La jeune femme de 31 ans a comparu le 27 ao�t devant la cour d'appel islamique de Katsina, qui a examin� son recours contre le jugement d'un tribunal islamique avant d'ajourner son verdict au 25 septembre. Son avocat avait laiss� entendre, mardi 23 septembre, que l'�nonc� du verdict pourrait �tre avanc� d'une journ�e, avant de se r�tracter mercredi.
Amina �tait la premi�re personne � �tre menac�e de lapidation depuis l'introduction de la charia en 2000 dans douze �tats � majorit� musulmane du nord du Nigeria. (voir L�investigateur du 20 mai 2003)
Ses partisans qui l'avaient accompagn�e � Katsina, ville distante de 180 km de son village natal de Kurami, et mise au secret se d�claraient confiants pour Amina, condamn�e pour avoir eu un enfant plus de deux ans apr�s avoir divorc�, ce que la charia consid�re comme un crime.
Reste que la controverse engendr�e par cette affaire dans le monde entier semble avoir �lev� le proc�s d'Amina � celui de la charia, bien que l'�quipe de la d�fense ait veill� � ne pas remettre en cause la stricte loi islamique.
"Nous nous rassemblerons demain pour livrer notre jugement au monde. Nous voulons que le monde s'aper�oive de la sagesse de la charia", avait annonc�, mercredi 24 septembre, le greffier du tribunal de Katsina, Dalhatu Salmanu Abubakar.
L'ann�e derni�re, cette villageoise timide avait �t� d�nonc�e aux autorit�s religieuses par des voisins apr�s la naissance de sa fille, Wasila, plus de deux ans apr�s avoir rompu avec son mari.
Lors du proc�s en appel au mois d'ao�t, l'avocat de la jeune femme avait ax� sa plaidoirie sur les faits et la proc�dure pour tenter de d�montrer que la condamnation �tait douteuse.
Me Yawuri a affirm� que le tribunal qui a jug� Amina en premi�re instance ne lui avait pas expliqu� correctement son inculpation, ni les cons�quences de ses propos lors du proc�s. Il a aussi avanc� que l'enfant avait �t� con�ue avant l'entr�e en vigueur de la charia dans l'�tat de Katsina et que la grossesse avait �t� le r�sultat d'un possible " embryon dormant " (ph�nom�ne reconnu par la loi islamique), f�cond� alors qu'Amina �tait encore mari�e.
M�me au sein de la communaut� musulmane, on d�non�ait l'application de la charia comme une injustice, visant les Nig�rians pauvres et peu �duqu�s, comme Amina, plut�t qu'une �lite souvent accus�e de corruption.
Brigitte Bardot avait adress�, mercredi 24 septembre, une lettre au ministre des affaires �trang�res, Dominique de Villepin, pour lui demander d'intervenir en faveur d'Amina Lawal. " Je suis horrifi�e par le cas d�sesp�r� d'une jeune Nig�riane, Amina Lawal et je sollicite, � travers vous, une intervention de la France aupr�s du Nigeria pour que ce pays reconnaisse enfin des droits aux femmes ", a �crit l'ancienne actrice, plus connue pour son combat en faveur des droits des animaux.
Cette affaire, qui a provoqu� peu d'�moi parmi la population majoritairement musulmane de cette ville du nord nig�rian, a en revanche attir� l'attention de nombreux militants et d�fenseurs des droits de l'homme au Nigeria et � l'�tranger. Les m�dias internationaux ont converg� dans ce p�le r�gional situ� aux portes du Sahel, en m�me temps que des militants fran�ais et des manifestants nig�rians en gr�ve de la faim.
Le sort d'Amina avait provoqu� de nombreux mouvements de soutien dans le monde. Des comit�s se sont mont�s aux �tats-Unis, pays qui joue aujourd�hui la carte du Nigeria,le pays le plus peupl� d�Afrique mais surtout d�tenteur d�immenses richesses p�troli�res �galement convoit�es par l�Europe.
Des veill�es � la bougie ont �t� organis�es devant des ambassades nig�rianes en Europe et des envois collectifs d'e-mails et de lettres avaient �t� organis�s pour faire pression sur M. Obasanjo.
Jusqu'� pr�sent, le chef d'�tat chr�tien n'a pas encore directement d�nonc� la charia, par peur de m�contenter les quelque 63 millions de musulmans nig�rians, soit la moiti� de la population du pays le plus peupl� d'Afrique.
D'ailleurs, une autre jeune m�re et son ancien compagnon, Fatima Usman et Ahmadu Ibrahim, ont �galement �t� condamn�s � la lapidation dans l'�tat du Niger et attendent l'examen de leur appel.
Par ailleurs, plus d'une dizaine de voleurs pr�sum�s attendent dans les prisons du nord du pays l'�ventuelle signature des gouverneurs d'�tat concern�s autorisant que leurs mains soient tranch�es, conform�ment � la charia.
Chr�tiens nig�rians et militants des droits de l'Homme des deux communaut�s manifestent quant � eux leur m�contentement face � la passivit� de M. Obasanjo.
"La Constitution du Nigeria est souveraine dans les affaires l�gales. �tendre la juridiction de la charia aux affaires criminelles est anticonstitutionnel", a affirm� lundi Nwachukwu Ike, avocat de l'Organisation des libert�s civiles.
Le retour de la charia a en outre d�clench� de nombreux affrontements religieux ces derni�res ann�es, faisant notamment des centaines de morts lors d'�meutes opposant Chr�tiens et Musulmans et exacerbant les tensions nord-sud.
La semaine derni�re, un mouvement de lutte pour les droits de l'Homme du nord du pays, repr�sentant de nombreux musulmans mod�r�s, a appel� � une gr�ve de la faim pour protester contre la condamnation d'Amina Lawal.
Lors du proc�s en appel au mois d'ao�t, l'avocat de la jeune femme avait ax� sa plaidoirie sur les faits et la proc�dure pour tenter de d�montrer que la condamnation �tait douteuse; mais il n'avait pas cherch� toutefois � remettre en cause le principe controvers� de la charia.
Me Yawuri a affirm� que le tribunal qui a jug� Amina en premi�re instance ne lui avait pas expliqu� correctement son inculpation ni les cons�quences de ses propos lors du proc�s. Il a aussi avanc� que l'enfant avait �t� con�u avant l'entr�e en vigueur de la charia dans l'�tat de Katsina et que la grossesse avait �t� le r�sultat d'un possible "embryon dormant" (ph�nom�ne reconnu par la loi islamique), f�cond� alors qu'Amina �tait encore mari�e.
Aucune des condamnations � mort par lapidation prononc�es au Nigeria n'a �t� mise en application depuis que douze �tats du nord ont adopt� la charia.
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