aide publique aux pays qui pourraient presque se qualifier pour le MCA afin de les aider � am�liorer leurs r�sultats dans les domaines o� ils sont en retard.
- V�ritable partenariat : oeuvrant en �troite collaboration avec le MCA, les pays devront identifier les principaux obstacles � leur propre d�veloppement, garantir la participation de la soci�t� civile et mettre au point un plan de collaboration avec le MCA r�pondant � leurs besoins particuliers.
- Approche commerciale : la participation au MCA exigera un niveau d'engagement �lev� et un contrat public qui �noncera un certain nombre d'objectifs mesurables � atteindre et comprendra un calendrier, des progr�s pr�cis � r�aliser, des informations de base, un plan pour la v�rification financi�re, un m�canisme d'�valuation, et un plan de suivi pour soutenir la r�alisation des objectifs une fois le contrat termin�.
- Responsabilit� : les programmes continueront � �tre financ�s, si le Congr�s autorise les d�boursements, en vertu des termes �nonc�s dans le contrat entre le MCA et les pays � moins que ceux-ci n'aient pas respect� les conditions pr�cis�es dans le contrat en mati�re de r�sultats attendus. Les fonds li�s � l'ensemble du contrat ou seulement � une partie peuvent �tre r�duits ou coup�s si un pays n'arrive pas � atteindre les normes financi�res �tablies ou � faire les progr�s attendus.
La commission s�natoriale des relations �trang�res et la commission des relations internationales de la Chambre des repr�sentants ont toutes deux adopt� des versions du projet de loi de cr�ation du MCA qui ont l'appui des deux partis. Il s'agit maintenant d'obtenir l'autorisation du Congr�s et un financement, � temps si possible pour que le MCA puisse fonctionner d�s octobre 2003.
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